Grand Corps Malade: « Il y a une nuance entre le film de banlieue et le film d’école. Et le film d’école en banlieue »

INÉDIT — Le 28 août dernier, sortait dans les salles le nouvel opus de Mehdi Idir et Fabien Marsaud (GCM) “La Vie Scolaire”. leMultimedia.info les avait rencontré en amont de l’avant-première – la dernière de leur tournée dans la Francophonie – à Lausanne le 20 août 2019. Une interview exclusive que la rédaction déconfine dans une période propice à la découverte des principaux films ayant marqué l’histoire du cinéma français ces dernières années. La profondeur de cet échange n’égale que la qualité tangible dudit long-métrage. Autrement dit, elle vaut le détour.


Redouane Bougheraba reconnaît sa Marseille natale dans toutes ses œuvres

Après “Kiffe Aujourd’hui” (2019) – un film de Chakib Lahssaini versé dans l’histoire d’un jeune Français issu des quartiers populaires –, l’humoriste provençal Redouane Bougheraba est également paru dans “La Vie Scolaire”, coréalisé par Mehdi Idir et Grand Corps Malade. Sa filmographie est – ainsi énoncée – pour l’heure exhaustive mais ses deux apparitions pour des rôles aussi vrais que constitutifs d’une réalité profonde laisse entrevoir l’attache particulière que le Marseillais porte aux banlieues de grandes villes – où il est né, en tant qu’homme et en tant qu’artiste. « Mon accent vient bien de quelque part. Je suis obligé de parler de ma ville, de mes racines sur scène ou dans les personnages que j’incarne. Je traite beaucoup de choses voulues mainstream dans mes textes. Mais mon rôle, c’est de le faire et d’en décrocher des rires », nous assurait-il – en décembre dernier – dans sa loge arrangée au Montreux Comedy Festival.

« Les réalisateurs [ndlr, Mehdi Idir et Grand Corps Malade] sont des amis et ils m’ont assurément permis de m’exprimer dans un personnage créé de toute pièce et sur mesure. C’est le seul personnage incarné et romancé; je me suis éclaté dans ce rôle. » Redouane est pourtant un pur stand-upper de la scène parisienne, un enfant des planches de bois; il s’est notamment révélé aux côtés de Djimo et Ahmed Sparrow dans les confins du Paname Art Café depuis 2015 et s’est, depuis peu, exporté sur les scènes prisées de Montréal – mais toujours au plus profond de sa personnalité d’enfant du quartier d’à-côté. Une notoriété de personnage appuyée par ses apparitions au cinéma. « Dans les grosses prod’ de cinéma, il y a toujours des effets positifs à y apparaître, même pour des petits rôles [ndlr, le rôle de Redouane dans “La Vie Scolaire” n’en était pas un]. [Ce] film était assez dur, au sein duquel les seuls moments de décompression passaient par les blagues lourdes du professeur de sport que j’incarnais. Il faut dire que les réalisateurs m’ont donné la pleine confiance et ont mené leur projet avec intérêt et rigueur. Ils connaissaient mes points forts et faibles et ont su les utiliser pour rationaliser leur film et le rendre plus vrai. » Il y a donc, assurément, dans la proposition du film, un caractère réaliste – difficilement comparable mais – constitutif des principaux longs-métrages de banlieue. Le film est sorti le 28 août 2019.

 

« À partir du moment que la trame se révèle être proche de l’humain, les thèmes de nos films se recoupent certainement »

Grand Corps Malade, à propos de ses deux films “Patients” (2017) et “La Vie Scolaire” (2019)

 


 

Sortis de la réalisation de “Patients” (2017) – qui incarnait une dimension plus autobiographique –, vous vous êtes inspirés d’une toute autre réalité pour “La Vie Scolaire” qui retient néanmoins plusieurs similitudes dans la mise en perspective des principes de résilience; il s’agit finalement, à chaque fois, de mettre en abîme les processus de construction (ou de reconstruction) des protagonistes au regard d’une situation donnée.

