Nouveauté

Laurent Blanc “de retour” à la Pontaise

Un champion du monde peut en cacher un autre; après Zinédine Zidane, voici Laurent Blanc

Comme lors de l’édition précédente, avec la participation exceptionnelle de Zinédine Zidane, l’Association Passion Foot, ayant pour but de développer et de promouvoir le football chez les jeunes dans le canton de Vaud, a encore frappé un grand coup avec la venue de Laurent Blanc. Malgré le peu de spectateurs présents, c’est une sélection cantonale M14 motivée et souriante qui s’est entrainée sous les ordres de l’ancien entraîneur du Paris Saint-Germain, de retour au Stade Olympique de la Pontaise... 25 plus tard, après le match amical perdu par l'Équipe de France face à la Suisse (2-1) à Lausanne le 27 mai 1992.

« Je suis en retard, désolé c’est de la faute de mes amis ! ». C’est un Laurent Blanc souriant et un brin cocasse qui est venu s’installer dans la salle de presse de la Pontaise. Champion du monde 1998, champion d’Europe 2000, deux quadruplés historiques avec son onze parisien, le Cévenole sourit timidement à l’annonce de son immense palmarès. Après Zizou, c’est une nouvelle figure emblématique du sport français qui va faire bénéficier son savoir et sa passion à la relève du football vaudois. Équipe de France, rumeur de transfert, football moderne…, le « Président » s’est livré pendant plus de trente minutes, prenant le temps de répondre à une vingtaine de journalistes présents ce mercredi après-midi.

Un avenir hors du terrain ?

On ne l’avait plus vu aux abords des terrains avec sa casquette d’entraîneur depuis juin 2016. Il avait alors été la victime de la nouvelle stratégie qatarienne souhaitant alors un nouvel envol pour le club de la capitale parisienne. Alors que son contrat courait jusqu’en 2018, Laurent Blanc se voyait prendre la porte du vestiaire parisien avec comme « maigre » consolation un chèque de 22 millions d’euro. Il avait alors décidé de s’attribuer une année sabbatique bien méritée. « Cette pause m’a fait extrêmement du bien. Entraîner le PSG, un grand club, pendant trois ans, c’est usant ; c’est usant mais tellement excitant » se confie l’entraîneur français. Gonflé à bloc, l’ancien défenseur se sent désormais prêt à relever un nouveau défi que ce soit en club, en équipe nationale ou ailleurs en dehors des terrains. « J’ai mes affaires à côté, ça ne me pose pas de problèmes de faire autre chose en dehors du football mais cela reste ma passion ». Depuis une année, son nom est associé à toutes les grandes écuries en soif d’un tacticien capable de conquérir des titres. L’Inter de Milan, le Bayern Munich, Barcelone,… ce sont désormais les États-Unis qui auraient besoin du « Président » à la tête de leur équipe nationale. Pour celui qui assure ne pas avoir encore de projet concret, ce n’est malheureusement qu’une rumeur parmi tant d’autres dans le monde du football.

Un retour en équipe de France ?

« Toutes les décisions et tous les choix que j’ai pris se sont faits par rapport à l’équipe de France » s’exclame l’ancien défenseur et cela en dit long sur sa relation avec son équipe nationale. Son rêve est devenu réel en 2010 quand il est promulgué sélectionneur des Bleus. Rêve ou cauchemar, Laurent Blanc arrive dans une équipe déconfite au lendemain de Knysna, lors de la Coupe du Monde du monde 2010 en Afrique du Sud qu’il juge comme « épreuve à surmonter pour le pays » et de « mauvais timing » pour lui qui voulait alors plus de temps pour construire une équipe à son image. Quart de finaliste de l’Euro 2012, il finit son mandat qui n’est alors pas reconduit. Une honte pour son agent Alain Migliaccio : « C’est une erreur de Noël Le Graët [ndlr, président de la Fédération française de football], Laurent a apporté ce qu’il fallait à cette équipe ». Un regret pour l’homme aux 97 sélections qui a tout gagné avec cette équipe de France et qui n’exclut néanmoins pas un retour à la tête de cette dernière. Son meilleur souvenir, il l’a d’ailleurs réalisé avec cette équipe en 1998 chez lui devant ses supporters : « Personne ne croyait en nous mais nous, les joueurs et le coach, nous n’avons jamais cessé d’y croire ».

Un avis tranché sur le football d’aujourd’hui

Laurent Blanc l’admet volontiers, il y a une énorme différence entre le métier de joueur et d’entraîneur : « Entraîner c’est une reconnaissance avant tout collective » reconnaît-il. A l’inverse, chausser les crampons, tout donner, s’entraîner pour soi et gagner sur le terrain est un sentiment beaucoup plus puissant que devant un banc d’entraîneur. Un banc sur lequel il ne s’est plus assis depuis celui du PSG. « Cette équipe, c’est une locomotive dont a besoin la France pour rattraper les grandes puissances européennes de football » annonce l’ancien champion du monde qui considère son ancienne équipe comme faisant partie des innombrables « puissants » du monde du ballon rond. Ces derniers mettent à mal un fair-play financier dépassé, qui affectent les plus petites équipes et qui influencent également l’environnement et la mentalité des jeunes qui considèrent désormais le football comme un métier et non plus comme un jeu. Des jeunes que Laurent Blanc avait hâte d’entrainer quelques minutes plus tard : « Le but c’est de s’amuser » conclut-il avec un sourire grand jusqu’aux oreilles.

De la théorie à la pratique

16h15, Laurent Blanc prenait alors congé des journalistes afin de troquer son complet pour un short et t-shirt bleu floqué du logo du FC Lausanne-Sport. Muni de son sifflet, le défenseur le plus prolifique de l’histoire des Bleus avec 16 buts, donnait alors ses consignes n’hésitant pas à haranguer et féliciter ses nouveaux joueurs d’un jour. « C’est bien, belle initiative », « Du rythme », « Deux touches pas d’amorti, si vous n’avez pas le temps ». Des consignes claires et précises fleurant bon l’expertise. C’est une immense opportunité pour des jeunes de 14 ans, qui enchainaient alors pendant plus d’une heure et demi les jeux et les exercices techniques. Une opportunité dont est très fier son initiateur Bernard Jaton, président de l’Association Passion Foot et ancien chef de la maison du Lausanne-Sport : « C’est une idée qui est née d’une amitié de plus de 20 ans avec Alain Migliaccio qui a fait jouer son carnet d’adresse international pour offrir aux jeunes la possibilité de rencontrer des grands hommes du football ». Cette association – qui souffle alors sa deuxième bougie – reste néanmoins réservée à de jeunes joueurs vaudois et se distancie des vices du football business actuel. « Zinédine [Zidane] et Laurent [Blanc] sont venus en toute amitié, insiste Bernard Jaton, ils ont payé eux même leur billet d’avion ». L’année prochaine un nouvel entraîneur d’envergure internationale viendra porter son expertise aux jeunes joueurs vaudois. Un accord de principe a d’ailleurs déjà été trouvé avec le célèbre coach d’Arsenal, Arsène Wenger. Il se murmure même que ce dernier a déjà réservé son vol pour Lausanne.

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About Loris Bonfils (5 Articles)
Rédacteur pour la rubrique sport. Titulaire du bachelor en sciences du sport. Actuellement étudiant en master en gestion du sport et des loisirs à l'Université de Lausanne.

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