De Lewis Hamilton à Jean-Éric Vergne, les formules 1 et E établissent des figures notoires et reconnues du sport automobile moderne. Certains – trop – s’aventurent, au lendemain du sixième sacre mondial du Britannique, à déterminer quel pilote est en passe de devenir le meilleur de l’histoire de la discipline reine. Et le seul résultat unanime se recentre autour d’une incertitude chronique ; d’entre Ayrton Senna, Alain Prost, Juan Manuel Fangio, Michael Schumacher et Lewis Hamilton, l’heure du départage n’est pas arrivé… et il n’adviendra probablement jamais. Mais derrière cette réalité, derrière ce besoin latent de couronner le champion des champions, l’on en oublie ceux qui s’avèrent être les réels ambassadeurs du sport automobile ; auprès des ingénieurs, penseurs et promoteurs de la Formule E, se tient un entier débat écologique et climatique visant à changer les mentalités – certaines encore étriquées – sur les bienfaits de la motricité électrique.

Depuis son arrivée à Genève en 2015, à 20 ans, Helen Bekele Tola surplombe désormais la moindre compétition de course organisée sur l’arc lémanique. Depuis ses premières courses disputées dès l’âge de majorité, l’Éthiopienne rêve désormais des Olympiades… mais uniquement à condition de recevoir prochainement le passeport suisse. Un cas précédent existe et il ne concerne nul autre que son mari Tesfaye Eticha qui avait disputé le marathon des Jeux Olympiques de Londres en 2012 sous la bannière helvétique. Et les histoires de familles, c’est tout ce qu’on aime, à priori.

Envoyé spécial à Al Corniche, Doha (Qatar)

Leninisa Desisa est seulement le deuxième Éthiopien à remporter le marathon dans un championnat du monde. Avant sa victoire, Gezahegne Abera restait le seul de son pays à être parvenu sur la plus haute marche du podium à Edmonton en 2001. À Doha, finalement, le marathon hommes s’est déroulé dans des conditions sensationnellement plus favorables que celui des dames; le seul Suisse engagé, Tadesse Abraham, l’a vécu calmement. Peut-être même un peu trop sur les 35 premiers kilomètres. En accélérant la cadence un peu plus tôt, il en va de conviction qu’il aurait pu décrocher une deuxième médaille suisse dans la discipline après celle de Viktor Röthlin à Osaka en 2007. Nous avons rencontré ces deux marathoniens du pays au Qatar.

Envoyé Spécial au Khalifa International Stadium, Doha (Qatar)

Dans un stade presque comble, Lea Sprunger termine quatrième de la finale du 400 mètres haies. Elle a réalisé une course aussi solide que possible, établi le nouveau record de Suisse (54”06) mais est restée encore (trop) loin d’un podium mondial. Il s’agit néanmoins de la course la plus rapide de l’histoire dans la discipline, l’Américaine Dalilah Muhammad fracassant son propre record du monde en 52”16, à seulement sept centièmes de sa compatriote Sydney McLaughlin (52”23). « Il n’y a pas de regret à avoir, Lea a réalisé une course stratosphérique, elle a fait tout juste », écrivait alors aussitôt son entraîneur Laurent Meuwly.

Envoyé Spécial au Khalifa International Stadium, Doha (Qatar)

Pour sa première finale mondiale, Mujinga Kambundji a créé un sensationnel exploit en s’adjugeant la médaille de bronze sur 200 mètres en 22”51, derrière l’intouchable Dina Asher-Smith et l’Américaine Brittany Brown. Ce podium est d’autant plus marquant que les trois athlètes qui l’ont foulé n’ont jamais obtenu la moindre médaille individuelle dans une grande compétition internationale auparavant. Pour la Britannique, plus particulièrement, ces Mondiaux de Doha sonnent comme une sonnante révélation; en plus d’un statut de favorite assumé, elle a abaissé sa marque nationale sur les deux disciplines reines du sprint, sur 100m (10”83) et 200m (21”88), devenant même la première Britannique à être sacrée sur le demi-tour de piste.

Envoyé Spécial au Khalifa International Stadium, Doha (Qatar)

Le saut à la perche helvétique est actuellement le théâtre d’un changement de génération; entre Nicole Büchler (35 ans), tenante du record de Suisse en 4,78 mètres, et la jeune Angelica Moser (22 ans) le témoin est passé, à vrai dire. La jeune athlète binationale née au Texas est la seule Suissesse, pour l’heure, à avoir figuré en finale d’une discipline dans ces championnats du monde de Doha (Qatar). Elle y a conclu son concours avec trois essais manqués à 4,70 mètres, ce qui aurait constitué son meilleur résultat en carrière. Mais celle-ci est encore longue pour la jeune femme qui en est déjà à ses troisièmes Mondiaux élite après Beijing 2015 et Londres 2017. Épisode 2.

Envoyé spécial au Khalifa International Stadium, Doha (Qatar)

Le saut à la perche helvétique est actuellement le théâtre d’un changement de génération; entre Nicole Büchler (35 ans), tenante du record de Suisse en 4,78 mètres, et la jeune Angelica Moser (22 ans) le témoin est passé, à vrai dire. Mais nouvellement mère d’un petit garçon, la Biennoise joue de sa résistance pour revenir au plus haut niveau après plusieurs mois de maternité. Les entraînements dispensés ont été passablement animés et lourds les premières semaines; c’est seulement dans le courant du mois d’avril que l’athlète a connu de nouvelles sensations positives sur les sautoirs; pas suffisant pour se qualifier directement pour les Mondiaux de Doha, mais assez pour s’y faire inviter par l’IAAF. Épisode 1.

Envoyé Spécial au Khalifa International Stadium, Doha (Qatar)

En 9”76 – sixième meilleur temps de l’histoire du 100 mètres –, Christian Coleman (23 ans) est devenu le nouveau roi du sprint mondial. Controversé après avoir été épinglé par l’USADA, l’agence américaine antidopage, pour avoir manqué à trois reprises un contrôle de routine dans les douze derniers mois, l’Américain a finalement eu gain de cause auprès des autorités sportives. Mais cela n’a pas suffi à empêcher la polémique d’enfler. Désormais champion du monde, il se dit excédé de devoir se justifier… pour rien, ni personne. Plus loin derrière, en revanche, homme de sa même génération, Filippo Tortu a réalisé une performance de premier choix en réintégrant la figure de l’Italie parmi les huit meilleurs sprinteurs au monde. 7e à Doha, le Milanais rêve désormais d’une finale olympique.