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En pleine maîtrise, la Suisse renverse la Lettonie à Riga (0-3)

En pleine possession de leurs moyens, Haris Seferovic (9e), Blerim Dzemaili (54e) et Ricardo Rodriguez (57e) ont marqué au Skonto Stadion

Du Skonto Stadion, Riga (Lettonie)

Les hommes de Vladimir Petkovic ont terrassé la Lettonie à Riga. Auteure de trois buts, la nationale helvétique poursuit son sans-faute dans les qualifications pour la Coupe du Monde 2018 en Russie. Ensemble, du portier Yann Sommer au buteur, Blerim Dzemaili, toute l'équipe saura affronter la dernière ligne droite à Bâle (le 7 octobre) contre la Hongrie et à Lisbonne (le 10 octobre) pour la “finale” du groupe B face au Portugal. Le suspense est sur le point de s'élever d'un cran à l'heure où le terme de la campagne approche.

Valon Behrami a effectué un retour probant avec l'Équipe de Suisse. © Oreste Di Cristino / leMultimedia.info

Comme à Saint-Gall, l’Équipe de Suisse soigne son image. Sous une fine pluie, les hommes de Vladimir Petkovic l’ont à nouveau emporté 3-0 à Riga, faisant également les faveurs des statistiques personnelles. C’est ainsi une reprise fulgurante qu’entreprend la nationale au lendemain d’un été tourmenté et indécis. Finalement, tout le monde sut trouver son chemin, lyrisant leur passé balbutiant en club en une réouverture moderne vers le plus haut niveau. Pour la “première” au grand complet depuis longtemps – valorisant les retours réussis des trois expérimentés de l’escadron national, Johan Djourou, Blerim Dzemaili et Valon Behrami –, les hommes de Vladimir Petkovic ont honoré leur rang de la meilleure des manières en Suisse, puis en Lettonie. « Tous les joueurs jouent dans leurs clubs et cela fait que nous puissions maintenir la sérénité nécessaire en nous », rappelle Blerim Dzemaili. Preuve en personne; son pénalty manqué à la demi-heure de jeu à Riga (31e) – alors que la Nati menait déjà 1-0 sur une erreur de main du portier Andris Vanins (9e) – n’a pas été un éteignoir, l’ensemble du contingent conservant la maîtrise de la partie jusqu’au terme. « Après [mon] pénalty, j’ai continué à faire mon match sans me soucier. Et j’ai marqué ensuite. Comme tous au sein de l’équipe, nous voulons avant tout jouer. Nous avons beaucoup de qualités et c’est comme cela que nous avons réussi le plus important ce soir, gagner le match. » Une victoire qui prime la patience et la détermination, décernant sans doute l’accessit aux meilleures individualités de la classe où même les Champions d’Europe 2016 n’eurent mot à dire en septembre 2016. Le résultat au Skonto Stadion revêt ainsi un satisfecit net et limpide pour un travail de longue haleine entrepris il y a maintenant plus d’une année et une conduite de jeu sans bavure depuis la victoire initiale face au Portugal (2-0) à Bâle. « Nous venons de réaliser les 24 points (en 8 rencontres) qu’il nous incombait de prendre et maintenant, nous avons deux matches très difficiles – atteste l’attaquant de l’Impact Montréal avant de poursuivre – Et le premier [ndlr, à Bâle face à la Hongrie, éliminée de la course], servira avant tout à prendre de la confiance pour la finale à Lisbonne. Nous avons les compétences au sein de l’équipe pour n’avoir peur de personne. »

« Le Portugal fait pression sur nous ? Mais nous aussi ! »

