Outre les thèmes de la violence et de l’addiction, le jeu vidéo a-t-il une place dans le débat public ? C’est en tout cas ce que propose la communauté universitaire de Lausanne, ce mercredi 28 décembre au Palais de Rumine avec un cours public intitulé « Cinéma et jeux vidéo ». L’événement sera aussi l’occasion de vernir le dernier numéro de la revue Décadrages, consacré à la thématique. À cette double occasion, nous avons rencontré Selim Krichane, premier assistant à la section d’histoire et esthétique du cinéma de l’Université de Lausanne et directeur de la publication. Comment l’objet “jeu vidéo” s’est-il démocratisé à l’université ? Quels sont ses liens avec le cinéma ? Une plongée dans le monde vidéoludique à travers Red Dead Redemption, The Stanley Parable ou encore Fortnite.

Gare à celui qui évoque le passé! L’adage veut que toute représentation historique soit plus révélatrice de l’époque à laquelle elle est énoncée que les faits eux-mêmes. Tout juste extirpés du centenaire de la Première Guerre et du canevas du “devoir de mémoire”, voilà que le cinéma reprend la patate chaude des mains de Macron. Julius Avery (Son of a Gun, Jerrycan) signe, avec Overlord, le projet ambitieux de mêler une fiction fortement ancrée historiquement avec le surnaturel. Tentative qui se traduit par une démonstration d’ultra-violence qui n’aurait pas été si désobligeante si le film n’évacuait pas tout background historique au profit de… l’incinération de zombies.

Le nouvel opus de la saga des “Animaux Fantastiques” sort ce mercredi dans les salles suisses. Intitulé “Les Crimes de Grindelwald”, la nouvelle adaptation cinématographique de David Yates des écrits de J.K. Rowling plaît véritablement. De l’incarnation envoûtée de Gellert Grindelwald par Johnny Depp à la toute première apparition de Jude Law sous les traits du professeur Albus Dumbledore, le film a su prendre de sérieux risques dans sa mise en perspective du monde élargi de la sorcellerie ante-Harry Potter. Admirable, même si l’on attendait plus de la réapparition de Dumbledore à l’écran.

La plupart du temps, guerre et virtuel riment avec Battlefield ou Call of Duty, licences phares des jeux de tirs à la première personne. L’expérience “The Enemy” démontre que l’immersion dans des conflits armés est d’autant plus puissante lorsqu’elle passe par la corporalité et l’âme. Lauréat du prix SENSible lors de la 24e édition du GIFF, le travail délivré par le photojournaliste chevronné Karim Ben Khelifa offre un regard aussi décalé qu’inédit sur les réalités de la guerre: celles vécues à travers l’humain. Avec ce baroudeur des temps modernes, nous avons évoqué l’avenir du journalisme, les nouvelles générations et leur rapport à la guerre ainsi que le rôle des médias dans la déshumanisation des conflits.

Un film d’une indispensable authenticité; “Les Chatouilles” traduit le parcours de vie, mais aussi de rémission de la jeune Odette (8 ans) aux traits très autobiographiques. Andréa Bescond (dans son “propre” rôle de victime de pédophilie) livre avec le père de ses deux enfants, Éric Métayer, une histoire dans laquelle elle a transposé toute sa volonté et son désir irrésistible de vivre. Dans un long-métrage très dynamique, entre flashbacks et balades au plus près des fantasmes de la protagoniste, le chef d’œuvre de 103 minutes ne tombe jamais dans le fatalisme. Un film dont il ne faut absolument pas avoir peur de découvrir; sortie le 14 novembre prochain. Nous avons rencontré Andréa Bescond et Éric Métayer dans le cadre du 24e Geneva International Film Festival (GIFF), à l’occasion de sa première suisse.

Lauréat d’un appel d’offre de la RTS, la websérie « Bip » sera diffusée ce mois de novembre sur la toile. Avec un format de 3 minutes par épisode, la série retrace les moments d’évasion de Marie (Marie Fontannaz), caissière d’un supermarché qui imagine la vie de ses clients, selon le contenu de leur caddie. Avec son réalisateur Vincent Bossel, nous avons évoqué dans les locaux d’ImaJack, producteur de « Bip », la genèse du projet qu’il a porté du haut de ses 22 ans, l’impact de la musique dans ses productions cinématographiques ainsi que son avenir.

Teasé en long et en large depuis l’annonce du casting jusqu’aux images promotionnelles diffusées au compte-gouttes, le biopic consacré à Freddie Mercury, et plus généralement à l’épopée des reines britanniques, sort ce mercredi 31 octobre. Bryan Singer – largué pour la postproduction – raconte le parcours de Farrokh Bulsara alias Freddie de manière lisse et paresseuse. Il en résulte un film sans prise de risque “stempelisé” « biopic » duquel – en se mentant peut être à soi-même  – on espérait davantage.

Pour cette nouvelle année, le cinéma d’auteur joue une place prépondérante dans les programmes de la RTS. “Ondes de choc”, collection de quatre films inspirés de faits-divers et dirigés par le quatuor renommé de la production “Bande à part” présage une ligne de qualité et originale face aux séries américaines. À l’approche des votations du 4 mars, la RTS semble rappeler que ses productions ont une carte à jouer dans l’espace audiovisuel francophone.