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À Lausanne, le FC Bâle soigne son moral (1-4)

À quelques jours d'affronter Benfica à l'Estádio da Luz, Raphaël Wicky se rassure

À la Pontaise, la “malédiction” s'alimente dans un vent tristement glacial. Sur un terrain à la limite du gel, le FC Lausanne-Sport s'est lourdement incliné face au FC Bâle (1-4). Incapables de produire le moindre jeu, les Vaudois ont logiquement subi la loi des hommes de Raphaël Wicky, lequel prépare déjà un déplacement périlleux, tout autant que capital à Lisbonne dès demain. Au lendemain d'une défaite face au FC Lausanne-Sport au Joggeli (1-2), le FC Bâle avait mal entamé sa campagne européenne à Old Trafford [0-3]. Dès lors, suite à cette large victoire emportée des Plaines-du-Loup, les Rhénans peuvent nourrir l'espoir de la clôturer de la meilleures des manières possible.

Avec sept réalisations en cinq rencontres, Michael Lang vit une période dorée avec son FC Bâle. © leMultimedia.info / Oreste Di Cristino

Certains cultivent les soirées parfaites, d’autres des soirées cauchemardesques. Peu commun de présenter le football ainsi et pourtant, le FC Lausanne-Sport vient une nouvelle fois de cueillir son pêché au Stade de la Pontaise. Déjà défaits dimanche derniers face au FC Zürich au Letzigrund (2-0), les hommes de Fabio Celestini n’ont pas donné signe de vie 80 minutes durant face au FC Bâle. Le LS a manqué de poigne et quant tel est le cas, le résultat ne fait plus l’ombre d’un doute. Trop imprécises – ou sous le coup d’une tension pressante – les passes suivaient sans cesse le fil d’un gâchis permanent. Pis, sevré d’occasions – parlons quasiment même de tir au but (la frappe molle de Francesco Margiotta laissée sur la bas côté) – jusqu’à la 79e minute, le FC Lausanne-Sport a sans doute livré le non-match le plus flagrant de la saison: « La première mi-temps est à oublier. Ni plus, ni moins », concède le latéral droit Benjamin Kololli au terme de la rencontre. Pas besoin de belles paroles pour essuyer un revers ostensible. « Nous allons tout de même essayer de tirer les points positifs de cette rencontre même si cela va s’avérer difficile; le terrain ne nous a pas aidés non plus. Mais là, n’est pas une excuse. Nous assumons notre très mauvaise performance. Nous avons été catastrophiques. » Ces paroles ne sonnent pas creux dans une Pontaise, qui elle l’était: creuse. Devant peu moins de 4’000 spectateurs, seul un homme sortait du lot vaudois: le portier Thomas Castella. Auteur de parades salvatrices dans la première fraction – à l’heure d’un temporaire 1-0 inscrit très tôt par Mohamed Elyounoussi (8e) – le gardien, titulaire indiscutable de ce LS, a longtemps repoussé une échéance qui ne paraissait qu’inévitable au fil des minutes. Face à Elyounoussi (19e et surtout 31e) ou encore Michael Lang (22e) suite à une relance approximative, Thomas Castella a fait preuve de la force que n’avaient pas ses coéquipiers; une léthargie commune comme il en prend de temps à autres au club nouvellement racheté par INEOS. « Dans un match comme celui-ci, pour espérer du moins sauver la partie ou l’honneur, il nous faut un grand gardien. Et Thomas a répondu présent. Et derrière ? nous n’en avons pas profité. Nous avons marqué, oui, mais trop tardivement », constate à nouveau l’international kosovare.

« Face à Bâle, si l’on n’ose pas ou que l’on joue avec le frein à main, cela devient rapidement très compliqué »

Benjamin Kololli, latéral droit du FC Lausanne-Sport

Le miracle n’existe pas, ou du moins pas pour tout le monde. Face aux champions de Suisse en titre, le FC Lausanne-Sport ne s’est simplement pas donné les moyens nécessaires. Et cela, tout naturellement, ne suffit nullement. « Bâle a de très grandes qualités qui respectent son statut d’octuple tenant du titre. Face à eux, si l’on n’ose pas ou que l’on joue avec le frein à main, cela devient rapidement très compliqué. » Si Benjamin Kololli n’a pratiqué aucune langue de bois, Fabio Celestini, lui… ne connaît même pas la terminologie de l’expression. D’un discours succins mais tranchant, il n’a, à nouveau, épargné personne: « Mon équipe n’a pas joué. Nous avions décidé de mettre le turbo – sachant que Bâle avait joué beaucoup de matches entre la Ligue des Champions et la Coupe de Suisse – et de jouer notre jeu avec détermination et l’enthousiasme qui peut nous caractériser dans les grands moments. Refaire l’exploit au match aller était notre plus grande volonté et il en est résulté un non-match, comme face à Thoune [ndlr, 1-3 le 28 octobre dernier]. » Alors dans pareil cas, l’on ne questionne plus ce qui est devenu, dans le fil du temps, une fatalité inexplicable. Et si un halo négatif enveloppe véritablement la Pontaise, il ne sera peut-être que passager. L’espoir fait (sans doute) vivre; et le LS vit.

