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The BlueSpirit Band arrose passion et joie de vivre au Blues Rules

« Pour nous c’est une occasion rêvée de venir jouer ici car nous sommes des amoureux du blues »

C’est dans le cadre très bucolique du château de Crissier que s’est ouvert vendredi soir la huitième édition du Blues Rules Crissier Festival pour une durée de deux jours, ces 19 et 20 mai 2017. Si la programmation présente des têtes d’affiches américaines prestigieuses (Robert Kimbrough Sr, Reverend Peyton’s Big Damn Band, Son of Dave), les formations helvétiques sont aussi de la partie. C’est d’ailleurs le cas pour le groupe qui se charge de l’ouverture du festival : The BlueSpirit Band. Rencontre après une très belle ouverture de bal.

Laurent Gumy, chanteur de The BlueSpirit Band sur la scène du Blues Rules vendredi en ouverture du Festival à Crissier. © Oreste Di Cristino / leMultimedia.info

Retrouvez nos interviews en Live Facebook de Crissier avec The BlueSpirit Band et autres artistes sur notre page de leMultimedia.info.

Sachant que l’on assisterait à un festival en plein air, c’était avec quelques appréhensions que l’on se rendait à Crissier. La météo peu clémente de ce vendredi laissait présager une ambiance contrastée. Mais il n’en fût rien ; comme les organisateurs l’avaient annoncés sur la page Facebook dédiée à la manifestation quelques heures auparavant, le bleu du ciel avait repris ses droits dès la mi-journée dans le jardin du château de Crissier. Le climat quelque peu humide semblait avoir été directement importé du Mississipi. Godasses boueuses, bière à la main, les festivaliers s’avancent vers la scène vers 18h30 pour l’ouverture du festival.

Welcome to the Blues Rules Spirit

La formation helvétique The BlueSpirit Band est à l’honneur et a la solennelle tâche d’offrir la carte de visite de ces deux soirées consacrée à la musique du bayou. Pendant une heure, le groupe rend hommage aux plus grands classiques du blues. Veste en jean et mèche rebelle, le front man de la formation vaudoise, Laurent Gumy, s’intègre parfaitement dans l’ambiance soignée et décontractée du festival. Sourire charmeur et dégaine de rockeur aguerri, il nous commente ses premières impressions après le show: « Pour nous c’est une occasion rêvée de venir jouer ici car nous sommes des amoureux du blues. On sait que l’on vient avec un public conquis d’avance, qui aime le blues et qui vient ici pour en écouter. Au niveau de l’accueil et de la scène, c’était vraiment parfait. » Stéphane Turin, l’harmoniciste du groupe rajoute : « On rencontre des musiciens qui viennent de partout, du Sud de l’Amérique comme des Français, c’est vraiment le rendez-vous du blues et c’est génial de pouvoir faire ce type d’événement en Suisse. » Il faut dire que le choix de cette formation pour inaugurer cette huitième édition était bien rodé puisque le groupe s’approprie des grands classiques du blues – notamment “Thrill Is Gone” ou encore “Key To The Highway” – tout en faisant la part belle à l’improvisation : « On fait des reprises depuis une dizaine d’années car on trouve tellement de beaux morceaux dans ce domaine. On a aussi quelques compositions mais c’est vrai que l’on est plus un groupe de reprise. » Loin de s’auto-satisfaire dans leur zone de confort, les Vaudois savent aussi se détacher de leur étiquette et surprendre leur public. Preuve en est avec leur reprise de “Personal Jesus” du groupe emblématique de rock britannique Depeche Mode. Laurent s’amuse des réactions provoquées par le changement de registre du répertoire blues: « Cette reprise a vraiment étonné le public. » Mais s’écarter du genre n’est pas synonyme de refouler l’essentiel. La ligne blues du groupe se peaufine dans les détails, du microphone rétro jusqu’à l’orgue Hammond, instrument mythique de la musique blues, qui remplace le clavier standard et s’impose comme une relique pour Alain Ernst: « C’est essentiel pour le blues. C’est vraiment un instrument qui le fait vivre. Je l’ai découvert sur le tard et j’en suis tombé amoureux. »

