Nouveauté

Neuchâtel Xamax concède la mise pleine aux frères Yakin (0-2)

Murat et Hakan Yakin font renaître le FC Schaffhouse !

Dans une Maladière quelque peu dégarnie (2'023 spectateurs), Neuchâtel Xamax FCS a succombé pour la première fois de l’année 2017. Le FC Schaffhouse des frères Murat et Hakan Yakin ont dominé les Rouges et Noirs à Neuchâtel (0-2) sur des réalisations de Steven Lang (16e) et Faruk Gül (46e). Une soirée à oublier pour les hommes de Michel Decastel qui auront désormais l’occasion de préparer la saison prochaine avec sérénité.

Pour Neuchâtel Xamax FCS, c'était une soirée sans. Pour autant qu'une exception confirme une règle, les Rouges et Noirs n'ont pas démontré leur supériorité habituelle à domicile. © Oreste Di Cristino / leMultimedia.info

Il y a des soirs, où ça ne veut pas. Il y a des soirs où même les meilleurs se cassent les dents. Ça arrive, mais jamais contre n’importe qui. Samedi soir, Neuchâtel Xamax FCS a abdiqué dans sa Maladière face aux frères Yakin. Des artistes et des artisans dans l’âme capables de renverser intelligemment un contingent ; ce FC Schaffhouse a vécu la métamorphose de son époque après six mois passés dans le dur, relégués même à la dernière marche du classement de Challenge League en décembre. Pourtant, à l’intersaison, cette équipe a su se doter de spécialistes hautement renommés par le prestige de l’élite. Du meilleur à tous les étages dans ce contingent recomposé il n’y a à peine qu’un mois de recrues qui en valent vraiment la peine. Un vrai mercato qui fait ses preuves sur et en dehors du terrain. Court a été le temps d’adaptation, pérennes en seront les résultats, en tous cas jusqu’au mois de juin. Après, il s’agira de renouveler l’exploit dans une arène fraîchement inaugurée, leur sacrosainte Lipo Park. Il n’y a rien à dire, c’est le parfum d’une Super League qui émane de Schaffhouse. Et pourtant la prétention en serait énorme de l’affirmer ouvertement, compte tenu des résultats compliqués que l’équipe a fournis tout au long de la première partie de saison (quatre points marqués seulement en 14 rencontres avant la trêve hivernale). Ils viennent pourtant d’en inscrire 10 en cinq journées, lors desquelles seul Servette a su en tirer la mise maximale au Stade de Genève (lire le compte-rendu). Un exploit, ou une renaissance ? « C’est une très belle renaissance avec le nouveau coach. C’est un nouveau souffle, nous nous sommes motivés et ça fait du bien. Nous étions venus pour prendre des points et la victoire nous satisfait beaucoup. Nous avons démontré beaucoup de combattivité et autant de motivation pour chacun », lance Christian Zock. Le Camerounais arrivé le 30 septembre dernier à Schaffhouse a connu les deux versants d’une saison dont on peine encore à tirer un bilan provisoire. En pleine connaissance de cause, l’ancien pensionnaire de première division camerounaise avec le Cosmos FA du Mbam (68 matches pour 11 buts) a des ambitions manifestes et le renouveau l’habite : « Actuellement avec nos trois victoires, nous pouvons espérer aller plus loin. » Comprendre plus loin que l’objectif initialement fixé, plus loin que le maintien en Challenge League. Et cela, on y croit.

