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Le FC Bâle impuissant face à Manchester United à Old Trafford (3-0)

Pour son retour en Champions League, Manchester United a assuré son statut d'outsider de la compétition

De Old Trafford, Manchester (Royaume-Uni)

Manchester United a nettement évolué au-delà des capacités du FC Bâle lors de leur rencontre à Old Trafford mardi soir. Ayant tenu la résistance quarante minutes durant avant l'ouverture au score de Marouane Fellaini, le FC Bâle n'a pourtant pas démérité [→ Lire la réaction des Bâlois après le match], sa performance étant empreinte d'une juste mentalité. Mais les quelques occasions de Luca Zuffi et Mohamed Elyounoussi ont été trop justes pour les Rhénans, renversés par un excessif 3-0 pour leur premier match de Champions League. Paul Pogba a quant à lui dû laisser le terrain sur blessure; il s'est esquissé à la sortie de la zone mixte en béquilles.

Henrikh Mkhitaryan (à gauche) au contraste avec Blás Riveros du FC Bâle. La vitesse du Mancunien prendra le dessus. © Oreste Di Cristino / leMultimedia.info

Sous la pluie de Manchester, l’épreuve était au-dessus des espérances. Mais les moyens ont manqué. À Old Trafford, le FC Bâle a souffert de l’écart de puissance et ce, dès les premiers instants de la rencontre; Manchester United roulait un cran au-dessus. Quelques passes, quelques mouvements d’ailes – surtout vers la droite où les centres d’Ashley Young et la précision de Juan Mata s’avérèrent dangereux – et déjà un premier frisson défensif. Sur un corner de Mata, Romelu Lukaku, puis Anthony Martial prennent leur chance (1e). Une entame de jeu maîtrisée alors que Bâle s’attelait encore au tour de chauffe, sans même qu’Akanji, Suchý ou Balanta n’eurent encore véritablement l’occasion de mettre pied sur le ballon. La rapidité et la volupté des actions de Manchester suffisaient déjà à dominer l’adversaire, compact, solide mais inexpérimenté en l’état. Encore, au quart d’heure, après quelques accélérations, Henrikh Mkhitaryan (13e) et Lukaku (15e), pourtant pressé entre quatre défenseurs, parviennent à conclure à nouveau vers Vaclik. Et entretemps, les Rhénans tâtent le terrain, se cherchent, testent quelques combinaisons, avancent, puis prennent du recul et tentent finalement quelques percées. Trop justes, trop imprécises pour ébraser la résistance de Lindelöf et Smalling. Et sur le flanc, José Mourinho, tout comme son vis-à-vis, restent presque impassibles; le premier, pardosse noir et calme nestorien, guide ses joueurs du regard, élève la voix puis joue sur la patience et l’assurance que n’a pas Raphaël Wicky, ou peu. L’entraîneur du FC Bâle contemple, se rassure des minutes qui passent et du score vierge encore affiché. Mais les carences techniques et physiques éclatent et l’impuissance – à l’arrière particulièrement alors que Mkhitaryan butait (mal)chanceusement sur le poteau à la 22e minute – écharpe quelques espérances. « Notre première difficulté était notre infériorité numérique derrière – concède le capitaine Marek Suchý avant de poursuivre – Ils savent comment jouer balle au pied et sont physiquement imposants. Difficile de tenir notre place au milieu d’eux. »

« Nous avons tous eu de bons sentiments sur le terrain et nous les prenons avec nous pour la suite de l’aventure »

Marek Suchý, défenseur central et capitaine du FC Bâle

Mais tout relève, en réalité, d’une phase d’adaptation nécessaire pour un club qui, tant bien que mal, se défend admirablement bien sur la pelouse d’Old Trafford. Alors que Paul Pogba devait se résigner à laisser sa place sur le terrain suite à un accrochage avec Mohamed Elyounoussi (19e), remplacé par un certain Marouane Fellaini, le FC Bâle eut quelques belles occasions pour ouvrir la marque. Sur un bon centre de Blás Riveros à la demi-heure, Luca Zuffi manque le cadre d’un tir croisé qui s’est littéralement évaporé quelques mètres à côté des montants de De Gea (33e). Puis, Elyounoussi, trois minutes après l’ouverture du score par Marouane Fellaini (35e), eut à nouveau une prompte chance d’égaliser de la tête sur un coup-franc de Taulant Xhaka (38e). Pourtant, trop faibles, les Suisses manquent d’assise sur le terrain et peinent à déporter les adversaires dans l’incommodité. Le Norvégien – suite à une bonne récupération au milieu de terrain de Renato Steffen – eut parvenu néanmoins à une reprise à investir le portier espagnol d’United d’un angle de tir intéressant après l’heure de jeu (64e) mais encore une fois l’offensive s’avéra trop juste. « Je pense que nous avons fait une belle performance et nous devions marquer ce but qui nous aurait lancés. Nous n’avons pas été chanceux et bien sûr sous la pression, tout est devenu difficile. Nous avons tenté quelques centres, quelques conclusions mais c’était très compliqué d’approcher le but », confie Marek Suchý. Mais, comme dans toute épreuve, un versant positif émane: « Même s’il est clair que face à eux, il est difficile de jouer notre football usuel, même si nos combinaisons n’ont que très peu fonctionné limitant nos chances de marquer, nous avons aussi fait le jeu, notre esprit était bon, particulièrement en seconde période. Nous avons tous eu de bons sentiments sur le terrain et nous les prenons avec nous pour la suite de l’aventure. »

