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Après Rome, Lea Sprunger appuiera un travail rigoureux de remise à niveau

L'athlète du COVA Nyon a découvert l'ampleur des exigences qui l'attendent d'ici à Athletissima

Du Stadio Olimpico, Rome (Italie)

Lea Sprunger a repris ce jeudi la compétition en extérieur. Après une inflammation à un nerf lombaire qui lui a contraint de déclarer forfait pour le meeting de Oordegem (Belgique) fin mai, elle s'est classée mauvaise 9e des 400 mètres haies du meeting Golden Gala Pietro Mennea de Rome, comptant pour la quatrième étape de la Diamond League. Peu rassurée jeudi soir – notamment dans le retard de préparation concédé à ses adversaires –, la Nyonnaise planifiera rigoureusement ses prochaines sessions entre Lausanne et Arnhem. Elle sera également alignée au meeting d'Oslo jeudi soir avant Athletissima le 5 juillet, où elle souhaite atteindre un état de forme nettement amélioré.

Lea Sprunger a connu un retour mitigé sur la piste de Rome, lors de la quatrième étape de la Diamond League de la saison. © leMultimedia.info / Oreste Di Cristino [Rome]

Il y avait – comme toujours – un quelque chose de précieux dans la placidité affichée par Lea Sprunger à quelques heures de sa reprise sur piste au meeting de Rome. Une sérénité, une lucidité, une sagacité sans doute immanente de ses nombreuses années passées à la lutte pour une médaille mondiale. Et certainement qu’à la prospection de l’athlétisme mondial dans sa préfiguration actuelle, l’athlète du COVA Nyon en est plus proche que jamais. Sur les 400 mètres haies, elle a fraîchement été sacrée double championne d’Europe, à Berlin (54”33) en août dernier puis en indoor à Glasgow début mars (51”61). Sans compter qu’elle figure toujours à 4 centièmes du record national d’Anita Protti qui pourrait tomber d’ici aux prochains Championnats du monde à Doha en octobre pour afficher, enfin, un chrono sous la barre des 54 secondes. Mais la préparation de la Suissesse a toutefois connu quelques écueils perturbants depuis la fin de la saison en salle; le départ de son coach Laurent Meuwly – engagé auprès du relai national par l’Union royale néerlandaise d’athlétisme au 1er avril – a inéluctablement forcé l’athlète suisse à quelques réajustements. Ne souhaitant pas changer d’encadrement à une année des Jeux Olympiques de Tokyo en 2020, elle a ainsi pris le pas de voyager tous les 15 jours au centre d’entraînement de Papendal à Arnhem à moins de 100 kilomètres d’Amsterdam. Avec cela, elle a également été forcée d’apprendre à s’entraîner seule. Mais – de surcroît – le retard dans sa préparation, elle le doit surtout à une douleur au dos qu’elle avait initialement sous-estimée en novembre dernier mais qui l’a subitement contrainte à repousser sa rentrée en plein air il y a dix jours. À Rome, ainsi, elle ne s’y affichait pas avec des ambitions surfaites mais force est d’admettre que sa neuvième place en 56”36 – loin derrière la gagnante Dalilah Muhammad (53”67) – se fait le témoin impérieux de l’exigence qui attend l’athlète et son entraîneur, souhaitant abaisser le gap de performance d’ici à Athletissima le 5 juillet à la Pontaise. « Ce n’est évidemment pas ce que je voulais. Je ne suis même pas fatiguée, c’est que je ne suis pas entrée en course du tout », plaisante la Nyonnaise en zone mixte quelques minutes après sa course à l’Olimpico de Rome. Le matin, pourtant, elle avait précisé ne pas avoir couru plus loin que la cinquième haie en entraînement depuis le début de l’année, un contrecoup qu’elle accuse: « Je vois [Zuzana] Hejnová à côté de moi jusqu’à la mi-course. Nous étions au même nombre de foulées à cet instant [ndlr, 14]. Après la 7e haie, j’augmente les foulées, passant à 15 puis terminant la course à 16, alors que toutes ont continué sur les 15 », explique-t-elle alors avant de poursuivre: « Une chose est sûre, je n’en suis pas encore là dans ma préparation. Sans compter, qu’au-delà des foulées ou du rythme qui sont globalement bons – là n’est pas le problème, puisque je ne me suis pas sentie freiner devant une haie – je n’ai pas été assez agressive et la transition à la mi-course n’était pas bonne. »

