“Time Machinery” est un court-métrage entièrement pensé et écrit par Mei Fa Tan; le propos est pourtant bien ténébreux. La jeune réalisatrice nyonnaise a déconfiné dernièrement ce projet de belle intelligence, deux ans après sa finalisation. Jouant entre différents codes – ceux de la science-fiction et du film dramatique –, elle a mis en abîme un sujet des plus insondables pour l’être humain tel que constitué: la démence, la folie, la maladie d’Alzheimer. Et la réussite est, une nouvelle fois, intacte. Le film est disponible sur la toile depuis le 23 avril dernier.

Vendredi 17 avril sortait le premier album du groupe Nalu, “Ocean Eyes”. Un opus tourné, en ces moments particuliers de la vie humaine en communauté, vers le partage d’émotions. Dans l’idée, n’en reste cette volonté de voyager et faire voyager ; Noa Zalts (24 ans), accompagnée des musiciens Wills Gey, Romain Equey, Marine Wenger et Victor Darmon, invitent également dans cet album le fantasque Mark Kelly qui n’est pas là que pour une simple figuration. Cet échange entre Nalu et l’artiste originaire de Manchester attrape une virevoltante vitalité.

INÉDIT — Le 28 août dernier, sortait dans les salles le nouvel opus de Mehdi Idir et Fabien Marsaud (GCM) “La Vie Scolaire”. leMultimedia.info les avait rencontré en amont de l’avant-première – la dernière de leur tournée dans la Francophonie – à Lausanne le 20 août 2019. Une interview exclusive que la rédaction déconfine dans une période propice à la découverte des principaux films ayant marqué l’histoire du cinéma français ces dernières années. La profondeur de cet échange n’égale que la qualité tangible dudit long-métrage. Autrement dit, elle vaut le détour.

Le 5 mars dernier, la reine du rap kényan Muthoni Drummer Queen (36 ans) a sorti son dernier clip vidéo “Power”, entièrement réalisé par la Nyonnaise Mei Fa Tan. Un court-métrage poignant, riche en symbolique, qui met la femme – dans sa splendeur, sa nudité et son courage – au cœur de l’argument artistique. Sans oublier que, dans le titre chanté, la puissance des mots égale hautement celle du message socio-politique qu’ils souhaitent traduire. « Le rap est une technique qui place le texte et les mots au centre de l’attention. C’est de la poésie mouvante. Par le rap, l’on peut se permettre de créer une escalade de niveaux, jouer avec les métaphores et se sentir vraiment fort en les prononçant. » Dans le contexte, cela s’avère parfaitement adapté.

Lone est le titre du nouvel album vernis par Adriano Koch au début du mois de mars 2020; il rapporte à l’isolement, au confinement noctambule tout autant qu’à une véritable et louable déclaration à son instrument d’origine, le piano. Dans un morceau acoustique du même nom – alors qu’il délivre un grand opus toisé d’électronique –, il redécouvre la joie d’un titre entièrement délivré sur piano, seul et isolé du reste. « J’ai passé beaucoup de temps à l’électronique que le tout dernier titre que j’ai composé pour cet album – Lone –, j’ai voulu le dédier à mon instrument, en acoustique pure. » Il explique qu’il faut le voir comme un hommage et c’est une bien belle invitation au partage. L’album est disponible depuis le 6 mars.

Jean-Charles Guichen en a encore sous le pied. Et dans les bras. Au festival interceltique de Lorient, en août 2019, le natif de Quimper s’est illustré corps et âme face à une assistance de plus 4’000 personnes, livrant l’un des concert en fest-noz les plus aboutis pour l’assemblage en live de son cinquième album. “Braz Live” est justement sorti le 6 mars dernier, délivrant l’orne d’un opus aussi inédit que traditionnel. Avec la revisite de plusieurs titres de ses derniers albums “Elipsenn” (2015) et “Breizh an Ankou” (2017), il en a adjoint quelques nouveaux, dont l’impensable Bro Gozh’, l’hymne breton réarrangé version valse. Une belle occasion de voyager – à nouveau – entre le monde celtique et la proche Amérique.

Panayotis Zamaros s’est adonné depuis plusieurs années maintenant à son empire musical. Aussi, ce que l’on appelle “empire” aujourd’hui n’est rien d’autre qu’une réussite personnelle familiale, aux côtés de son épouse Khun Mam et notamment de ses deux filles Donna et Vikki Zed, toutes deux emballées dans un projet musical prospère en Suisse mais aussi à l’étranger. Une réussite qui est pourtant partie d’une résidence un peu particulière sur les hauts de Belmont-sur-Lausanne. On a fait un tour d’horizon de l’étendue musicale de cette famille bercée à la tonalité rock.

Julie Campiche est une artiste de conviction, passée seize ans par le Conservatoire de Genève à l’étude de la musique classique avant de changer diamétralement de voie. Elle se réinvente au tournant de ses 20 ans, en 2003, dans l’improvisation et le jazz ; pour une harpiste de formation, le tournant était osé mais elle est parvenue à se faire valoir. Elle a appris sur le tard les plus grands jazzmen du dernier siècle et s’est grandement révélée dans plusieurs projets musicaux à succès qu’elle a elle-même instigué. Co-leadeuse du groupe Orioxy (avec Yael Miller) pendant huit ans, elle fonde le Julie Campiche Quartet en 2016 et en révèle, trois ans plus tard, en février 2020, le premier album “Onkalo”. Et elle ne s’arrête certainement pas là…