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Le FC Bâle prive le FC Sion d’une 14e Coupe de Suisse

Le FC Bâle remporte sa 12e Coupe de Suisse après une série de trois défaites en finale de 2013 à 2015

Le FC Bâle a remporté jeudi après-midi la 12e Coupe de Suisse de son histoire, complétant un nouveau doublé historique pour le club rhénan. Solide en première mi-temps, le FC Sion a craqué d'entrée de seconde période sur une glissade malencontreuse de Jagne Pa Modou à la 46e minute. Delgado ouvrit le score, suivi 20 minutes plus tard, par Adama Traoré (62e). L'international suisse Michael Lang a clôturé les débats à la 89e (3-0). Les Valaisans en sont à leur premier échec en finale de Coupe Suisse après treize victoires en autant de finales. Focus.

Le FC Bâle a fêté sa 12e Coupe de Suisse aux dépens du FC Sion. © Oreste Di Cristino / leMultimedia.info

Qui gagne le championnat, qui la Coupe; à chacun sa spécialité. Or, ce jeudi après-midi, au Stade de Genève, la convergence des forces a laissé prévaloir la domination du FC Bâle sur le FC Sion, même à l’occasion d’une finale de Coupe de Suisse pourtant acquise, treize occasions durant (sur treize !), à la cause des Valaisans. Comme il en va de l’expression; toute série a une fin et celle du FC Sion s’est éteinte à la Praille au terme de 90 minutes aux sentiments partagés. Le FC Sion n’était-il pas assez fort pour ce FC Bâle ? Après quelques secondes silence, Chadrac Akolo avoue: « Malheureusement, non. » Puis, il poursuit: « Il fallait être vraiment plus fort pour renverser Bâle, malgré une très bonne première mi-temps, mais il nous a manqué un peu de folie en seconde. Je suis triste comme toute l’équipe et nous allons devoir trouver des solutions pour nous remettre de nos émotions. » La quatorzième étoile sur l’étendard du FC Sion n’a pas vu le jour en 2017, comme espéré. L’emprise sera, certes, remise à plus tard mais, cela n’y fera plus rien, l’inertie incontestée jusqu’à présent d’une finale, une victoire est désormais rompue à la gloire du fanion bâlois qui voit se graver en une année, une deuxième étoile historique par la victoire en championnat (la 20e depuis la naissance du club) en plus de la distinction d’une 12e Coupe de Suisse attendue depuis quelque trois ans au Joggeli. Une page d’histoire vient de s’écrire à nouveau, mais pas celle que l’on attendait en Valais: « Le plus dur est de perdre la Coupe, plus que la quatorzième finale. Mais il est vrai, que ce n’est pas simplement un match que l’on a perdu mais c’est une page de l’histoire du FC Sion que nous avons manqué d’écrire », témoigne Grégory Karlen au terme de la rencontre. Le camouflet 3-0 des Bâlois au Parc Saint-Jacques a alors eu son acte de revanche en ce jour d’Ascension à Genève.

« Il n’y a pas besoin de beaucoup d’occasions [pour marquer] contre le FC Bâle »,

Chadrac Akolo

La différence est pourtant toujours la même; celle qui fait notamment redouter le FC Bâle sur tous les terrains de Suisse. La capacité à saisir sa chance est l’un des atouts incomparables dans le sport et le football. À majeure mesure en finale d’une Coupe nationale. Être concret, décisif autant qu’incisif, se révèle plus indispensable que jamais. Et, sans commune mesure, le FC Bâle a, une nouvelle fois, dominé en la matière, déroutant le FC Sion sur ses premières occasions. En effet, il est suffi d’une seule incertitude, d’une seule erreur, d’une seule perte de contrôle – dans les faits, d’une glissade malheureuse de Jagne Pa Modou (46e) –, pour que le FC Bâle ne profite véritablement de sa première opportunité de faire mal. Et la punition fut fatale. « Tout part d’une erreur de la défense du FC Sion. Et le jeu intermédiaire de [Mohamed] Elyounoussi et [Seydou] Doumbia était très efficace. Le tout avec beaucoup de classe. Le sentiment de marquer est vraiment extraordinaire et c’est ce qui a permis, selon moi, de faire tourner le match », livre le premier buteur Matias Delgado. C’est alors, malgré 45 premières minutes de jeu encourageantes, que la vapeur est renversée. Submergés par une technique et un désir insurmontable des Bâlois, les Sédunois n’atteignent même plus les hauteurs de Tomas Vaclik. La dynamique s’est aussitôt inversée que Bâle ne rencontre plus aucune contrainte à la construction de son jeu, à la validation, somme toute aisée, dès lors, de son doublé mémorable. Et là, s’opéra le tournant décisif de la rencontre. Sébastien Fournier a eu beau remodeler son attaque avec les entrées successives de Carlitos, Bia et Itaperuna, mais rien n’y faisait face à la minutie bâloise, contrastant lourdement le manque de créativité valaisan. « Le dernier match [ndlr, de championnat, 2-2, le 18 mai à Bâle], nous avions eu deux occasions et nous avions mis deux buts. Il n’y a pas besoin d’avoir beaucoup d’occasions contre une grande équipe comme le FC Bâle mais on rebondira de notre défaite d’aujourd’hui », lâche Chadrac Akolo. Même sentiment d’incomplétude chez Geoffrey Bia, entré à la 70e minute, alors que Sion était déjà mené 2-0: « C’est frustrant car on a envie d’aider l’équipe mais c’est comme ça. » « Nous sommes déçus pour nous mais aussi pour tous les supporters qui sont venus à Genève – lance pour sa part Grégory Karlen avant de poursuivre – Ça devait être une fête mais malheureusement, aujourd’hui, c’en est pas une pour nous. On va essayer de positiver, même si c’est très compliqué à chaud. »