« L’objectif final est d’être au meilleur de ma forme à Doha, en cela les Européens diffèrent des Américains ou des Africains, lesquels sont à la recherche de la performance à chaque sortie internationale »

Lea Sprunger, double championne d’Europe du 400 mètres haies

Certes, la saison sera longue et l’euphémisme est grand. La tenue des championnats du monde à Doha fin septembre met immanquablement au défi l’ensemble des athlètes dans leur préparation estivale. Davantage, ceux qui sont victimes d’à-coups dans leur préparation physique. La sprinteuse ivoirienne Marie-Josée Ta Lou, vice-championne du monde à Londres sur les 100m et les 200m, partage la même frustration; initialement annoncée au meeting de Doha le 3 mai dernier – dans une course où préfigurait également la Lausannoise Sarah Atcho –, l’athlète de 30 ans a été contrainte d’y faire l’impasse après avoir ressenti une douleur au pied (persistante après sa dernière course en indoor fin mars). De cette manière, de fait, elle décida de reprendre la compétition à Rome après avoir passé plusieurs semaines au Marathon Sport Center de Brescia pour y traiter sa lésion. « Il est objectivement un peu tard de recommencer un 6 juin mais du fait que la saison soit plus longue permet d’atténuer ce retard », expliquait l’Ivoirienne la veille de la course à l’hôtel des athlètes. « Il faut absolument que nous prenions les mesures du niveau qui est affiché meeting après meeting jusqu’à Doha, tout en évitant d’arriver épuisée au Qatar. Il est certain que le stress de la compétition n’est pas le même que celui de l’entraînement. »

Lire également: Laurent Meuwly: « De plus en plus, la spécificité est de commencer tôt dans la saison avec des grandes compétitions »

La différence entre Lea Sprunger et Marie-Josée Ta Lou, néanmoins, réside dans la philosophie différenciée entre l’Europe et le reste du monde. En effet, « l’objectif final pour nous est d’être au meilleur de notre forme à Doha, en cela les Européens diffèrent des Américains ou des Africains, lesquels sont à la recherche de la performance à chaque sortie internationale », précise la Nyonnaise. Et il y a une très grande part de vrai contenue dans cette affirmation; si bien que Marie-Josée Ta Lou a toujours repris la compétition extérieure très tôt, et très juste surtout. Comme en 2018, où elle avait établi la meilleure marque mondiale de la saison dès le premier meeting de la Diamond League à Doha en mai (10”85, rejointe par Dina Asher-Smith uniquement lors des Européens de Berlin en août). « Mon envie première est d’avoir mon pic de forme aux Mondiaux de Doha. On articulera le reste, avec Laurent [Meuwly], en fonction. »

« Quand on est championne d’Europe, on n’a pas le choix: il faut apparaître dans les grands meetings internationaux »

Laurent Meuwly, entraîneur de Lea Sprunger

Le meeting de Rome, Lea Sprunger le connaît de toute évidence assez bien; elle y avait déjà effectué sa rentrée 2018 à l’Olimpico, sans que les choses ne se passent comme elle l’aurait souhaité. « Les choses s’étaient assez mal passées en course », précise-t-elle. « J’aurais certainement préféré recommencer dans un plus petit meeting en Suisse cette année mais la situation ne me l’a pas permis. Il faut toutefois accepter ces challenges face aux meilleures mondiales, même si je ne suis pas au même stade de préparation qu’elles. » Certes, ses adversaires – à commencer par les Américaines Dalilah Muhammad, Shamier Little et la championne du monde de la spécialité Kori Carter – n’avaient pas réalisé des temps extraordinairement relevants lors de leurs précédentes sorties cette saison. Mais celle-ci – du moins – avait déjà été lancée. Néanmoins, assure Laurent Meuwly, cela témoigne également d’un changement d’esprit et de caractère, tant chez Lea Sprunger que chez ses adversaires: « Ce qui a changé globalement chez les coureuses du 400 mètres haies, c’est qu’auparavant l’on cherchait davantage des conditions optimales pour se présenter en meeting mais désormais les programmes sont différents », assure-t-il avant de préciser: « Sans compter que quand l’on est championne d’Europe, on a moins le choix: il faut apparaître dans les grands meetings internationaux. C’est probablement même cela qui a permis à Lea de s’imposer dans de grands championnats: cette capacité à combattre l’adversité plutôt que le chrono. » De la même manière, le nageur genevois Jérémy Desplanches – sur 200 mètres quatre nages – a cueilli l’or européen à Glasgow en août dernier après avoir passé une année 2017 à affiner sa stratégie de course – contre les autres plutôt que contre lui-même [→ lire l’article]. À vrai dire, ainsi, pour gagner des médailles continentales ou mondiales, il s’avère d’autant plus important de savoir battre la concurrence, quel que soit le chrono établi en bout de course.

