Nouveauté

Charlotte Bonnet à l’image de la renaissance de la natation tricolore

La natation française connaît un regain de qualité après le blackout des JO de Rio; chez les dames, le niveau est d'autant plus relevé

Du Tollcross International Swimming Centre, Glasgow (Écosse)

La France de la natation revit sous les victoires de leurs nageurs. Sur les relais, la moisson de médailles est d'autant plus satisfaisante qu'elle assure la bonne dynamique des Français en équipe. Six médailles remportées avant la dernière journée de compétition au Tollcross International Swimming Centre de Glasgow, en attente (peut-être) d'une septième jeudi après-midi lors des finales du 4x100m quatre nage féminin, avec leur atout meilleur: Charlotte Bonnet qui est l'athlète de la délégation tricolore à avoir engrangé le plus de médailles dans ces Européens.

Charlotte Bonnet (à droite) fait revivre la natation française. Trois fois médaillée d'or lors de ces Championnats Européens de Glasgow – avant les 4x100m 4 nages féminins de jeudi –, la nageuse de l'Olympic Nice Natation est la plus titrée de la délégation française. Puis, avec le relai 4x100m nage libre mixte, la délégation française avait encore frappé fort mercredi soir. Et ce n'est peut-être pas fini... © leMultimedia.info / Oreste Di Cristino [Glasgow]

Tout le monde part d’un constat affiché: les Jeux Olympiques de Rio ont recouvert d’un voile noir toute une génération de nageurs en France. Repartie sans médaille d’or des bassins, la délégation française n’avait pu alors que compter sur les médailles d’argent de Florent Manaudou sur 50m et du relai 4×100 et du bronze de Marc-Antoine Olivier sur les 10km en eau libre: une bérézina, en surface. « Dans la tête des gens, il a souvent été question de reconstruction. Mais pour les athlètes qui sont restés – et pour les nouveaux – c’est moins le cas », aiguillonne l’ancien nageur tricolore Florent Manaudou, consultant pour France Télévisions à Glasgow. « Seules les têtes d’affiche ont disparu [ndlr, à l’exemple d’Alain Bernard, Laure Manaudou ou encore Camille Lacourt] au fil des années et, par conséquent, la France a gagné un peu moins de médailles. Mais rien n’a fondamentalement changé sinon qu’il y ait moins de leaders. » Moins de leaders, certes, mais une génération montante qui s’est révélée en Écosse ces derniers jours; Fantine Lesaffre a remporté sa toute première médaille dans une grande compétition – une en or vendredi après-midi sur les 400 mètres quatre nage –, Charlotte Bonnet a guindé l’ensemble des relais féminins et mixtes, au-delà de ses deux podiums individuels et l’ensemble de la délégation française a retrouvé une âme d’équipe aussi performante que  prometteuse. Nul doute, la relève est en marche et surtout, elle est davantage féminine. « Il y a une très bonne génération, surtout chez les filles – constate justement Florent Manaudou – Le relai féminin est notamment très prometteur, alors que chez les hommes, cela s’avère un peu plus compliqué. Mais c’est générationnel, cela va venir également. Mehdy Metella, par exemple, a failli pas venir à cause d’une blessure contractée après les Championnats de France mais il est là et prend la confiance nécessaire même si il est toujours plus difficile de se motiver en l’absence des Américains et des Australiens. » Le principal intéressé, d’ailleurs, est resté particulièrement serein malgré des Championnats Européens marqués par sa seule médaille de bronze en individuel sur les 100 mètres: « Je suis toujours dans le travail, dans l’usure. Je suis dans la même forme que lors des championnats de France sauf que je suis rasé de la tête aux pieds – confiait alors Metella au terme de ses séries du 50 mètres papillon – Rien de bien nouveau, sinon des premières nuits compliquées au début. Je commence un peu à relâcher et je récupère plutôt bien. »

« Il n’y a pas eu de problème pour me remettre dans la compétition après les 100 mètres [ndlr, samedi]. Il n’y avait rien d’euphorique, rien de particulier à fêter »

