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Jonas Schneiter: « J’aime bien les expériences un peu casse-gueule »

Aux côtés de Pauline Seiterle et Philippe Robin, Jonas Schneiter sera enfermé dans un cube de verre

Aux commandes de “Namasté” sur Couleur 3 (avant de changer de fréquence dès janvier 2017 sur La Première) et de “C'est Ma Question” sur RTS Un, Jonas Schneiter (26 ans) fait également partie des trois animateurs choisis pour animer les 147 heures de l'opération “Cœur à Cœur” sur les ondes de la Radio Télévision Suisse. Lire également l'article de l'opération. Interview.

«Lors d'émissions similaires, les animateurs ont perdu 2kg chacun... Ma mère est très inquiète !», Jonas Schneiter lors de la conférence de presse de la RTS à La Sallaz. Mardi 1er novembre 2016. © Oreste Di Cristino

Humoriste, journaliste, animateur… Qui es-tu ?

Je suis un pur produit des médias en 2016. Il est impossible de me mettre dans une case. Il y a longtemps, disons, il y avait différents types d’animateurs: le journaliste-animateur, l’animateur de pur divertissement, l’animateur qui conduit des interviews, l’humoriste, le chroniqueur et il est vrai, qu’en 2016, nous avons tous cassé ces barrières. Donc, en ce qui me concerne, j’ai ma carte de presse, je suis embauché en tant que journaliste chez certains médias, je suis animateur et parfois, je me produis sur scène bien que ce ne soit pas mon métier. Et cela même si l’on peut considérer que l’animateur est lui-même un humoriste.

Tu as commencé, il y a trois mois, ta première expérience à la télévision avec “C’est Ma Question” sur RTS Un. Tu évolues sans cesse…

Oui, tout-à-fait. Mais il faut dire que je n’ai jamais rêvé de faire de la télévision et actuellement je ne suis qu’au stade de l’essai. Aussi car il est impossible d’affirmer que je suis un animateur de télévision tout court de nos jours. Tout le monde franchit les frontières des différents médias, sauf quelques collègues qui sont encore vieux jeu (rires). Malheureusement, se cantonner à un medium n’est pas gage d’audience, même s’il faut avouer qu’il y a un côté mystique à identifier une personne qu’à sa voix à la radio sans ne jamais voir de qui il s’agit réellement. Mais aujourd’hui, cela n’est plus vraiment possible. Il faut être présent sur les réseaux sociaux et montrer sa gueule. Si nous ne le faisons pas, nous serons rapidement dépassés et défavorisés par rapport à d’autres animateurs qui créeront une plus grande communauté et génèrerons une plus grande audience. C’en est presque dommage, je peux l’admettre (rires).

Quelles ont été tes motivations à rejoindre le cube de verre de Cœur à Cœur ?

J’aime bien les expériences un peu casse-gueule ! (Rires). Celle-ci est particulièrement intéressante. Il y a un peu de télé-réalité dans cette opération (ndlr, les animateurs seront filmés 24 heures sur 24) et ce n’est pas nécessairement ce que j’apprécie. Mais il s’agit d’une expérience que l’on doive vivre tous ensemble afin de mobiliser les gens. Ce sera très excitant. Ce sera d’ailleurs la première fois que l’on jouera en Suisse comme cela. Tout cela fait pour que ça me motive d’un point de vue professionnel et médiatique. Ensuite, d’un point de vue plus personnel, c’est la frange caritative de l’opération qui m’intéresse. Nous parviendrons, j’espère, à lever plusieurs milliers de francs de fonds pour la Chaîne du Bonheur. Ce sera une action concrète en faveur des familles. Avant Noël, cela est très valorisant.

Es-tu prêt pour ce marathon médiatique ?

Disons, qu’animer une matinale à la radio comme je le faisais (ndlr, Namasté sur Couleur 3 de 6h à 9h, qu’il a quittée le 27 octobre dernier après sa 500e émission), ressemble de près au marathon que l’on va vivre en décembre. Ce métier a un peu cassé mon rythme de vie (rires). C’en est devenu une habitude. J’en ai personnellement demandé d’animer la nuit pour pouvoir libérer mon versant “trash” dans ma présentation.

