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Kévin Eyer : « Le public fait partie de mon spectacle »

Kévin Eyer a créé en 2015 le KéMedy Club avec un ami, Mehidin. En deux ans, le KéMedy est devenu l’une des soirées d’humour de référence à Genève. Il joue pour la toute première fois son spectacle le 29 et 30 septembre au Caustic, une salle qui ouvre ses portes à Carouge le 9 septembre.

Kévin Eyer sur scène au CPO d'Ouchy. © Yves Di Cristino / leMultimedia.info

Tu as fait des études à la Haute École de Travail Social avant l’humour. Dans ce métier, il faut être avenant vers autrui. C’était un bon cursus pour faire de la scène ?

Je ne sais pas si c’était le bon cursus pour faire de la scène. En tout cas je puise dans chacune des choses que j’ai faites pour avancer dans mes nouveaux projets. Pour devenir humoriste il ne suffit pas que d’être drôle, il faut énormément de travail. Je ne suis pas le marrant d’une clique mais je suis sociable, j’aime discuter et j’ai une facilité pour être sur le devant de la scène. Je ne m’étais jamais dit « plus tard, je ferais du stand-up ». En ce qui concerne le travail social, j’ai été diplômé en juin 2017 du cursus animation socio-culturelle et je travaille toujours dans le domaine à temps partiel mais maintenant ça s’arrête là. Il y a eu un basculement dans mes envies de carrière puisque je suis à mi-temps entre Paris, où j’ai commencé l’année dernière le Cours Florent, et Genève pour le boulot et l’humour.

Avant l’humour, tu avais commencé la scène via l’impro.

Avec des amis, nous avions suivi des cours d’improvisation à l’École de Culture Générale (ECG) Henry Dunant il y a huit ans. Il y avait une bonne ambiance entre nous alors on a monté notre troupe, les Funky Fantômes. On a commencé les spectacles d’impro à cette époque, d’ailleurs il y en a toujours. À l’époque on jouait à l’école dans une salle de 100 places mais c’était toujours blindé, parfois on tenait à 130. Ensuite, ça s’est poursuivi hors de l’école et ma première scène de pur stand-up était au Chat Noir, à Carouge. J’ai continué à gauche et à droite avant que l’on crée le KéMedy Club.

Les premiers sketchs sont parfois difficiles. Le tien t’as laissé quelle impression ?

Pour ma part, ça s’est bien passé. J’avais très bien répété, mais j’avais le trac. C’était difficile à gérer pour en fin de compte de très bonnes sensations. J’ai eu envie de continuer mais par la suite, j’ai eu des scènes beaucoup plus dures. Un jour, une personne du public m’a dit « ferme ta gueule ». Ça fait partie de l’apprentissage. On ne peut pas plaire à tout le monde. Il ne faut pas s’acharner là-dessus, ça forge et on passe à autre chose.

Comment as-tu entendu parler du stand-up, ce genre d’humour à la mode où l’on est seul avec son micro et sa personnalité pour faire rire ?

Par Mehidin qui s’est lancé un an avant moi et en regardant le Jamel Comedy Club. J’adore le stand-up, j’en regarde beaucoup. Tous les humoristes disent que l’américain Louis C.K. est la référence du stand-up et je suis d’accord. J’aime aussi Chris Rock. En France, Fary cartonne et j’ai adoré son spectacle tout comme ceux de Bun Hay Mean et Blanche Gardin.

Pourquoi faut-il aller te voir le 28 et 29 septembre ?

(Rires) Il y a plusieurs raisons. La première c’est que j’ai des choses à raconter. J’aime les gens et avec moi, le public fait partie de mon spectacle car j’interagis beaucoup avec lui. Je suis sur scène, mais je ne suis rien sans le public qui est parfois plus drôle que moi. D’ailleurs c’est une force d’échanger avec le public. L’impro, c’est toujours une source de motivation donc je persiste à en faire sur scène.

La seconde raison, c’est au Caustic, un nouveau lieu qu’ont ouvert Olivia Gardet et Émilie Chappelle, deux femmes extraordinaires. Toute leur programmation est excellente.

Tu as créé The Kémédy Club avec Mehidin en 2015. Quel était l’objectif, hormis vous auto-programmer ?

Il y a deux ans, on a constaté qu’il n’y avait qu’une seule scène ouverte pour les artistes genevois. C’était compliqué de progresser en jouant une fois par mois ou une fois tous les deux mois car tout le monde ne pouvait jouer sur la même soirée. On voulait aussi offrir au public genevois la possibilité de sortir à moindre coût et de découvrir le stand-up (ndlr, l’entrée est de 15 francs). Notre but n’est même pas de gagner de l’argent. Depuis, le slogan du KéMedy est « pour les artistes, par les artistes ».

Que penses-tu du stand-up suisse en comparaison de celui de Paris ?

Je trouve que le stand-up suisse commence à se valoir. Désormais, il y a beaucoup de grands noms comme Nathanaël Rochat, Marina Rollman, Thomas Wiesel, Alexandre Kominek, Charles Nouveau (ndlr, qui sont tous venus au Kémédy Club). La principale différence avec Paris, c’est que dans la capitale française les humoristes font plus référence à l’immigration que chez nous.

Que t’apporte le Cours Florent, qui est une école théâtrale et pas d’humour ?

Je rentre en deuxième année de la section théâtre et on fait du classique comme Molière, Shakespeare ou du Feydeau. Ça n’a rien à voir avec l’humour mais beaucoup d’humoristes ont fait le Cours Florent car ça reste un bon début pour faire de la scène. Le côté drôle est quand même mobilisé car Feydeau c’est de l’absurde comique. Mais ce n’est pas comme le stand-up où l’on est seul sur scène avec un micro. Cette école m’apporte un bagage technique. Une diction, un placement de corps, de voix et une incarnation de personnage que je souhaiterais développer dans mes spectacles.

Biographie

Né le 8 janvier 1992 (25 ans) à Genève;

Père suisse, mère sicilienne;

Première scène en mai 2015.
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About Patrick Aimé (78 Articles)
Journaliste passionné, spécialisé dans le rugby et l'humour.

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  1. Mehidin : « Je suis un gentil. C’est un élément qui va ressortir » – leMultimedia.info

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