Mehdy Metella, médaillé de bronze sur 100 mètres nage libre

Il faut dire que mercredi matin, après une journée de pause passée au repos, le Guyanais sentait les choses passer, et dans le calme: « Il n’y a pas eu de problème pour me remettre dans la compétition après les 100 mètres [ndlr, samedi]. Il n’y avait rien d’euphorique, rien de particulier à fêter. » Preuve qu’il maintenait une juste concentration sur les épreuves à disputer ce mercredi; avec le septième temps des demi-finales, Metella s’est qualifié pour la finale du 100 mètres papillon avant de décrocher une prestigieuse médaille d’or avec le relai 4x100m mixte. Preuve que, même chez les hommes, la natation française avant. Doucement. « Ça fait quelque temps l’on se reconstruit et je suis vraiment contente que sur les [6] médailles, [5] ont été rapportées par les filles et j’en suis très fière », couplait aussi Fantine Lesaffre au terme de sa finale du 200 mètres quatre nage mercredi après-midi [lire encadré].

Le travail de Charlotte Bonnet couronné à Glasgow

« Charlotte a décroché sa première vraie belle médaille internationale », lâchait heureux lundi soir son entraîneur Fabrice Pellerin après l’or sur les 200 mètres nage libre. Il est vrai, la native d’Enghien-les-Bains dans le Val d’Oise n’avait auparavant décroché “que” des bronzes dans les plus grandes compétitions mondiales. Un premier sur le relai 4x200m aux Jeux Olympiques de Londres en 2012, le même un an plus tard aux Championnats du Monde de Barcelone en 2013, puis deux autres lors des Européens 2016, de nouveau à Londres, où elle avait notamment remporté sa première distinction personnelle sur les 200 mètres nage libre. En somme, Charlotte côtoie les podiums depuis plusieurs années déjà mais jamais elle n’avait été sacrée championne, sinon de France (à 15 reprises entre le petit et le grand bassin). Heureuse, la nageuse de l’Olympic Nice Natation n’a pourtant pas affiché une joie expressive en zone mixte ces derniers jours, seulement le signe d’une jeune femme accomplie dans sa vie de sportive. « Elle le sait aussi, ces instants sont brefs et éphémères avant de retomber toujours dans les même mécaniques d’entraînement », aiguillonnait alors encore son entraîneur avant de poursuivre: « Elle a fait une belle saison et réaliser à nouveau les bonnes performances de toute une année au moment venu, n’est jamais évident. Il y a toujours une appréhension certaine et elle savait qu’il fallait dominer cette finale de bout en bout, aussi devant Femke Heemskerk [ndlr, 2e à 1”77] qui a démontré être en forme dans ces championnats. Elle a eu l’aplomb nécessaire pour améliorer, en plus, son temps au meilleur moment de la saison [ndlr, qui est aussi le nouveau record des Championnats d’Europe en 1’54”95], une preuve de son talent et de son ambition et qui traduit toute l’estime de soi et la maturité dont elle fait preuve au quotidien. » Mais le véritable esprit d’une grande championne ne s’arrête pas dans la simple affaire d’un exploit isolé; Charlotte Bonnet s’est relativement bien adaptée aux transitions d’épreuves, élaguant sa joie du moment et évitant ainsi les troubles de concentration, souvent fatals dans les épreuves de vitesse.

« Quand on a des sportifs motivés et très performants qui s’entraînent avec beaucoup de rigueur – et quand il y a des places à prendre dans la nouvelle génération –, il est normal que l’on ressente une certaine impatience à vivre les émotions que Charlotte a vécue sur sa finale »

Fabrice Pellerin, entraîneur de Charlotte Bonnet

Elle avait pourtant eu du mal à s’endormir le soir de son sacre lundi, preuve que la jeune femme nourrissait une quelconque impatience depuis quelques jours. Une impatience évidente, nourrie tout du long de sa saison, avant ces Européens: « Quand on a des sportifs motivés et très performants qui s’entraînent avec beaucoup de rigueur – et quand il y a des places à prendre, parce qu’on a vécu de très bons moments sur la précédente génération et que l’on a envie de revivre cette ferveur avec la nouvelle –, il est normal que l’on ressente une certaine impatience à vivre les émotions que Charlotte a vécue sur sa finale [ndlr, des 200m nage libre]. Elle était sans doute également la première impatiente. Elle a parfois souffert les saisons précédentes, sentant qu’elle ne pouvait pas livrer ce qu’elle avait vraiment dans le ventre. » Depuis sa victoire individuelle – ou depuis la conscience certaine qu’elle en était capable –, elle s’affiche (sans doute secrètement) plus libérée dans l’eau: « Elle a désormais concrétisé ses envies et de ses désirs et elle aura certainement un poids en moins par la suite », déclarait alors toujours Fabrice Pellerin. En revanche, cela n’a pas été assez pour venir à bout de Sarah Sjöström et Femke Heemskerk sur sa finale du 100 mètres nage libre ce mercredi en fin d’après-midi, mais le bronze lui sied tout aussi bien, aussi dans la préparation des prochains grands championnats, aux Mondiaux de Gwangju en 2019, puis aux Olympiades de Tokyo en 2020.

