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Triathlon: Max Studer s’est illustré au niveau mondial à Lausanne

Le triathlon suisse vit bien; Max Studer en a offert un exemple supplémentaire grâce à sa 11e place dans l'étape de Coupe du Monde en capitale olympique

« Les montées faisaient mal. La récupération a été difficile jusqu'à mercredi, je paie certainement le coup de l'enchaînement. Mais il faut dire que les encouragements des Suisses, ici à Lausanne, motivent. À pied, surtout, l'on ressentait d'autant plus le soutien incroyable du public. » Sylvain Fridelance (15e) savourait son résultat à Ouchy, une semaine seulement après être un peu passé à côté de ses Championnats d'Europe à Glasgow (25e au Strathclyde Country Park). À Lausanne, la fête suisse fut totale samedi après-midi, malgré la chute d'Andrea Salvisberg qui a été contraint à l'abandon. Autre Suisse, Max Studer a quant à lui brillé à une belle 11e place.

Max Studer s'est révélé lors de l'étape de Coupe du Monde à Lausanne. Le licencié du Team d'Oensingen a terminé 11e, ce qui lui a valu une trèe belle visibilité devant son public. © leMultimedia.info / Oreste Di Cristino [Ouchy]

Max Studer a 22 ans et il a frappé un grand coup samedi après-midi lors de l’étape de Coupe du Monde à Lausanne. En terminant 11e de la course, il a imposé sa stature dans l’épreuve masculine dominée par le Norvégien Gustav Iden, juste devant le Britannique Jonathan Brownlee, double médaillé olympique à Londres et Rio. Meilleur Suisse, il a consolidé son statut de quatrième triathlète de la nation helvétique; avec 229,29 points il fait même un bond de près de 50 places au classement mondial de l’ITU. Il reste toutefois loin d’Andrea Salvisberg, Sylvain Fridelance et Adrien Briffod mais devance ce dernier – 29e à Lausanne – dans les standings provisoires pour les qualifications olympiques. À sa jeune carrière, Max Studer n’est pas encore favori pour figurer à Tokyo en 2020 mais il est déjà à pied d’œuvre sur le plan international. Toutefois absent aux Championnats Européens de Glasgow, il parcourt déjà les tracés des plus grandes étapes du calendrier: « Il y a deux ou trois semaines, j’ai fait mon premier WTS à Edmonton [ndlr, étape des World Triathlon Series au Canada où il a terminé 32e] et je savais que ça aurait été vraiment trop d’aller encore à Glasgow pour les Championnats Européens. Je n’étais pas qualifié mais cela n’était pas mon objectif cette année, j’avais un planning un peu différent, moins chargé et qui m’a certainement été bénéfique pour cette course-ci. » À Lausanne, il a assouvi de nouveaux plaisirs. « Toute l’année, j’avais pour but de venir courir ici à Lausanne. C’est une formidable occasion de se présenter auprès et avec les sponsors. Cela fait longtemps que je fais du triathlon en Suisse. J’ai déjà couru ici plein de fois même si c’est toujours un peu différent. C’était une belle chose de connaître déjà le parcours, par rapport aux autres triathlètes. » Le jeune homme (classe 1996) préparera désormais son hiver, mais avec des certitudes.

« Je suis parti un peu vite mais c’était aussi pour tester ma résistance et voir jusqu’où je pouvais aller. J’ai payé un peu pour cela sur les deux derniers tours mais c’était magnifique de pouvoir terminer devant ce public de Suisses »

Max Studer, triathlète du Team Oensingen

Max Studer a certainement aussi bénéficié d’une fraîcheur dont n’ont pu véritablement connu ses aînés sur le circuit, les Européens de Glasgow étant encore dans les pleines jambes de Sylvain Fridelance et Adrien Briffod. « J’ai eu de la peine à prendre le rythme en course à pied même si j’ai réussi à remonter progressivement. Heureusement, j’ai assuré une place correcte, même si je n’ai pas sorti ma plus grosse course. J’ai géré du mieux possible mes problèmes de crampes à vélo, même si je dois dire que j’en avais nettement moins qu’à Glasgow. Seule la fatigue a véritablement pesé », assurait alors le Romand de Saint-Barthélemy qui a connu des problèmes soudains à la suite de la deuxième transition, ce qui ne fut pas le cas de Max Studer: « J’ai eu de la chance d’avoir été dans un bon groupe à vélo, avec un bon rythme, nous avons même réussi à rattraper le premier groupe [ndlr, l’ensemble des Suisses, à l’exception de Salvisberg donc, sont arrivés à la dernière transition dans un peloton de tête élargi] aiguillonnait alors le représentant du club d’Oensingen avant de poursuivre – La course s’est mise toujours mieux au fur et à mesure qu’elle allait; j’ai même réussi à garder assez d’énergie pour la course à pied. Je suis parti un peu vite mais c’était aussi pour tester ma résistance et voir jusqu’où je pouvais aller. J’ai payé un peu pour cela sur les deux derniers tours mais c’était magnifique de pouvoir terminer devant ce public de Suisses. » Dernier Suisse en lice, Simon Westermann a terminé 27e, devant Briffod (29e donc).

Lire également: Nicola Spirig à nouveau au sommet de la concurrence à Lausanne

Jonathan Brownlee (2e) salue un parcours rude mais fait pour le triathlon

Le podium avait été complété par un troisième Norvégien, non des moindres, Kristian Blummenfelt. Le Britannique Jonathan Brownlee a, quant à lui, terminé avec la médaille d’argent. Bien, mais encore insuffisant pour le frère d’Alistair. « Je voulais gagner comme toujours mais j’ai vraiment apprécié la course, le lieu est idyllique pour le triathlon et le lac est somptueux. Je saurai faire mieux la prochaine fois », affirmait-il alors à Ouchy samedi après-midi. Il faut dire que le parcours – à vélo plus particulièrement – souffrait de deux montées estampillées respectivement à 12 et 10%; une rudesse alors que la chaleur y était plus suffocante qu’aux Championnats d’Europe de la semaine précédente au Strathclyde Country Park. « Le lac n’était pas si calme, le vent nous portait de manière assez inattendue. La partie cycliste a ensuite présenté des étapes rugueuses qui nous ont tous rendus très fatigués à la transition. Mais c’est bien ce qu’il faut pour une étape de Coupe du Monde. » Médaillé lors des deux derniers Jeux Olympiques à Londres en 2012 (argent) et à Rio en 2016 (bronze), il avait notamment partagé le podium avec son frère Alistair. Ces deux dernières semaines, pourtant, chacun a fait sa course de son côté; Alistair a terminé 4e à Glasgow alors que Jonathan vient d’assurer une médaille lors de la 10e étape de Coupe du Monde. « J’ai soutenu mon frère, notamment sur l’étape à vélo, à Glasgow. Il avait tout de même réussi un accomplissement aux Championnats d’Europe et je sais qu’il aurait adoré ce parcours ici à Lausanne », s’est contenté alors le cadet des deux frères Brownlee. Alistair (30 ans) n’est pour l’heure pas parmi les qualifiés des prochains JO, au contraire de son frère (28 ans). Mais les périodes de qualification sont encore longues.

About Yves Di Cristino (454 Articles)
Rédacteur en chef, membre actif de l'Association Suisse des Journalistes Indépendants (CH-Media) et de l'Association vaudoise de la presse sportive (AVPS). Titulaire de la carte AIPS. Étudiant en Master de Sciences Politiques à l'Université de Lausanne. Prépare un mémoire en histoire internationale focalisé sur les relations de Guerre Froide et de post-Guerre Froide.

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