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Solide, la Suisse poursuit son rythme à Tórshavn (0-2)

Un sans faute (6 victoires sur 6) qui prévient les mauvaises surprises

Du Tórsvøllur, Tórshavn (Îles Féroé)

La Suisse n'a pas tremblé au stade Tórsvøllur de Tórshavn vendredi soir, battant aisément et sans grandes difficultés les Îles Féroé (0-2). Dans un climat typiquement estival, les hommes de Vladimir Petkovic ont démontré sérénité, confiance et patience dans une rencontre qui n'a jamais tourné en faveur des adversaires. Cette preuve de solidité devra servir pour la suite du chemin dès le 31 août prochain, où la Suisse pourrait (déjà) mathématiquement assurer sa seconde place du groupe B. Mais là, n'est pas l'ambition de la Suisse, désireuse de défier la pôle position au Portugal le 10 octobre prochain.

La Suisse se réjouit après le second but signé Xherdan Shaqiri. © Oreste Di Cristino / leMultimedia.info

Parfois, tant de spéculation pour pas grand chose; l’Équipe de Suisse a dominé, vendredi soir au stade de la capitale féringienne, les Îles Féroé sans ne rien – ou presque rien – concéder aux hommes de Lars Olsen, pliés dès la demi-heure de jeu sur une réussite en solitaire signée Granit Xhaka (36e). Sans nul doute, les hommes de Vladimir Petkovic ont su dominer la rencontre dès les premiers instants, menant en quelques quatre minutes, deux contrepieds dangereux par Xherdan Shaqiri (2e) – sur coup-franc – et Stephan Lichtsteiner (4e), prompts à offrir (déjà) les quelques joies d’une ouverture au score libératrice. Et même si les Îles Féroé ont peu donné l’impression de faire le jeu dans les dix premières minutes de match, la frénésie n’as pas tardé à retomber, limitant les débats à une domination suisse sans surprise aucune. « Nous sommes entrés en jeu de la meilleure façon possible – lâche en fin de rencontre Jean-François Moubandje – Nous sommes parvenus à marquer le but qu’il nous fallait avant la mi-temps pour revenir apaisés en seconde. Nous avons réussi à éviter de desserrer les rangs et de concéder des occasions inutiles. » Une satisfaction partagée également par le capitaine Stephan Lichtsteiner: « Nous avons fait un match sérieux, nous y sommes tout de suite entrés en faisant tourner le ballon et en réalisant un pressing dès les premières minutes. » Quoi qu’il en soit, sur le terrain, la substance n’a jamais changé; les Suisses ne se sont jamais dédits de leur engagement premier, mettre la pression sans en subir aucune. Le latéral féringien Jónas Tór Næs a eu beau tenter une irruption dans la défense adverse au quart d’heure (14e) mais, à l’image du reste de la rencontre, les remparts suisses n’ont eu que très peu de mal à mener une solide résistance à l’équipe locale, ces derniers partant pourtant avec l’avantage d’une surface qui leur seyait à priori mieux.

« Des difficultés sur les longs ballons mais un bon match dans l’ensemble »

Stephan Lichtsteiner

Pourtant, avant la réussite soignée de Granit Xhaka, nombreuses furent les occasions d’aboutir au résultat en première période sur des tirs lointains de Seferovic (14e), Dzemaili (20e), Shaqiri (29e) ou encore sur des coups de tête rapprochés de Mehmedi (25e) et même Akanji, butant pour l’occasion sur le haut de la barre transversale (31e). Mais le milieu de terrain d’Arsenal a trouvé en premier la solution, louvoyant entre les mailles d’une défense mal accommodée et trouvant la faille d’une frappe millimétrée entre les jambes des deux défenseurs centraux, Atli Gregersen et Jóhan Davidsen. Ce qu’il fallait pour finalement débourber une situation piégeuse pour l’Équipe de Suisse. « C’était un peu plus compliqué sur les longs ballons, trop rapides sur la surface et difficiles donc à manœuvrer. De plus, ils avaient deux grands défenseurs solides dans les airs. Néanmoins, c’était un très bon match même si trop juste dans le résultat », n’a pas manqué de rappeler Stephan Lichtsteiner en zone mixte au Tórsvøllur de Tórshavn.