Une successful story à Papendal

En cette nouvelle saison – bien qu’à la recherche d’une certaine stabilité dans sa mise en condition pour les prochains championnats du monde au Qatar –, Lea Sprunger a surtout été mise à l’épreuve d’un carnet de voyage rempli. Sur les cinq derniers mois, en effet, l’athlète n’a passé que 60 jours en Suisse. Après une saison indoor ponctuée par les championnats européens à Glasgow du 1er au 3 mars dernier, elle a brièvement réinvesti la piste de la Pontaise pour s’y entraîner en vue d’un prompt retour en extérieur. Une remise à niveau qu’elle a ensuite poursuivi au Japon, à Yokohama à l’occasion des Mondiaux de relais en compagnie de Fanette Humair, Yasmin Giger, Cornelia Halbheer, Veronica Vancardo et Sarah Atcho, où elle était alignée avec le relai national du 4x400m. Au vrai, c’est dans cette grande ville portuaire du Kanagawa, à 40km de la capitale Tokyo – où l’équipe y a déjà visité le siège des prochains JO –, que la Nyonnaise a refait pour la première fois cette année ses gammes en extérieur. Et les impressions sont bonnes dans l’ensemble. Avec une 7e place finale, le relai suisse s’est brillamment qualifié pour Doha, même s’il y avait place pour mieux dans le dernier acte. « Nous avons fait une très belle série au Japon. L’expérience était bonne. C’est toujours un sentiment particulièrement positif de ne pas se sentir courir pour soi mais pour l’équipe et la nation. C’est une autre façon d’aborder les compétitions, une autre façon de courir même si les splits sont toujours analysés », assurait-elle à Rome. « Rien n’a été en réalité facile mais nous avons réussi de belles choses. »

« Après 12 ans passés avec Laurent à la Pontaise, on m’a subitement sorti de ma zone de confort. Mais le changement s’est opéré au meilleur moment »

Lea Sprunger, double championne d’Europe du 400 mètres haies

De manière générale, en ce début 2019, rien n’est apparu facile pour les athlètes suisses, et ce pour des raisons souvent liées à de curieux aléas hétérogènes à la propre mise en condition personnelle. Chez Lea Sprunger, il s’avère que le sort lui fut adverse ces dernières semaines, empêchée de parfaire au mieux ses sessions d’entraînement. Après une injection dans le dos pour soigner une inflammation d’un nerf lombaire, elle fut contrainte de suivre sa première semaine d’entraînement à Papendal en alternatif. Voilà en tout trois semaines et demi que la Nyonnaise croise Ajla Del Ponte et Kariem Hussein en Hollande, où elle a désormais pris ses pleines marques. « Après 12 ans passés avec Laurent à la Pontaise, on m’a subitement sorti de ma zone de confort. Mais le changement – radical soit-il – s’est opéré au meilleur moment », raconte bien enthousiaste la Nyonnaise. « Je dois certes désormais penser à rehausser mon niveau mais cette mise à l’épreuve fait du bien. J’aime être proche de ma famille, j’aime la stabilité mais la dynamique actuelle est sensiblement meilleure ici, auprès d’installations professionnelles, qu’à Lausanne. » Pourtant, tant pour l’athlète que pour l’entraîneur, ancien du CA Fribourg, le pari tenait ce soupçon d’incertitude. Ce soupçon, qui à quelques mois des Championnats du monde de Doha et près d’un an des prochains Jeux Olympiques, peut traduire une pleine part de frustration et d’incertitude. Pour ces deux, en revanche, l’incommodation a rapidement laissé place à un enthousiasme exacerbé. Sans s’infatuer, les temps au plat pays néerlandais sont au beau fixe. « Concrètement, l’on ne peut jamais savoir ce que les nouvelles expériences vont nous apporter. Toutefois, la première certitude que l’on acquiert sur place, c’est que nous ne sommes pas dans une contrée totalement inconnue; nous ne sommes pas en Amérique ou en Chine où les installations et les méthodes sont totalement différentes des nôtres », précise posément Laurent Meuwly. « L’environnement, de plus, est vraiment propice à l’entraînement et aux performances de haut niveau. Cela n’est pas évident partout, surtout du fait que l’on est parfois regardés bizarrement quand l’on est athlète professionnel. »

