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À Bâle, le CSKA Moscou se reporte candidat à la qualification (1-2)

Le FC Bâle et le CSKA Moscou se livreront désormais un duel à distance

Le CSKA Moscou n'a sans doute fait que surseoir la qualification pour les huitièmes de finale de Champions League au FC Bâle. Mais dans les faits, les hommes de Viktor Goncharenko – portés par leur numéro 10, Alan Dzagoev – ont réussi le coup qu'ils devaient opérer au Parc Saint-Jacques pour se relancer dans la course pour la qualification (1-2), mettant ainsi à mal toute certitude et toute perspective suisse de se reporter encore sur le Vieux Continent en 2018. Sera alors dauphin de Manchester United, quasiment qualifié (12 points), celui – entre Viktor Goncharenko et Raphaël Wicky – qui opérera le juste tournant lors des deux dernières journées des phases de groupe les 22 novembre et 5 décembre prochains.

Contraste entre Luca Zuffi, à droite, du FC Bâle et Bibras Natcho. © leMultimedia.info / Oreste Di Cristino

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Rotblau duell. Un duel d’outsiders dans un groupe qui pouvait – et l’a fait – offrir autant de joie que de déceptions, tant d’espoir que de désespoir. Au Parc Saint-Jacques, le FC Bâle a d’abord fermement construit sa victoire, nourri sa qualification précoce, à quelques égards surprenante mais rendue pleinement possible par une campagne européenne qui seyait parfaitement aux Rhénans, avant de se saborder. Cela faisait deux matches en Champions League que les hommes de Raphaël Wicky n’encaissaient plus le moindre but, signant deux succès particulièrement probants. Puis, dans un élan salutaire, ils ont inévitablement subi le contrecoup, sans doute, d’un excès de zèle, d’une passion si forte qu’elle a fini par prévaloir sur la labeur du groupe entier. Autant dire que la parenthèse enchantée du FC Bâle en Europe a brutalement pris fin, en une mi-temps, transitoire, inconstante et méconnaissable de la précédente jouée, pourtant, au faîte des honneurs. La nuance ? L’entrée d’Alan Dzagoev en support de l’offensive moscovite; blessé plus d’un mois, le milieu de terrain russe n’a eu qu’un demi-temps d’expression au Parc Saint-Jacques mais cela a suffi. Remplaçant Vitinho, trop peu inspiré, au sommet de l’attaque, Dzagoev a permis à lui seul le regroupement de l’entière formation, marquée par sa grande compacité dans la deuxième fraction. Il a immédiatement tressé les liens qui liaient solidement chaque individualité à son propre destin, rendant possible le rêve de la collectivité, ourdi la nasse dans laquelle le FC Bâle est inéluctablement tombé. « Nous avons certainement souffert de la classe d’Alan Dzagoev », avouait Raphaël Wicky en conférence de presse au terme de la rencontre. Dans les faits, il est bien difficile d’offrir autre interprétation du naufrage inattendu des Bâlois.

« [Dzagoev] nous a apporté beaucoup dans les contrastes et a marqué un but très important pour le groupe »

Viktor Goncharenko, entraîneur du CSKA Moscou

Sans aucun doute, Alan Dzagoev fut l’homme qui manquait tant à Moscou ces dernières semaines, en championnat comme en Champions League. Sa seule absence a longtemps compté pour plusieurs et pour Viktor Goncharenko, manifestement, il a fait son retour dans la meilleure des circonstances. « Nous avons fait un grand pas en avant au sein du groupe, particulièrement en seconde mi-temps – explique-t-il au terme de la rencontre – L’équipe a joué pleinement dans les contrastes dès les premières minutes de la reprise et nous avons su renforcer notre attaque avec l’entrée d’Alan [Dzagoev]. Nous avons parfaitement su réagir à notre retard. » L’entrée d’emblée de seconde période de l’international russe s’apparentait pourtant, au premier regard, telle une opération de fortune avant qu’elle ne se transforme en un véritable tournant de la rencontre. Une présence physique certaine et une connaissance quasi parfaite des mouvements de ses coéquipiers, Dzagoev a, à lui seul, renversé la tendance du début de rencontre. « Il nous a apporté beaucoup dans les contrastes, solide dans les duels, et a marqué un but très important pour le groupe. C’est un joueur primordial pour le club. », ajoute Viktor Goncharenko.

