du FRITZ-GRUNEBAUM-SPORTPARK, HEIDELBERG (ALLEMAGNE)

Elle sera peut-être (et à nouveau) parmi les trente meilleures équipes au ranking mondial à son retour d’Allemagne ; en disposant de la Mannschaft 20-33 sur terrain extérieur, l’Équipe de Suisse a frisé la perfection à Heidelberg. Elle s’offre, de fait, une – réelle – finale face aux Pays-Bas le 14 mars prochain à Plan-les-Ouates, barrages de promotion dans le viseur. Frustré en novembre après une défaite de petite circonstance 20-23 devant la Pologne, le XV de l’Edelweiss se prend – tout au contraire – désormais le droit de rêver. Le groupe et son staff le méritent pleinement.

Après avoir connu six promotions de rang dans le courant de ces six dernières années, le club Grenat vient d’en valider une septième dans la foulée, sur décision étudiée de la Fédération Française de Rugby. Leader de Fédérale 3 depuis le début du renouveau, Servette apprêtait sa résistance à l’approche des phases finales de cet été. La crise sanitaire aura balayé toute éventualité. Stabilité dans le jeu, discipline dans les affrontements lourds et soutien continu à la relève Grenat, les chantiers sont encore nombreux mais laissent entrevoir les rayons d’une lumineuse réussite. La Fédérale 2, de ce point de vue-ci, n’en sera qu’un défi plus haletant pour l’entière communauté servettienne.

Lionel Perrin s’y est pris tôt cette année; les 25 et 26 janvier, l’entraîneur national a rassemblé une première sélection de 18 joueuses à Neuchâtel en vue du renouveau continental, alors que la Nati évoluera dans la troisième division européenne cet été prochain. En effet – une première depuis plusieurs années –, la Suisse n’est pas parvenue à se maintenir dans la division supérieure (Europe Trophy) en juin dernier; onzième d’un classement qui comprend douze équipes, elle a immanquablement été reléguée. Mais la promotion directe – et sans délai – ne sera pas hors de portée en Serbie, faut-il encore que la sélection se révèle prête à relever le défi.

Ils sont frère et sœur, partagent la même passion pour le rugby et sont tous deux capitaines de leurs clubs respectifs. Arnaud (20 ans) et Anne Thiébaud (25 ans) vivent une saison à destin croisé entre Stade Lausanne et l’Albaladejo. Quid du plus expérimenté, de la mieux préparée, de leur évolution respective dans les cadres variés de l’équipe nationale suisse ou de leurs ressentis sur les terrains de rugby, leur histoire (de famille et d’amitié) est racontée par ceux qui l’ont côtoyée au plus près… et par eux-mêmes.

Le XV féminin de l’Edelweiss est décidément dans le coup au niveau européen. Les Suissesses ont largement dominé les débats lors de leur affrontement face à la Finlande samedi après-midi au stade municipal d’Yverdon-les-Bains – cinq essais, aucun subi (32-0). Il faut dire que depuis la prise en main, à l’été dernier, du management de l’équipe par Aurélie Lemouzy et le travail de qualité auprès des instances supérieures initié par Veronika Mülhofer, la condition du XV féminin national a grandement évolué. D’une vingtaine de filles concernées par l’équipe nationale au début de l’année 2018, elles sont désormais plus de 70 dans les rangs à espérer un jour une sélection avec le maillot de l’Équipe de Suisse. Une immensité, en réalité. « Sur ces 70, seules 35 ont été sélectionnées pour les rencontres du mois de novembre, ce qui constitue une nouveauté pour le contingent de joueuses en Suisse », assure Aurélie Lemouzy. « Auparavant les 23 filles présentes sur les feuilles de match étaient – à très peu près – les seules aptes et disponibles à une sélection avec l’équipe nationale. Aujourd’hui, pour les coaches, il s’agit de faire des choix. » Et des choix gagnants…

Avusy, le petit poucet qui domine le favori lausannois ? Cette lecture est celle du commentateur non observateur. Quelques jours après la finale de Coupe de Suisse remportée par les Genevois (9-13) au stade Juan Antonio Samaranch de Vidy, l’invincibilité d’Avusy laisse le monde du rugby sous le charme tout autant qu’elle questionne l’issue d’une finale qui (logiquement peut-être) est revenue à l’équipe la plus expérimentée, celle qui avait le plus de métier. Au travers de ce match, l’on y voit sans doute le reflet d’un long travail mental et psychologique mené – et à mener encore – auprès de ces jeunes lausannois encore cruellement en manque de cran dans les instants décisifs. Bilan.

Du Stade Marius Berthet, Chens-sur-Léman (France)

On la coupe court; Hermance ne figurera pas à l’affiche de la finale de LNA dimanche à Nyon. Le club de région a été certes vaillant mais finalement battu 41-38 au terme de séances de prolongation en demi-finale face au RC Nyon, après avoir conclu le temps réglementaire sur le score de 26-26 à Colovray. Le tout comme un symbole de puissance imparfait. Grande équipe d’expérience, les Dragons devront encore maturer pour une meilleure endurance qui englobera – à terme également – une école de rugby renforcée dans cette région reculée de Genève, à la frontière directe avec la France.

Du Stade Pierre Rajon, Bourgoin-Jallieu (France)

Le premier sera le principal, le second son assistant. L’information est relâchée ce dimanche après près de deux semaines d’embargo. Gabriel Lignières avait annoncé sa décision, de pair avec ses dirigeants Marc Bouchet et Alain Studer, de quitter ses fonctions en tant qu’entraîneur de la Première pour se concentrer sur les affaires qui ont toujours été les siennes: la promotion du rugby chez les plus jeunes. De pair, Servette vient de s’adjuger le premier titre Honneur de la Ligue AuRA face à Romans Péage (38-18).