Antoine Raimbault se lance dans son premier long métrage avec l’affaire “Jacques Viguiez”. Bien loin d’une banale reconstitution, ce fait divers du début de siècle est réinvesti par le cinéaste grâce à Nora (Marina Foïs), personnage fictif et double du spectateur. Un film d’une extrême intelligence où l’appareil judiciaire, faisant parade au désir insatiable de savoir, fait office de garde-fous.

Après Jet Set, Camping, Disco et Turf, Fabien Onteniente ravive l’ensemble des symboles caractéristiques qui font ses films depuis le début des années 2000 dans sa nouvelle comédie de premier plan: All Inclusive. Parallèle alléchant, à première vue: la participation de deux grands noms des Bronzés, Thierry Lhermitte et Josiane Balasko qui donnent la réplique, 92 minutes durant, au duo nouvellement composé entre Franck Dubosc (Jean-Paul Cisse) et François-Xavier Demaison (Bruno). L’histoire reste cocasse et intelligente, mais le gentil “beauf” du cinéma d’Onteniente semble avoir fait son chemin…

Quel lien entre les aventures des Chevaliers de la table ronde et celles d’Astérix et Obélix, sinon que leur auteur Alexandre Astier en ait recopié le trait presque à l’identique ? La réponse sied dans les coulisses d’un film d’animation qui calque la mécanique certaine qui fut celle de la série Kaamelott sur le petit écran. Des ressors humoristiques évidents au casting énonciateur – où Roger Carel a définitivement cédé la voix d’Astérix à Christian Clavier –, tout semble fonctionner selon la logique qui fut celle de la réussite du réalisateur, producteur, scénariste et compositeur lyonnais. De pair avec Louis Clichy, Alexandre Astier vient sans doute de signer un nouveau chef d’œuvre, quatre ans après avoir adapté une première fois en film d’animation les idées originales de René Goscinny et Albert Uderzo au cinéma. Ainsi, après avoirs cosigné Astérix: Le Domaine des Dieux (2014), le chef d’orchestre – créateur d’une véritable machine à réussir – sort Astérix: Le Secret de la Potion Magique ce mercredi dans les salles. Une pépite à ne pas manquer.

Outre les thèmes de la violence et de l’addiction, le jeu vidéo a-t-il une place dans le débat public ? C’est en tout cas ce que propose la communauté universitaire de Lausanne, ce mercredi 28 décembre au Palais de Rumine avec un cours public intitulé « Cinéma et jeux vidéo ». L’événement sera aussi l’occasion de vernir le dernier numéro de la revue Décadrages, consacré à la thématique. À cette double occasion, nous avons rencontré Selim Krichane, premier assistant à la section d’histoire et esthétique du cinéma de l’Université de Lausanne et directeur de la publication. Comment l’objet “jeu vidéo” s’est-il démocratisé à l’université ? Quels sont ses liens avec le cinéma ? Une plongée dans le monde vidéoludique à travers Red Dead Redemption, The Stanley Parable ou encore Fortnite.

Gare à celui qui évoque le passé! L’adage veut que toute représentation historique soit plus révélatrice de l’époque à laquelle elle est énoncée que les faits eux-mêmes. Tout juste extirpés du centenaire de la Première Guerre et du canevas du “devoir de mémoire”, voilà que le cinéma reprend la patate chaude des mains de Macron. Julius Avery (Son of a Gun, Jerrycan) signe, avec Overlord, le projet ambitieux de mêler une fiction fortement ancrée historiquement avec le surnaturel. Tentative qui se traduit par une démonstration d’ultra-violence qui n’aurait pas été si désobligeante si le film n’évacuait pas tout background historique au profit de… l’incinération de zombies.

Le nouvel opus de la saga des “Animaux Fantastiques” sort ce mercredi dans les salles suisses. Intitulé “Les Crimes de Grindelwald”, la nouvelle adaptation cinématographique de David Yates des écrits de J.K. Rowling plaît véritablement. De l’incarnation envoûtée de Gellert Grindelwald par Johnny Depp à la toute première apparition de Jude Law sous les traits du professeur Albus Dumbledore, le film a su prendre de sérieux risques dans sa mise en perspective du monde élargi de la sorcellerie ante-Harry Potter. Admirable, même si l’on attendait plus de la réapparition de Dumbledore à l’écran.

Un film d’une indispensable authenticité; “Les Chatouilles” traduit le parcours de vie, mais aussi de rémission de la jeune Odette (8 ans) aux traits très autobiographiques. Andréa Bescond (dans son “propre” rôle de victime de pédophilie) livre avec le père de ses deux enfants, Éric Métayer, une histoire dans laquelle elle a transposé toute sa volonté et son désir irrésistible de vivre. Dans un long-métrage très dynamique, entre flashbacks et balades au plus près des fantasmes de la protagoniste, le chef d’œuvre de 103 minutes ne tombe jamais dans le fatalisme. Un film dont il ne faut absolument pas avoir peur de découvrir; sortie le 14 novembre prochain. Nous avons rencontré Andréa Bescond et Éric Métayer dans le cadre du 24e Geneva International Film Festival (GIFF), à l’occasion de sa première suisse.