« Avec cette victoire, nous nous sommes ouvert toutes nos chances de qualification »

Viktor Goncharenko, entraîneur du CSKA Moscou

Plus précisément, le comeback fut total dans les rangs moscovites; avec le regain de leur meilleur élément, le CSKA Moscou s’est par la même occasion permis d’effectuer son retour parmi les prétendants sérieux – ils ne sont quasiment plus que deux, Benfica étant “pratiquement” éliminé et Manchester United tout aussi “pratiquement” reçu – à la qualification pour les huitièmes de finale du circuit de la Ligue des Champions. « Avec cette victoire, nous nous sommes (r)ouvert toutes nos chances de qualification. Le FC Bâle doit encore jouer contre Benfica à Lisbonne et cela ne sera pas donné, vu qu’ils souhaiteront effacer le 5-0 subi ici [ndlr, au Parc Saint-Jacques] – lâche l’entraîneur moscovite avant de poursuivre – D’autre part, nous aurons l’avantage de recevoir Benfica chez nous mais nous aurons à nous déplacer à Old Trafford en décembre. De toute évidence, la route ne sera facile pour aucune des deux équipes. Tout reste ouvert. » Ce à quoi répondra plus tard Raphaël Wicky: « Je ne fais aucun calcul. Je pense simplement que face à Manchester United, ici au Parc Saint-Jacques, nous sommes dans la capacité de produire du bon jeu et un résultat intéressant. »

Un coup d’éclat et puis s’en va

Dans un typique 3-4-3, où le prodige Dimitri Oberlin jouait en (presque) seule véritable pointe, l’ensemble de la construction du jeu s’est d’abord reposée sur l’aptitude et l’habileté d’un Mohamed Elyounoussi timoré, tout autant que d’un Renato Steffen prompt et exalté. Si le premier fut davantage mis à mal par Viktor Vasin, dans une moindre mesure en première période, le second s’est inlassablement démené sur son couloir de prédilections. Ciel dégagé, sans grande menace apparente, l’ensemble de l’effectif a su tirer profit du mal-être adverse dès les premiers instants de la partie, dépassant avec suavité les placements des défenseurs moscovites et exerçant un pressing sans partage – où l’entière ligne défensive se laissait surprendre au-delà même du milieu de terrain. Un fondement qui a tenu bon plus de quarante minutes durant avant de fondre à vue d’œil. « Nous avions très bien commencé le match et le 2-0 n’était pas très loin. Mais nous avons joué trop bas au cours de la deuxième mi-temps. Nous avons fait trop d’erreurs qui ont porté aux deux buts du CSKA. Ils ont joué leur jeu et nous avons souffert de la classe de Dzagoev – répète-t-il – Nous avons été punis sur deux de nos erreurs. »

« Nous cherchions la victoire et nous ne sommes pas parvenus à la matérialiser »

Raphaël Wicky, entraîneur du FC Bâle

Il y eut une belle domination suisse; constante, cohérente, tangible et presque infrangible. Quelques occasions notoires de but – pas beaucoup mais – particulièrement bien choisies. Dans la première demi-heure, le ballon circule à vitesse constante, passant l’écueil acerbe des remontées russes et se fond dans un espace très évasé où Oberlin se plait dans le libre choix des opportunités. Rapide et versatile à souhait, il s’est illustré dans le complet que l’on eut taillé à ses capacités. C’est par ailleurs sur un très bon service dans l’axe de Renato Steffen que le jeune attaquant de 20 ans a bâti la première grande occasion de la rencontre, au bout d’une course de vingt mètres qui a pris de court l’ensemble du bataillon défensif russe. Un tir excentré – sous l’impuissance d’Igor Akinfeev – qui passe de peu au-dessus du montant supérieur (8e). La progression des hommes de Raphaël Wicky est satisfaisante, laissant présager une qualification parfaitement reconnaissable et méritée à l’ampleur des efforts produits. Les minutes défilent avec une rectitude qui n’est pas sans rappeler la droiture des manœuvres rhénanes. Au-delà d’une nouvelle tentative signée Steffen (19e), la réussite prend son temps dans les rangs bâlois jusqu’à ce qu’elle n’éclose sur d’un coup d’éclat magistral de Luca Zuffi à la demi-heure de jeu. Sur un nouveau – très bon – service de Steffen, Oberlin puis Taulant Xhaka égratignent d’abord la résistance moscovite avant que Zuffi ne parvienne, d’une reprise de volée lobée à l’orée de la surface de réparation, à tirer profit d’une parade d’Akinfeev (32e). Le but est soudain, inattendu mais non moins logique, cohérent avec une production soignée à laquelle s’eut adonnée, jusqu’ici, l’entière équipe rhénane au Parc Saint-Jacques. C’est sans doute ce qui fait le plus mal au bout du compte: « Nous n’avons pas su concrétiser ce dont nous voulions. Nous cherchions la victoire et nous ne sommes pas parvenus à la matérialiser. Chose qui n’était de loin pas impossible », commentera dépité Raphaël Wicky.

