Gare à celui qui évoque le passé! L’adage veut que toute représentation historique soit plus révélatrice de l’époque à laquelle elle est énoncée que les faits eux-mêmes. Tout juste extirpés du centenaire de la Première Guerre et du canevas du “devoir de mémoire”, voilà que le cinéma reprend la patate chaude des mains de Macron. Julius Avery (Son of a Gun, Jerrycan) signe, avec Overlord, le projet ambitieux de mêler une fiction fortement ancrée historiquement avec le surnaturel. Tentative qui se traduit par une démonstration d’ultra-violence qui n’aurait pas été si désobligeante si le film n’évacuait pas tout background historique au profit de… l’incinération de zombies.

La plupart du temps, guerre et virtuel riment avec Battlefield ou Call of Duty, licences phares des jeux de tirs à la première personne. L’expérience “The Enemy” démontre que l’immersion dans des conflits armés est d’autant plus puissante lorsqu’elle passe par la corporalité et l’âme. Lauréat du prix SENSible lors de la 24e édition du GIFF, le travail délivré par le photojournaliste chevronné Karim Ben Khelifa offre un regard aussi décalé qu’inédit sur les réalités de la guerre: celles vécues à travers l’humain. Avec ce baroudeur des temps modernes, nous avons évoqué l’avenir du journalisme, les nouvelles générations et leur rapport à la guerre ainsi que le rôle des médias dans la déshumanisation des conflits.

Se produire sur la scène du Stravinski au MJF sans album et sans site internet, une utopie ? Eux l’ont fait! Le duo formé par Imelda Gabs et Clyde Philipp’s est revenu de cette expérience plus mature que jamais avec un EP en poche et projette également un album studio. Le tandem piano acoustique et batterie a concrétisé des années d’efforts et de joies, bravant les difficultés qui se sont imposées à eux après avoir été propulsés sous les projecteurs de la ville aux palmiers. Nous les avons rencontrés dans la salle Paderewski du casino de Montbenon où ils ont lancé leur première galette Not Alone il y a quelques mois.

Lauréat d’un appel d’offre de la RTS, la websérie « Bip » sera diffusée ce mois de novembre sur la toile. Avec un format de 3 minutes par épisode, la série retrace les moments d’évasion de Marie (Marie Fontannaz), caissière d’un supermarché qui imagine la vie de ses clients, selon le contenu de leur caddie. Avec son réalisateur Vincent Bossel, nous avons évoqué dans les locaux d’ImaJack, producteur de « Bip », la genèse du projet qu’il a porté du haut de ses 22 ans, l’impact de la musique dans ses productions cinématographiques ainsi que son avenir.

Teasé en long et en large depuis l’annonce du casting jusqu’aux images promotionnelles diffusées au compte-gouttes, le biopic consacré à Freddie Mercury, et plus généralement à l’épopée des reines britanniques, sort ce mercredi 31 octobre. Bryan Singer – largué pour la postproduction – raconte le parcours de Farrokh Bulsara alias Freddie de manière lisse et paresseuse. Il en résulte un film sans prise de risque “stempelisé” « biopic » duquel – en se mentant peut être à soi-même  – on espérait davantage.

Il ne joue pas du piano debout, ce qui ne l’empêche pas d’être libre. Alors que bon nombre de musiciens profitent de la période estivale pour se produire dans les festivals avant de prendre quelques jours de congés, en voilà un qui n’a pas savouré le même genre d’été. Adriano Koch l’a consacré à finaliser la sortie de son premier album solo : Leap. Un saut dans le vide, vers l’inconnu ? Pas tout à fait pour ce jeune pianiste lausannois, derrière les compositions de Fabe Gryphin. Avant le vernissage de Leap le 27 septembre prochain au Cinéma CityClub à Pully, nous avons rencontré l’artiste qui allie savamment son savoir-faire de claviériste à des résonances multiples.

À Nox Orae, entre l’emblématique faUSt, les Japonais de Qujaku, les Britanniques de Fat White Family ou encore le duo israélien de Yossi Fine & Ben Aylon, la seconde nuit sous le ciel clairsemé d’étoiles fût rarement aussi internationale. Qu’en est-il de la Suisse ? Si Flammkuch s’est illustré en fin de soirée vendredi, le duo fusionnel Klaus Johann Grobe représentait la scène helvétique le lendemain. Autant le dire, nous n’avons jamais autant aimé entendre de la pop en allemand.

Pour sa première soirée, la cuvée 9e édition du Nox Orae invitait ses festivaliers à tourner définitivement la page du dernier mois estival de la plus belle des manières. La programmation concoctée aux petits oignions par Maude Paley et Joël Bovy s’est voulue surprenante par les contre-points qu’elle engageait : si le psyché dominait le début de soirée avec les Brésiliens de Bike et le retour de Ripley Johnson avec Whooden Shjips, les deux formations ont livré des prestations peu similaires. Peu après, dans des styles très différents, Ariel Pink et Fontaines D.C. ont réchauffé l’ambiance sous un ciel nuageux. Retour sur ces deux prestations, entre pop imagée et rock fiévreux.