La Suédoise Sarah Sjöström a été la plus forte sur les 100 mètres nage libre. Elle a décroché l’or en 52”93, soit à ”30 de la Néerlandaise Femke Heemskerk et à ”42 de Charlotte Bonnet. © leMultimedia.info / Oreste Di Cristino [Glasgow]

Un bronze entre deux relais pour Bonnet

Tout lui réussit ces derniers temps. Avec son entraîneur Fabrice Pellerin, la nageuse de l’Olympic Nice Natation a su conditionner son corps pour le meilleur entraînement. Se réservant pour les courses de meilleure envergure, la Française de 23 ans a réservé son énergie: nager en qualité plutôt qu’en quantité. Cela lui porte bien, indéniablement. Dans ces Championnats d’Europe, elle compte six finales sur les six disciplines pour lesquelles elle s’est engagée, dont trois médailles d’or et une en bronze – dans l’attente de la finale du relai 4x100m quatre nage féminin ce jeudi après-midi. Des performances solides portées allègrement à l’heure du bilan. Dans les faits, seul le relai 4x200m lui a échappé mardi soir mais elle ne s’en dit nullement déçue, ses jeunes coéquipières Marie Wattel (21 ans), Margaux Fabre (25 ans) et Assia Touati (23 ans) ayant dû se contenter d’une encourageante quatrième place. Quelques erreurs de respiration sur la fin de l’épreuve, un brin de précipitation aussi mais une expérience assurée pour la grande première au niveau continental de Wattel et Touati; entre les séries du matin et la finale du mardi soir, elles étaient trois à préluder cette année leur première expérience européenne si l’on considère également le plongeon d’Alizee Morel (23 ans) qui a disputé sa seule et unique course à Glasgow lors du 4x200m féminin du matin, non qualifiée en individuelle. Certes, il fallait du cran pour parvenir à se hisser sur la plus haute marche du podium des relais. Les quatre relayeuses françaises l’ont eu mais ont pêché une fois par excès de bonne foi, malgré la maturité et la rigueur de Charlotte Bonnet et (un peu) à cause du manque d’expérience sur la dernière traversée d’Assia Touati mardi soir. « Je ne suis pas déçue. Pour Assia, disputer sa première finale aux Européens avec un enjeu de médaille n’est pas évident à gérer, donc je suis fière des filles », assurait alors Charlotte Bonnet au terme de la soirée mardi.

« Après les Championnats de France, l’on a rebasculé sur un travail davantage porté sur les 200 mètres qui constituaient alors ma priorité, ce qui fait que le retour aux 100 mètres était plus difficile, même si mon temps en 53”35 est loin d’être mauvais. »

Charlotte Bonnet, championne d’Europe des 200 mètres nage libre et médaillée de bronze des 100m en individuelle

