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Lea Sprunger et le relai 4×400 se distinguent à CITIUS

Le relai 4x400 mètres avec Lea Sprunger et Sarah Atcho établit une mesure relevante en vue des Européens de Berlin

La première édition du meeting CITIUS de Berne aura été un grand succès populaire, sur les pistes et en dehors. Ravivant les vieilles sensations d'ARENA, disparu depuis quelque 29 ans, le nouveau plateau international de la capitale aura fait le plein d'émotions tout au long de la journée. Sur les pistes, notamment, le relai 4x400 mètres de Lea Spunger, Sarah Atcho, Robine Schürmann et Cornelia Halbheer a terminé troisième d'une course rapide remportée par le quatuor britannique, alors que les Belges ont établi leur nouveau record national. Les Suisses sont en bonne position pour valider une participation aux Européens de Berlin du 7 au 12 août prochain. Plus tard, Alex Wilson a battu le record de Suisse sur les 200 mètres (20”26) et la reine de la soirée, Mujinga Kambundji a remporté ses 100 mètres en fin de soirée (11”23).

Lea Sprunger a couru plus détendue le relai 4x400 en compagnie de Cornelia Halbheer, Robine Schürmann et sa collègue d'entraînement Sarah Atcho. © leMultimedia.info / Oreste Di Cristino

C’est à l’en croire, le cinquième meilleur temps européen de la saison sur le relai 4×400 mètres qu’ont établi les quatre filles de la première équipe de Suisse au meeting CITIUS de Berne. En 3’29”46 minutes, le quatuor composé de Cornelia Halbheer, Robine Schürmann, Sarah Atcho et Lea Sprunger ont battu la précédente marque référence établie la saison dernière à Vaasa en Finlande le 25 juin dernier (3’33”10). Une performance, entretenue dans une course très rapide – la Belgique ayant même battu son record national (3’29”06) –, qui propulse la Suisse parmi les seize meilleures nations du relai en vue d’une participation aux Européens de Berlin en août prochain (du 7 au 12). « C’est un très bon résultat. Nous ne savions pas à quoi nous attendre en venant ici. L’on parlait d’un temps autour des 3’33 minutes », lâchait Lea Sprunger quelques minutes après sa course, n’omettant pas de s’aligner à nouveau sur le relai dans les prochains mois et dans les meetings qui le proposent à leur programme. Il est vrai que pour elle, l’épreuve est à la fois une échappatoire, où l’ensemble de la pression évacue au profit d’un esprit d’équipe, tout en mesurant parfaitement ses propres temps sur le plat. « C’est une course par équipe donc le temps final est celui qui compte. Le temps individuel n’est pas un sujet ce soir, ce sera un sujet qu’entre mon entraîneur et moi », rétorque-t-elle toutefois, ne souhaitant pas s’exprimer sur ses 400 mètres personnels. Un tour de piste proche des 51”55 secondes qui ne sont de fait pas trop éloignés de son meilleur résultat, les 51”09 de La Chaux-de-Fonds en juillet 2017. Et une chose est sûre, pour le moins, pour cette grande spécialiste des haies, le plat se veut être bien plus qu’un grand terrain d’entraînement: « J’aime bien m’aligner sur le plat, cela fait du bien mentalement. Je suis très contente d’avoir pu faire le relai aujourd’hui, d’autant plus que l’attention n’était pas focalisée que sur moi. »

« Je me sens bien, il faudrait que la saison se lance un peu mieux qu’elle n’a été jusqu’à maintenant. Physiquement, je me sens en forme, il faut juste rester patiente »

Lea Sprunger, spécialiste des 400 mètres haies

De retour de Potchefstroom, en Afrique du Sud, où elle est allée se ressourcer en compagnie de la Team Meuwly (où figurent aussi Kariem Hussein, Sarah Atcho et Salomé Kora) en début d’année, Lea Sprunger s’est longuement habilitée sur le plat en 2018, sa saison en salle lui ayant offert de grandes satisfactions, en remportant notamment le World Indoor Tour avant les Mondiaux de Birmingham en mars. Victorieuse à Karlsruhe, Madrid, Torun et aux championnats suisses de Macolin – ayant notamment battu le record national sur 200 mètres à cette dernière occasion –, la finaliste des Mondiaux de Londres semble avoir trouvé un véritable équilibre sur les distances plates. C’est par ailleurs sur les 300 mètres de Langenthal que la Nyonnaise a réalisé sa rentrée en extérieur. Comme chaque année, c’est sur une distance médiane que l’athlète réussit ses premiers ajustements avant de se livrer à sa discipline de prédilection sur les plateaux internationaux. Cette saison, Lea a d’ores et déjà trouvé deux départs en Diamond League; d’abord à Rome le 31 mai pour ses premiers 400 mètres haies, où elle avait terminé à une décevante 8e place en 56”36, puis à Oslo où elle avait réussi une bonne 4e place en 55”07, un chrono d’autant plus prometteur pour le reste de la saison. Depuis, elle enchaîne les courses à Genève (55”60), à Berne ce samedi (sur le relai donc) et à La Chaux-de-Fonds la semaine prochaine (sur 400 mètres plat, à nouveau). Ceci même avant de s’aligner, comme attendu, à la 43e édition d’Athletissima le 4 juillet prochain, éventaire certain des prochains Championnats d’Europe avec la particularité, toujours, de la courir “chez soi”. « Je me sens bien, il faudrait que la saison se lance un peu mieux qu’elle n’a été jusqu’à maintenant. Mais physiquement, je me sens en forme, il faut juste rester patiente », convient-elle samedi soir au Wankdorf. Cinquième mondiale sur sa discipline après une première finale planétaire à Londres en août 2017 – elle qui avait été éliminée aux séries aux Jeux Olympiques de Rio en 2016 –, la coureuse du COVA Nyon connaît son parcours et son entraîneur Laurent Meuwly aussi. La voilà portée à nouveau par son public, en Suisse, à deux mois de Berlin où elle souhaitera certainement battre sa propre médaille de bronze d’Amsterdam d’il y a deux ans. Pour cela, la Nyonnaise a la chance de pouvoir évoluer dans un cadre d’entraînement sain auprès des athlètes entraînés aussi par Laurent Meuwly: « Nous formons un groupe très compétitif, où chacun peut profiter des bonnes tendances des autres. Nous louons les mêmes objectifs pour cet été et cela est certainement le meilleur encadrement que l’on puisse espérer », évoquait-elle alors également.

