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Coupe de Suisse: Battu par Grasshopper, Lausanne ne passe pas l’écueil des huitièmes de finale

Après deux ans d'absence, la Pontaise retrouvait les “joies” de la Coupe de Suisse

Les hommes de Fabio Celestini ont encore une fois perdu face à une équipe de Super League au stade des huitièmes de finale de la Coupe de Suisse au Stade de la Pontaise. Forts d'une première période stable, équilibrée et, à quelques égards, dominée, les Lausannois ont sombré par la suite sur un contre bien mené par Numa Lavanchy sur le flanc droit. Bien servi par l'ancien Lausannois, c'est l'international autrichien Marco Djuricin qui a inscrit l'unique réalisation d'une rencontre faible en opportunités de but (66e). Le FC Lausanne-Sport n'a désormais plus que le championnat de Super League à son agenda. Une aubaine ?

L'international autrichien, Marco Djuricin, auteur de l'unique but de la rencontre à la 66e minute. © leMultimedia.info / Oreste Di Cristino

Il y eut une petite ambiance mercredi soir aux Plaines-du-Loup. Dans un cadre intimiste, entre passionnés domestiques, les tribunes n’eurent pas assisté à une nouvelle victoire lausannoise dans l’enceinte de la Pontaise. Fluide, posé et sans relief, le huitième de finale entre Lausanne et Grasshopper est longtemps resté muet. Tactique, défensivement relevé – équilibre grief –, l’affrontement en est surtout resté au préalable d’un combat des chefs, où la partie à élimination directe ne dictait nul d’excitant durant la première fraction. Lausanne s’est armé de patience, a cherché utilement la possession du ballon, travaillé ses contres tout en confirmant, balle au pied, un jeu déjà aperçu lors de la victoire contre le leader Young Boys (2-1). Aussi voilà; les hommes de Fabio Celestini ne concèdent pratiquement rien à GC, leurs adversaires leur rendant la pareille, naturellement. Ceci, mis à part quand une perte de balle aux vingt mètres de Yeltsin Tejeda offrait sans doute la meilleure occasion de la première mi-temps aux Zürichois par Petar Pusic peu avant la pause (38e). Au-delà, rien de bien piquant à se mettre sous la dent; les rivaux n’ont pas dégainé leurs révolvers, de peur sans doute de réveiller les 1’350 spectateurs de la Pontaise. 1’350 spectateurs qui eurent – œuvre de priorité en milieu de semaine et d’affiche haletante – à peine concurrencé les quelque 1’200 présents la veille à Vidy au tifo d’un Stade Lausanne-Ouchy plus animé face à l’autre club zürichois, le FC Zürich, perdu 4-1 par les tombeurs du FC Sion. « Quand nous sommes sur le terrain, nous n’y pensons pas – temporise Alexandre Pasche avant de continuer – mais cela n’est pas facile à vivre non plus. Nous espérons vivement, avec nos résultats en championnat, que nous réussirons à amener le public à la Pontaise, qu’ils soient nombreux d’ici à la fin de saison. »

« En une seconde, par manque de lucidité, nous avons subi le but que nous voulions éviter »

Benjamin Kololli, latéral droit du FC Lausanne-Sport

Mais l’esprit argent comptant, l’on rappellera que le plus important ne fut pas dans l’affluence notée à la Pontaise mais résidait bien dans le salut honnête d’une volonté remarquable dans le jeu et l’esprit des Lausannois, ayant joué d’un entrain trépidant tout au long d’une rencontre au cœur de laquelle l’équipe eut sans doute payé le manque de trois de ses cadres, ménagés, préservés. Aussi, ce qu’il en reste – même lors de cet intermède en Coupe –, n’est que le constat rassurant d’un LS qui a retrouvé le rythme de sa marche, le cœur d’un jeu plaisant, naturel et rudement bien mené; Fabio Celestini est parvenu à enrayer le cours négatif des contre-performances lausannoises, laissant derrière lui un passif non moins porteur, comme si le fondement du Lausanne-Sport actuel sied en ce que l’équipe avait le plus partagé ces derniers mois, soit ses mauvais souvenirs de défaites harassantes avec le mérite de champions dans l’âme. Ce mercredi soir, les 45 premières minutes furent celles de Lausannois solides, précis, techniques et persévérants. « Il fallait être patients, surtout dans une première mi-temps vierge d’occasions. Un match difficile qui est allé à l’équipe qui a su gérer cette situation au mieux », résume Benjamin Kololli au terme de la rencontre. 0-0. Peu importe, tout n’est que partie remise, de la maigre pitance offerte – en terme d’occasions de but – le jeu se décante quelque peu en seconde période, faute sans doute d’une concentration toujours plus défaillante, d’instants d’oubli et d’une endurance encore fragile côté Lausanne. « Vu de l’extérieur [ndlr, Kololli n’est entré qu’à la 78e minute], c’était un match très fermé », rappelle l’international kosovare avant de poursuivre: « Grasshopper joue un peu le même football que nous. Nous avons un peu plus dominé la première mi-temps et ils ont eu la chance de marquer les premiers [ndlr, par Djuricin, 66e] En une seconde, par manque de lucidité, nous avons subi le but que nous voulions éviter. Revenir au score ensuite était très difficile. »