La tête froide, à 24 heures de sa dernière finale des joutes européennes, il n’y avait assurément pas la place – ni le temps – de nourrir un quelconque regret. Mardi, il est vrai, elle a fait montre d’un grand calme, dans un mélange d’excitation – conséquent à son titre de la veille au soir, suivi de l’or de son compagnon Jérémy Desplanches – et d’une certaine relâche. Une gestion des émotions qui lui a permis de garder l’énergie et la réserve nécessaire sur l’une de ses courses les plus importantes de sa carrière, d’abord parce qu’elle affrontait les meilleures du continent sur la double traversée, puis parce qu’elle rêvait fermement d’un doublé sensationnel au faîte de sa carrière. Un bronze lui revient bien en prestigieux lot de “consolation”, si l’on veut bien: « C’était une course difficile. Mais après les Championnats de France, l’on a rebasculé sur un travail davantage porté sur les 200 mètres qui constituaient alors ma priorité, ce qui fait que le retour aux 100 mètres était plus difficile, même si mon temps en 53”35 est loin d’être mauvais. Je ne suis par ailleurs pas déçue mais je sentais que la semaine a aussi pesé. » En qualifications, elle avait pourtant et justement assuré l’essentiel, en 53”90, troisième temps des séries, puis en 53”55 en demi-finales, toujours derrière l’intouchable Sarah Sjöström (52”67) et Femke Heemskerk (53”35) étant les seules à avoir assuré un meilleur temps que la Française; des concurrentes dont cette dernière ne redoutait pourtant pas grand chose. D’abord parce qu’elle a tiré profit de la non-qualification de la Danoise Pernille Blume – qui a préféré tenter un record du monde sur les 50 mètres, quitte à se saborder sur la double distance, ce qui fut indéniable – et du forfait de la Hollandaise Ranomi Kromowidjodjo, puis parce que la Tricolore se sait consciente de ses capacités. « La préparation [générale] a été bonne, comme c’est souvent le cas – concédait plus tôt Fabrice Pellerin – Elle devait être suffisamment à l’aise pour pouvoir se consacrer à elle-même mais aussi aux autres. Elle a assumé son rôle et a tenu les consignes de mesure et de retenue nécessaires sur les séries et les demi-finales. C’est la première fois qu’elle s’est offerte le luxe de mettre moins d’énergie sur une course, c’est une concrétisation parfaite de son travail quotidien. » C’est par ailleurs le même travail qui l’a portée quelques jours plus tôt sur la première marche du podium sur les 200 mètres nage libre, c’est que la Française tient une belle part d’assurance en elle.

« Je voulais gagner et j’ai nagé pour l’équipe, d’autant plus que Jérémy [Stravius] n’a gagné aucune médaille individuelle et que Mehdy [Metella] a connu des championnats difficiles. Je suis ravie que l’on gagne ensemble, pour mon troisième titre ce soir »

Charlotte Bonnet, championne d’Europe avec le relai 4×100 mètres nage libre mixte

Mardi soir, elle assurait par ailleurs, sans excès de prétention n’avoir qu’une seul et grande rivale: « Sarah [Sjöström], surtout qu’elle réalise une très grande marge sur les premiers 50 mètres », lâchait-elle alors en zone mixte mardi soir avant de relativiser sans faute: « Sarah est plus impressionnante sur les 50m – que je ne saurais nager en 23”70 – que sur les 100m. » Mais la puissance de la Suédoise fut telle que les chances furent d’entrée plus limitées pour Charlotte Bonnet. Sans nul doute, la nageuse de l’Olympic Nice Natation a donné tout pour l’or, assurant une marge de vitesse sur Federica Pellegrini sur les premiers 50 mètres et ménageant plus aucune énergie sur le retour pour venir disputer la victoire à la championne d’Europe en titre sur la distance. Cela n’aura pourtant pas été suffisant pour le titre, mais décidément très honnête pour un rendu (presque) sans fausse note. « De toute évidence je n’avais pas les 52”70 dans les jambes pour détrôner Sarah [Sjöström] et établir un nouveau record de France [ndlr, à 52”74], cela est certain. J’ai fait un 200m de folie et un très bon 100m, qui reste en-dessous du précédent record de France de Malia [ndlr, Metella de 2009 en 53”49]. Je ne peux malheureusement pas battre ma marque à chaque fois. » Pourtant, elle l’a réalisée sur son passage au relai du 4×100 mixte ce mercredi soir; dernière relayeuse, Charlotte a assuré l’or à son équipe en réalisant la double traversée en un temps record de 52”34. « Je voulais gagner et j’ai nagé pour l’équipe, d’autant plus que Jérémy [Stravius] n’a gagné aucune médaille individuelle et que Mehdy [Metella] a connu des championnats difficiles. Je suis ravie que l’on gagne ensemble, pour mon troisième titre ce soir. »