Yann Sommer, gardien de l’Équipe de Suisse

En réalité, le Portugal entreprend une folle course poursuite, conclue par une victoire suffisante en Hongrie (0-1) dimanche soir. De quoi rendre la Suisse anxieuse ? agitée ? tourmentée ? « Nous sommes tranquilles », tait le portier national Yann Sommer. « Le Portugal fait pression sur nous ? Mais nous aussi. Il reste deux matches, dont le prochain contre la Hongrie à Bâle. C’est tout ce qui compte désormais. Je reste coi avec les qualités que nous démontrons sur le terrain. Il me faut rester concentré, mais je me réjouis de voir l’équipe jouer comme cela. » C’est exactement ce que Xherdan Shaqiri prenait le temps d’expliquer (en anglais) à un journaliste letton: « Au Portugal, ce sera un grand match pour nous mais surtout pour le Portugal, qui n’a d’autres options que gagner », assène-t-il, déterminé. De quoi, passer le mois sous les feux de la rampe, alors que la dernière ligne droite est désormais lancée sur l’autoroute des qualifications. Et chaque accident sera fatal. Mais tout le monde le sait. Déjà.

Une Suisse en pleine maîtrise de ses moyens

C’est une bonne récupération au milieu de terrain de Valon Behrami – au-delà de la frappe insidieuse de Dzemaili qui en est débouchée à la 5e minute – qui a dessiné le premier sourire sur les visages des nombreux spectateurs suisses ayant fait le déplacement sur les bords de la Daugava. Titularisé – et présent les 90 minutes sur le terrain – le transfuge de Watford à Udine a témoigné de sa bonne forme, pourtant en retard sur sa préparation. Et nul doute que tous les “revenants” – Djourou, Dzemaili et Behrami – ont su réaliser une parfaite entame de match étant pourtant chacun revenus d’un long été. Qui pour une séance de transferts animée – Behrami à l’Udinese et Djourou à l’Antalyaspor –, qui pour un championnat outre-Atlantique qui l’a éloigné des sols suisses pour longtemps – Dzemaili. Quoi que: « Il n’y a pas trop de différence entre le Canada et ici. Quand on joue avec la mentalité juste, on peut jouer dans n’importe quelle circonstances, en Europe comme dans les Amériques », justifie ce dernier, interrogé en zone mixte sur les différence entre l’Europe et la Major League Soccer (MLS, championnat du nord de l’Amérique). Peu importe. Ensemble, ils sont parvenus à réaliser le plus dur, au plus tôt. Sur un bon service de Stephan Lichtsteiner pour Seferovic, la sphère, rapide et flottante, glisse des gants d’Andris Vanins pour venir valider l’ouverture au score (9e). La Suisse a alors eu ce qu’elle voulait; marquer dans les dix premières minutes. Même que Seferovic – sur un service de Shaqiri cette fois – eut même l’opportunité de doubler la mise quelques minutes plus tard (14e). Loin d’être béate sur le 1-0, la Suisse a pris son match à bras le corps, ne concédant rien, sur les relances ou en phase offensive. La plénitude ne fut pas loin, la Lettonie est renversée dans sa propre moitié de terrain, incapables de mettre pied sur le ballon et contraignant le portier du FC Zürich à repousser loin devant, à plusieurs reprises. La juste mentalité au juste moment. « Nous avons bien joué. Nous avons fait un bon match et nous étions très compacts en ne laissant aucun espace à l’adversaire – ajuste Yann Sommer, qui valide son cinquième blanchissage de suite avec la Suisse – Je n’ai pas eu beaucoup de travail mais cela compte énormément. C’est la preuve que l’équipe a très bien joué sans ne rien concéder sinon une seule frappe en première mi-temps [ndlr, de Vitalijs Maksimenko à l’orée de la surface de réparation, 26e]. » Un travail soigné.