Gonzalo Zarate et Gabriel Torres sans voix

Le facteur primordial de la défaite lausannoise réside aussi en ce que les Vaudois n’eurent réussi à accomplir: du désordre face au but de Heinz Lindner. Le pressing haut – nourri par une défense jouant avec orgueil et détermination au-delà du milieu de terrain – séduit mais n’amène pourtant que très difficilement de véritables offrandes aux attaquants lausannois. Tant Gonzalo Zarate que Gabriel Torres restèrent impassibles face à la bonne organisation défensive des hommes de Murat Yakin, qui eut par ailleurs maintenu son cap de jouer sans l’international islandais, Runár Sigurjónsson. Témoin d’une telle réalité fut l’unique tentative lausannoise de la rencontre – véritable balle d’égalisation – de Benjamin Kololli à la 82e minute, à la réception d’une contribution précise en profondeur de Samuele Campo. Au-delà, il n’y eut que de l’à-peu-près réduisant les apports offensifs de Zarate et Torres au quasi-néant. N’en reste pas moins que les entrées successives de Francesco Margiotta, Joël Geissmann et Benjamin Kololli dès l’heure de jeu n’eurent trouvé meilleure solution.

« Il nous a manqué ce brin de folie pour l’emporter »

Alexandre Pasche, milieu de terrain du FC Lausanne-Sport

En l’état, dès la reprise, le LS a rapidement connu ses limites; débordé sur ses couloirs où l’ironie a voulu que le danger majeur ne provienne d’un ancien Lausannois. Numa Lavanchy eut trouvé davantage d’espace de jeu au changement de côté grâce notamment à une baisse de régime d’Alain Rochat, cantonné dans l’exercice d’un latéral gauche peu flatteur en l’absence prolongée de Nicolas Gétaz, encore maintenu en tribune; sans doute une quatrième préservation en vue du match capital face au FC Thoune samedi soir. N’en déplaise à Murat Yakin qui sut miser sur la fébrilité des Lausannois, dépassés en situation de contre-attaque. C’est par ailleurs sur un corner plutôt mal négocié de Samuele Campo que Marco Djuricin parvient en premier à éroder la stabilité défensive des hommes de Fabio Celestini (53e). Sans un retour providentiel de Jérémy Manière, Castella aurait sans doute été contraint de s’incliner sous la frappe lourde de l’international autrichien, prêté à GC par le Red Bull Salzbourg. Toujours est-il que la décrue lausannoise eut inspiré l’adversaire; d’abord, Jeffrén, bien servi par Lavanchy, manque de punir une première fois le LS (61e) avant que Djuricin ne bénéficie d’une nouvelle et très belle contribution par la gauche de l’ancien latéral lausannois pour finalement valider l’unique but de la rencontre (66e). « Nous savions que nous allions jouer contre une équipe très organisée, cela fait plusieurs matches qu’ils ne prennent pas de but. Il nous a manqué ce brin de folie pour l’emporter quand, en face, ils ont joué très juste. Les deux équipes pouvaient l’emporter ce soir et tout s’est joué sur un détail, un excellent ballon joué derrière la défense. Nous avons été bloqués par une défense robuste et nous n’avons pas réussi à trouver la solution », aiguillonnait alors Alexandre Pasche.

« Cette défaite n’est pas un éteignoir »

« Cette défaite n’est pas un éteignoir. Désormais, nous n’avons que le championnat auquel nous concentrer. Cela n’affecte en rien l’équipe. Il nous faudra renouveler notre belle passe avec une victoire ce week-end », rappelle encore Benjamin Kololli pour qui il est important à souhait de se maintenir à ce qui est déjà de l’ordre de l’acquis. Partir toujours de ce qui est accompli; partir du positif pour aller de l’avant: « Dans l’ensemble, en ces occasions, il nous faut prendre exclusivement ce qui fut positif, une belle défense et une période faste depuis notre victoire à Bâle [ndlr, le 9 septembre]. Il nous faut donc continuer à travailler. Que des points positifs à retirer ce soir. » Une vision partagée par Alexandre Pasche: « Nous voulions aller le plus loin possible mais nous devons maintenir notre cap et notre très bon élan. Nous avons un peu changé notre mode de jeu, nous sommes plus compacts défensivement et mieux organisés. Cela nous donne plus de confiance pour jouer au ballon. L’état d’esprit est nouveau et il y a véritablement une belle cohésion d’équipe. » Ceci avant de ponctuer le tout: « Nous devons laisser la frustration derrière et avancer. »

« J’évalue très facilement mes prestations avec Murat Yakin et je suis dans de bonnes prédispositions pour progresser »