Marie Wattel déçue malgré une première finale européenne individuelle

Elle disputait mercredi soir sa toute première finale européenne sur les mêmes 100 mètres nage libre mais son épopée continentale à Glasgow ne lui a pas offert les satisfactions dont elle espérait en quittant le continent. Marie Wattel (21 ans) s’est très nettement révélée sur l’effort qu’elle a produit en équipe pour les relais, d’abord sur les 4x100m féminins vendredi soir, puis une nouvelle fois ce jeudi soir sur le même relai mixte. « Je suis très déçue de ce que j’ai produit individuellement à Glasgow, alors l’or en relai fait énormément de bien – déclarait-elle alors en zone mixte au terme de sa journée de compétition – Se surpasser pour autre chose que pour soi-même procure beaucoup de plaisir. J’ai passé une semaine assez compliquée mais cela ne m’empêche pas de repartir avec deux médailles d’or, c’est non négligeable. Cela va beaucoup m’apporter pour la suite dans l’espérance que cela me permette de m’imposer encore plus dans les deux prochaines années sur le plan individuel. » Pourtant la jeune femme pouvait compter sur une première qualification en finale de Championnats d’Europe en individuel, mais le symbole a été moins fort que l’ambition; ayant fait l’impasse plus tôt dans la matinée sur les séries du 50m papillon, la Lilloise avait nourrit l’espoir d’un podium. Ne pas l’avoir obtenu lui raccorde à un sentiment envahi d’incomplétude, notamment après son élimination vendredi dernier en demi-finale des 100 mètres papillon. La Nordiste s’est ainsi largement rabattue sur les épreuves de relai et aura encore l’occasion, sans doute avec Charlotte Bonnet, de concourir pour une troisième médaille d’or avec les 4×100 mètres quatre nages féminin. Une équipe de France à qui elle sait dévouer son implication la plus totale: « Je dois vraiment beaucoup à notre équipe de relayeurs parce qu’après mon 100m crawl, je n’avais plus aucune ressource et l’équipe a réussi à m’en redonner avant le relai. » Ceci avant de conclure, dans un soupçon de meilleure lucidité: « On ne peut pas dire que j’ai manqué mes championnats, je ne veux pas me plaindre. On fait des temps en relai qu’on arrive parfois pas à refaire en individuelle. Mais j’espérais mieux. » Marie Wattel a terminé 7e de sa finale du 100 mètres en 54”52, juste devant la jeune Danoise de 20 ans Signe Bro et à 1”59 de Sarah Sjöström.

L’Italienne Federica Pellegrini (31 ans) ne se dit pas déçue de sa cinquième place en finale du 100 mètres nage libre. En 54”04, elle a obtenu une bonne cinquième place européenne pour sa première finale de la distance dans sa longue carrière. © leMultimedia.info / Oreste Di Cristino [Glasgow]

Federica Pellegrini parmi les cinq meilleures européennes sur 100 mètres nage libre

En 54”28, elle avait cueilli le 8e temps des demi-finale, juste assez pour atteindre son objectif premier: une qualification en finale. « L’objectif de cette année était d’entrer parmi les 8 premières européenne sur les 100 mètres (nage libre). On réalise un pas à la fois », avouait-elle alors en zone mixte. Forte d’une puissance inouïe en retour sur les deuxièmes 50m, Federica Pellegrini (31 ans) s’est montrée à la hauteur de son espérance mercredi soir en finale et malgré une préparation fort peu régulière et une forme dont elle n’a jamais prétendue qu’elle soit bonne. « Elle nage plus vraiment ces derniers temps, elle est plus intéressée par les émissions de télé-réalité qu’autre chose actuellement », lâchait déjà Charlotte Bonnet la veille, le rire aux lèvres mais aussi avec cette once d’incertitude face à l’une des reines historiques de la natation internationale. Sans aller à vau-l’eau, Federica Pellegrini s’est affichée sans contrariété face à la presse; arrivée sur l’épreuve des 100 mètres il n’y a que quelques mois, la native de Mirano a parfaitement vécu son expérience “nouvelle”. « Je suis contente d’avoir amélioré mon temps par rapport à hier, malgré la position de ligne [ndlr, au couloir 8]. 5e était une position dont je ne m’attendais pas nécessairement. J’ai découvert ma première finale des 100 mètres nage libre et c’est déjà quelque chose. » Un bon point de départ – ou de renouveau pour la dominatrice légendaire de la natation italienne – qui aura l’occasion de repartir à l’entraînement en vue des Mondiaux de 2019 en Corée du Sud, avec peut-être un retour sur ses longueurs de prédilection: « L’année prochaine néanmoins tout sera plus compliqué parce que ce sera une année de Championnats du Monde. Mais si j’arrive à courir avec la constance en 54” ou 53”50, cela pourrait être intéressant afin d’envisager des demi-finales aussi sur le plan mondial », complétait-elle.