La confiance, ce précieux atout qui guinde la Nati

À vrai dire, dès lors, en seconde période, peu ont été les aventures féringiennes du côté de Yann Sommer, tenu au rang de supporter non payant sur le synthétique du Tórsvøllur. Et ce, alors même que les hommes de Vladimir Petkovic tinrent une endurance sérieuse tout au long des 90 minutes, trouvant même la voie du 2-0 sur une passe en profondeur de Blerim Dzemaili pour Shaqiri, lequel sut tromper le portier Gunnar Nielsen dans la diagonale (59e). La Suisse aurait même pu, à diverses reprises, arrondir le résultat sur des conclusions de Dzemaili (70e), Zuber (87e) ou encore Lichtsteiner (92e). Mais cela suffisait ainsi à Tórshavn. « Nous leur avons concédé que très peu de tirs et avons joué avec beaucoup de patience », lâche ce dernier, suivi dans ses propos par Valon Behrami: « Nous avons eu de la patience dans les moments où nous devions rester calmes. Nous avons bien géré tous les instants de la rencontre. La maturité a fait la différence et le travail de groupe a payé. Nous sommes contents de notre soirée. C’est le plus important. »

« Cette victoire ne relève pas du hasard, nous l’avons bien préparée »

Valon Behrami

Un résultat plein – égal dans le résultat que le match aller à Lucerne (2-0, le 13 novembre) mais meilleur dans la forme – qui n’a pu être provoqué que par l’intensité et la persévérance d’un groupe qui « en veut »: « La victoire ne relève pas du hasard, nous l’avons préparée au mieux les deux dernières semaines. L’entraîneur a choisi de ne laisser aucune semaine de libre [entre la fin du championnat et le rassemblement en équipe nationale] pour que nous soyons dans les meilleures conditions pour aborder cette rencontre. Nous avons été récompensés avec un match joué très intelligemment », débute Behrami. « Nous courons chacun pour l’autre et la bonne entente se voit d’abord sur le terrain. L’effort collectif est présent. Il faut garder la confiance que nous avons cultivée jusqu’ici. J’espère que nous allons continuer dans cette direction. L’état d’esprit du groupe est solide et la sérénité l’emporte sur la pression », complète Jean-François Moubandje. Une sérénité à toute épreuve qui devra perdurer jusqu’au Portugal: « L’on ne peut pas se permettre d’arriver au Portugal dans une situation différente qu’à présent. Pour avoir droit à une finale lors du dernier match, il faut gagner les autres. Cependant, les matches qui nous attendent sont à notre portée et la mentalité juste démontrée aujourd’hui devra nous servir encore puisque le chemin est encore long et tout peut encore advenir – continue Valon Behrami avant de conclure – Mais maintenant, les vacances ! »

Un sans faute en six rencontres

La Suisse poursuit son chemin vers la Coupe du Monde 2018, élargissant ses prouesse au nombre de six victoires en autant de rencontre disputées tout au long de la présente campagne de qualification. Mais là n’est pas tout; le travail de dure labeur ne fait que commencer jusqu’à une possible finale au Portugal face à la bande à Cristiano Ronaldo, vainqueur à nouveau de la Lettonie à Riga (3-0) ce vendredi soir. « Si l’on n’est pas content avec un 6 sur 6, c’est que l’on ne sera jamais heureux – lâche Stephan Lichtsteiner avant de poursuivre – Peut-être que l’on aurait pu marquer plus de buts mais ce n’est au final qu’un détail dans la soirée. Mais il est clair qu’il faut rester concentrés parce que même à 9 sur 9, la qualification peut ne pas être encore acquise. Il nous faut continuer et penser match après match. Le prochain sera face à Andorre [ndlr, à Saint-Gall le 31 août] et il faudra absolument le gagner et chercher de marquer plus de buts. »

