La championne du monde du semi-marathon, Ruth Chepngetich a remporté le semi-marathon d’Istanbul le 4 avril dernier, établissant également le nouveau record du monde de la discipline. C’est la première fois qu’un semi-marathon a vu trois femmes terminer sous le seuil des 65 minutes ; l’épreuve la plus rapide de tous les temps, en pleine période de Covid-19. La veille, dans la commune de Belp près de Berne, la fondeuse du TG Hütten Fabienne Schlumpf avait, de son côté, également battu le record de Suisse du marathon pour sa première compétition officielle sur la distance. De quoi laisser penser que la pandémie n’a pas eu que des effets négatifs sur la forme et le mental des athlètes (féminines) de longues distances.

Sofia Gonzalez s’apprête, à bientôt 20 ans, à connaître ses premiers Jeux Paralympiques à Tokyo. Bien qu’amputée d’une jambe, elle est devenue spécialiste du sprint (100m) et du saut en longueur, les deux disciplines qui lui sont accessibles pour les Jeux. Néanmoins, au-delà de ses performances sportives, la native de Vevey est un exemple de résilience et de persévérance. Ses limites, elle les pose elles-mêmes. Souvent aussi pour se rendre compte qu’aucune barrière psychologique ne peut briser son élan. De Nottwil à Dubaï, son parcours – à défaut d’être atypique – est l’illustration parfaite qu’il faut croire en ses rêves.

À 18 ans, Emma Piffaretti est déjà une sportive pleinement accomplie. Championne de Suisse U18 sur 100m et 200 mètres, vice-championne d’Europe U18 au saut en longueur à Györ (Hongrie) et double vice-championne suisse Élite de la discipline, la jeune Tessinoise s’est révélée au meilleur niveau ces deux dernières saisons. En 2018, elle s’est classée excellente quatrième des Jeux Olympiques de la Jeunesse à Buenos Aires avant de battre, une année plus tard, le record national suisse U20 avec un saut à 6,40 mètres. Longtemps entraînée par Beniamino Poserina à Ascona, Emma a finalement rejoint au mois de juin le groupe de Raphaël Monachon, entraîneur national du relais 4×100 mètres et spécialiste des haies. Un cadre de travail qui devrait progressivement lui permettre d’atteindre son meilleur niveau.

Berne pluvieuse, Berne heureuse. Les athlètes suisses ont marqué d’un sceau le meeting CITIUS, revisité avec la collaboration de Swiss Athletics. Au record de Suisse de Jason Joseph sur 100 mètres haies (13”34, soit cinq centièmes de mieux que sa précédente marque dernièrement réétablie lors des Championnats du monde à Doha), Ajla Del Ponte a fait mesure de belle continuité dans ses performances. Sur la ligne droite, la Tessinoise s’est distinguée en 11”15, quelques jours seulement après avoir établi la meilleure marque européenne de l’année à Bulle (11”08). Une saison de remise en confiance à un an des Jeux Olympiques de Tokyo, pour lesquels il faudra toutefois réitérer la marque qualificative établie à 11”15, justement.

2020 est olympique. Mais pas pour le jeune sprinteur de 23 ans qui prendra son temps cette saison – et les prochaines – pour viser plus haut dans un palmarès étoffé dans les catégories jeunes. Cette fois, il s’agira de l’enrichir au niveau supérieur mais sans précipitation aucune ; les JO de Tokyo cet été ne figurent ainsi pas dans sa ligne de mire, ni même les Mondiaux en salle de Nanjing en mars, qui lui sont largement inaccessibles pour l’heure. En revanche, la prochaine ville-étape du garçon est à Paris, tant pour les Européens Élite du mois d’août que pour la vision longue des futurs JO de 2024.

Depuis son arrivée à Genève en 2015, à 20 ans, Helen Bekele Tola surplombe désormais la moindre compétition de course organisée sur l’arc lémanique. Depuis ses premières courses disputées dès l’âge de majorité, l’Éthiopienne rêve désormais des Olympiades… mais uniquement à condition de recevoir prochainement le passeport suisse. Un cas précédent existe et il ne concerne nul autre que son mari Tesfaye Eticha qui avait disputé le marathon des Jeux Olympiques de Londres en 2012 sous la bannière helvétique. Et les histoires de familles, c’est tout ce qu’on aime, à priori.

Envoyé Spécial au Khalifa International Stadium, Doha (Qatar)

Dans un stade presque comble, Lea Sprunger termine quatrième de la finale du 400 mètres haies. Elle a réalisé une course aussi solide que possible, établi le nouveau record de Suisse (54”06) mais est restée encore (trop) loin d’un podium mondial. Il s’agit néanmoins de la course la plus rapide de l’histoire dans la discipline, l’Américaine Dalilah Muhammad fracassant son propre record du monde en 52”16, à seulement sept centièmes de sa compatriote Sydney McLaughlin (52”23). « Il n’y a pas de regret à avoir, Lea a réalisé une course stratosphérique, elle a fait tout juste », écrivait alors aussitôt son entraîneur Laurent Meuwly.

Envoyé Spécial au Khalifa International Stadium, Doha (Qatar)

Pour sa première finale mondiale, Mujinga Kambundji a créé un sensationnel exploit en s’adjugeant la médaille de bronze sur 200 mètres en 22”51, derrière l’intouchable Dina Asher-Smith et l’Américaine Brittany Brown. Ce podium est d’autant plus marquant que les trois athlètes qui l’ont foulé n’ont jamais obtenu la moindre médaille individuelle dans une grande compétition internationale auparavant. Pour la Britannique, plus particulièrement, ces Mondiaux de Doha sonnent comme une sonnante révélation; en plus d’un statut de favorite assumé, elle a abaissé sa marque nationale sur les deux disciplines reines du sprint, sur 100m (10”83) et 200m (21”88), devenant même la première Britannique à être sacrée sur le demi-tour de piste.