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Le Servette FC tenu en échec par le FC Bienne

Les Grenat perdent la tête de la Brack.ch Challenge League

Après une semaine mouvementée au niveau administratif, le Servette FC recevait à la Praille le FC Bienne. Devancés la veille par le FC Wohlen au classement, les Grenat se devaient de réagir face à une équipe amorphe mais chanceuse. Un objectif qui s'est révélé être, au final, sensible et laborieux (1-1). Débrief.

Johan Vonlanthen (Servette FC) – © Oreste Di Cristino


Interview à Alexandre Pasche (Servette FC)


Le Servette FC sait dominer mais peine à marquer. Kevin Bua, accoudé par Benjamin Besnard, tous deux placés sur la ligne la plus haute du plan tactique et soutenus par une charnière centrale composée d’un excellent Alexandre Pasche et d’un tout aussi performant Robin Kamber, ont longuement fait frémir la défense biennoise. Mais entre une tête plongeante de Besnard, un tir à bout portant de Bua et une manœuvre bien menée de Johan Vonlanthen devant la cage de Mirko Salvi, la sphère, attendrie par une pelouse humide et arrosée par les averses, n’a jamais pris la route des filets biennois. Pire ! Attentistes et opportunistes à souhait, les hommes d’un certain Jean-Michel Aeby – ancien coach des Grenat – ont su profiter, contre le cours du jeu, d’une maladresse défensive pour aller planter le premier but à quelques secondes de la mi-temps. Un froid glacial envahit le Stade de Genève. La pluie redouble d’intensité. Mais Besnard se charge de panser la plaie servettienne. Peu avant l’heure de jeu, bien servi par Vonlanthen, il fait passer sous les jambes du portier biennois, le ballon qui redonnera du souffle à son équipe. Sur le score de 1-1, le scénario de la première période recommence alors. Alex Pasche se joue des récupérateurs adverses, adresse avec subtilité des perles aux ailiers et amène le danger devant Salvi. Mais à nouveau, l’agressivité peine à prendre. Les Grenat stagnent. L’assaut se voit constamment repoussé par une défense biennoise qui, à défaut d’exceller, parvient à se tirer des offensives genevoises. Sans plus. Au final, c’est dos-à-dos que les deux équipes se séparent. Un résultat « rageant, vu qu’il y avait la possibilité [pour le SFC] de passer l’épaule » atteste Pasche.

« Ce soir, on ne peut que se sentir frustrés »

Alexandre Pasche témoigne avec ces mots de la rencontre l’ayant opposé au FC Bienne: « On a entamé, comme la semaine passée [ndlr, FC Wil-Servette FC du 23 avril 2015], le match de la meilleure des façons en nous procurant quatre à cinq occasions dans les vingt premières minutes. On a manqué d’efficacité et le but [adverse] juste avant la mi-temps a changé la donne du match« . Bien débutée et terminée dans la douleur, la rencontre a été perçue tel un calvaire pour les hommes de Kevin Cooper. Un calvaire, non dans la manière, mais dans les faits. En effet, agressive, poussive, entreprenante, habile, l’équipe servettienne a eu une énorme difficulté dans la concrétisation de leurs actions. Le prologue du match est plaisant, l’entre-acte décevant et la conclusion frustrante avec, dans l’escarcelle genevoise, un carton rouge – double avertissement d’Anthony Sauthier – et un (seul) point récolté dans la lutte pour la promotion. Il s’agit d’un troisième match nul de rang pour les Grenat – une passe relativement lymphatique pour le club, également tourmenté par des insécurités financières. En réponse à ces dernières, était-il obligatoire pour les joueurs de réagir sur le terrain ? Alexandre Pasche se défend de cette assertion: « On a pas à réagir. On doit juste continuer sur notre lancée depuis le début de la saison. Jouer avec beaucoup de sérieux, avec du cœur et essayer de rester dans le haut du classement pour poursuivre notre rêve le plus loin possible. Malheureusement, aujourd’hui, on perd deux points qui peuvent être importants mais la saison est encore longue. On accueille Wohlen [ndlr, adversaire direct à la promotion] la semaine prochaine donc on a encore tout entre nos mains. Il ne faut pas baisser les bras et, au contraire, montrer que nous méritons notre place en Super League et qu’on fera tout pour atteindre la promotion.« 

En un classique 4-4-2 sans surprise, Kevin Cooper a aligné, dès la première minute, son équipe-type. Il laisse plus d’espace à Kevin Bua et opte pour une organisation plus collective au milieu de terrain. Mais dans la charnière centrale, un homme se démarque; Alexandre Pasche a agi en métronome de son équipe pendant toute la rencontre – ou du moins tant qu’il était sur le terrain avant de céder la place à Doumbia. En donnant constamment le ton de l’attaque servettienne, Pasche s’était mué en un véritable meneur de jeu. Servant avec doigté ses coéquipiers, le Suisse a brillamment su protéger son ballon et le servir sur les couloirs où Vonlanthen, Avanzini ou Sauthier excellaient. Car force était de constater que les biennois se faisaient souvent déborder par les ailes. Ainsi, pendant les vingt premières minutes, on a vu le duo d’attaque Grenat prendre de vitesse, non sans aisance, les défenseurs Elmer et Sejmenovic. Une constante qui a souvent été le foyer de nombre d’occasions où seul un manque réel de chance a fait barrage au succès. De plus, face à un FC Bienne lent en contre-attaque et cantonnée en défense pour la plupart du temps, peu ont été les fois où les hommes de Cooper ont été mis en danger (même si Steven Ukoh manqua de justesse l’ouverture du score à la 29e minute). Une ouverture qui adviendra à peine un quart d’heure plus tard, principalement causée par une maladresse défensive qui consent à Wellington Junior de battre en duel Jérémy Frick.

Un FC Bienne décimé mais satisfait

Jean-Michel Aeby salue ses anciens collègues en zone mixte. L’entraîneur biennois, qui a précédemment guidé le Servette FC la saison dernière, a le sourire aux lèvres et félicite les siens pour ce qu’il infère être un « exploit »: « Face à une équipe qui carbure depuis un certain temps, je suis content qu’on soit parvenus à sauver ce point. Il ne faut pas oublier qu’on a été privés de beaucoup de joueurs qui nous ont résolu les précédentes rencontres. » En effet, contraint de se passer de Luis Pimenta, Thibault Corbaz, Cidimar, Giuseppe Morello (blessés) ou encore de Janick Kamber (suspendu), Aeby a du composer ce samedi soir une équipe alternative. Une formation qu’il a privilégiée sous le prisme de la préservation et de l’opportunisme. Alignant une formation en 4-5-1, avec un Norman Peyretti et un Wellington Junior jouant très bas, l’équipe entière semblait vouloir se protéger des nombreux assauts de leurs adversaires. Une tactique qui s’est révélée payante malgré beaucoup de sursauts en première période. Nico Siegrist, en parfait opportuniste, a souvent attendu la faille du côté du Servette FC sans vraiment l’obtenir. Mais l’analyse n’est tant pas centrée sur l’attaque mais sur une défense qui a su tenir bon face aux nombreuses charges adverses. Ainsi grâce à une valeureuse constellation défensive, le FC Bienne est parvenu à faire trembler – ou du moins faire douter – le favori Grenat devant ses 3’310 spectateurs présents à la Praille ce samedi soir.

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About Yves Di Cristino (310 Articles)
Rédacteur en chef, membre actif de l'Association Suisse des Journalistes Indépendants (CH-Media) et de l'Association vaudoise de la presse sportive (AVPS). Étudiant en sciences sociales et politiques à l'Université de Lausanne.

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