Grand Corps Malade: Assurément, ce sont deux films qui se révèlent être très proches des humains. Dans les parcours de vie, nous sommes plus proches des problématiques d’avenir et de perception d’avenir, que ce soit du point de vue des jeunes ou du renouveau souvent complexe pour les personnes handicapées. Donc à partir du moment que la trame se révèle être proche de l’humain, les thèmes se recouperont certainement.

Dans le cadre de “La Vie Scolaire”, il y a une mise en relation exigüe entre les professeurs que vous caricaturez et les élèves. La dimension horizontale – en opposition à celle verticale que l’on pourrait s’attendre dans le rapport élève-professeur – reste-t-elle le point nodal qui permette une mise en abîme certaine des différents parcours de vie que l’on retrouve dans le milieu des banlieues ?

Grand Corps Malade: Les relations professeurs-élèves sont uniques où que l’on soit; chacun dispose sa classe comme il tend à l’imaginer. C’est pour cela que nous avons choisi de montrer deux professeurs qui s’en sortent complètement différemment, à l’image du  professeur de math qui se sent très à l’aise, qui a compris comment parler aux élèves et qui a su instaurer un dialogue. Il y a un respect mutuel qui s’installe et qui s’oppose à la relation autrement différente qui caractérise la vision – si l’on peut dire – classique du professeur empêtré dans un rapport de tension et de maladresse avec ses sujets.

Mehdi Idir: Il nous a aussi fallu illustrer – d’une certaine manière – le caractère moderne des professeurs, qui détone parfois avec notre imaginaire rationnel. Je pense que le professeur qui se dresse au-dessus, voire très au-dessus de ses élèves n’existe plus vraiment. Les professeurs sont jeunes et il y a une transformation générationnelle à rendre compte également. Dans le lycée que nous avons visité pour le repérage du tournage, la moyenne d’âge du corps professoral tournait autour des 30 ans, ce qui est très jeune et ce qui reste aussi un handicap, puisque l’intégration et l’adaptation y sont parfois rendues difficiles. Toujours est-il que, de nos observations menées dans plusieurs collèges, chaque professeur assoit un style qui lui est propre, qui peut plaire ou non – et pas à tous les élèves en même temps.

Dans la construction personnelle de ces jeunes, le cadre de vie influe bien sûr énormément; nous sommes toujours dans ce parallèle un peu brumeux entre le monde des adultes et celui des adolescents. Cette différenciation est-elle d’autant plus fumeuse dans ces régions-ci ?

Grand Corps Malade: J’ai, en réalité, beaucoup d’amis qui travaillent dans l’éducation nationale, certains même qui sont restés surveillants pendant très longtemps. Le cousin de Mehdi est d’ailleurs, lui-même, CPE. Et nous nous sommes rendus compte, en allant à des soirées de profs, qu’ils sont en fait un peu tous les mêmes: ils sont censés représenter l’autorité, le savoir et la connaissance. Mais il arrive surtout, qu’entre eux aussi, ce soit l’ambiance de groupe qui reprenne le dessus; ils ont les mêmes délires, les mêmes envies de se lâcher et ils fument parfois les mêmes substances que les jeunes dans la soirée d’à côté. Ce parallèle existe vraiment.

Il y a, comme dans chaque film, des temporalités; dans celui-ci l’on entrevoit surtout ces jeunes dopés par un effet de groupe continu et perpétuel. Mais l’on note aussi, qu’après un drame qui secoue l’entier du collectif, cet effet de masse se dissipe, s’éparpille. Les effets d’individus ne sont-ils pas finalement plus présents – bien que d’autant plus dissimulés – et plus importants que celui qui consiste à filmer ces jeunes sous la force du collectif ?

