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Daniel Rossellat: « C’est un vrai renouvellement de programmation chaque année »

« Les Red Hot Chili Peppers ? 25 ans qu'on les attend à Paléo », Daniel Rossellat

Avec Red Hot Chili Peppers en tête d'affiche de sa 42e édition, le Paléo Festival tire sur l'inédit, une fois de plus. Un programme éclectique et riche, comme il en va de son habitude la plus affichée, les scènes de la Plaine de l'Asse, à Nyon, livrera à nouveau une semaine de pur plaisir pour les amateurs de tous les genres, de la pop française, avec la venue de Renaud, à l'électro avec le jeune Petit Biscuit, tout en passant par la hip-hop et l'événement Macklemore et Ryan Lewis . Mais, en avant sur nos colonnes à partir du 18 juillet, le Village du Monde, aux allures typiquement latino-américaines, jouira d'un programme riche, ponctué en final de festival par la présence de Manu Chao sur la Grande Scène. Encore une fois, le Paléo voit les choses en grand. Savoureux pour un budget qui avoisine, en 2017, les 25 millions de francs suisses. L'interview à Daniel Rossellat, président-fondateur du festival.

Daniel Rossellat lors de la conférence de presse de dévoilement de la programmation mardi 28 mars à Nyon. © Yves Di Cristino / leMultimedia.info

Daniel Rossellat, comment décririez-vous la 42e édition du Paléo Festival ?

Une édition pimentée, colorée, éclectique et qui va certainement faire plaisir à tous les publics. Le public que l’on a l’habitude de voir à Paléo est ouvert, curieux, tolérant et ce sera très certainement un très bon moment pour la fête avec beaucoup de sonorités au Village du Monde, dont le voyage nous porte en Amérique centrale. Tous genres musicaux du pop, rock au hip-hop, avec les découvertes de la musique électronique et classique. Vraiment une édition avec une programmation très éclectique.

Comme chaque année, vous vous attachez à un important renouvellement sans oublier les fidèles de Paléo…

Nous essayons de ne pas céder à la paresse et au confort. Parce qu’il faut dire qu’inviter les mêmes artistes est quelque part très agréable. Nous les connaissons déjà très bien, nous devinons leur fiche technique, et nous nous entendons très bien avec leur régisseurs. Mais en même temps, ce serait manquer une opportunité de présenter de nouveaux talents et cette année, 70% des artistes qui seront à Paléo cette année n’étaient jamais venus à l’Asse avant. C’est un vrai renouvellement chaque année et c’est une vraie chance pour notre festival et notre public de diversifier nos affiches d’une année à l’autre.

Les Red Hot Chili Peppers sont la grande affiche de cette 42e édition, quelle a été le moteur de leur venue cette année ?

Cela fait 25 années que l’on espérait pouvoir ramener à Nyon les Red Hot Chili Peppers. Mais il y a eu des moments où leur technique était trop lourde et donc pas accessible à un festival comme le nôtre; il aurait fallu bloquer la Grande Scène un jour avant et un jour après leur concert. Et il ne faut pas se cacher de la réalité; les cachets de certains artistes sortent parfois de notre budget, auxquels on doit automatiquement renoncer. Cette année, pourtant, nous avons eu une conjonction assez favorable entre une technique qui était possible sur la Grande Scène du festival et un cachet qui nous permettait de respecter l’ensemble de notre budget. C’est donc un immense plaisir pour nous de les accueillir.

Quels seront les temps forts de cette édition ?

Il y en aura beaucoup mais très certainement qu’en commençant (mardi) avec les Red Hot Chili Peppers, l’on fait une entrée en matière assez sérieuse. Ensuite, mercredi, le retour de Midnight Oil – même s’ils ne parlent pas à tout le monde – nous fera rappeler le talent de ces Australiens, on poursuit ensuite avec les Canadiens Arcade Fire qui savent apporter une ambiance extraordinaire, tout comme les Pixies qui permettront de nous faire passer une très bonne soirée. La musique électronique sera bien présente aussi (jeudi) avec la venue de Justice et beaucoup d’artistes hip-hop (Macklemore & Ryan Lewis, vendredi) tout au long du festival qui ont des différences entre eux mais qui sauront plaire au grand public. Puis, du côté francophone, l’on aura indubitablement une belle soirée, très touchante et très émouvante, avec la venue de Renaud (samedi), Vianney (jeudi), cet artiste qui a émergé l’année passée et qui confirme vraiment tout son talent et voilà venue la touche finale (dimanche) avec Manu Chao. Un membre de la famille de Paléo qui clôturera cette 42e édition.