Fantine Lesaffre termine cinquième sur les 200 mètres quatre nages

Championne d’Europe des 400 mètres quatre nages, Fantine Lesaffre a souffert de la transition sur le demi-parcours; en séries et lors de ses demi-finales, la Roubaisienne est apparue tendue dans l’eau, incapable de déchaîner son potentiel. Pourtant plus reposée ce mercredi soir en finale, la jeune femme de 23 ans s’est démenée pour aller accrocher une cinquième place très satisfaisante derrière les indétrônables Katinka Hosszú, Ilaria Cusinato et Maria Ugolkova. Elle aura même amélioré son record personnel de plus d’une demi-seconde. Une énormité pour la Nordiste.

Lire également: Un combat de reines, une médaille pour le cœur

En séries, Fantine avouait avoir été quelque peu indisposées. Championne d’Europe du 400 mètres quatre nages, elle n’a pas trouvé la même sérénité sur la demi-distance. « Cela ne s’est pas aussi bien passé que sur le 400m quatre nages. J’étais un peu plus crispée, aussi parce que les 200m quatre nages me correspondent moins que les 400m », lâchait-elle alors après sa série de mardi matin. Spécialiste plus particulièrement de la brasse – dont elle a pourtant préféré faire l’impasse sur les séries des 200 mètres lundi matin, la Nordiste s’était dite en-deça de son meilleur niveau tant en série qu’en demi-finales: « Je ne pense pas avoir fait une aussi belle brasse que j’aurais pu le faire, toutes les nages étaient selon moi un peu moyennes et aucune ne m’a aidée plus qu’une autre. » De même, elle s’était jugée chanceuse d’obtenir (de justesse) son passe-droit pour la finale de ce mercredi soir: « J’ai fait beaucoup d’erreurs en demi-finale, un virage de brasse catastrophique, un mauvais départ en papillon et un virage aux 100 mètres très mal négocié sur lequel je perds beaucoup de temps. Dans l’eau, je me sens pourtant bien à l’échauffement mais peut-être que je stresse un peu plus du fait que c’est une course que je maîtrise moins. J’ai sans doute livré une attente particulière après ma victoire sur les 400m. » L’on insinue dès lors facilement une retombée de pression après son titre de vendredi soir, mais la Roubaisienne assure avoir maintenu son flegme en bassin. « J’ai essayé de ne pas trop me disperser, me laisser aller parce que je savais que j’avais encore des courses à assurer. Je suis restée dans la compétition sans véritablement encore réaliser ma performance de vendredi. Ça viendra à la fin des Européens. » Mais au terme de son aventure personnelle à Glasgow, après une cinquième place en finale derrière les intouchables Hosszú et Ugolkova, la Tricolore se révèle sous un visage d’autant plus satisfait, aussi car elle a amélioré de plus d’une demi-seconde son meilleur temps en carrière de plus d’une demi-seconde, en 2’11”71, contre les 2’12”26 établis en mai à Saint-Raphaël.

« Je suis arrivée en chambre d’appel d’autant plus relaxée. J’ai fait comme si j’étais en 400m quatre nages et ça a marché »

Fantine Lesaffre, championne d’Europe française de 400 mètres quatre nages

« Je m’améliore par rapport à hier et avec un super temps donc je ne peux pas être déçue – aiguillonnait Fantine Lesaffre à son arrivée en zone mixte après sa finale de ce mercredi soir – Je me sentais mieux dans l’eau. Cette nuit et aujourd’hui, j’étais plus détendue et je suis arrivée en chambre d’appel d’autant plus relaxée. J’ai fait comme si j’étais en 400m4 et ça a marché. » Passer sous la barre des 2’12 révèle son meilleur temps sur la distance, preuve que le couloir extérieur – n°8 – lui a procuré la sérénité qui lui semblait peut-elle nécessaire. « J’ai déjà fait des courses super en couloir extérieur. Cela ne m’a jamais vraiment dérangée, cela me permet de faire ma course toute seule, sans que personne ne me voie et sans que je ne voie personne. En un sens, c’est génial. »

About Yves Di Cristino (452 Articles)
Rédacteur en chef, membre actif de l'Association Suisse des Journalistes Indépendants (CH-Media) et de l'Association vaudoise de la presse sportive (AVPS). Titulaire de la carte AIPS. Étudiant en Master de Sciences Politiques à l'Université de Lausanne. Prépare un mémoire en histoire internationale focalisé sur les relations de Guerre Froide et de post-Guerre Froide.

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