Terrain impraticable ?

Le terrain était-il praticable, malgré un gel apparent ? Certains n’abordent même pas le sujet: « Bâle défendait très bien; ils se repliaient au bon moment. Nous n’avons pas su jouer, nous n’avons pas joué. Nous nous sommes montrés trop timides et n’avons pas osé prendre nos responsabilités. » Benjamin Kololli affirme ici son pragmatisme. « Nous avons connu de grand moments de peine ce soir, comme si nous souhaitions à tout prix nous débarrasser du ballon. Comme cela, ça ne va pas alors que notre jeu passe avant tout par la possession de balle. Tant à Zürich la semaine dernière qu’aujourd’hui, nous avons montré piètre figure. » D’autres en parlent mais témoignent là d’un débat inexistant: « Bâle s’est défendu sur le même terrain. La saison passée, nous avions joué à Vaduz sur un véritable terrain gelé sur l’ensemble de la surface. Là-bas, il fallait suspendre le match et nous avions alors continué. Chez nous, sur la surface des cinq mètres, il y avait peut-être un peu de gel. Mais sur le reste du terrain, c’était praticable et Bâle l’a démontré en jouant en grands professionnels qu’ils sont. Apparemment, le terrain n’était gelé que pour nous. » Fabio Celestini ne trouve, fidèle à lui-même, aucune excuse à une performance indéfendable de son équipe. Puis – la parole venant justement de la partie vainqueur – les derniers témoignent d’un certain dépit. Terrain impraticable ? : « Certainement. Je le dis même après une victoire 4-1 – lâche Raphaël Wicky en conférence de presse d’après-match à la Pontaise avant de poursuivre – Nous sommes heureux pour les trois points et l’on n’en reparle plus. Mais dans les faits, il était très dangereux de jouer aujourd’hui. Quand c’est gelé sur les cinq mètres, cela devient dangereux pour les gardiens. En cas de blessure, nous aurions tous eu l’air con. De plus, certaines autres parties du terrain étaient très limites. Quoi qu’il en soit, nous prenons nos trois points et nous pouvons nous réjouir qu’il n’y ait pas eu de blessés. »

« Venir à Lausanne n’est pas une partie de plaisir; il y est toujours très difficile de l’emporter à la Pontaise »

Raphaël Wicky, entraîneur du FC Bâle

Ponctuant sur un discours sensible, l’entraîneur du FC Bâle – ancien responsable de l’académie du Servette FC où l’attention est sans cesse portée sur la complexion des jeunes pousses – a affirmé que « la santé des joueurs est prioritaire » dans le monde du football avant de livrer des impressions flatteuses sur un FC Lausanne-Sport qui eut posé de nombreux problèmes à ce même FC Bâle lors de la septième journée de championnat au Parc Saint-Jacques (victoire 1-2 des Vaudois le 9 septembre dernier). « Le match le plus important est toujours celui du jour-même. Je ne veux pas anticiper sur les matches qui viennent, à deux jours ou dans six semaines. Pour moi, c’était clair. Venir à Lausanne n’est pas une partie de plaisir; il y est toujours très difficile de l’emporter à la Pontaise. Il était clair que nous allions prendre au sérieux cette partie. » Aussi surprenant que cela puisse paraître, justement, Wicky a aligné un onze de base-type, celui même qui devrait débuter la rencontre à Lisbonne mardi prochain lors de la dernière journée des phases de groupe de la Champions League; avec Albian Ajeti en pointe, soutenu dans l’axe par les binômes Elyounoussi/Steffen et Zuffi/Xhaka. Seul nouveau venu, le Suisse d’origine angolaise Neftali Manzambi (entré à la 86e minute pour l’international norvégien). Pur produit de la formation rhénane, Manzambi en est à sa dixième minute jouée dans l’élite du football suisse.

Une rendez-vous particulier avec l’Europe

L’heure est telle. Le FC Bâle se tourne désormais (à nouveau) vers un destin exceptionnel: celui d’une qualification exaltante et tout aussi méritée pour les huitièmes de finales de la Champions League. Et pour l’échéance, l’équipe sera prête, à défaut d’être au grand complet. Les Rhénans devront en effet (encore) compter avec la blessure de Ricky van Wolfswinkel auquel s’ajoutent Geoffroy Serey Die et sans doute également Kevin Bua. « Nous allons désormais préparer notre prochain match de Champions League. Nous en discutons déjà derrière les coulisses », lâche Raphaël Wicky au moment de quitter la Pontaise. « L’on se le cache nullement; nous allons à Lisbonne pour produire un résultat. Nous connaissons toutes les variantes possibles qui se présentent à nous mais nous ne pouvons pas faire totalement confiance aux autres [ndlr, en l’occurrence à Manchester United qui accueillera le CSKA Moscou à Old Trafford]. Nous savons qu’il sera très difficile de l’emporter à l’Estádio da Luz. Et même si Benfica a zéro point, cela ne reflète en rien leurs capacités. Ils joueront leur dernier match à la maison devant plus de 60’000 spectateurs; rien n’y sera joué d’avance. Ils joueront à fond pour ne pas être éliminés fanny. »

