Julie Campiche est une artiste de conviction, passée seize ans par le Conservatoire de Genève à l’étude de la musique classique avant de changer diamétralement de voie. Elle se réinvente au tournant de ses 20 ans, en 2003, dans l’improvisation et le jazz ; pour une harpiste de formation, le tournant était osé mais elle est parvenue à se faire valoir. Elle a appris sur le tard les plus grands jazzmen du dernier siècle et s’est grandement révélée dans plusieurs projets musicaux à succès qu’elle a elle-même instigué. Co-leadeuse du groupe Orioxy (avec Yael Miller) pendant huit ans, elle fonde le Julie Campiche Quartet en 2016 et en révèle, trois ans plus tard, en février 2020, le premier album “Onkalo”. Et elle ne s’arrête certainement pas là…

Voici l’électro-rock des Dunes. Le trio Horizon Liquide a repris, en quelque sorte, l’influence orientale des paroliers des mythiques Led Zep’; il n’y a, certes, pas l’Inde des Jimmy Page et Robert Plant, mais il y a le Beyrouth Underground de Serge Ghazale, l’Irak de Laure Betris et l’âme vagabonde de Valentin Savio. Et puis, il y a surtout ce mélange des genres qui accouche d’une musique des plus orientales et mystérieuses que possible. Nous avions cueilli l’occasion de leur venue au 44e Paléo Festival pour en apprendre davantage sur eux, mais aussi sur la musique orientale et l’ésotérisme musical de leur approche. Récit.

Première artiste à se présenter pour la 44e édition du Paléo, la Lausannoise Billie Bird s’est élancée sous la tente du Club Tent mardi après-midi. Associées à la canicule, ses nappes sonores évoquant les marées ont, pour une heure, embarqué les festivaliers au large là où les recoins intimes et lancinants surgissent. À l’issue de ce voyage en mer, notre reine de l’azur s’est confiée sur son premier passage à la plaine de l’Asse ainsi que sur son parcours.

À Montreux, le pas de grâce. Né à Gratosoglio, dans un quartier administratif de la ville de Milan, d’un père égyptien et d’une mère sarde, Alessandro Mahmood a fait de la musique – comme souvent – sa ligne d’échappement d’une enfance coupée par l’abandon de son père à l’âge de 5 ans. Révélé en Italie grâce à sa victoire au 69e Festival de San Remo, puis vice-champion de l’Eurovision à Tel-Aviv dans la foulée en mai, l’artiste a connu une ascension fulgurante; disque d’or en Espagne et numéro un des charts en Israël avec son titre Soldi. Aujourd’hui, l’artiste se révèle pas à pas… et celui du Montreux Jazz Festival en était un grand.

Depuis le début de l’année, Christophe Chassol tourne dans le monde entier pour présenter son nouveau projet d’ultrascores “Ludi”, inspiré du roman biographique de Hermann Hesse. L’ultrascore, comme l’artiste français le définit, consiste en une méthode de composition toute personnelle, inédite. La technique consiste à filmer le réel, puis à l’habiller d’une mélodie qui y superpose les harmonies. Ce faisant, les séquences tournées font partie intégrante de la musique ainsi composée. Après trois séries d’ultrascores abouties, dans la Nouvelle-Orléans, en Inde puis en Martinique, Chassol: présente Ludi. De passage au Montreux Jazz Festival, au dernier soir d’un mois de juin caniculaire.

10 jours que le Blues Rules a fermé les portes de sa 10e édition au Chateau de Crissier. 10 jours que la fièvre bleue est retombée. Mais 10 jours que l’histoire des Burnside continue d’ajouter des chapitres au récit bientôt séculaire du Hill Country Blues, initié il y a plus de 70 ans par un inimitable guitariste d’Oxford (Mississippi), R.L. Burnside. Les petits-fils Kent (après sa venue en 2014) et Cedric (après son set hypnotique à 1h du matin en 2016) ont réinvesti à nouveau la scène ensemble pour les 10 ans du festival. L’histoire n’en est ressortie que plus belle…

La première fut une immense interprète américaine des années 1950, proche de l’Europe et de sa culture. La seconde est une toute jeune artiste unique et authentique. Et pourtant d’une Donna à une autre, il se trouve quelques similitudes. Si Donna Hightower, décédée en 2013, fut l’une des premières mixeuses de styles, du R&B au soul-jazz, Donna Zed (21 ans) s’assure, quant à elle, de dynamiter les plus simples codes de la musique traditionnelle. Après deux ans de carrière, la jeune femme révèle un projet musical plus puissant, plus tranchant. Son deuxième EP “Surrounding Me” sera verni lors d’un concert aux Docks agendé au 23 mai dans le cadre du Projet Proxima. Entre-temps, l’artiste d’origine suisse, grecque et thaïlandaise – conseillère communale (indépendante) de Belmont-sur-Lausanne – a déjà présenté, depuis janvier, son single “Enough Years”. Le second “Bold” sortira le 17 mai prochain.

Beaucoup s’en réjouissent comme un signe avant-coureur de l’été, une poignée la voient comme l’aboutissement d’une année de recherche dans les salles et de négociations à l’interne. Rémi Bruggmann est l’un de ces derniers. Programmateur du Lab et des scènes gratuites au Montreux Jazz Festival depuis 2017, l’ancienne tête chercheuse du Romandie nous raconte les coulisses de la programmation de cette 53e édition.