Nouveauté

« Il faudra encore grandir pour atteindre la qualification »

Maîtriser les deux dernières salves de 90 minutes qui séparent la Suisse de la Russie

Du Skonto Stadion, Riga (Lettonie)

L'Équipe de Suisse est à 180 minutes (sauf extras) de la Coupe du Monde en Russie. Son carton plein est réjouissant et exaltant mais il ne suffit pas encore pour se qualifier. Il faudra vraisemblablement attendre le dénouement du choc face au Portugal à Lisbonne le 10 octobre pour connaître le dénouement de l'une des plus passionnantes campagnes nationales pour la Suisse. Johan Djourou et Vladimir Petkovic témoignaient au terme de la rencontre à Riga.

Johan Djourou est insensible aux critiques et envoie ses éreinteurs au bain. © Oreste Di Cristino / leMultimedia.info

La Suisse joue bien, et elle rassure à 180 minutes de boucler une campagne de qualification effrénée à travers l’Europe. Constante, persévérante, motivée, elle est sur le point de récompenser un travail de longue haleine entrepris depuis maintenant plus de deux ans, ponctué par un huitième de finale à l’Euro 2016 encourageant contre la Pologne, malgré la défaite aux tirs au but finaux. Le chemin parcouru depuis est haletant et la campagne entreprise depuis septembre de l’année dernière – lors de la rencontre inaugurale face au Portugal (2-0) à Bâle – figure sans doute parmi les plus passionnantes. Mais désormais, ayant atteint le sans-faute requis (24 points en 8 rencontres disputées) c’est la dernière ligne droite qu’il conviendra de négocier de la meilleure des manières. Au Parc Saint-Jacques, les hommes de Vladimir Petkovic retrouveront sans doute l’occasion de remplir un nouveau succès de prestige, face à une Hongrie, certes déjà éliminée, mais non moins volontaire. La Hongrie, dans les faits, est une nationale qui eut du tact lors des dernières sorties opérées au niveau continental. Arrivés en huitièmes de finale du précédent championnat d’Europe – grâce également à un match nul (3-3) contre le Portugal -, les Magyars s’avèrent redoutables dans leur mouvements et dans leur conception d’un jeu offensif, même si pas toujours maîtrisé sur la distance; en témoignent les nombreuses erreurs de parcours à Andorre (défaite 1-0) et aux Îles Féroé (nul 0-0). Cette même Hongrie eut pourtant donné du fil à retordre à l’équipe nationale suisse au match aller à Budapest, les contraignant quasiment au miracle en fin de match – un but de Valentin Stocker à la 89e minute de jeu (2-3) venu nourrir, avec fermeté, l’invincibilité de la Suisse dans ces qualifications. Mais c’est la longanimité, la persévérance, le courage nécessaire démontré et la confiance accumulée sur chaque étape qui servira sans doute les intérêts de Vladimir Petkovic, à l’heure où il servira d’être décisif et quelque peu opportun pour arracher l’unique place qualificative du groupe.

« Les critiques, je ne les écoute pas »

Johan Djourou, défenseur de l’Équipe de Suisse

La qualité de l’escouade nationale se ressent avant tout sur l’aura que préservent chacune des individualités face au succès, mais parfois aussi sur les critiques. L’aplomb des 23 sélectionnés de Vladimir Petkovic à Saint-Gall, puis à Riga, ont fait taire les rumeurs et les a-priori, vantant une seule réalité: la capabilité du groupe a s’adapter aux situations et à gérer parfois quelques périodes de doutes. À l’esprit, le dénouement positif qu’ont connu plusieurs joueurs suisses cet été, après avoir été – pour la plupart – écartés des premiers plans de leur club respectif. Mais la fin est heureuse, ou plutôt le renouveau est prometteur, à l’instar de Fabian Schär (au Deportivo La Corogne), Valon Behrami (Udinese), Johan Djourou (Antalyaspor) ou encore Haris Seferovic (Benfica Lisbonne) qui ont tous, retrouvé la stabilité qui pouvaient (parfois) manquer. « Je me sens bien depuis le début. Beaucoup étaient sceptiques quant à mon état de forme mais j’ai beaucoup investi cet été. Je me suis entraîné très dur avec mon club donc je suis en pleine forme. Les critiques, je ne les écoute pas, et ce depuis que je suis parti à 16 ans en Angleterre. Rien ne peut m’affecter sur ce terrain-ci », assure Johan Djourou.