Un genre très présent qui se renouvelle constamment

Dans le panorama des festivals suisses romands, le blues à une place de niche puisque l’on peut recenser, sans compter le Blues Rules Crissier Festival, trois autres manifestations dans la même veine. Mais au-delà de ces événements, on peut se demander comment ces formations parviennent à exister en dehors de l’étiquette “blues” et se produire dans des festivals ouverts à divers genres musicaux. Pour The BlueSpirit Band, le problème est vite résolu ; ce n’est pas eux qui vont vers le public mais bien le public qui vient à eux : « Pour trouver des concerts, nous avons notre petit fan club qui nous soutient et nous appelle régulièrement pour jouer et faire la fête. On se contente de cela. Nous sommes tous des amateurs, avec une profession à côté et nous jouons vraiment pour le plaisir. » Loin des idées reçues, ce ne sont pas des auditeurs aguerris et nostalgiques d’un blues sanctifié qui délimite l’essentiel de la portée du style venu des États-Unis. À ce propos, Laurent observe une recrudescence du blues et de sa réappropriation au sein de la nouvelle génération : « La nouvelle tendance fait que le blues revient. Même chez les jeunes musiciens. C’est un blues mélangé aux nouvelles technologies et c’est très intéressant. » Jolie transition d’ailleurs, puisque c’est le jeune groupe, également suisse, Duck Duck Grey Duck qui sera l’une des têtes d’affiche du soir [lire l’article très prochainement sur leMultimedia.info]. Faire du blues, c’est aussi un état un esprit et un acte de révolte, une position singulière qui s’inscrit dans l’Histoire d’un genre avec un passé lourd de causes et de conséquences. Privilégiant les lives plutôt que les albums studio, The BlueSpirit Band, comme son nom l’indique, veut faire de sa musique non seulement un hommage aux grandes figures du blues mais surtout la rendre vivante. Au centre des objectifs à atteindre pour Laurent, on trouve l’osmose qui doit nécessairement lier le public et les musiciens: « Le blues c’est un partage, ça se vit avec le public. Si le public n’est pas là. On ne ressent pas la musique alors que si l’on voit qu’il est réceptif, ca nous donne de l’énergie. C’est un partage avant tout. C’est ce qui nous donne de la satisfaction ». Le contrat est rempli pour ce concert inaugural puisque l’ambiance était au beau fixe et les festivaliers ravis de découvrir ou de redécouvrir les titres emblématiques du genre. Pour la suite, la formation helvétique espère pouvoir se produire dans les festivals à venir : « On aimerait beaucoup pouvoir participer au Sierre Blues Festival et viser ce genre d’endroits où les gens viennent écouter ce genre de musique. On a de belles scènes en Suisse, comme celle de Crisser et on est d’ailleurs bien content d’avoir pu jouer ici. »

Des surprises encore samedi

Le groupe sera présent ce samedi 20 mai, notamment pour échanger avec les autres intervenants. C’est le cas de Laurent : « [Samedi] j’ai un workshop avec Reverend Peyton qui va me faire une démonstration de son jeu de guitare et je vais aussi aller voir ce qui se passe sur scène ». Avec ce premier concert, un très joli festival se profile et laisse encore espérer beaucoup de surprises pour la journée de samedi. Impossible de ne pas laisser le mot de la fin au trublion de l’équipe, Stéphane : « La vie est belle, chic et pas chère et vive le blues ! »

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About Fanny Agostino (5 Articles)
Étudiante en bachelor à l’université de Lausanne en français moderne et en histoire et esthétique du cinéma, je m’intéresse particulièrement aux thèmes culturels et sociaux d’un point de vue local comme à l’international. Rédactrice “Culture” pour leMultimedia.info.

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  1. Blues Rules Crissier Festival 2017, Day 1 of 2 [en images] – leMultimedia.info

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