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Portrait – Charles Nouveau, l’humoriste romand tendance

Jeune humoriste de 27 ans, Charles Nouveau est un Nyonnais qui se fait connaître sur le web et sur scène. Il fait partie d’une génération d’humoristes qui persévère pour développer le stand-up. Ces derniers mois, c’est Nouveau qui se fait remarquer avec sa websérie Le Petit Débat.

Charles Nouveau au Bouffon de la Taverne, à Genève. © Oreste Di Cristino / leMultimedia.info

C’est un humoriste Nyonnais qui a du style. D’un grand calme, il joue parfois au dépressif et aime souvent être décalé. « C’est vrai que j’ai des moments un peu obscurs, ça fait partie de moi, mais j’ai aussi des moments de joie, de folie. C’est un mélange », déclare l’intéressé. Il n’a que 27 ans mais juge qu’il a des expériences à partager : « On a tous vécu des choses drôles, atypiques ou étonnantes. Le travail d’un humoriste, c’est de les rendre digestes pour la scène. » Alors début 2014, Charles a franchi le pas. Il a renoncé à une carrière dans la publicité, pour simplement faire des blagues. « Ado, j’ai toujours aimé le stand-up américain » confie-t-il. Justement Charles propose un humour de la même veine et travaille beaucoup pour se faire un nom. « Aujourd’hui encore, je ne me lasse pas de voir des spectacles d’humour. J’adore vraiment ça », ajoute-il. Lui qui a grandi dans un brassage culturel et est trilingue (français, anglais, espagnol) a aussi un peu joué à New-York et aimerait s’y essayer à Madrid.

Nouveau s’est entouré de Thierno Thioune, un metteur en scène qui se fait un nom depuis qu’Haroun, avec lequel il collabore, a beaucoup de succès à Paris. Dans des circonstances très différentes, il intervient parfois lors de spectacles privés pour des entreprises. « J’ai par exemple joué pour une soirée des Transports Publics Genevois (TPG). J’ai fait quarante minutes de blagues, dont vingt sur des bus. […] Comme je suis de cette région, j’ai une expérience intime avec les TPG et j’avais des choses à dire ! » Les shows privés, son spectacle solo « Joie de vivre », la radio (La Première, Couleur 3), la télévision (26 minutes de 2015 à 2016), c’est un parcours qui devient dense. Ses collègues le tiennent aussi en estime, comme en a témoigné Thomas Wiesel qui l’a invité pour jouer devant 1 600 personnes lors de son gala à Montreux Comedy, en décembre 2016.

Le Petit Débat, un franc succès

Depuis peu, Charles a créé « Le Petit Débat », sa propre websérie. Un concept, où il interroge ses trois petits neveux de quatre, sept et neuf ans sur des débats de société pour en extraire de la fraîcheur et de l’innocence. De quoi faire rire les plus grands. « En toute subjectivité, il n’y a pas un concept avec des enfants qui me plaît autant que celui du Petit Débat. Ce qui me fait beaucoup rire, c’est de leur parler comme s’ils étaient des adultes ! Et en fait, je suis assez comme ça avec mes neveux dans la vie, donc je transpose. » Les vues se comptent par centaines de milliers et le succès est au rendez-vous auprès des internautes helvètes comme français, qui commencent donc à connaître Charles. Son sens du décalage, ses textes très pointus et son look, cheveux longs, barbe.

Si les commentaires fusent sur les réseaux sociaux et que la plupart sont positifs, certains internautes, minoritaires, critiquent les propos des enfants quand ils utilisent quelques clichés. « C’est nouveau pour moi mais ça fait partie du jeu. Quand on fait beaucoup de vues, il y a des avis et certains seront hostiles. Ça ne fait pas plaisir mais il ne faut pas se laisser affecter par ça. […] Si quelqu’un a passé une mauvaise journée et se met à m’insulter, ça ne me fait pas plaisir mais je ne crois pas que ça va ruiner ma fin de journée. » Un succès certainement mérité, lui qui n’a que peu gagné en notoriété malgré ses autres prestations dans 26 minutes, Bipèdes ou Carac Attack. Pour l’anecdote, Le Petit Débat, dont il a tourné une première ébauche il y a un an, devait se retrouver à Canal+ avant qu’une productrice ne recule devant l’idée. Finalement, c’est avec une petite équipe que Charles a lancé le concept mais nul doute que son succès en ligne devrait intéresser des chaînes de télévision.

Les affiches des rendez-vous de Charles Nouveau à Paris et Genève.

Une présence renforcée sur scène

Alors est-il Charles Nouveau, un humoriste en vogue ? Il se fait connaître, c’est certain. Surtout, il intensifie sa présence sur scène entre Paris, où il joue son spectacle toutes les semaines et parmi d’autres humoristes pour des plateaux où chacun joue un court passage, et Genève où il joue également beaucoup. Ce qui lui a laissé moins de temps pour la radio, un peu mise entre parenthèse. « C’est flippant de se dire que j’ai pratiquement arrêté la radio sur Couleur 3 ou La Première, mais je suis content de ce choix quand je vois comment évolue le spectacle que je joue beaucoup et modifie pour le rendre plus costaud. » Est-il pour autant content de sa jeune carrière, qui a débutée en février 2014 ? « Un de mes grands problèmes, c’est de ne jamais être satisfait. Néanmoins, il faut que j’apprenne à le devenir car j’ai beaucoup de chance d’avoir un tel parcours en si peu de temps. De temps en temps, il faut prendre du recul et le réaliser. Mais je veux en faire plus et je travaille pour ça. » Alors il multiplie les aller-retour entre la France et la Suisse, de spectacle en spectacle, plateau en plateau, et radio en radio, il démontre qu’il a du talent pour écrire des vannes et qu’il est urgent d’aller le voir.

Biographie

  • 20 Avril 1990 : Naissance à Meyrin (Genève)
  • 3 février 2014 : première scène avec le Swiss Comedy Club à Fribourg. En dépit de diplômes en Relations Internationales (bachelor) et en Publicité et Design (master), c’est le début d’une carrière dans l’humour.
  • 2015 : Charles Nouveau collabore avec 26 minutes, le collectif Carac Attack et, toujours via la RTS, voit naître sa websérie Bipèdes.
  • 2016 : Les Beaux Parleurs (radio La Première), Ambiance Feutrée (Couleur 3), un passage au Jamel Comedy Club (Canal+).
  • 2017 : Réveil à 3 (Couleur 3) et Le Petit Débat (à voir sur les réseaux sociaux).
Où le voir ?

- Tous les jeudis dans « Joie de Vivre » à La Petite Loge (Paris)
- Deux mercredis par mois pour le « Fifty Fifty » au Bouffon de la Taverne (Genève)
- Le samedi 29 avril au Festival du Rire de Genève
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About Patrick Aimé (86 Articles)
Journaliste passionné, spécialisé dans le rugby et l'humour.

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