Des occasions nettes pour un score entier

En réalité, nombreuses furent les occasions pour la Suisse de valider un résultat plein. Une conclusion puissante de Xherdan Shaqiri (39e), un centre-tir de Ricardo Rodriguez (40e), une tentative lointaine (52e), puis à bout portant (87e) de Fabian Schär, une frappe convaincue de Denis Zakaria (79e), deux missiles de Blerim Dzemaili – la première heurtant le poteau (80e), la seconde effleurant la barre transversale (86e) – ou encore une dernière de Michael Lang (88e) sont autant de situations périlleuses lors desquelles les hommes de Vladimir Petkovic auraient pu appesantir la marque au compteur. Mais L’essentiel fut sauf; la Suisse s’est illustrée à deux reprises de retour des vestiaires. Une excellente combinaison entre Shaqiri, Seferovic et Dzemaili – qui élimine Vanins en duel – permet d’abord à la nationale helvétique de doubler la marque, à la 54e minute, avant de l’arrondir peu avant l’heure de jeu sur un nouveau pénalty de Ricardo Rodriguez (57e). Et la Suisse prend le large. « Il était significatif pour moi de marquer aujourd’hui car cela faisait depuis une année que je ne marquais plus. Cela revêt une grande importance pour moi », confie Blerim Dzemaili au terme de la rencontre. Une marque remarquable qui a notamment libéré son équipe car, à cet instant, la Suisse a tenté du neuf et a fait le spectacle, jeu au sol et technique à l’appui. Elle s’amuse et c’est tant mieux. Une Suisse en forme. Fatiguée peut-être mais solide sur ses appuis, soutenue même par de nombreux supporters regroupés dans une tribune du Skonto Stadion. « Il est important et glorifiant d’avoir nos supporters derrière nous, même à l’extérieur », rappelle même le lutin de Stoke City.

Voix éparses de Riga

Face à la presse, les joueurs de l’Équipe de Suisse ont eu le même égard face à une situation idyllique dans cette phase de qualification pour la Coupe du Monde 2018 en Russie. Yann Sommer s’est d’abord exprimé en ce mots: « Ce sont trois points importants dans la course. Nous avons la confiance quand l’on gagne sans subir (beaucoup) de buts. Cela se voit aussi sur le terrain même si les moments difficiles vont aussi apparaître. Il faudra alors continuer à se battre et croire en nous. » D’accord sur le propos, Xherdan Shaqiri a d’ailleurs tenu à rappeler les difficultés rencontrées au match aller à Genève: « Nous avons eu quelques approximations contre eux au match aller où nous n’avions gagné que par un but [ndlr, de Josip Drmic, 66e]. Nous savions que c’était un match compliqué mais à la fin, nous avons su prendre le dessus comme lors des précédentes rencontres. »

« Denis Zakaria me fait penser à Patrick Vieira »

Yann Sommer, gardien de l’Équipe de Suisse

Mais en zone mixte, ce sont les mots attendrissants que certains joueurs ont réservé à leur coéquipiers comme ce message fin adressé par Yann Sommer à son désormais nouveau camarade de jeu au Borussia Mönchengladbach, Denis Zakaria (entré à la 76e minute à Riga): « Il fait un très beau travail. Il a déjà beaucoup de confiance et d’énormes qualités. Il est aussi très jeune et a ce quelque chose de Patrick Vieira, selon moi. Je suis heureux de le retrouver aussi en club. »

Les faits de match:
Lettonie v Suisse, 0-3 (0-1)

Composition de l'Équipe de Suisse:
Yann Sommer, Stephan Lichtsteiner © (80e Michael Lang), Fabian Schär, Johan Djourou, Ricardo Rodriguez, Valon Behrami, Granit Xhaka (76e Denis Zakaria), Blerim Dzemaili, Admir Mehmedi, Xherdan Shaqiri et Haris Seferovic (76e Eren Derdiyok).

Composition de l'Équipe de Lettonie:
Andris Vanins, Vitalijs Maksimenko, Kaspars Dubra, Kaspars Gorkss ©, Nikita Kolesovs, Aleksandrs Solovjovs, Olegs Laizans, Davis Indrans (61e Glebs Kluskins), Edgars Vardanjans (78e Jevgenijs Kazacoks), Deniss Rakels (68e Davis Ikaunieks) et Valerijs Sabala.

Buts: 9e Seferovic (0-1); 54e Dzemaili (0-2); 57e Rodriguez (P)(0-3).
Notes: Skonto Stadion, Riga. 7'587 spectateurs.
31e Pénalty manqué par Blerim Dzemaili.
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About Yves Di Cristino (354 Articles)
Rédacteur en chef, membre actif de l'Association Suisse des Journalistes Indépendants (CH-Media) et de l'Association vaudoise de la presse sportive (AVPS). Étudiant en Master de Sciences Sociales et Politiques à l'Université de Lausanne.

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