Le FC Bâle n’a pas fait les mêmes erreurs du passé

Après les revers essuyés en finale, en 2013 et 2014 à Berne, respectivement face aux Grasshoppers et au FC Zürich, puis en 2015 au Parc Saint-Jacques face au même FC Sion, le FC Bâle a sans doute appris de ses nombreuses erreurs à répétition, aussi après huit finales jouées en onze ans. La réalité – telle qu’assumée par la présidence du club bâlois et par Christian Constantin, lui-même – est qu’en 2015, la direction de jeu de Paolo Sousa n’a, de très loin, pas été optimale. Mais cette fois-ci, les champions de Suisse se disaient prêts et en voulaient. De plus, avec Urs Fischer à la tête du club, qui a notamment déjà remporté la Coupe, ils savaient où donner du cœur, et de la tête. « Nous avons beaucoup travaillé pour parvenir à ce résultat. Je pense que cela nous a servi et nous sommes très contents de ce nouveau titre – débute Matias Delgado, auteur du 1-0, avant de poursuivre – La différence par rapport aux dernières finales ? Nous avons joué avant d’officiellement fêter. Cela fait une grande différence. C’est ce que nous n’avions pas fait il y a deux ans et c’était une grave erreur car fêter avant le titre fait perdre toute la concentration nécessaire pour parvenir au meilleur résultat. Et aujourd’hui, nous avons saisi notre meilleure chance de remporter à nouveau la Coupe de Suisse. Nous étions définitivement prêts. Maintenant, il est temps de célébrer nos deux titres, prendre du bon temps en vacances avant de repartir pour la prochaine saison. » Même constatation également chez le défenseur et buteur Steven Lang: « Nous n’avons pas eu peur de la défaite. Mais nous étions l’équipe qui voulait le plus la victoire sur le terrain cet après-midi et probablement ceux qui ont tenté le plus de faire pression sont ceux qui sont ressortis perdants du défi. »

Sion manque sa rébellion

Matias Delgado a fait preuve d’une extrême lucidité à l’heure de commenter, en anglais, les ressors du succès accompli avec son FC Bâle. « Après notre match face à Lucerne [ndlr, victoire 2-1 le 28 avril dernier, suivie par trois matches nuls et une défaite], nous avons perdu en qualité de jeu, nous avons perdu beaucoup de points. C’est pourquoi, nous devions absolument bien préparer cette finale. Ne pas être parvenus à réaliser une belle série de résultats avant cette finale à Genève était notre plus grand danger puisque l’on ne partait pas d’un sentiment résolument positif. Marquer en premier était l’emprise plus difficile à faire. » Le plus dur accompli, le doublé est arrivé un quart d’heure plus tard sur une reprise efficace d’Adama Traoré (62e). Un résultat mis sous couvert mais qui, à connaître les incertitudes du football, ne manque de tanguer sur les efforts d’un adversaire jamais résolu à l’abattement. « Même à 2-0, je savais que ce n’était pas fini, surtout quand il reste quinze minutes de jeu – débute Geoffroy Serey Die avant de continuer – Je sais de quoi je parle, je connais bien le FC Sion [ndlr, il a été transféré du FC Sion au FC Bâle en 2012]. » Pourtant, par manque de réactivité, les Sédunois se sont laissés tromper par les vents contraires, risquant même de subir un troisième but par Doumbia (64e et 70e) et Luca Zuffi (73e), faute d’une défense passablement décomposée. Le noyau défensif de la première période a fait effet mais s’est estompé avec l’usure des minutes défilantes. « Je suis très étonné par le manque de réaction du FC Sion. Vraiment surpris. Mais ne faisons pas la fine bouche; ils ont dû subir la fatigue d’une dure saison. Et c’est le foot », ajoute Serey Die, suivi dans ses propos par Matias Delgado: « Sion a toujours été une équipe qui joue jusqu’au bout. Ils contrastent et se battent pour chaque ballon et c’est ce qui fait que c’est une équipe très compliquée à battre. C’est une belle satisfaction d’y être parvenu. Nous travaillons depuis deux ans, très intensément, afin de réaliser les résultats que nous avons obtenus cette saison. »

