Le rugby à Genève a sans doute été le plus résilient de Suisse; le plus ancien à coup sûr mais probablement aussi le plus résistant. Alors que plusieurs impressions liminaires laissaient penser que le rugby avait connu un coup de frein à la sortie de la Seconde guerre mondiale, il se peut, en réalité, que le RC Genève ait perduré de façon intensive durant la période courant de 1947 à 1960, voire même quelques années de plus. Et si le rugby à Genève n’avait en réalité jamais disparu ?

Sans accès aux vestiaires, dans le respect des mesures sanitaires, et dans un cadre d’entraînement retravaillé, l’école de rugby du Servette Rugby Club a été contraint de réadapter ses conditions d’entraînement à Genève. Toutefois, malgré moins de contact et avec des séances d’autant plus portées sur le respect de l’adversaire et de l’autre, le club tire profit d’une situation inédite pour davantage instruire des jeunes hommes et jeunes femmes avant de former des joueurs et joueuses de rugby. Une réalité exacerbée par la pandémie.

Un jour, au printemps 1890, le jeune Émile Fiala, étudiant à l’école professionnelle de Genève, reçoit de son père en cadeau un ballon ovale. Le garçon fait le malin auprès des siens, ce présent venait droit d’Angleterre où le rugby trouvait un bel essor. Et qui allait penser, qu’un jour, ce ballon un peu spécial serait le point de départ de la folle histoire du rugby en Suisse et d’un tel club (le F.C. de la Servette) à Genève. Et que 130 ans plus tard, l’on en parle encore! C’est peut-être pour ces belles histoires qu’on en vient à creuser dans les archives. Retour en arrière, épisode 2.

Après avoir connu six promotions de rang dans le courant de ces six dernières années, le club Grenat vient d’en valider une septième dans la foulée, sur décision étudiée de la Fédération Française de Rugby. Leader de Fédérale 3 depuis le début du renouveau, Servette apprêtait sa résistance à l’approche des phases finales de cet été. La crise sanitaire aura balayé toute éventualité. Stabilité dans le jeu, discipline dans les affrontements lourds et soutien continu à la relève Grenat, les chantiers sont encore nombreux mais laissent entrevoir les rayons d’une lumineuse réussite. La Fédérale 2, de ce point de vue-ci, n’en sera qu’un défi plus haletant pour l’entière communauté servettienne.

Du Stade Pierre Rajon, Bourgoin-Jallieu (France)

Le premier sera le principal, le second son assistant. L’information est relâchée ce dimanche après près de deux semaines d’embargo. Gabriel Lignières avait annoncé sa décision, de pair avec ses dirigeants Marc Bouchet et Alain Studer, de quitter ses fonctions en tant qu’entraîneur de la Première pour se concentrer sur les affaires qui ont toujours été les siennes: la promotion du rugby chez les plus jeunes. De pair, Servette vient de s’adjuger le premier titre Honneur de la Ligue AuRA face à Romans Péage (38-18).

Du Stade du Loup Pendu, Rillieux-la-Pape (France)

Fièrement promu en Fédérale 3, au terme d’un quart de finale remporté souverainement face au RC Haute Bresse (35-0) dans la banlieue lyonnaise de Rillieux-la-Pape, le Servette Rugby Club débarque à l’étage des grands. Là où figurent plusieurs parmi les plus anciennes formations du rugby français, à l’aune des US Annecy et Bellegarde, « des clubs qui ont pour certains plus de 100 ans d’histoire. » Aussi, avec la promotion récente de l’AS Monaco Rugby (dont le renouveau a eu lieu en 2010 seulement), parallèle à celle des Genevois, c’est la préfiguration d’un nouveau rugby français qui voit le jour.

L’Équipe de Suisse a fièrement combattu au centre sportif de Vessy à l’occasion d’un match amical tenu face à la Côte d’Ivoire. Quelque 365 jours après avoir battu ces mêmes Éléphants 30-27 au Stade Marius Berthet à Hermance, dans un contexte parfaitement similaire – à en omettre le synthétique flambant neuf de Vessy –, les hommes d’Olivier Nier ne sont, cette fois, pas parvenus à débloquer un résultat campé plus d’une mi-temps durant sur un décharné 6-6. Mais cette rencontre permit à tout Genevois présent aux alentours du terrain de connaître une histoire plus profonde du rugby international; la Côte d’Ivoire est une nation simple et déterminée, dont les objectifs se révèlent relevés pour les prochains mois. De leur sélectionneur Edgar Babou (48 ans) à leur emblématique trois-quart Silvère Tian (38 ans) – ancien joueur d’Olivier Nier à Oyonnax –, la communauté ivoirienne présente en Suisse ce week-end ne fut rien d’autre, en réalité, qu’une séance de retrouvailles entre anciennes connaissances. Le récit vaut le détour.

Malgré une longue liste de 17 joueurs blessés, le Servette Rugby Club est venu aisément à bout du Rugby Club Haute-Bresse, deuxièmes de Pré-Fédérale, à la fois lors de la rencontre des équipes réserves (66-17) que chez les premières (71-12). Avec cinq victoires lors de leurs six dernières sorties, les Bressans figuraient comme la nouvelle équipe de référence du championnat derrière les Grenat. Une nouvelle preuve de l’incontestable supériorité de Servette à cet échelon-ci qui a pu compter sur son très large effectif pour l’emporter. À noter également, le retour de Cédric Curdy avec la réserve servettienne. De retour d’un an en Argentine, le flanker a à nouveau marqué avec les Grenat.