Nouveauté

Excursion à Polymanga 2017

« Les parents sont une grande composante de Polymanga »

Dans le paysage romand, Polymanga s’est imposé comme la plus grosse convention dédiée à la pop-culture, le manga et les jeux vidéo. Pour cette treizième édition, quelques 40'000 visiteurs sont attendus au 2M2C à Montreux. Retour sur l’un des périples incontournables du weekend pascal.

Le 2M2C de Montreux. © Oreste Di Cristino / leMultimedia.info

Gotta Catch’em All

L’affiche annonçait déjà la couleur : « Polymanga envahit le 2M2C de Montreux ». En réalité, « l’envahissement » débute dès mon arrivée en gare de Lausanne vers les 9h. En effet, de nombreux participants sont adeptes de la pratique du cosplay qui consiste à se déguiser en un personnage issu de la pop-culture. Sur la ligne du réseau express régional, c’est donc accompagné de nombreux Pikachu et autres Naruto que je me rends à Montreux. À mon arrivée, les mesures annoncées afin de lutter contre les files d’attente sans fin semblent avoir porté leurs fruits. Évidemment, elles n’ont pas disparu mais elles se sont rétrécies et la gestion du public semble être plus fluide. Sous les palmiers de la ville, un Pikachu géant et son acolyte Mario viennent distraire la foule à coups de selfie. Au 2M2C, la répartition des stands se fait de la manière suivante : les salles du Miles Davis et du Stravinski accueillent des projections, conférences et le traditionnel concours du cosplay. En dessous, on trouve les stands dédiés aux artistes. Cet espace comprend pas moins d’une trentaine d’illustrateurs présentant leurs travaux, souvent composés de références à des univers préexistants comme Pokémon, Harry Potter ou encore World of Warcraft, très prisés par les ados. Le niveau inférieur se compose, sur l’aile gauche, de ce que l’on pourrait qualifier d’un marché couvert de la pop-culture: les goodies issus des mangas et jeux vidéo tels que peluches, t-shirt, figurines ont la part belle. On découvre aussi de nombreux stands présentant des friandises importées de l’Asie. De manière beaucoup plus discrète, certains stands présentent des objets du quotidien très originaux comme les bentos à étages. Sur l’aile droite, un des espaces les plus difficiles d’accès à cause de l’affluence, celui des jeux vidéo, avec une polarisation nette entre les mastodontes Nintendo et Playstation mais aussi un stand dédié à Ankama (Dofus) et la présence de l’association Swiss Gamers Network.

Une convention de plus en plus intergénérationnelle

C’est d’ailleurs l’un de leurs stands qui m’attire. Un peu en retrait, le stand de la Swiss Interactive Entertainment Association (SIEA) a placardé son stand de grandes affiches de la PEGI (Pan European Game Information), qui s’occupe notamment de référencer la classification des jeux vidéo par tranche d’âge mais aussi de souligner sur la boîte de jeu les contenus comme la violence, la drogue ou encore la discrimination. Nicolas Akladios, membre de la SIEA mais aussi président du Swiss Gamers Network, nous en dit un peu plus : « La SIEA est une association fondée en 2005 qui a pour but de renforcer le respect de la norme PEGI en Suisse. Tous les grands éditeurs tels que Sony, Nintendo, Microsoft, Electronic Arts, Ubisoft ou encore Warner Bross en font partie. Faire respecter la norme PEGI est le premier rôle de la SIEA. À l’aide de brochures, de partenariats avec des revendeurs, nous l’avons fait connaître et nous avons signé des contrats avec des grands magasins afin qu’ils respectent cette norme et ne vendent pas des jeux +18 à des mineurs, par exemple. » Et il faut dire que ce genre de relations avec les grands magasins est une exclusivité helvétique. S’il est impossible d’acheter, en théorie, un jeu dont la norme PEGI est supérieure à l’âge de son acheteur en Suisse, ce n’est pas le cas en France où la norme existe bien mais de manière purement indicative ; un vendeur ne peut pas refuser l’achat d’un jeu à un client. « La Suisse est un petit pays, il est donc plus facile de mettre en place certaine choses au niveau national que sur des grands territoires comme la France ou l’Allemagne où cela devient très compliqué avec beaucoup plus d’intervenants. Pour la Suisse, on reste sur des dimensions plus simples. » Nicolas Akladios constate aussi une évolution dans le débat public des effets du jeu vidéo en Suisse. On rappelle que dans le cas de certaines tueries aux États-Unis, le fait que les meurtriers pratiquaient un certain type de jeux, les FPS (jeu de tir à la première personne), avaient animé les débats autour de la question des jeux violents : « Nous sommes impliqués, avec l’aide du gouvernement, sur des projets de recherche et de prévention avec des universités. L’éternelle question, sur laquelle nous avons beaucoup travaillé, de la transmission de la violence par les jeux vidéo commence à être dépassée. Maintenant, on fait surtout de la promotion de la culture du jeu vidéo et plus seulement de la prévention. ».

« Les jeux vidéo prennent beaucoup plus de place au sein de la convention ces dernières années »

Nicolas Akladios, Président Swiss Gamers Network

Mais revenons à la convention. Dans le public, composé principalement d’ados, on remarque aussi des parents présents, parfois un peu perdus comme ce grand-père qui au téléphone confie qu’il « s’ennuie comme un rat mort ». Cet exemple est loin de représenter la majorité des adultes. Beaucoup optent pour participer aux diverses animations avec leurs enfants mais viennent aussi déguisés. Pour le président de Swiss Gamers Network, c’est un public qu’il ne faut pas sous-estimer : « Les parents sont une grande composante de Polymanga. J’ai beaucoup de demandes de leurs part pour des brochures, pour comprendre les mécaniques et le système des consoles. Une des questions qui revient le plus, c’est comment activer le contrôle parental sur les consoles afin de limiter l’accès à certains jeux. Mais aussi, des questions très pratiques comme par exemple, comment peut-on faire pour avoir un meilleur contrôle sur les enfants par rapport à l’utilisation des jeux et de leur accès aux jeux violents. » Les conflits intergénérationnels semblent s’être apaisés dans l’univers vidéoludique. Sur la place du jeu vidéo à Poylmanga, Nicolas Akladios est catégorique : « Les jeux vidéo prennent beaucoup plus de place au sein de la convention ces dernières années. On a toujours l’impression que les stands ne sont pas assez grands pour le nombre de visiteurs, ce qui prouve que le jeu vidéo a un rôle important. » L’affluence toujours plus forte à la convention prouve, d’année en année, l’intérêt pour la pop-culture. Comme Nicolas Akladios le souligne : « Polymanga est un festival culturel, au sens large : qu’il s’agisse de manga, de jeux vidéo, les gens viennent pour vivre leur passion et prendre du plaisir. »

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About Fanny Agostino (13 Articles)
Étudiante en bachelor à l’université de Lausanne en français moderne et en histoire et esthétique du cinéma, je m’intéresse aux diverses manifestations culturelles dans la région. Rédactrice “Culture” pour leMultimedia.info.

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