« Nous avons marqué en jouant véritablement au football »,

Steven Lang

Le troisième but est finalement arrivé en fin de match (89e) sur une parfaite reprise de volée du défenseur de l’équipe nationale suisse, Steven Lang. « À 2-0, le résultat était encore très dangereux et tout s’est conclu avec le 3-0. Nous le savions que nous pouvions remporter la Coupe et naturellement, je suis très heureux d’avoir pu y contribuer avec mon but. Dans tous les cas, ce fut une prestation excellente de notre part. Nous avons marqué en jouant véritablement au football et nous avons remporté le titre avec mérite », lâche-t-il en zone mixte, au terme de la rencontre.

Une prestation « pas si mauvaise »

La déception prédomine à la Praille pour les joueurs et les supporters valaisans mais, en fin de compte, l’esprit n’est pas si pessimiste que cela n’y paraît. « On a pas eu une prestation aussi mauvaise que le résultat ne laisse transparaître. Les buts que l’on a encaissés, particulièrement le premier qui nous a été très amère, auraient pu être évités. Le FC Bâle n’a pas fait énormément de pression mais s’est plus illustré en contre-attaque. Nous avons fait relativement peu de pression mais nous n’avons pas accusé de beaucoup de chance. Sur certaines situations, nous aurions pu nous montrer plus incisifs », commente le défenseur valaisan, Elsad Zverotic. « Nous avons très bien joué et nous avons tout donné. Le match était équilibré mais, avec un peu de chance, l’on aurait pu marquer dès la 3e minute avec Konaté. En deuxième période, l’on est un peu plus montés. Mais le premier but est arrivé de manière fortuite – une rupture dans notre jeu – et tout s’est enchaîné ensuite », poursuit, quant à lui, Nicolas Lüchinger. Aussi, au-delà de la première incursion incisive de Moussa Konaté en début de rencontre, le FC Sion a eu d’autres grandes occasions tout au long du match – un centre raz-terre de Konaté pour Akolo (51e), un coup-franc de Reto Ziegler (56e) ou encore un centre de Geoffrey Bia pour Léo Itaperuna, trop court devant Vaclik (83e) – mais à chaque fois, le dernier geste a échoué. « Nous avons donné tout notre possible pour gagner ce match mais nous n’y sommes pas parvenus – affirme, désolé, Zverotic avant de conclure – Nous nous reposerons demain avant notre prochain match dimanche que nous devrons assurer puisque nous sommes conscients de nos chances de terminer troisièmes du championnat. » Une troisième place en championnat permettrait néanmoins au FC Sion d’accéder directement en phase de poule d’Europa League.

Les faits de match:
FC Bâle v FC Sion, 3-0 (0-0)

Composition du FC Bâle:
Tomas Vaclik, Adama Traoré, Michael Lang, Luca Zuffi (91e Alexander Fransson), Matias Delgado © (81e Geoffroy Serey Die), Renato Steffen, Marek Suchy, Mohamed Elyounoussi, Taulant Xhaka, Manuel Akanji et Seydou Doumbia (88e Marc Janko).

Composition du FC Sion:
Anton Mitryushkin, Reto Ziegler ©, Veroljub Salatic, Kevin Constant, Grégory Karlen (70e Geoffrey Bia), Chadrac Akolo (79e Léo Itaperuna), Moussa Konaté, Jagne Pa Modou (62e Carlitos), Elsad Zverotic, Nicolas Lüchinger et Joaquim Adao.

Buts: 46e Delgado (1-0); 62e Traoré (2-0), 89e Lang (3-0).
Notes: Stade de Genève, 26'500 spectateurs.
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About Yves Di Cristino (341 Articles)
Rédacteur en chef, membre actif de l'Association Suisse des Journalistes Indépendants (CH-Media) et de l'Association vaudoise de la presse sportive (AVPS). Étudiant en Master de Sciences Sociales et Politiques à l'Université de Lausanne.

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