Mehdi Idir: Cette transfiguration des genres était assurément cherchée. Ce sont des lieux qui réservent une très grande densité, où les jeunes sont en permanence en groupe. Et nous aussi, en tant que réalisateurs et amis dans la vie, nous vivons dans une logique de groupe; nos amis sont aussi les personnes avec qui nous travaillons le mieux. Nous connaissons ces effets de groupe, parce que nous les avons vécus dans des immeubles de 40 à 50 appartements. Dans ces régions-ci, la densité fait que le mode d’habitation est confiné dans de grands ensembles. Et la perspective, dans tout cela, revient très justement sur l’émancipation de chacune des individualités qui composent ce grand ensemble. Cela se remarque si l’on prête une grande attention à chaque personne, et au collège surtout. C’est à l’école que les personnalités se dessinent le plus. Au lycée, les rapports se cristallisent un peu plus et c’est pour cela que nous avons opté de tourner dans un collège.

Grand Corps Malade: C’est vrai qu’au début du film, nous avons voulu montrer – d’entrée de scène – ce dynamisme de groupe qui gargouille, ce bordel, ces couloirs bruyants, ces vannes qui fusent dans tous les sens. Évidemment, ensuite, plus l’on avance dans l’année, plus l’on avance dans le film et plus les élèves se retrouvent face à leur avenir et face à leurs difficultés. C’est à ce moment-là que les problématiques s’individualisent. Et c’est intéressant – ici aussi – de faire le parallèle avec “Patients”, où le protagoniste part d’une situation de solitude dans son lit d’hôpital, isolé du monde mais qui parvient à se reconstruire grâce au groupe. Or dans “La Vie Scolaire”, la situation est totalement inversée.

 

« Le flair du potentiel existe aussi chez ces jeunes ados vifs et turbulents, parfois considérés à tort comme des cancres »

Mehdi Idir, à propos du protagoniste Yanis dans “La Vie Scolaire”

 


 

Comment se prémunit-on du risque, dans les films de banlieues, de tomber dans une forme – certes involontaire mais fréquente – de stigmatisation ? Car pour reproduire une réalité, l’on se sent toutefois obligé de reproduire certains clichés, quitte à les déconstruire par la suite. J’ai l’impression, dans votre film, que cette déconstruction passe avant tout dans le démantèlement de la confrontation physique pour y admettre, qu’au sein de ce groupe de jeunes, il puisse aussi – et surtout – y avoir une confrontation idéologique. La frontière entre la confrontation physique et le débat d’idées est-elle aussi poreuse qu’elle n’y paraît ?

Mehdi Idir: Il nous faut montrer que des jeunes, un peu arrogants certes, peuvent aussi remettre en question la posture d’adultes confirmés sur des sujets et des débats qui les dépassent. Le conseil de discipline de Yanis [avant-dernière scène du film] en marque un exemple édifiant; il met ses professeurs, sa CPE et sa directrice d’école face à leurs doutes et face à des incertitudes qui les bloquent. L’élève, soit-disant en difficulté, n’est pas non plus ignare, il n’est pas hors de toute réalité. Le flair du potentiel existe aussi chez ces jeunes ados vifs et turbulents, parfois considérés à tort comme des cancres.

Grand Corps Malade: Pour éviter de tomber dans le cliché, il faut être dans la nuance. Dans n’importe quel quartier et dans n’importe quel autre lieu caractéristiquement reculé, rien n’est tout noir, rien n’est tout blanc. Les pires questions que l’on nous pose parfois renvoient à ce que pense la jeunesse en banlieue, comme si la “jeunesse” était en réalité une catégorie de personnes homogène et sans nul contraste. Or, il n’y a pas qu’une seule jeunesse en banlieue, il y en a plusieurs où chacun mène sa vie et dessine son propre parcours de vie. Il peut y avoir une confrontation physique par ci ou par là mais il y a d’autant plus une confrontation d’idées où l’on admet assurément que ces jeunes gens réfléchissent et savent se montrer malins. Certains s’en sortiront grâce à l’école – comme le grand Issa –, d’autres savent moins ce qu’ils veulent réellement. D’autres – même – ne savent rien du tout de leur avenir. Cela nous amène donc à éviter toute généralité, porteuse – elle – de très grands clichés. Nous connaissons ces lieux-là, ces collèges, ces quartiers, ces immeubles et nous sommes les premiers à comprendre que rien n’y est uniforme.