« Les Pays-Bas et la Suisse ont de nombreuses similitudes, l’adaptation entre les deux pays s’y fait tout naturellement »

Laurent Meuwly, entraîneur de Lea Sprunger

Il y a un rapport enchanteur à intégrer un nouvel environnement, auprès d’une nation en plein essor. À 44 ans, Laurent Meuwly découvre ainsi, auprès du local Bart Bennema, une occasion d’exporter son savoir-faire dans un programme qui comporte le sprint, les haies et les relais, secteur dans lequel il a été nommé entraîneur-chef. Spécialités qui n’enlèvent toutefois pas l’apport du Suisse – et par là sa vaste expérience – dans d’autres disciplines, partant du saut en longueur à l’heptathlon en passant également par les 800 mètres. En décembre dernier, l’Union royale néerlandaise se félicitait de pouvoir compter sur le Suisse pour renforcer – entre autres – le relai 4×400 mètres national. « Laurent était le numéro un absolu de notre liste et constitue un enrichissement puissant pour notre personnel technique. Son expertise sur les pistes de 400 mètres, à plat et en haies, donne une impulsion substantielle à notre programme […] Avec Bart Bennema, le programme de sprint et de relais est maintenant très puissant », pouvait-on lire alors sur le communiqué. Ancien entraîneur principal auprès d’United Kingdom Athletics jusqu’aux JO de 2012 – où ses équipes manquèrent leur objectif présumé de médailles – et reconverti dès lors au même poste aux Pays-Bas, Charles van Commenée assurait: « Il est important que nous disposions d’une équipe de coaching flexible qui travaille en étroite collaboration et puisse se compléter et se soutenir mutuellement. Laurent s’inscrit parfaitement dans ce concept. Son style de coaching fort et sa large employabilité sont un renforcement considérable de notre programme. » En somme, il n’est pas bien curieux de le voir opérer aux Pays-Bas – à cela près – les mêmes fonctions qu’il occupait au sein de Swiss Athletics. Il est pourtant davantage cocasse de présager avec rectitude et une infime justesse que le relai 4×400 mètres féminin suisse (3’29”15) se soit – toujours à ceci près – qualifié au temps pour la finale de Yokohama aux dépens des mêmes Hollandais (3’30”07). Une manière comme une autre d’acter les précises ressemblances entre les deux nations, destinées toutes deux, dans un proche futur, à jouer un rôle prépondérant dans l’athlétisme mondial. « Les Pays-Bas et la Suisse ont de nombreuses similitudes, l’adaptation entre les deux pays s’y fait tout naturellement », assurait à Rome Laurent Meuwly. « Les athlètes à Papendal sont réceptifs et l’acceptation a été rapide. L’ambiance est bonne et la communication ne pose aucun problème. »

Une préparation spécifique et réfléchie pour Doha

Pour Lea Sprunger, en attendant, la préparation a été divisée en étapes; la première permettant, avant tout, de déjuger d’éventuelles fausses impressions. Ce qui, de toute évidence, n’a pas été le cas lors de son premier meeting de la Diamond League de la saison à Rome ce jeudi soir. « Le départ était très bien, très honnêtement. Si bien que j’ai cru que j’allais trop vite. J’ai été embarquée dans un faux rythme », assurait-elle quelques minutes après sa course en zone mixte. Sans se leurrer, pourtant, l’athlète se sait en confiance et elle aura l’occasion de se jauger à nouveau une semaine plus tard à Oslo, cinquième arrêt de la Ligue de Diamant 2019. Il s’agit du moins de se montrer de plus en plus compétitive au fil des mois; Athletissima à Lausanne le 5 juillet en offrira un premier bilan avant que les Mondiaux de Doha en octobre en dévoilent le dénouement final. D’ici là, les 55”50 timidement espérés par la Nyonnaise à Rome pourraient sans doute la satisfaire en Norvège. Ceci lors même « qu’un 400 demande de grands ajustements techniques. Si en plus l’on rajoute les haies, il faut compter plusieurs courses de remise à niveau avant de pouvoir prétendre à un résultat », assurait-elle alors. C’est pour cela qu’elle compte s’aligner également sur le plat à Genève le 15 juin prochain dans l’optique d’un ajustement supplémentaire sur le simple tour de piste.