17 artistes suisses seront programmés durant les six jours de festival, c’est devenu une tradition à Paléo. Aussi parce que ce sont eux qui font la part belle du festival.

La programmation des artistes de notre pays est toujours très importante pour nous. Cela fait partie de notre responsabilité sociale par rapport à la scène suisse mais c’est aussi un grand plaisir parce qu’il y a vraiment de très grands talents en Suisse et dans des styles vraiment différents. Nous avons trois programmateurs qui vont voir beaucoup de concerts pour nous. Il faut rappeler que ce qui compte pour nous, c’est davantage la prestation scénique plus que l’enregistrement ou la vente d’un disque. Nous souhaitons avant tout voir sur scène ce que ces artistes ont à nous proposer. Et ce que l’on peut dire, c’est que depuis les dix dernières années, il y a vraiment beaucoup de progrès de la scène suisse. L’on voit de plus en plus d’artistes qui ont une approche très professionnelle et qui, sur scène, sont nettement meilleurs qu’il y a un certain nombre d’années.

« On a toujours essayé de faire un festival qui nous ressemble et qui puisse être le meilleur possible avec un respect de l’environnement, du public, des artistes et de nos plus de 5’000 collaborateurs impliqués sur le festival. »

Daniel Rossellat, Président-Fondateur du Paléo Festival

Le Paléo Festival a reçu le prix de Meilleur Festival Européen l’année dernière. On imagine une très grande fierté pour vous, mais aussi une grande pression à l’heure où il est à faire des choix de programmation ?

Être récompensés comme meilleur festival européen dans notre catégorie fait bien évidemment plaisir. Cela dit, cela ne change pas notre manière de fonctionner. On a toujours essayé de faire un festival qui nous ressemble et qui puisse être le meilleur possible avec un respect de l’environnement, du public, des artistes et de nos plus de 5’000 collaborateurs impliqués sur le festival. Nous avons des valeurs et nous les défendons. De plus, qu’elles soient reconnues par beaucoup de personnes, appartenant à un jury européen, cela nous touche bien évidemment. Mais notre objectif ne change pas, et il n’y aucune pression supplémentaire et on continue avec le même plaisir et la même passion pour mener à bien les éditions suivantes.

Cette 42e édition marque aussi les 10 ans de la Ruche, c’est particulier…

La Ruche est un écrin assez extraordinaire pour mettre en valeur les arts du cirque et de la rue. C’est vrai que cela fait très longtemps que l’on accueille des artistes de rue. Au début, nous ne savions pas comment nous y prendre car c’est un monde un peu particulier. Ce sont les dix ans à Paléo mais cela fait bien plus que Patrick Chambaz est impliqué dans le domaine, notamment avec le projet “La Crique” et toutes sortes d’accueil d’artistes de rue. Il faut dire, cela ne nous fait pas vendre un billet de plus et pourtant elle déclenche un nombre incroyable de sourires, de rires et une complicité avec la poésie de ces artistes insolites. Pour nous, c’est une facette vraiment très importante de Paléo. Il y a la musique sur scène et il y a les artistes de rue à la Ruche. Beaucoup de gens prennent également du plaisir à venir la découvrir.

On voyagera en Amérique Centrale au Village du Monde également.

L’Amérique Centrale est géniale, une région du monde fantastique avec beaucoup de couleurs, des styles musicaux à la fois variés et festifs. Pour nous, c’est avant tout un bon prétexte pour voyager dans des endroits très sympathiques et de rencontrer plein d’amis de la musique. Ces gens ont la musique dans leur vie et la transposer au Village du Monde, c’est une vraie promesse d’avoir des moments très intenses et très agréables.

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About Yves Di Cristino (371 Articles)
Rédacteur en chef, membre actif de l'Association Suisse des Journalistes Indépendants (CH-Media) et de l'Association vaudoise de la presse sportive (AVPS). Étudiant en Master de Sciences Politiques à l'Université de Lausanne. Prépare un mémoire en histoire internationale focalisé sur les relations de Guerre Froide et de post-Guerre Froide.

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