Depuis son arrivée à Genève en 2015, à 20 ans, Helen Bekele Tola surplombe désormais la moindre compétition de course organisée sur l’arc lémanique. Depuis ses premières courses disputées dès l’âge de majorité, l’Éthiopienne rêve désormais des Olympiades… mais uniquement à condition de recevoir prochainement le passeport suisse. Un cas précédent existe et il ne concerne nul autre que son mari Tesfaye Eticha qui avait disputé le marathon des Jeux Olympiques de Londres en 2012 sous la bannière helvétique. Et les histoires de familles, c’est tout ce qu’on aime, à priori.

Envoyé spécial à Al Corniche, Doha (Qatar)

Leninisa Desisa est seulement le deuxième Éthiopien à remporter le marathon dans un championnat du monde. Avant sa victoire, Gezahegne Abera restait le seul de son pays à être parvenu sur la plus haute marche du podium à Edmonton en 2001. À Doha, finalement, le marathon hommes s’est déroulé dans des conditions sensationnellement plus favorables que celui des dames; le seul Suisse engagé, Tadesse Abraham, l’a vécu calmement. Peut-être même un peu trop sur les 35 premiers kilomètres. En accélérant la cadence un peu plus tôt, il en va de conviction qu’il aurait pu décrocher une deuxième médaille suisse dans la discipline après celle de Viktor Röthlin à Osaka en 2007. Nous avons rencontré ces deux marathoniens du pays au Qatar.

Envoyé spécial à Al Corniche, Doha (Qatar)

Au marathon mondial de Doha, lieu peu adapté aux records, sinon aux titres, Ruth Chepng’etich l’a emporté en 2h32’43”, devant la championne sortante Rose Chelimo et la Namibienne Helalia Johannes. La course s’est tenue dans des conditions dantesques et sous une chaleur étouffante – 29,5 degrés et 73,3% d’humidité (selon la Wet Bulb Globe Temperature, principal indicateur de température privilégié par l’IAAF, la Fédération internationale d’athlétisme). Soit un climat par lequel le staff médical de la Fédération recommande des mesures strictes de sécurité. Par chance, elles ont toutes été dûment appliquées, et ce d’autant plus avec l’abandon successif de 28 athlètes sur les 69 en lice. Une énormité, en réalité.

S’il fallait pointer un élément embarrassant et perturbant dans la préparation de Julien Wanders pour les Mondiaux de Doha, cela serait très certainement la difficile mainmise sur les minimas mondiaux des 10’000 mètres. Nécessitant un temps de qualification inférieur à 27’40 minutes, la mesure est pleinement atteignable pour le prodige suisse mais c’est toujours sans compter sur les petits imprévus de la vie d’athlète: une course à Stockholm “décevante” fin mai (où il a tout de même établi le nouveau record de Suisse dans des conditions gâtées) et une qualification à repasser pour un cheveu (27’44”36). En résulte alors un agenda quelque peu bouleversé, car recourir de force un 10’000m s’apparente à un véritable goulet d’étranglement dans le programme estival préfixé par le jeune talent de 23 ans. Mais l’étape lausannoise ce vendredi soir semble lui avoir ouvert la voie à une deuxième partie de saison totalement relâchée. Tant mieux!