« J’ai encore deux ans de plein boulot. Je me sais être dans mes années “folles” mais je sais aussi que je veux enfin ma médaille internationale »

Lea Sprunger, double championne d’Europe du 400 mètres haies

En réalité, Lea Sprunger se laisse encore quelque deux années de pleine réflexion. De plein travail surtout. La suite de sa carrière – pour la faire courte – se décidera entre Doha et Tokyo d’ici à l’été 2020. Mais cela ne signifie pas qu’elle évolue sur les pistes avec moins de pression; « j‘ai encore envie de faire des résultats probants d’ici à Tokyo. J’ai encore deux ans de plein boulot. Je me sais être dans mes années “folles” mais je sais aussi que je veux enfin ma médaille internationale », assurait-elle d’un ton des plus convaincus. « Même si je sais que ce sera plus dur qu’à Berlin », a-t-elle souri aussitôt. Pour cela, pourtant, il faudra passer pas l’épreuve climatique qatarie en octobre. L’arrivée à Doha suppose ainsi une pléiade de défis; défi de chaleur d’une part (aux alentours des 40 degrés), défi d’ajustements thermiques dans les inter-courses – entre le stade d’entraînement à température ambiante, les call rooms sur-climatisées et la piste qui offre un curieux entredeux inapprivoisable –, puis le défi de la planification de la journée durant laquelle une sortie sous le soleil plombant s’en retrouve déconseillée. Sans s’y méprendre, pour un athlète – nord-européen de surcroît – l’acclimatation s’y fera difficilement. Ou alors au prix d’une préparation mentale et physique adaptée en circonstance, ce qui s’avère impossible à achever pleinement. « La préparation a commencé avec ma visite sur place à Doha en octobre dernier [ndlr, 2018], à la même période de l’année. Il est apparu évident de mettre sur pied un programme spécial pour combattre la chaleur et gérer au mieux les différences constantes de température », précise Laurent Meuwly qui préconise judicieusement une arrivée sur place en octobre seulement quelques jours – « trois suffisent » – avant le début des championnats.

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« Le gros de la préparation se fera en Europe et les derniers ajustements se feront en indoor. Sans compter qu’il faille éviter de s’ennuyer à Doha », poursuit le coach, tablant sur l’expérience réduite des voyages pour la plupart des athlètes suisses. « Encore une fois, les Américains ou les Australiens, par exemple, auront déjà plus l’habitude de voyager et de passer de longs instants campés dans leur hôtel, hors de chez eux. Chez nous, Européens, il s’agit déjà d’une expérience dont nous bénéficions moins. »

Swiss Athletics à Belek (TUR) avant le Qatar

C’est ainsi pour ces nombreuses raisons que Swiss Athletics a programmé un camp d’entraînement à Belek, dans la province d’Antalya en Turquie, cet été avant le départ à Doha. La Fédération suisse l’a annoncé lors de sa traditionnelle conférence de presse printanière à Bâle le 3 juin dernier. Au-delà de présenter l’avantage de couper le long voyage de 6 heures jusqu’au Qatar en deux, la station balnéaire a été choisie pour son climat propice; la température et l’humidité présentées dans la ville sont précisément assez proches des conditions présentes en capitale qatarie. Sans compter que l’occasion sera également d’y disputer une compétition entre les différentes délégations nationales qui seront présentes sur place au même moment. De quoi présager une préparation convenable pour les prochains Mondiaux.

About Yves Di Cristino (484 Articles)
Rédacteur en chef, membre actif de l'Association Suisse des Journalistes Indépendants (CH-Media) et de l'Association vaudoise de la presse sportive (AVPS). Titulaire de la carte AIPS. Master de Sciences Politiques à l'Université de Lausanne. Mémoire: “Les États-Unis sont-ils réellement responsables du Coup d'octobre 1965 en Indonésie ?”.

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