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Cigarettes After Sex enveloppe d’un voile de fumée le parterre du Lisztomania

De la toile à la scène du Montreux Jazz Festival, la modernité chez “Cigarettes After Sex”

Ce lundi soir, le Montreux Jazz Festival s’est offert le luxe d’inviter l’étoile montante de la dream pop : Cigarettes After Sex. Un très beau cadeau offert aux festivaliers dans le programme gratuit. Retour sur leur double prestation en showcase dans le studio de la RTS sur le quai de Vernex à Montreux et au “Lisztomania”.

Greg Gonzalez en showcase au Studio RTS avec Cigarettes After Sex. © Oreste Di Cristino / leMultimedia.info

Aux alentours de vingt heures, la terrasse de la RTS accueille, dans son émission “Paradiso”, le groupe américain pour deux titres. Si l’on reconnaît dès les premiers mots la voix féminine de Greg Gonzalez, le Texan impassible à l’accent bien prononcé nous surprend lorsqu’il répond aux questions des animateurs de La Première, Pauline Seiterle et Yann Zitouni.

La performance avant l’enregistrement

Sa voix grave et rauque détonne étrangement de sa performance vocale. C’est un peu cela, Cigarettes After Sex ; de l’inattendu et du renversement. C’est que le groupe, sait prendre son public par les sentiments. Tel une poignée de tabac, il le roule dans une atmosphère singulière, le temps qu’il se consume. Découvert et promu par internet – avec tout de même plus de 60 millions de vues sur YouTube actuellement – la formation américaine ne cesse de faire parler d’elle. La logique d’internet fait de ce succès fulgurant un véritable paradoxe : aucun album solo ne venait couronner l’enthousiasme des internautes. Alors que le frontman se lance en solo dès 2008, il faudra une dizaine d’années afin que les “Cigs” ne rassemblent leurs morceaux et quittent le monde dématérialisé. C’est chose faite avec l’album éponyme sorti cette année. Le groupe jouait donc les morceaux publiés sur la toile – en cultivant son côté mystérieux avec des illustrations de Man Ray – alors que leur disque n’était qu’à l’état embryonnaire. On le remarque par la proximité, presque du copier-coller entre le live et la version matérialisée. Si l’on pourrait considérer cet aspect comme négatif, il n’en est rien puisque ce sont les concerts qui ont nourri et façonné l’album. Ce dernier est donc parfaitement transposable sur scène.

L’amour, c’est comme une cigarette

Les chansons de Cigarettes évoquent surtout des histoires d’amour passées, de la trace indélébile qu’elles inscrivent irrémédiablement. C’est dans ces souvenirs que le groupe puise sa matière première. Si les paroles ne sont pas d’une inventivité folle, il est indéniable que le son planant, les guitares lascives et le visuel – portraits, églises retournées, formes abstraites – instaurent un univers lisse, une esthétique bien léchée dans lesquels on se love volontiers. Au son de Nothing’s Gonna Hurt You Baby, le public est submergé par cette vague douce et cinglante. Quelque chose de surréaliste se met en place. C’est une brèche dans l’espace-temps que l’on nous offre, à l’image de certains morceaux, créés dans les couloirs du movie theater dans lequel Gonzalez travaille à Brooklyn. Mais Cigarettes After Sex n’est pas une simple accumulation de coïncidences ou un accident. Il est le résultat d’un entre-deux, d’une certaine disponibilité érotique qu’il faut saisir dans l’instant. Lors de sa courte interview dans l’émission “Paradiso” sur la Première, au bout du quai de Vernex, la journaliste Pauline Seiterle fait une inversion et annonce Sex After Cigarette. « Comme tu préfères, cela n’a pas d’importance » répond en souriant Greg Gonzalez. On en reprendrait bien une.

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About Fanny Agostino (20 Articles)
Étudiante en bachelor à l’université de Lausanne en français moderne et en histoire et esthétique du cinéma, je m’intéresse aux diverses manifestations culturelles dans la région. Rédactrice “Culture” pour leMultimedia.info.

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