Il y a une très grande ressemblance – dans votre réalisation –, néanmoins, entre les scènes tournées dans le bureau de la CPE au collège et dans les parloirs de prison. Comme si chaque sentence de peine était à même de créer un décalage similaire dans le ressenti des émotions. Ce sont évidemment deux réalités différentes – sinon opposées – mais qui font appel à un même sentiment de déstabilisation.

Grand Corps Malade: Il y a la réalité – similaire en effet – des petites salles, où deux personnages se retrouvent face à face. Il y a des moments de sourire compassionnel et des moments de confrontation. Nous nous sommes amusés, au niveau de la réalisation, à décadrer légèrement les images à ces instants précis où la discussion était tendue. Cela amène le spectateur à sentir un certain malaise. Ce décadrage advient, en effet, tant au collège qu’en prison; deux endroits où la tension peut s’avérer palpable.

Quelle impression aviez-vous ressenti lors de l’avant-première du film dans ces régions un peu plus reculées que les grandes villes ?

Mehdi Idir: Globalement, les réactions sont les mêmes, en banlieue ou en province. Nous avions fait une tournée où les réactions et les questionnements qui en ressortent sont – bizarrement ou non – les mêmes. En banlieue, ça rigole sans doute plus sur certains passages qui leur sont plus identifiés, plus compréhensibles. Sur d’autres, un peu moins. C’est justement ce qui est intéressant dans la réalisation d’un tel film.

Grand Corps Malade: Il est surtout intéressant de constater, dans ces régions un peu plus reculées et qui connaissent moins la réalité de la banlieue – ça arrive –, que certaines personnes découvrent simplement un univers qui leur était totalement ou partiellement inconnu. En attendant, derrière, il existe des constantes: à savoir comment réagit un gamin entre les 11 et 15 ans au collège face aux interrogations prioritaires sur son propre avenir. Que ce soient dans les beaux quartiers, en campagne ou en province, chaque enfant est confronté aux mêmes doutes, aux mêmes craintes, voire aux mêmes méfiances. Quand on demande à un jeune de 14 ans de choisir son orientation future, l’on sait que pour tout un ensemble de jeunes aux origines diverses, les incertitudes se révèlent être les mêmes. Qui sait vraiment, à cet âge-ci, ce qu’il veut faire plus tard ? Plusieurs professeurs qui sont venus voir notre film, provenant parfois des plus beaux quartiers de Paris ou de Marseille, ont retrouvé les mêmes problématiques chez leurs élèves – pourtant plus aisés que ceux que nous avons filmés dans le cadre de “La Vie Scolaire”. Face au collège, face à l’adolescence – et qu’importe le quartier de résidence –, la constante de l’enjeu relatif au développement de la jeunesse est global. Parfois, il est vrai, avec quelques difficultés supplémentaires dans les milieux populaires.

 

« Au cinéma, tout est une question de choix. Si l’on veut absolument rendre une fin heureuse, l’on y arrive – généralement – sans problème »

Grand Corps Malade, à propos des films d’école en banlieue

 


 

À cela, l’on pourrait encore ajouter à ces réalités franco-françaises, la perception que s’en font plusieurs personnes en Suisse ou en Belgique. Un Suisse qui s’imagine la réalité globale de l’Hexagone relève d’un travail qui se veut complexe. Il l’est d’autant plus quand il est amené à découvrir la réalité des SEGPA [ndlr, système éducatif français réservé aux jeunes présentant des difficultés scolaires et d’apprentissage graves et durables], où le protagoniste Yanis finit par accéder, en dépit de l’intelligence qui le constitue. Est-ce finalement une belle fin pour ce jeune adolescent ? ou n’est-ce finalement que la représentation d’un grand gâchis de compétence qu’on estime – à tort ou à raison – fréquent dans ces milieux ?