« Jouons vite et avec le maximum de liberté possible »

Viktor Goncharenko, entraîneur du CSKA Moscou

Le temps que les maillots et écharpes à l’effigie du FC Bâle émaillent les artères entières du stade après le but, que l’ambiance était déjà sur le point de retomber, étonnamment. Aussi, le CSKA Moscou se réveille, dos au mur. (Mal)menés hors de leurs repères, les hommes de Viktor Goncharenko n’hésiteront plus à bomber le torse, à s’accaparer du terrain et à se doter d’une parure nettement plus agressive qu’attendue. Par là, était-il clair que les Russes étaient tactiquement imprévisibles, fugaces à leurs instants de plus grands doutes. L’ouverture du score fut sans doute l’événement déclencheur d’une rébellion qui ne savait plus attendre. Dès la remise en jeu, ainsi, la première occasion – véritable depuis le début la rencontre – pour les Moscovites est apparue, ne survenant certes qu’à la 40e minute sur un tir étouffé de Vitinho, mais présageant une parfaite remise à niveau de l’équipe entière. Pause sifflée, la rupture s’opéra. « Nous avons tous parlé dans les vestiaires [ndlr, pendant la mi-temps] et j’ai simplement dit qu’il nous fallait jouer vite et avec le maximum de liberté possible », révèle Viktor Goncharenko en conférence de presse au terme de la rencontre. Sans doute que le meilleur coaching reste le plus bref. Aussi, au vu du résultat final, le “mieux” aurait été difficilement atteignable, sans doute impossible.

“Lève-toi et qualifie-toi !”

Non pas qu’il y ait besoin d’un miracle pour que le FC Bâle se qualifie, loin de là. Mais l’heure sera désormais à la reconstruction, à la réhabilitation d’un jeu conquérant et provocateur après l’échec qui pourrait coûter cher s’il devenait chronique. Raphaël Wicky doit sans doute repartir d’une seconde mi-temps manquée, où les erreurs personnelles et collectives ont tressé la construction du jeu rhénan, le rendant de fait inopérant. Wicky doit repartir de ces occasions nombreuses qui ont fait le jeu adverse; une volée de Konstantin Kuchaev (48e), rendue possible par un mauvais replacement en contre de la défense ou encore cette tête plongeante de Pontus Wernbloom (70e), isolé au point de pénalty, qui aurait pu sceller plus tôt les affaires pour le FC Bâle. Repartir de ces deux buts qui ont fait mal et ont, par la force des choses, particulièrement sapé l’entrain de ses joueurs; cette frappe décidée et lourde de Dzagoev peu après l’heure de jeu (65e) qui eut trompé Vaclík pour la première fois ou encore cette mauvaise relance – malchance entremêlée – de Marek Suchý qui a permis à Wernbloom de fusiller une dernière fois le portier rhénan, à quelques minutes du terme de la rencontre (79e). Enfin, Wicky devra aussi repartir de ces quelques tentatives de réaction qui auraient pu permettre à ses joueurs de reprendre commande de leur match, à l’image d’un coup-franc parfaitement ajusté de Luca Zuffi peu après la reprise qui a contraint Akinfeev à une parade de grande qualité (50e) ou encore à ce tir appuyé d’Elyounoussi peu avant l’égalisation qui aurait également pu aboutir, compte exclu de la classe du portier national de Russie (61e).

