Fin août, on pourrait se demander si elle ne souffre pas de troubles de la personnalité. La diversité de ses « rentrées » donne le vertige : marionnettiste de la programmation du Rocking Chair et co-fondatrice du Nox Orae, Maude Paley troque son costume de cheffe d’orchestre des nuits de la Riviera pour prendre place derrière le pupitre le jour. Pour elle, la fin des vacances d’été est donc synonyme d’une triple reprise dont le climax a lieu avec l’un des derniers grands rendez-vous de l’été, qui depuis neuf éditions, enchante les fins amateurs de rock. Avant les deux grandes noces du vendredi 31 août et du samedi 1er septembre au magnétique Jardin Roussy, nous avons évoqué avec Maude Paley son métier de programmatrice, le line up de cette neuvième édition ainsi que le prochain anniversaire à deux chiffres de la manifestation.

Consacré à l’Europe du Sud, le Village du Monde du festival nyonnais offre une diversité déconcertante : du fado aux sonorités grecques en passant par les chœurs corses. « La fréquentation du Village du Monde a rendu un quelque chose de magique à cette fantastique édition », relevait même en conférence de presse de clôture Daniel Rossellat. L’Italie n’est bien sûr pas en reste, et a figuré, avec Vinicio Capossela, au sommet de son art. L’auteur-interprète transalpin a transporté le public du Dôme avec ses créations, mêlant le folklore à des univers fantasmés, emplis de créatures et de mystères.

Maarten Devoldere est un artiste qui ne s’arrête jamais. Cela fait maintenant quelques années que le frontman de Balthazar s’est lancé dans un projet solo, Warhaus. Avec un premier opus en 2016, le Belge a enchaîné avec une seconde galette en 2017. Prolifique, ce dandy-crooner n’en a pourtant pas fini avec Balthazar puisqu’un nouvel opus devrait pointer le bout de son nez dans quelques mois. Avant son concert au Paléo, le song-writter de Warhaus a bien voulu revenir sur son parcours, ses influences, et son rapport à l’écriture.

Faut-il être nécessairement motivé par une tête d’affiche pour se rendre à un concert ? L’artiste suisse Flèche Love nous a donné un début de réponse, vendredi dernier au Montreux Jazz Lab. Généreuse dans ses textes comme à la scène, l’artiste genevoise s’est illustrée avec brio, avant de céder sa place à Angèle et Lomepal. Dernier coup de projecteur de cette 52e édition, sous de très bons auspices pour la scène romande.

On avait ouï-dire la légende. Tel saint Thomas, on voulait la voir : on l’a touchée. Figure christique en costume trois pièces, Nick Cave accompagné de ses mauvaises graines ont transcendé le Stravinski, ce jeudi soir. Le rapport viscéral qu’entretient le sexagénaire avec son public n’a rien subtilisé à la décharge émotionnelle, délivrée pendant plus de deux heures, par un live au zénith de l’imaginable. Sauvagerie envoûtante, dégâts magnifiques, voluptuosité saturnienne… une intensité sans précédent pour le plus beau show de cette édition, si ce n’est d’une vie.

Point d’orgue de cette soirée dominicale, Josh Homme et ses compagnons ont fait mordre la poussière au Stravinski. Les Queens of the Stone Age ont rempli les attentes d’une des plus grosses soirées du festival : show généreusement rodé, jeux de lumières époustouflants et maestria à la hauteur du groupe californien. Seule ombre au tableau : une acoustique qui semble s’être calquée sur les open airs estivaux, oubliant les qualités inhérentes de l’Auditorium.

Les bracelets rouge vif en annonçaient la couleur : nuit d’été saignante au Stravinski. Le duo The Last Internationale, dont les titres ont une coloration politique marquée, a ouvert les hostilités, en première partie des Californiens de QOTSA. Poings levés, revendications pleinement assumées, les New-Yorkais n’ont rien fait à moitié et ont livré une performance solide. Retour sur ce baroud d’honneur de début de soirée.