Mehdi Idir: Nous souhaitions créer un entre-deux et laisser l’impression personnelle des spectateurs intacte. Que cette question soit posée – et régulièrement – nous fait comprendre que nous avons réussi notre pari. Nous ne voulions pas d’un “happy end”, et encore moins une fin tragique. Entre l’enfer et le paradis de Dante, il y a un entier volume consacré au purgatoire. Cette situation est préparée, orientée, construite tout au long du film. Nous valorisons le talent du petit, tout en présentant le spectre des SEGPA. Si nous devions donner notre avis, la fin reste assez dure. Mais ce n’est pas ce que nous avons voulu présenter dans la réalisation. Ce sondage a d’ailleurs été réalisé dans toutes les salles où nous avons projeté notre film en avant-première et le résultat est très partagé.

Grand Corps Malade: C’est très partagé et, en même temps, s’il fallait définir une partie vainqueur, il s’agirait d’une entière frange de personnes qui explique et se convainc que la fin est in fine heureuse. Au vrai, nous sommes un peu plus contenus; cela reste l’histoire d’un gamin brillant et discipliné qui finit par atterrir dans un système d’éducation plus régressif et réservé aux inadaptés du système classique. C’est aussi un échec de ce même système qui le conduit à cette situation. Tout le défi était, pour nous, de ne pas noircir délibérément le trait parce que – y compris nous –, nous sommes aussi amenés à nous remettre en question sur ce dénouement. Si cela se trouve, ce sont les professeurs plus durs à cuire qui ont raison. Si cela se trouve, c’est un nouveau départ. Mieux vaut retrouver ces ados en difficulté au sein des SEGPA, plutôt que de les constater en échec scolaire définitif et à la rue sans un sou. Tout n’est pas négatif même si cela peut faire mal au cœur.

N’est-il aussi pas complexe de faire un “happy end” sur un film de banlieue ? L’imaginaire que le plus commun des citadins encartés dans l’effréné des grandes agglomérations n’est-il pas trop englué dans une vision très – trop – négative des banlieues ? Certains films s’y sont essayés – à l’image de “Jusqu’ici tout va bien” de Mohamed Hamidi – en proposant une fin heureuse – et notoirement heureuse. Mais est-ce fréquent ?

Grand Corps Malade: Au cinéma, tout est une question de choix. Si l’on veut absolument rendre une fin heureuse, l’on y arrive – généralement – sans problème. Il y a plein de beaux exemples de réussite en banlieues aussi; il suffit d’en encadrer un et de reproposer l’histoire sous un angle un peu nouveau. Mais, en ce qui nous concerne, il y a une nuance entre le film de banlieue et le film d’école. Et le film d’école en banlieue. De ceux-ci, il y en a eu plusieurs qui souvent sont tournés de façon classique avec un jeune en net décalage avec le programme scolaire mais qui finit par s’y réintéresser grâce au soutien d’un adulte pédagogue. Nous ne voulions pas de cela, non plus. Cela existe mais nous ne voulions pas de cela pour ce film. Aussi parce que cela ne représente pas la majorité des cas de figure que l’on rencontre dans ces milieux. Nous voulions être au plus proche de la réalité et la réalité c’est que les contextes territoriaux, sociaux et économiques du quartier pèsent sur les performances des jeunes au collège et globalement, ça ne marche pas très bien. C’est pourquoi, nous ne voulions pas de “happy end”. Mais si nous voulions le faire – en termes de narration et de réalisation –, cela aurait été complètement envisageable.

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Il y a donc une différence entre l’école et l’école de la vie. Ce versement entre l’une et l’aurre existe donc bien…

Grand Corps Malade: Beaucoup pensent justement que l’école est une étape. Mais que la véritable école, c’est la street. Les matières et les cours classiques n’intéressent pas tout le monde. Entre 11 et 15 ans, on s’épanouit, on se forme et on se développe aussi et surtout grâce aux histoires que l’on vit dans la cour; tes premières embrouilles, tes premiers flirts, tes premières expériences de vie en somme.