« Pour les prochains matches, nous devrons bâtir à nouveau notre confiance »

Raphaël Wicky, entraîneur du FC Bâle

« Nous avons fait trop d’erreurs que nous n’avions pas commises lors des deux dernières rencontres, c’est ce qui a fait la différence par rapport à nos deux dernières rencontre face à Benfica et à Moscou. » Lucide, l’entraîneur bâlois connait néanmoins les chances – encore limpides – qui lient son club à un destin encore typiquement européen en 2018; loin de lui d’abdiquer inutilement. Heureusement. « Après une telle défaite, nous sommes tous très déçus. Mais nous devons croire en nos chances de qualification car elles sont réelles. C’est vraiment dommage car il y avait la place pour faire mieux. Pour les prochains matches, nous devrons bâtir à nouveau notre confiance », explique-t-il alors face à la presse mardi soir. Qualification sursise – à quand ? –, le FC Bâle doit maintenant se remettre à ses études, à commencer par un match d’importance en Super League dès dimanche (16h) face au leader Young Boys. La reconstruction passera aussi par les moyens que Bâle sera prêt à mettre en œuvre pour reprendre la main d’un championnat qu’il n’a jamais dirigé depuis le début de la saison. Une première après treize journées. « Nous pouvons affronter nos prochains matches sans crainte, nous avons le caractère nécessaire pour redresser la barre, tant en championnat face à Young Boys qu’en Champions League », assure Raphaël Wicky.

Taulant Xhaka suspendu face à United mais le groupe est solidaire

Toutefois il n’est pas à oublier que pour la réception prochaine de Manchester United le 22 novembre prochain, le FC Bâle devra se passer de Taulant Xhaka, suspendu pour un carton jaune écopé à l’heure de jeu (60e) face au CSKA Moscou. Une absence qui s’ajoute à celle de Ricky van Wolfswinkel, encore blessé à un pied depuis la victoire face au Benfica Lisbonne le 27 septembre dernier. En contrepartie, l’escouade rhénane pourra compter sur Albian Ajeti qui a (re)fait ses débuts en Champions League avec Bâle ce mardi soir, remplaçant Dimitri Oberlin à la 72e minute. Un changement que Raphaël Wicky a commenté très sommairement: « Le changement de Dimitri [Oberlin] pour [Albian] Ajeti était, selon moi, justifié même si Oberlin apportait beaucoup de vitesse. Malheureusement cela n’a pas pu éviter notre défaite ce soir. » Engagé du FC Saint-Gall pour combler l’absence prolongé de l’attaquant néerlandais, Ajeti est donc revenu aux affaire au sein d’un club avec lequel il a déjà remporté à deux reprises le championnat suisse de Super League (2014 et 2015). Pris comme tel, l’entraîneur bâlois est particulièrement satisfait du contingent qu’il a disposition, tout autant du staff technique à la barre du club: « Nous sommes un bon groupe et nous irons loin ensemble. Avec Matías Delgado [ndlr, qui a rejoint depuis le 1er septembre l’équipe des entraîneurs, tout en étant le futur ambassadeur du club lors du jubilé de ses 125 ans en 2018], nous nous comprenons très bien. »

Les faits de match:
FC Bâle v CSKA Moscou, 1-2 (1-0)

Composition du FC Bâle:
Tomáš Vaclík, Marek Suchý ©, Manuel Akanji, Éder Balanta, Luca Zuffi, Taulant Xhaka (73e Geoffroy Serey Dié), Raoul Petretta (84e Cédric Itten), Michael Lang, Renato Steffen, Mohamed Elyounoussi et Dimitri Oberlin (72e Albian Ajeti). Entraîneur: Raphaël Wicky.

Composition du CSKA Moscou:
Igor Akinfeev ©, Viktor Vasin, Aleksei Berezutski, Vasili Berezutski, Pontus Wernbloom, Mario Fernandes, Georgi Schennikov, Bibras Natcho (89e Timur Zhamaletdinov), Aleksandr Golovin, Konstantin Kuchaev (91e Georgi Milanov) et Vitinho (46e Alan Dzagoev). Entraîneur: Viktor Goncharenko.

Buts: 32e Zuffi (1-0); 65e Dzagoev (1-1); 79e Wernbloom (1-2). 
Notes: Parc Saint-Jacques, Bâle. 33'303 spectateurs.
Bâle sans Ricky van Wolfswinkel et Germano Vailati (blessés).
Arbitre: Milorad Mažić (SRB).
About Yves Di Cristino (442 Articles)
Rédacteur en chef, membre actif de l'Association Suisse des Journalistes Indépendants (CH-Media) et de l'Association vaudoise de la presse sportive (AVPS). Titulaire de la carte AIPS. Étudiant en Master de Sciences Politiques à l'Université de Lausanne. Prépare un mémoire en histoire internationale focalisé sur les relations de Guerre Froide et de post-Guerre Froide.

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