Cédric Zesiger, défenseur de Grasshopper

Du côté de Grasshopper, l’ère Yakin n’est rien de moins qu’un coup d’encensoir; depuis la prise en main des frères Murat et Hakan, GC subit sensiblement peu de but – un seul depuis le début du mois, face au FC Lucerne (1-1) – et en marque, au contraire, beaucoup. La dernière victoire en championnat (4-0 lors du derby de la Limmat au Letzigrund) est l’une des réalités marquantes de la nouvelle époque. Avec un total de dix réalisations lors des cinq derniers matches, autant dire que ce Grasshopper-ci est l’une des équipes les plus prolifiques du second tour de championnat. Et ceci même au profit d’une confiance portée aux plus jeunes talents de son contingent avec la présence notamment des internationaux M19 Nedim Bajrami, au club depuis 2009, et Petar Pusic mais aussi de l’international M20 et ancien de Neuchâtel Xamax FCS, Cédric Zesiger, auteur même du quatrième but lors du derby face au FC Zürich samedi dernier (88e). « Je suis très heureux de pouvoir bénéficier d’un poste de titulaire dans une équipe comme Grasshopper – évalue l’ancien Xamaxien au terme de la rencontre à la Pontaise avant de poursuivre – Je ne pensais pas que cela puisse aller aussi vite, alors qu’au début de saison, je ne faisais pas partie des premiers choix de l’entraîneur [ndlr, alors Carlos Bernegger avant son remplacement]. Avec l’arrivée du nouveau coach, nous tenons vraiment à cette organisation à trois défenseurs derrière; un système qui puisse me mettre parfaitement en valeur. J’évalue très facilement mes prestations avec Murat Yakin et je suis dans de bonnes prédispositions pour progresser. » Une situation rêvée pour nombre de jeunes talents composant l’effectif des Yakin et remplaçant parfois même des cadres indiscutables à l’image de l’Islandais Runár Már Sigurjónsson.

GC, un groupe « sain » et « très compétitif »

« Le match était compliqué. Nous n’avons trouvé aucune solution en première mi-temps, nous étions un peu trop impatients. Le but nous a été salvateur, même s’il est arrivé un peu tard. Il nous fallait marquer en premier et éviter d’encaisser derrière. » Cédric Zesiger, défenseur titulaire de Grasshopper témoigne d’une partie peu friande en occasions de but, fermée et donc indécise. L’ancien latéral de Neuchâtel Xamax FCS a néanmoins rappelé la bonne santé d’un groupe, à GC, qui a sans doute permis de dominer le LS mercredi soir à la Pontaise, mérite, avoue-t-il, d’un nouvel entraîneur aux ambitions et volontés clairement affichées: « Nous sommes d’autant plus compacts défensivement. Nous n’encaissons que très peu de buts, preuve de nos progrès. Nous gagnons, nous prenons du plaisir et profitons tous d’un groupe sain et compétitif. » De quoi augmenter les ambitions du jeune international suisse M20 ? « En tant que footballeur, nous avons l’espoir de soulever des trophées, bien sûr. Nous sommes bien partis, tant en championnat qu’en Coupe de Suisse. Néanmoins, nous listerons l’inventaire des possibles par la suite. »

Les faits de match:
FC Lausanne-Sport v Grasshopper Club Zürich, 0-1 (0-0)

Composition du FC Lausanne-Sport:
Thomas Castella, Elton Monteiro, Jérémy Manière, Alain Rochat © (78e Benjamin Kololli), Leandro Marin, Mersim Asllani, Yeltsin Tejeda, Alexandre Pasche, Samuele Campo, Gonzalo Zarate (70e Joël Geissmann) et Gabriel Torres (67e Francesco Margiotta). Entraîneur: Fabio Celestini.

Composition du Grasshopper Club Zürich:
Heinz Lindner, Milan Vilotic ©, Marko Basic, Marco Djuricin (78e Lucas Andersen), Emil Bergström, Numa Lavanchy, Souleyman Doumbia, Jeffrén Suarez (83e Albion Avdijaj), Cédric Zesiger, Petar Pusic (90e Mergim Brahimi) et Nedim Bajrami. Entraîneur: Murat Yakin.

Buts: 66e Djuricin (0-1).
Notes: Stade de la Pontaise, Lausanne. 1'350 spectateurs.
Lausanne sans Ali Kabacalman, Marco Delley, Nicolas Gétaz et Diego Berchtold (non convoqués). Grasshopper sans Rúnar Már Sigurjónsson, Michal Fasko, Florian Kamberi, Nabil Bahoui, Charles Pickel, Joao Ngongo, Valon Fazliu, Giotto Morandi et Allan Arigoni (non convoqués).
Arbitre: Stephan Klossner.
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About Yves Di Cristino (371 Articles)
Rédacteur en chef, membre actif de l'Association Suisse des Journalistes Indépendants (CH-Media) et de l'Association vaudoise de la presse sportive (AVPS). Étudiant en Master de Sciences Politiques à l'Université de Lausanne. Prépare un mémoire en histoire internationale focalisé sur les relations de Guerre Froide et de post-Guerre Froide.

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