Envoyé spécial à Al Corniche, Doha (Qatar)

Au marathon mondial de Doha, lieu peu adapté aux records, sinon aux titres, Ruth Chepng’etich l’a emporté en 2h32’43”, devant la championne sortante Rose Chelimo et la Namibienne Helalia Johannes. La course s’est tenue dans des conditions dantesques et sous une chaleur étouffante – 29,5 degrés et 73,3% d’humidité (selon la Wet Bulb Globe Temperature, principal indicateur de température privilégié par l’IAAF, la Fédération internationale d’athlétisme). Soit un climat par lequel le staff médical de la Fédération recommande des mesures strictes de sécurité. Par chance, elles ont toutes été dûment appliquées, et ce d’autant plus avec l’abandon successif de 28 athlètes sur les 69 en lice. Une énormité, en réalité.

À la Schützenmatte, Michèle Garlinski a terminé sixième du concours du saut en longueur des Championnats Suisses actifs. À Bâle, elle a cueilli un premier saut à 5,85 mètres… avant de commettre cinq “mordus”. De la frustration (minime) qui ne viendra pourtant pas altérer son engouement sur les sautoirs. Depuis quelques mois, elle a appris à faire passer le plaisir avant les performances; et cela lui rend parfaitement bien. « La saison était courte, il a donc fallu en profiter pour se faire plaisir en compétition », assurait-elle avec joie.

Récemment nommée ambassadrice des Jeux de la Jeunesse 2020 à Lausanne, Sarah Atcho est actuellement en pleine saison (sur les 200m surtout) en vue des Championnats Suisses d’athlétisme à Bâle (23 et 24 août), avant les Mondiaux de Doha du 27 septembre au 6 octobre en Qatar. Si la Lausannoise peine à se révéler sur les pistes en individuel cette année, c’est avec le sourire qu’elle assume sa mauvaise préparation, son épanouissement avec le relai national, ses objectifs pour Tokyo et enfin son engagement en marge des JOJ de Lausanne dès le 9 janvier 2020. (Longue) rencontre.

S’il fallait pointer un élément embarrassant et perturbant dans la préparation de Julien Wanders pour les Mondiaux de Doha, cela serait très certainement la difficile mainmise sur les minimas mondiaux des 10’000 mètres. Nécessitant un temps de qualification inférieur à 27’40 minutes, la mesure est pleinement atteignable pour le prodige suisse mais c’est toujours sans compter sur les petits imprévus de la vie d’athlète: une course à Stockholm “décevante” fin mai (où il a tout de même établi le nouveau record de Suisse dans des conditions gâtées) et une qualification à repasser pour un cheveu (27’44”36). En résulte alors un agenda quelque peu bouleversé, car recourir de force un 10’000m s’apparente à un véritable goulet d’étranglement dans le programme estival préfixé par le jeune talent de 23 ans. Mais l’étape lausannoise ce vendredi soir semble lui avoir ouvert la voie à une deuxième partie de saison totalement relâchée. Tant mieux!

Du Stadio Olimpico, Rome (Italie)

Lea Sprunger a repris ce jeudi la compétition en extérieur. Après une inflammation à un nerf lombaire qui lui a contraint de déclarer forfait pour le meeting de Oordegem (Belgique) fin mai, elle s’est classée mauvaise 9e des 400 mètres haies du meeting Golden Gala Pietro Mennea de Rome, comptant pour la quatrième étape de la Diamond League. Peu rassurée jeudi soir – notamment dans le retard de préparation concédé à ses adversaires –, la Nyonnaise planifiera rigoureusement ses prochaines sessions entre Lausanne et Arnhem. Elle sera également alignée au meeting d’Oslo jeudi soir avant Athletissima le 5 juillet, où elle souhaite atteindre un état de forme nettement amélioré.

Du Khalifa International Stadium, Doha (Qatar)

Arrivée à Doha depuis Genève mercredi après-midi – escale naturelle avant les Mondiaux de relais à Yokohama (Japon), où elle sera alignée pour la Suisse aux côtés de Fanette Humair, Yasmin Giger, Cornelia Halbheer, Lea Sprunger et Veronica Vancardo –, Sarah Atcho a pris le pas de commencer sa saison tôt, à l’occasion du meeting d’ouverture de la Diamond League, son premier hors des frontières suisses. Un choix qu’elle détaille alors qu’elle assure avoir fait le déplacement sans pression et sans arrière-pensée. Elle y prépare tout de même ses prochains Mondiaux qui auront justement lieu en capitale qatarie, au Khalifa International Stadium, de septembre à octobre.

Envoyé Spécial au Khalifa International Stadium, Doha (Qatar)

L’athlète sud-africaine, championne olympique du 800 mètres, vient de perdre la course de sa carrière face à l’IAAF. Les nouvelles régulations forçant les performeuses hyperandrogènes ou atteintes de « développement sexuel altéré » à baisser médicalement leur taux naturellement élevé de testostérone seront bien appliquées dès le 8 mai prochain après que le recours de Caster Semenya ait été rejeté en instance par le Tribunal Arbitral du Sport (TAS) à Lausanne. Mais la meilleure athlète d’Afrique du Sud de tous les temps, grande inspiratrice des plus jeunes dans son pays, assure ne pas avoir dit son dernier mot. « Personne ne m’empêchera jamais de courir. Aucun homme sur terre ne pourra m’empêcher de vivre de cette passion. Dieu a lancé ma carrière, c’est lui qui l’arrêtera », a-t-elle affirmé après une course menée de bout en bout à Doha. En 1’54”98, aucune femme n’était allée aussi vite aussi tôt dans la saison.

Il n’a terminé que sixième avec un temps qui ne satisfera pas grand monde (20”40) mais il n’empêchera pas que le sprinteur suisse Alex Wilson (27 ans) a terminé sa saison avec un sentiment profond de travail accompli. Le Bâlois a tenu bon ses objectifs à Berlin, décrochant sa première grande médaille dans des championnats continentaux au prix d’un bronze sur les 200 mètres. Fier, c’est avant tout un grand tour d’honneur qu’il est venu réaliser “chez lui” à Zürich, déclassant notamment sur de son couloir numéro 7 le Britannique Nethaneel Mitchell-Blake. « Ma saison a été extraordinaire et elle m’aidera à envisager mes compétitions futures en 2019 », affirmait-il. Un temps au-dessous des 20 secondes et une finale aux Mondiaux de Doha en octobre feront bien partie de ses concrètes intentions à la prochaine année. En attendant, Noah Lyles et le désormais champion du monde et d’Europe Ramil Guliyev se sont disputés le titre à la Weltklasse. Le diamant est revenu pour la deuxième année consécutive à la faveur de l’Américain, frisant par ailleurs la meilleure performance mondiale de l’année à moins de deux centièmes de seconde.