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Après les M21, Ilija Borenovic entraînera l’équipe première du Lausanne-Sport

Xavier Margairaz sera de plus l'assistant de Borenovic: « Xavier est important sur le terrain, dans le vestiaire. Aujourd'hui, il y a des leaders techniques – comme le père d'Enzo – et c'est ce que nous avons besoin. Xavier correspond parfaitement à ce profil avec une expérience de footballeur riche que pas tout le monde ne bénéficie. Pas tout le monde n'a disputé de Coupe du Monde », Pablo Iglesias, directeur sportif du FC Lausanne-Sport.

C'est un staff de cinq personnes que la direction du FC Lausanne-Sport a mis à disposition de la première équipe du FC Lausanne-Sport. Pointant à l'ultime place de la Raiffeisen Super League, les Vaudois voient grand le risque de rétrocession. Fabio Celestini a été remercié jeudi soir, quelques heures après la défaite (de trop ?) face au FC Lucerne (0-1). Ce sera finalement Ilija Borenovic, assisté par Xavier Margairaz, qui reprendra les rennes de l'équipe jusqu'au terme de la saison. Avec un clair objectif de maintien.

Ilija Borenovic succède à Fabio Celestini pour le reste de la saison avec un clair objectif de maintien. © leMultimedia.info / Yves Di Cristino

Non pas que la tâche fut aisée mais le FC Lausanne-Sport avait besoin de changement. À l’heure où Ilija Borenovic était annoncé à la barre du club pour les quatre prochaines semaines, le directeur sportif du LS, Pablo Iglesias, a tenu à préciser plusieurs éléments face à la presse. Au lendemain de la défaite face au FC Lucerne (0-1) – qui fut, à s’en méprendre, celle de trop –, il était une certitude partagée à l’interne du club; le LS a vraisemblablement activé, contraint aussi par les circonstances du classement, une véritable opération commando. « Je n’aime pas ce terme – annonce Pablo Iglesias – Si l’on avait vraiment lancé une opération commando, on aurait appelé un militaire à la tête de l’équipe. » En réalité, sans vouloir le dire aussi clairement, Pablo Iglesias a néanmoins convenu que la situation du club, aussi ouverte soit-elle en Super League, s’annonçait préoccupante. En effet, le Lausanne-Sport n’a jamais été aussi près de la Challenge League que maintenant, à égalité de points avec le FC Sion (31). « Nous sommes dans une situation délicate et nous avons un mois pour relever la barre. Mais il nous a fallu la jauger – commente le directeur sportif du club – Un seul nom, quand bien même parmi les plus connus, était-il en mesure aujourd’hui de faire un presque-miracle, en sachant qu’il y a un ADN très marqué au sein de l’équipe et des profils de joueurs très différents ? Nous mettons, comme toujours, les chances de notre côté. Pour proposer aujourd’hui un nouvel entraîneur, il nous fallait être sûr qu’il soit propice au poste, qu’il parle la langue » – pour ne pas tomber dans les travers maintes fois expérimentés par le Servette FC avec Kevin Cooper puis Meho Kodro – « et surtout qu’il ait une bonne connaissance du club. C’est pourquoi les recherches étaient complexes. » Pablo Iglesias précisera aussi que Fabio Celestini n’avait pas pour autant perdu de sa crédibilité auprès des joueurs, lui qui restera à disposition de l’équipe jusqu’au terme de son contrat au 30 juin 2019. « Vous savez l’affection que je portais à Fabio Celestini mais les intérêts du club passent en premier », justifie-t-il, chargé de l’amitié qui le lie au technicien vaudois. « Avec Fabio, il y avait un contact fort qui date d’avant et c’est une des raisons qui m’avaient fait revenir à Lausanne. Il y avait un futur certain avec lui et nous avons tout fait pour que nous puissions trouver des solutions ensemble. Après le mauvais match contre Sion [ndlr, défaite 2-0 à la Pontaise], l’on a tenu un conseil avec l’entraîneur, Bob Radcliffe et David Thompson pour comprendre quelles étaient les solutions préconisées par Fabio. Suite à ce conseil, nous avions décidé de ne pas de lui retirer l’équipe, aussi car l’équipe avait fait preuve d’une belle mentalité face au FC Bâle. »

« Fabio n’avait pas perdu la confiance de ses joueurs, humainement personne ne l’avait lâché »

Pablo Iglesias, directeur sportif du FC Lausanne-Sport

« Humainement, les joueurs n’avaient pas lâché Fabio, nous l’aurions tout de suite senti. Il avait une ambition extraordinaire qui lui a permis de faire une carrière exceptionnelle. Quelqu’un d’assez exigeant et qui ne légitimait pas tout le monde dans le football. Le style et le modèle de jeu de Fabio – qui est et doit rester le style du LS – ne pouvaient pas être bouleversés par des arrivées nombreuses. Avec les cinq arrivées de l’intersaison, cela a contraint l’équipe à se renouveler », engage encore Pablo Iglesias. Aussi car il ne faut pas oublier que les performances de Fabio Celestini à la tête du LS étaient certaines. « Il a réussi à sortir Lausanne de la gonfle, l’a promu, puis l’a maintenu la saison dernière. Fabio arrosait le terrain avant d’aller s’entraîner et le tâtait. Aujourd’hui, il est un peu la “victime” de ses trois bonnes saisons au club mais il n’a aucunement été victime de l’usure. » Il est une logique pourtant qui ne s’annonce plus viable. Aussi perfectionniste qu’il était, Fabio a toujours préféré le beau jeu au résultat. À sept matches du terme de la saison, le beau jeu est désormais contraint de passer au second plan. « Dire que la manière compte plus que le résultat est juste mais nous ne pouvons plus l’affirmer aussi fort. Nous sommes désormais engagés dans une véritable opération maintien. L’esthétique doit restée affinée mais il faut des résultats maintenant. Tout ce qui s’est passé en semaine, dans l’environnement du club, a fait que nous sommes entrés dans une prospective d’urgence. »