Le but est également de cohabiter avec tes co-animateurs…

Je suis de la génération coloc’ donc pour moi, cela devrait bien se passer. Peut-être que Pauline (Seiterle) va penser se trouver en compagnie de deux gros lourds au bout de deux jours; elle nous a déjà priés de ne pas faire de blagues sexistes parce qu’elle ne supporte pas cela. Or c’est mon fonds de commerce (rires). Il faut que les gens qui consommeront “Cœur à Cœur” se reconnaissent dans ce qu’ils vivent au quotidien. Donc si Philippe Robin se fâche avec “JoJo” parce qu’il lui a envoyé une vilaine vanne, les auditeurs se reconnaîtront très certainement dans cette relation intergénérationnelle. C’est comme les “Simpsons”, il faut reconnaître sa propre famille quand on regarde ou écoute l’émission.

Ce sera l’animation de Noël pour la ville de Lausanne…

Exactement, il faut que les passants puissent s’arrêter dix minutes comme dans tout marché de Noël. Nous devrons faire vivre cette Place Centrale tout au long de la semaine, en plus des concerts, de quelques showcases d’humour et des animations qui y auront lieu.

As-tu déjà vu les originaux hollandais et belges de “Cœur à Cœur” ?

Oui, nous y avons été formés. La Hollande est par ailleurs un pays très particulier pour ce genre d’animation car c’est bien la terre natale d’Endemol (ndlr, groupe de production de télé-réalités, magazines et programmes de divertissement hollandais). Et les médias sont très réceptifs à leurs offres. Nous ne pourrions pour le coup pas implémenter en Suisse tout ce qu’il s’y fait. Nous n’avons pas un public aussi captivé par le genre spectaculaire des programmes télévisés hollandais. Par ailleurs, il y a déjà une vague de commentaires mitigés qui nous parviennent de par les réseaux sociaux. Donc nous verrons comment se déroulera cette première édition. Très certainement, en cas de réussite, nous réaliserons une édition suivante sans toutefois le rendre plus spectaculaire. Nous sommes déjà au maximum de ce point de vue-ci. L’organisation serait sans doute différente mais l’effet n’en serait pas plus grand. Nous avons néanmoins voulu nous en tenir au cahier des charges des concepts belges et hollandais. Le fait que les animateurs ne mangent que du liquide n’était pas une obligation chez nous, or en Belgique c’était une condition qui n’était pas négociable. C’est un exemple de particularité qui semble moins bien perçue dans notre région. Cela dit, nous avons voulu la maintenir car elle participe à la finalité de l’émission qui n’est nul autre que de fragiliser, en un certain sens, les animateurs. Il faut qu’ils donnent de leur personne pour animer les 147 heures de direct (rires).

Quel public attendez-vous à l’antenne ?

Nous parlions de trois générations d’animateurs présents dans le cube. C’est ce que nous souhaitons certainement retrouver au bout de nos ondes. Et le défi plus grand sera bien d’attirer la génération des 16-25 ans. Nous espérons vivement que les moins de 30 ans s’intéresseront à nos émissions, que ce soit au travers des réseaux sociaux ou d’internet. C’est bien là un défi courant de la RTS, celui non pas de rajeunir l’audience mais bien de l’élargir aux jeunes générations.

Mario Fossati (ndlr, le directeur des magazines de la RTS) nous communiquait d’ailleurs mardi (ndlr, jour de la conférence de presse à La Sallaz) qu’il comptera sur la réactivité des auditeurs pour réaliser les programmes musicaux durant ces 147 heures…

Tout-à-fait. L’idée entière lui revient en totalité. C’est lui qui a présenté le concept à la direction. D’ailleurs, elle a accepté de le mettre en place il n’y a vraiment pas très longtemps. Cela est par ailleurs inédit; la Suisse, par la RTS, est le premier pays le plus réactif dans la mise en place de ce grand projet. Nous n’avons pris que cinq mois pour monter l’opération dans ses moindres détails. Cela a été tellement rapide que nous avons tous les trois (ndlr, Pauline Seiterle, Philippe Robin et Jonas lui-même) dû remettre à plus tard nos projets pour les fêtes de Noël. L’anecdote la plus alléchante est bien celle de Philippe (Robin). Très grand fan du groupe musical “Status Quo”, il avait prévu d’aller voir leur concert d’adieu, après 50 ans de carrière,  à Liverpool le 23 décembre. Il a finalement dû renoncer pour animer l’émission dans le cube de verre à Lausanne. Quant aux auditeurs, nous espérons que les demandes musicales seront originales, tout comme nous espérons que les entrepreneurs de solidarités seront bien présents.

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About Yves Di Cristino (341 Articles)
Rédacteur en chef, membre actif de l'Association Suisse des Journalistes Indépendants (CH-Media) et de l'Association vaudoise de la presse sportive (AVPS). Étudiant en Master de Sciences Sociales et Politiques à l'Université de Lausanne.

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