Des qualités techniques supérieures pour Manchester United

À Bâle, l’on connait les qualités de certaines individualités. L’on espérait voir Ricky van Wolfswinkel à l’affût d’un moindre contre mais le Hollandais n’eut véritablement l’opportunité de se défaire de ses adversaires – les défenseurs centraux Victor Lindelöf et Chris Smalling, qui rejouaient après avoir été alignés pour la dernière fois lors de la Supercoupe d’Europe face au Real Madrid à Skopje – vivaces, résistants et perdurablement enracinés dans la moitié de terrain qui était la leur. Et même si Riveros et Balanta purent laisser planer un semblant de maîtrise technique au milieu de terrain, l’ensemble du contingent rhénan pliait sous la pratique et le savoir-faire des Red Devils. Et à l’avant, les hommes de José Mourinho n’eurent fait aucun présent à la menue défense bâloise. La prépondérance des mouvements de Fellaini dans l’aire de réparation rhénane crée le danger, inéluctablement. Et le jeu aérien mancunien est précis, juste et rôdé. Peu de chance pour Manuel Akanji et Marek Suchý de tenir tête aux indomptables Fellaini – auteur du premier but à dix minutes de la pause, sur un centre parfait d’Ashley Young (35e) – et autres Lukalu, Martial ou encore Mkhitaryan. Le Belge a par ailleurs signé le second but de retour des vestiaires sur les développements d’un corner de Daley Blind (53e) alors que l’international français est passé tout proche de la marque à plusieurs reprises (53e, 66e), tout comme Young des vingt mètres (67e), entre autres. « [Lukaku] est très impressionnant – concède en zone mixte Michael Lang, déporté sur la ligne médiane à quatre mardi soir – Mais sur le terrain, nous ne pouvons pas nous laisser distraire par la qualité de tels joueurs. Toutefois, il est vrai qu’il nous a éblouis tout comme Mkhitaryan ou encore Martial. Mais de nôtre côté, nous devons travailler plus en équipe. Nous l’avons bien fait mais il faut encore nettement améliorer notre jeu pour tenter de gagner des points à la maison. » Insatiables dans les airs – et prolifiques sur coups de pied arrêtés – c’est inévitablement l’excellence que disposent nombres d’individualités à Manchester qui permet de faire la différence. C’est en effet sur un nouveau centre de Fellaini venu de la droite que le jeune international anglais Marcus Rashford, oublié face au but, parvient à arrondir le score peu avant le terme de la rencontre (84e). « Nous ne sommes pas vraiment heureux après ce match parce que nous pouvions résister. Mais notre volonté était positive. Manchester a les qualités que nous n’avons pas; la vitesse, le physique, la technique et la précision de frappe – avec Lukaku et Fellaini – et tout cela dans une certaine régularité. Nous avons néanmoins bien travaillé ensemble mais 3-0 était un résultat un peu excessif à mon sens », consent encore Michael Lang au terme de la rencontre.

Un groupe qui réserve quelques surprises

En Champions League, il est consenti d’être prolifère dans le Money Time; à savoir être habiles, vifs et justes au bon moment. Il est de la compétition, d’empocher les points nécessaires au bon instant, à l’heure même où l’adversaire est à la baisse. Dans le groupe A, où Manchester United vient d’emblée d’assurer son statut de favorite, les poursuivantes se jouent la qualification dans un espace plus restreint, et sans doute plus animé. C’est ce qu’a prouvé la victoire “surprise” du CSKA Moscou à Lisbonne face à Benfica (1-2). De quoi remélanger les cartes et refonder les plans pour le FC Bâle ? « Je pense que ce résultat reste une surprise. Mais cela fait aussi que ce groupe peut devenir intéressant. Les imprévus alimentent le suspense et cela peut aussi tourner en notre faveur. Mais les choses en l’état ne changent rien pour nous. Nous recevrons Benfica à la maison au prochain match, puis le déplacement à Moscou et nous tenterons de prendre notre chance (et quelques points) », lâche le capitaine Marek Suchý.