« Nous voulons absolument dominer les matches et je pense que c’est ce que l’on fait depuis le début de cette campagne »

Et sur ce terrain, la renaissance de Seferovic (11e but en 43 sélection avec la Suisse à Riga) est d’autant plus significative du bien-être de cette équipe nationale, qui a rendu une copie parfaite de son week-end où elle a dominé presque sans faille Andorre et la Lettonie 3-0. Et tout le monde a eu sa chance; au-delà de Seferovic, Lichtsteiner, Dzemaili et Rodriguez ont retrouvé la voie du but. De quoi réjouir un effectif protéiforme sur le terrain mais uni par le caractère et la fougue. Une manière d’imaginer un recommencement véritable au sein même d’un contingent qui a appris à vivre ensemble pour, sans doute, réaliser ce que beaucoup désormais attendent de lui. « Nous nous étions fixés des objectifs et nous nous attendions à une équipe compacte derrière – complète le défenseur de l’Antalyaspor après la rencontre face à la Lettonie, dimanche soir – Nous avons su marquer assez vite, même si nous aurions voulu clore le match plus rapidement. Mais nous avons su rester calmes, malgré quelques minutes de flottement avant la mi-temps. Nous nous sommes bien regroupés dans les vestiaires pour finalement faire la différence dans la deuxième mi-temps. Nous ne doutons jamais, nous savons que nous allons faire la différence à un moment ou un autre. Nous voulons absolument dominer les matches et je pense que c’est ce que l’on fait depuis le début de cette campagne. Et il faut continuer parce qu’on est encore loin du but; il nous reste deux matches pour le confirmer. »

Se servir d’une situation faste

Au Skonto Stadion de Riga, la Suisse a donné preuve de son excellente disposition pour prétendre renverser le Portugal en octobre. Mais pour cela, il conviendra de conserver au mieux les relations et les dispositions actuelles qui permettent d’y croire. « Il faudra rester dans le même esprit et la même détermination que les matches précédents – continue Johan Djourou, questionné sur les deux “balles de match” qui s’offrent à la Suisse au début du mois prochain – Il ne faut pas commencer à paniquer; nous avons beaucoup de qualités et nous l’avons démontré à plusieurs reprises. La première balle de match sera contre la Hongrie, il ne faut pas penser plus loin à présent. Nous devons assurer le travail à la maison avant de penser au dernier voyage, peut-être sous les meilleures dispositions qu’il soit. » Une manière de penser partagée par Vladimir Petkovic en conférence de presse dimanche soir à Riga: « En ce qui concerne la différence de buts, nous ne pourrons espérer rattraper le Portugal. Donc, pour le prochain match contre la Hongrie, nous devrons à nouveau réaliser une bonne partie. Avec trois points, nous pourrions peut-être affronter le dernier déplacement avec moins de pression. »

Vladimir Petkovic peut souffler à Riga. Mais les choses sérieuses commencent maintenant, les 7 et 10 octobre prochain. © Oreste Di Cristino / leMultimedia.info

Vladimir Petkovic a vécu un match intense

À l’heure de faire le point quelques minutes après le coup de sifflet final face à la Lettonie, Vladimir Petkovic est allé à l’essentiel. On lui reconnait cette qualité: « Félicitations à mon équipe. C’était une grande prestation, pleine à 100%. Nous étions concentrés et avons joué avec beaucoup de patience. Nous avons réalisé rapidement le premier but [9e], ce qui nous a allégés d’une certaine pression, même si le pénalty manqué [ndlr, par Blerim Dzemaili, 31e] m’a tout de même un peu préoccupé. » Ne pas se laisser abattre, ce qu’avouait volontiers l’attaquant de l’Impact de Montréal en zone mixte du Skonto Stadion. « Dans la deuxième mi-temps, nous avons joué à la hauteur de nos espérances, avec beaucoup d’occasions et deux buts à la clef [ndlr, Dzemaili, 54e et Rodriguez sur pénalty, 57e] », poursuit le sélectionneur de la Nati. Une quasi-plénitude ? Certainement mais Petkovic se veut prudent: « Lors du match d’aujourd’hui, nous avons atteint notre objectif de diverses manières. Nous avons rapidement changé notre manière de jouer et même techniquement, nous étions très confiants. Mais malgré tout cela, il faudra encore grandir pour atteindre la qualification. » Et pour cela, peu de temps à perdre; les finales, c’est dans un mois.

 

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About Yves Di Cristino (371 Articles)
Rédacteur en chef, membre actif de l'Association Suisse des Journalistes Indépendants (CH-Media) et de l'Association vaudoise de la presse sportive (AVPS). Étudiant en Master de Sciences Politiques à l'Université de Lausanne. Prépare un mémoire en histoire internationale focalisé sur les relations de Guerre Froide et de post-Guerre Froide.

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