Un staff entier pour relever la barre

Dans la plus fine connaissance du marché et des potentiels repreneurs de l’équipe lausannoise, Pablo Iglesias a su prendre les justes décisions, quand bien même c’est la réalité du terrain qui en offrira les premiers éléments de réponse. « Il n’y avait pas de profil pour véritablement nous assurer qu’une personne soit véritablement juste pour relever la barre. Plusieurs personnes se proposent, se mettent à disposition du club, aussi car le marché des entraîneurs est grand. Mais même parmi les entraîneurs qui ne sont pas en activité [ndlr, à l’image de Ciriaco Sforza ou encore Uli Forte], d’aucun ne garantissait une amélioration de notre situation actuelle ». Pablo Iglesias et l’ensemble de la direction du club ont donc opté pour un changement en profondeur; profondeur car c’est un staff entier qui s’engage à redresser désormais l’équipe. Une véritable organisation tactique et technique. « Nous nommons quelqu’un de la maison, à l’instar de Raphaël Wicky au FC Bâle. Ilija Borenovic sera le nouvel homme fort. Il connait le groupe puisqu’il faisait déjà partie du cadre élargi de Fabio Celestini. Et il sera secondé par Xavier Margairaz [ndlr, ancien joueur au LS]. Il a un lien précieux entre le vestiaire et le terrain plus il a gardé un contact très fort avec ses anciens coéquipiers. Dans ce nouveau “staff”, il y aura aussi William Niederhauser et Alex Weaver [ndlr, déjà adjoint de Fabio Celestini], à l’analyse vidéo. Ces cinq personnes n’ont pas besoin de temps d’adaptation. Ils connaissent les conditions de travail et l’urgence du club. Et puis, ils ont envie. Nous n’avons pas le temps d’attendre. Ce staff dispose d’autant de compétences précises et de complémentarités entre ses différents membres. Ces multiples dimensions (qui doivent être soutenus par les supporters) devront galvaniser les joueurs dès ce matin. Tout a été mis en place et les joueurs doivent maintenir la confiance. Leur place – nous le croyons fermement – est en Super League », confirme Pablo Iglesias. Par ailleurs, ce dernier, titulaire d’une licence d’entraîneur, n’a jamais été pressenti pour reprendre le poste ? « Ce serait une énorme erreur que je reprenne l’équipe – explique-t-il – Nous n’avons pas pris de l’avance en termes de mercato et ne pas savoir si nous serons en Challenge et en Super League complique encore les choses. J’ai passé deux mois de travail intenses et il reste encore beaucoup de choses à faire. Il me serait difficile de tenir tous mes engagements. De plus, cela donnerait peu de crédibilité et n’amorcerait pas un véritable élan. » Le staff en place, donc, est engagé pour les quatre prochaines semaines de championnat, jusqu’au terme de la saison. Et en cas de maintien ? « Nous rediscuterons alors », confirme le directeur sportif.

Ilija Borenovic, un proche du LS à la rescousse

Il a entraîné les plus jeunes du club, des M10 aux M21. Et dès aujourd’hui, il portera le lourd fardeau de la mission qui lui incombe: sauver le LS d’une culbute en Challenge League. « Je n’ai pas hésité une seule seconde, la qualité humaine de ces joueurs est certaine », confirme-t-il pour ses premiers mots face à la presse ce vendredi matin au Stade de la Pontaise. « Je m’y attendais (secrètement) un peu et je remercie la confiance que me porte Pablo. On va essayer d’enlever cette peur et redonner la confiance au groupe. Nous devrons revoir les détails qui auraient pu les freiner ces derniers temps et tout le monde devra se mettre à l’écoute des joueurs. Ensemble nous réussirons à relever le défi. » Le travail sera intense et Ilija sera très rapidement mis au bain, notamment à deux jours d’un lourd déplacement au Stade de Suisse pour y affronter les leaders de Young Boys. « On va essayer de vite apprendre à se connaître et construire un cadre qui leur corresponde le plus. Nous allons faire un état des lieux des matches précédents. C’est, selon moi, éminemment positif de jouer les leaders d’emblée. Nous mettrons des choses en place sans trop d’attentes, sans trop de pression. » Ilija Borenovic est entraîneur principal depuis quelque huit ans et cela « ne me fait pas peur », affirme-t-il souriant. Comme tout grand entraîneur en Suisse, il connaîtra la Super League sur le banc de la Pontaise. « Il y a beaucoup de choses qui vont changer et pas seulement le système de Fabio Celestini. Mais il faut oublier tout ce qu’il s’est passé auparavant parce que Lausanne a surtout besoin de soutien, et de la part de tout le monde désormais », précisera-t-il encore.

About Yves Di Cristino (451 Articles)
Rédacteur en chef, membre actif de l'Association Suisse des Journalistes Indépendants (CH-Media) et de l'Association vaudoise de la presse sportive (AVPS). Titulaire de la carte AIPS. Étudiant en Master de Sciences Politiques à l'Université de Lausanne. Prépare un mémoire en histoire internationale focalisé sur les relations de Guerre Froide et de post-Guerre Froide.

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