Du Stade du Loup Pendu, Rillieux-la-Pape (France)

Fièrement promu en Fédérale 3, au terme d’un quart de finale remporté souverainement face au RC Haute Bresse (35-0) dans la banlieue lyonnaise de Rillieux-la-Pape, le Servette Rugby Club débarque à l’étage des grands. Là où figurent plusieurs parmi les plus anciennes formations du rugby français, à l’aune des US Annecy et Bellegarde, « des clubs qui ont pour certains plus de 100 ans d’histoire. » Aussi, avec la promotion récente de l’AS Monaco Rugby (dont le renouveau a eu lieu en 2010 seulement), parallèle à celle des Genevois, c’est la préfiguration d’un nouveau rugby français qui voit le jour.

Sur un terrain des plus enneigés, le Servette FC s’est imposé 2-0 chez son rival lausannois. D’un match décisif pour la promotion en Super League, les Genevois se retrouvent désormais 13 points devant le LS. Une avance confortable qui laisse rêver les supporters comme les joueurs. Côté vaudois, peu de choses à mettre en avant. Les joueurs du Lausanne-Sport tentent, mais ne concrétisent pas. Cette difficulté à trouver les filets commence à durer et à ce rythme, la seconde place (synonyme de barrage) sera également difficile à conserver.

Genève Plan-les-Ouates a sombré face à Grasshopper samedi après-midi lors de la reprise de LNA aux Cherpines. Les hommes du nouvel entraîneur Sébastien Dehouck ont perdu 17-42 une des désormains décisives rencontres en vue de la qualification en play-off de LNA. Les quatre meilleures équipes y accèdent et PLO conserve fragilement la quatrième place (22 points) avec désormais quatre points d’avance sur le LUC (18), vainqueur du Stade Lausanne à Chavannes. La prochaine rencontre face aux Stadistes entraînés par Mario Bucciarelli – une revanche certaine de la demi-finale de Coupe – sera déjà déterminante.

Stade Lausanne a sans doute cueilli ce week-end sa plus belle victoire de la saison en demi-finale de Coupe de Suisse face au lauréat 2017, Genève Plan-les-Ouates (19-27). Les hommes de Mario Bucciarelli, forts d’un groupe qui n’a jamais abandonné le moindre espoir de créer ce qui s’apparente à un exploit, ont réussi l’un de leurs grands objectifs de la saison: se qualifier pour la finale de Coupe à Lausanne. En effet, les festivités de l’ultime rencontre auront lieu le 29 juin prochain au stade Juan Antonio Samaranch dans le quartier de Vidy. UN complexe lausannois qui pourrait bien voir triompher une équipe… lausannoise. La deuxième équipe qualifiée sera déterminée le 14 avril entre l’actuelle formation de LNB Avusy et Hermance. Quant à PLO, l’heure est déjà à la reprise du championnat face à Grasshopper, une rencontre de première importance dans l’optique d’une qualification pour les play-offs.

D’origine samoane et suisse, le trois-quart centre de l’Équipe de Suisse et des espoirs U22 de l’US Oyonnax, Jérémy To’a (22 ans) est à la croisée de sa jeune carrière. Prêt à quitter la Pro D2 cet été pour tenter sa chance en Angleterre, l’Argovien, natif d’Hausen (AG) s’est également révélé ce samedi après-midi à l’occasion de la troisième journée de l’Europe Trophy face aux leaders portugais malgré une cuisante défaite (14-48). Jouant les 80 minutes de la rencontre pour la première fois, il a même manqué d’inscrire un (second) essai d’honneur pour le XV de l’Edelweiss dans les derniers instants de la partie (79e). En vain pour l’économie de la rencontre mais fort symbolique d’un jeune homme déterminé à passer le cap professionnel outre-Manche. Portrait.

L’Équipe de Suisse a fièrement combattu au centre sportif de Vessy à l’occasion d’un match amical tenu face à la Côte d’Ivoire. Quelque 365 jours après avoir battu ces mêmes Éléphants 30-27 au Stade Marius Berthet à Hermance, dans un contexte parfaitement similaire – à en omettre le synthétique flambant neuf de Vessy –, les hommes d’Olivier Nier ne sont, cette fois, pas parvenus à débloquer un résultat campé plus d’une mi-temps durant sur un décharné 6-6. Mais cette rencontre permit à tout Genevois présent aux alentours du terrain de connaître une histoire plus profonde du rugby international; la Côte d’Ivoire est une nation simple et déterminée, dont les objectifs se révèlent relevés pour les prochains mois. De leur sélectionneur Edgar Babou (48 ans) à leur emblématique trois-quart Silvère Tian (38 ans) – ancien joueur d’Olivier Nier à Oyonnax –, la communauté ivoirienne présente en Suisse ce week-end ne fut rien d’autre, en réalité, qu’une séance de retrouvailles entre anciennes connaissances. Le récit vaut le détour.

Afimico Pululu (20 ans non révolus) est entré en jeu samedi soir face au FC Bâle (0-2) pour la troisième fois en quatre rencontres depuis son arrivée à Neuchâtel Xamax. Mais à nouveau, il n’a pu rehaussé le niveau de jeu des siens tant la situation de la rencontre semblait critique pour les Rouge et Noir qui ont accusé l’expulsion de Geoffroy Serey Dié peu après l’heure de jeu (67e). L’Ivoirien s’en était alors vertement pris à son ancien coéquipier Silvan Widmer. Pour le Français d’origine angolaise, pourtant, l’occasion fut tout de même celle d’une nouvelle prise de température au sein d’un effectif, dans lequel il ambitionne de se révéler pleinement au football suisse. Mulhousien d’adoption et formé à Bâle, Pululu livre sa première vraie expédition dans une équipe qu’il doit – et veut – appréhender au plus vite.

Michel Decastel (63 ans) a été évincé à la tête de la première équipe de Neuchâtel Xamax FCS. Une décision surprenante alors que les Rouge et Noir venaient de boucler deux mois de préparation hivernale avec le coach neuchâtelois en fonction depuis octobre 2015. Coudoyé en masse par les médias de toute la Suisse, suite au coup de tonnerre de l’annonce, le Président Binggeli a assuré, ce mercredi midi en conférence de presse extraordinaire que les relations entre la présidence et le désormais ex-entraîneur sont restées très amicales. Les larmes à l’œil.