« Cela signifie que Benfica se déplacera à Bâle sous pression »

Michael Lang, ailier droit du FC Bâle

Mais certains cueillent là-même l’attention requise dans de telles situations: « C’est une surprise parce que je pensais qu’à Lisbonne, Benfica était presque imprenable – débute Michael Lang avant de poursuivre – Mais le CSKA n’est pas n’importe quelle équipe et ont certainement eu la qualité et l’expérience requises pour enlever la rencontre. Cela signifie que notre prochain match à la maison sera tendu face à une équipe qui sent déjà la pression monter avec cette première défaite. À nous d’essayer de faire un bon match et de tenir au moins le point à Bâle. » Une pression que le FC Bâle ne ressent pas non plus après la déroute à Old Trafford ? « Nous, c’est différent – réplique Lang – Quand l’on joue à Manchester, l’on ne peut pas s’assurer à coup sûr d’une victoire. Tout est plus difficile. Sur la papier, notre défaite est logique et elle le reste encore maintenant, malgré quelques occasions obtenues. Notre responsabilité sera pourtant plus engagée à domicile sinon nos chances de continuer la compétition s’amenuiseront. »

Afimico Pululu marque mais perd avec les M19 du FC Bâle contre Manchester United

Afimico Pululu, espoir prometteur de la première équipe du FC Bâle a été aligné mardi après-midi lors de la rencontre de Youth League entre les M19 des deux équipes. Bâle s’est incliné cruellement 4-3 au Leigh Sports Village, dans le Grand Manchester. Pululu a inscrit le but du 1-1 à la 14e minute, répondant à l’ouverture du score du Mancunien Aidan Barlow (5e). Indy Boonen (50e) et un pénalty d’Angel Gomes (57e) redonnèrent ensuite l’avantage à United (3-1). Déterminés les Bâlois réagirent très rapidement ensuite grâce à un but d’Ylber Lokaj (58e) pour le 3-2 avant que l’arbitre Kennedy ne siffle deux nouvelles punitions des onze mètres, d’abord pour les Anglais – transformé par Joshua Bohui (62e) – puis pour les Bâlois quatre minutes plus tard, converti par Yves Kaiser (64e). L’expulsion d’Uran Bislimi à la 78e pour deux avertissements n’aura pas arrangé les affaires des Suisses qui ont été contraints à la défaite.

« [Afimico] Pululu peut jouer dans les deux équipes mais à condition qu’il prouve pouvoir tenir les 90 minutes »

Raphaël Wicky, entraîneur du FC Bâle

Questionné sur le cas de Pululu, l’entraîneur du FC Bâle n’avait pas manqué de donner quelques informations sur une possible sélection durable avec la première équipe. « [Il] peut jouer, selon moi, dans les deux équipes. Mais il doit prouver pouvoir tenir sur la longueur des 90 minutes d’une rencontre. » Le Français d’origine angolaise avait déjà joué 19 minutes en Super League au Parc Saint-Jacques lors du dernier match nul face au FC Lugano (1-1). Il est par ailleurs sorti à la 73e minute mardi soir à Manchester.

Les faits de match:
Manchester United FC v FC Bâle, 3-0 (1-0)

Composition du FC Bâle:
Tomas Vaclik, Marek Suchý ©, Manuel Akanji, Éder Balanta, Taulant Xhaka, Luca Zuffi, Michael Lang, Blás Riveros (76e Dimitri Oberlin), Renato Steffen, Mohamed Elyounoussi et Ricky van Wolfswinkel (65e Kévin Bua). Entraîneur: Raphaël Wicky.

Composition de Manchester United FC:
David De Gea, Victor Lindelöf, Chris Smalling, Ashley Young, Daley Blind, Nemanja Matic, Paul Pogba © (19e Marouane Fellaini), Henrikh Mkhitaryan, Anthony Martial (69e Jesse Lingard), Juan Mata (76e Marcus Rashford) et Romelu Lukaku. Entraîneur: José Mourinho.

Buts: 35e Fellaini (1-0); 53e R.Lukaku (2-0); 84e Rashford (3-0).
Notes: Old Trafford, Manchester (UK). 73'854 spectateurs.
Bâle sans Geoffroy Serey Die (blessé). Manchester United sans Éric Bailly, Phil Jones (suspendus) et Zlatan Ibrahimovic (blessé).
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About Yves Di Cristino (354 Articles)
Rédacteur en chef, membre actif de l'Association Suisse des Journalistes Indépendants (CH-Media) et de l'Association vaudoise de la presse sportive (AVPS). Étudiant en Master de Sciences Sociales et Politiques à l'Université de Lausanne.

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