Lire également: Laurent Meuwly: « De plus en plus, la spécificité est de commencer tôt dans la saison avec des grandes compétitions »

Mujinga Kambundji reine de CITIUS

Mujinga Kambundji a offert le feu d’artifice que son public attendait; en 11”23 secondes, elle n’a de loin pas validé son meilleur chrono sur les 100 mètres mais elles ont suffi pour remporter la course au meeting de CITIUS face à une concurrence relevée. « Ivet [ndlr, Lalova-Collio] n’est pas n’importe qui. J’étais très nerveuse, je voulais vraiment gagner en établissant un temps satisfaisant, que tout le monde ici à Berne puisse rentrer content. Finalement, le chrono n’est pas incroyable mais je suis vraiment très heureuse de ma course », lâchait-elle après sa course à la presse accréditée. La Bulgare de 34 ans, qui s’est révélée rapide sur les pistes de la Diamond League dernièrement à Stockholm a terminé sa course à 11”31 secondes, à 11 centièmes de sa meilleure marque en saison établie à Mersin en Turquie, le 19 mai dernier. Une course, pas des plus rapides, avec un vent légèrement défavorable (-0,2 m/s) qui aura donc permis à la Bernoise d’être primée sur son terrain d’entraînement quotidien, à Wankdorf.

« Le stress s’est évacué quelque peu avec ces interruptions mais se reconcentrer à trois reprises avant la course n’était pas forcément évident. J’espère vraiment revenir »

Mujinga Kambundji, sprinteuse bernoise des 100 et 200 mètres

Du moins, c’est la régularité que la Bernoise cultive en ce début de saison. Sur la distance reine, elle évolue entre les 11”16 (son SB établit à AtletiCAGenève) et donc ses 11”23 de CITIUS. Des résultats inscrits sur les compteurs dans des conditions de course pas toujours optimales, sauf à Doha où elle avait été créditée d’un temps intéressant (11”17) avec un vent des plus favorables (+1,5 m/s). Cela peut donc laisser une marge d’amélioration importante pour la sprinteuse du STB Leichtathletik en vue de la scène européenne de Berlin. À Berne, tout ne fut pas parfait par ailleurs, le départ ayant été repoussé à trois reprises, justifiant aussi la disqualification de la Vénézuélienne Andrea Purica pour faux départ. « Le stress s’est évacué quelque peu avec ces interruptions mais se reconcentrer à trois reprises avant la course n’était pas forcément évident », explique la Bernoise avant de conclure: « J’espère vraiment revenir. »

Alex Wilson bat le record de Suisse des 200 mètres

« Je sais que je peux encore aller plus loin. » Au-dessous des 20 secondes ? « Par exemple, oui. » Le sprinteur des Old Boys Basel ne rechigne devant rien; ses 20”26 secondes aux 200 mètres du meeting CITIUS de Berne lui dessinent un sourire certain avant d’avouer que les grandes performances et les plus hautes attentes commencent maintenant. En début d’année, Alex Wilson n’a pas caché ses ambitions de totalement casser les chronos nationaux des 100 et 200 mètres et voilà, qu’en ce début de mois juin, il est déjà parvenu à abaisser la marque à deux reprises, d’abord au meeting de Bâle (20”29) et donc ce samedi soir dans la capitale (20”26). L’athlète de 27 ans apparaissait plutôt prudent jeudi lors de la conférence de presse, refusant de dévoiler ses envies nouvelles (ou répétées) de record de Suisse ce week-end à Berne. Il faut dire que le Bâlois avait déjà refusé sa participation au meeting de Weinheim en Allemagne fin mai; il avait aussi refusé son invitation au meeting de la Diamond League de Stockholm le 10 juin dernier, encore un peu gêné par une cuisse récalcitrante.

Lire également: Alex Wilson: « Maintenant, c'est la médaille que je vais chercher »

Mais il se dit, cette fois, définitivement prêt pour Athletissima le 5 juillet prochain: « Ce sera un véritable examen pour moi, je devrai être au faîte de ma forme à Lausanne », lâchait-il alors au sortir de la piste du Wankdorf. Plus tôt dans la journée, en revanche, il avait même terminé deuxième des 100 mètres en 10”28 secondes, à plus de 23 centièmes de son chrono établit à Bâle.

About Yves Di Cristino (440 Articles)
Rédacteur en chef, membre actif de l'Association Suisse des Journalistes Indépendants (CH-Media) et de l'Association vaudoise de la presse sportive (AVPS). Titulaire de la carte AIPS. Étudiant en Master de Sciences Politiques à l'Université de Lausanne. Prépare un mémoire en histoire internationale focalisé sur les relations de Guerre Froide et de post-Guerre Froide.

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