« Si l’on veut marquer des points en Champions League, il nous faut une soirée parfaite »

Raphaël Wicky, entraîneur du FC Bâle

L’entraîneur bâlois le répètera à l’envi: « Si l’on veut marquer des points en Champions League, il nous faut une soirée parfaite. Nous l’avons toujours dit. » « Eine ganz spezielle Nacht » à l’image de la précédente. « Nous l’avons eue face à Manchester United au Parc Saint-Jacques – avec une grande once de chance aussi en première période [ndlr, victoire 1-0 sur le fil] » Puis, « il nous faut un grand gardien; nous l’avons également. Tout le monde doit lutter, tout le monde doit souffrir. » La tendance sera celle d’un doux calvaire à Lisbonne, dans un chaudron avoué. Là-même où l’Équipe de Suisse s’était inclinée logiquement face à la nationale portugaise de Cristiano Ronaldo [2-0]. Le souvenir est impérissable et sans doute que le FC Bâle sera à même de l’effacer de la meilleure des manières. Certes, les hommes de Raphaël Wicky et Massimo Lombardo sont assurés d’être encore européens au printemps 2018 mais la culbute en Europa League serait véritablement ressentie tel un revers majeur au vue du parcours sensationnel mené jusqu’ici (avec au moins une victoire face à chacune des équipes du groupe A, 9 points au total). Et pour cela il est un joueur qui peut faire la différence sur le terrain…

7

Sept. Comme le nombre de buts inscrits par Michael Lang en cinq matches, reconverti en demi d’extérieur sous la houle de Raphaël Wicky. Sur un centre parfait de Raoul Petretta – véritable maître à jouer de la formation rhénane – Lang a inscrit le troisième but des siens à Lausanne (63e). Il a aggravé un score précédemment alourdi par Albian Ajeti peu avant la pause (39e). Renato Steffen a cloué le LS trois minutes après (66e), profitant d’un rebond favorable sur une déviation de Thomas Castella. Finalement, Andi Zeqiri a sauvé l’honneur à la 79e d’une frappe parfaitement ajustée. Alors qu’en est-il ? « Ce n’est pas un joueur; c’est une performance d’équipe qui forge les victoires », tient à rappeler Raphaël Wicky. Et pour le LS ? il ne reste plus qu’à préparer (au mieux) la rencontre capitale du Cornaredo de dimanche prochain : « Nous devons faire le vide dans nos tête et retrouver notre jeu, sans peur. Si l’on y parvient, l’on pourra gagner ce match capital quelques jours avant la trêve hivernale. » À Lugano, les hommes de Fabio Celestini jouent le bilan d’une intersaison qui peut à quelques égards s’avérer aussi mitigé que prometteur.

Les faits de match:
FC Lausanne-Sport v FC Bâle, 1-4 (0-2)

Composition du FC Lausanne-Sport:
Thomas Castella, Jérémy Manière, Elton Monteiro, Nicolas Gétaz, Leandro Marin, Benjamin Kololli, Andrea Maccoppi ©, Yeltsin Tejeda (15e Alexandre Pasche), Joël Geissmann (60e Gonzalo Zarate), Samuele Campo et Francesco Margiotta (71e Andi Zeqiri). Entraîneur: Fabio Celestini.

Composition du FC Bâle:
Tomáš Vaclík, Marek Suchý ©, Manuel Akanji, Éder Balanta, Raoul Petretta, Michael Lang, Taulant Xhaka, Luca Zuffi (73e Alexander Fransson), Mohamed Elyounoussi (86e Neftali Manzambi), Renato Steffen et Albian Ajeti (76e Cédric Itten). Entraîneur: Raphaël Wicky.

Buts: 8e Elyounoussi (0-1); 39e Ajeti (0-2); 63e Lang (0-3); 66e Steffen (0-4); 79e Zeqiri (1-4).
Notes: Stade de la Pontaise, Lausanne. 3'956 spectateurs.
Lausanne sans Alain Rochat (suspendu), Ali Kabacalman, Marco Delley et Diego Berchtold (non convoqués). Bâle sans Omar Gaber, Ricky van Wolfswinkel, Germano Vailati, Geoffroy Serey Die, Kevin Bua (blessés), Pedro Pacheco, Afimico Pululu et Davide Callà (non convoqués).
Arbitre: Urs Schnyder.
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About Yves Di Cristino (375 Articles)
Rédacteur en chef, membre actif de l'Association Suisse des Journalistes Indépendants (CH-Media) et de l'Association vaudoise de la presse sportive (AVPS). Étudiant en Master de Sciences Politiques à l'Université de Lausanne. Prépare un mémoire en histoire internationale focalisé sur les relations de Guerre Froide et de post-Guerre Froide.

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