Une 50e cape pour Jónas Tór Næs, pilier de l’équipe féringienne

Le sélectionneur danois des Îles Féroé, Lars Olsen a opté, pour la rencontre face à l’Équipe de Suisse, sur les bases déjà amorcées lors du match nul en Andorre le 25 mars dernier (0-0). Il a, en effet, aligné la même défense à quatre dans laquelle figurait Jónas Tór Næs, qui est entré ce vendredi soir dans le cercle sélectif des joueurs féringiens ayant été capés à au moins à 50 reprises, le quatorzième de l’histoire de l’équipe née en 1979. Le joueur de l’IB Vestmannaeyja en Islande est, dans les faits, une icône solide de la défense féringienne, ceci même alors que Sonni Ragnar Nattestad, le défenseur du Molde FK (Norvège) était indisponible (sur blessure) pour le match face à la Suisse. Ce vendredi soir Næs a alors partagé le jeu derrière avec le capitaine Atli Gregersen et les homonymes Viljormur et Jóhan Davidsen. Une charnière qui a notamment été préférée à une seconde – certes plus inexpérimentée mais mentionnée dans la presse locale – composée notamment des (quasi) néophytes Ari Mohr Jónsson (2 sélections) et Hørdur Askham (0), évoluant tous les deux dans le championnat national des Féroé.

À noter également que le milieu de terrain des Îles Féroé – gagnant la confiance du sélectionneur Lars Olsen – a tout aussi fait preuve de stabilité; l’exercice ayant notamment été soutenu par les aguerris Hallur Hansson, Sølvi Vatnhamar et le revenant Fródi Benjaminsen, suspendu lors de la rencontre à l’Estadi Nacional d’Andorre-La-Vieille en mars dernier. Néanmoins, pour la rencontre du jour à Tórshavn, plusieurs joueurs ont du laisser le cercle de la nationale; en plus de Sonni Nattestad, Brandur H. Olsen (blessé) et Jóan Símun Edmundsson (suspendu) ont du renoncer au match face à l’Équipe de Suisse, alors que Róaldur Jakobsen, Bárdur J. Hansen et Arni Frederiksberg se sont tout bonnement retirés de leur carrière internationale.

Les faits de match:
Îles Féroé v Suisse, 0-2 (0-1)

Composition de l'équipe des Îles Féroé:
Gunnar Nielsen, Jónas Tor Næs, Viljormur Davidsen, Atli Gregersen ©, Jóhan Davidsen (70e Odmar Færø), Hallur Hansson (66e Karl Løkin), Fródi Benjaminsen, Klæmint Olsen (60e René Joensen), Gilli Sørensen, Sølvi Vatnhamar et Finnur Justinussen.

Composition de l'équipe de Suisse:
Yann Sommer, Stephan Lichtsteiner ©, Jean-François Moubandje, Haris Seferovic (78e Eren Derdiyok), Granit Xhaka, Valon Behrami, Manuel Akanji, Blerim Dzemaili (85e Remo Freuler), Admir Mehmedi (60e Steven Zuber), Johan Djourou et Xherdan Shaqiri.

Buts: 36e Xhaka (0-1); 59e Shaqiri (0-2).
Notes: Suisse sans Fabian Schär (suspendu), Nico Elvedi, Léo Lacroix, Breel Embolo, Ricardo Rodriguez et Shani Tarashaj (blessés). Îles Féroé sans Sonni Ragnar Nattestad, Brandur H. Olsen (blessés) et Jóan Símun Edmundsson (suspendu).
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About Yves Di Cristino (341 Articles)
Rédacteur en chef, membre actif de l'Association Suisse des Journalistes Indépendants (CH-Media) et de l'Association vaudoise de la presse sportive (AVPS). Étudiant en Master de Sciences Sociales et Politiques à l'Université de Lausanne.

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