Les Rouges et Noirs dépassés

C’est sur une première incursion de Steven Lang (4e) que Schaffhouse met déjà en alerte la défense xamaxienne. Et cette première situation de jeu signifiait déjà pas mal de choses ; un buteur retrouvé, des espaces créés, une résistance défensive haletante côté xamaxien. Le seuil des belles soirées à la Maladière n’a jamais été franchi ; personne n’y pouvait grand chose finalement. Les hommes de Murat Yakin étaient bien en place, jouaient vite et précis ; des caractères remarquables pour une formation dont l’ambition dépasse volontiers, à bel avenir, le simple maintien en Challenge League. Avec deux anciens internationaux à la tête de l’équipe, le FC Schaffhouse souhaite avant tout parfaire – ce que l’on voudrait volontiers appeler – son image de marque et cela prend forme depuis le début de l’année. En corrobore l’analyse du capitaine neuchâtelois Laurent Walthert : « Schaffhouse était très bien dans la tête et dans les jambes. Ils étaient confiants et leur début d’année est excellent. Ils étaient prêts et je pense que la personnalité des Yakin se transmet parfaitement à l’équipe. » Mais au-delà du duo directeur, c’est aussi à une grande figure de Super League que revient l’honneur des beaux résultats. Steven Lang a, une nouvelle fois, été impérial sur son flanc droit où ni Gonçalves, ni Djuric ne parvenaient à contrer le phénomène, auteur déjà de sept buts en quatre matches. Il s’en est même allé inscrire sa huitième réussite sur pénalty, causé ingénument par une faute d’Igor Djuric sur Yassin Mikari (16e), qui a par ailleurs valu au défenseur de Xamax sa place sur le terrain de jeu. Un fait de match qui alourdit alors considérablement la marge de manœuvre offensive des Rouges et Noirs, réduits à dix après seulement le premier quart d’heure. Pourtant le carton rouge ne semblait pas nécessaire à la sanction (voir encadré plus bas), même si l’action prête à l’interprétation des arbitres [ndlr, Urs Schnyder et ses assistants] le juste bénéfice du doute. « On s’est compliqué la tâche et ils ont bien su gérer leur match, il ont su tirer profit de leur possession du ballon – débute Mike Gomes, recadré en défense centrale suite à l’expulsion de Djuric – La faute n’est pas sur une seule personne. Quand on joue à dix, c’est beaucoup plus compliqué et cela ne nous a pas permis de faire notre jeu habituel à domicile. Mais Schaffhouse a une bonne équipe et nous a fait perdre beaucoup d’énergie tout au long de la rencontre. » La sortie consécutive de Pedro Teixeira, remplacé par Matheus Leoni, a d’autant plus annihilé le volontarisme offensif des hommes de Michel Decastel, réduisant très tôt déjà leur potentiel des grands soirs, leur agressivité technique et tactique. La léthargie ne prit plus fin, engonçant les Neuchâtelois dans un immobilisme latent ; la souffrance fut pesante pour la formation xamaxienne qui n’a pas adressé le moindre tir dangereux du côté du jeune portier Mateo Matic. Une rareté au Stade de la Maladière.

Schaffhouse sur sa lancée

« On a discuté calmement à la mi-temps. Nous savions que nous pouvions continuer le combat même en infériorité numérique. Nous l’avions prouvé à Zürich – précise le capitaine xamaxien, Laurent Walthert, en zone mixte avant de poursuivre – Mais le doublé au début de la deuxième mi-temps a fait du mal. Et quand une équipe sait faire tourner le ballon avec une confiance absolue qui leur permet de profiter de leur supériorité numérique, nous avons beau être Xamax, Zürich ou Servette, nous serions tous dans la même difficulté. » Il est d’autant plus vrai que la soirée de Neuchâtel Xamax FCS s’est davantage compliquée d’entrée de seconde période sur la reprise victorieuse par Faruk Gül d’un centre millimétré de Steven Lang (46e). Un but qui témoigne à lui seul la difficulté d’une défense aux abonnés absents. Et même si une tête de Gaëtan Karlen (51e) rappelle Schaffhouse à une certaine prudence, il n’y a pas de quoi inquiéter véritablement l’arrière-garde adverse. Ni même l’entrée de Samir Ramizi et Kwadwo Duah n’ont changé la donne, Neuchâtel Xamax ne pouvait sortir la tête hors de l’eau. Il n’y a avait pas de place pour l’à peu près samedi soir à la Maladière et les Rouges et Noirs sont tombés en plein de dedans, opposés à l’excellence d’un soir, la pratique d’un football bien mené du début jusqu’à la 90e minute. Ça arrive, parfois. Un naufrage d’une soirée qui fait le bonheur d’adversaires en quête de points. Pour Schaffhouse, c’est une très belle preuve de solidité démontrée après le 3-0 infligé au FC Wil dans leur nouvelle Lipo Park, pas plus tard que mercredi soir en match retardé de la 20e journée de championnat. Un troisième succès consécutif qui leur permet temporairement de quitter la dernière place du classement. Une position qui n’en dit rien, Schaffhouse dénombre une vraie âme de Super League depuis le début de l’année. Qui l’aurait cru en décembre ?

Steven Lang : « Une renaissance après six mois difficiles à Saint-Gall »

Steven, quel est le moteur de ce nouveau FC Schaffhouse ?
« L’entraîneur change beaucoup de chose, d’autant plus quand il s’appelle Murat Yakin. On se surpasse en l’honneur de la chance d’être entraînés par lui. C’est un très grand tacticien qui nous décortique avec précision le jeu adverse. Nous n’avons plus qu’à l’appliquer sur le terrain. C’est le meilleur en Suisse et on ressent sa longue carrière. »

Vous êtes solides et bien coordonnés… C’est le fort de votre nouvelle équipe ?
« Chacun sait ce qu’il doit faire sur le terrain. Chacun connaît son rôle. Certains joueurs occupent leur fonction défensive, d’autres leur rôle offensif et le tout est parfaitement coordonné. Il y a beaucoup de sérénité et beaucoup de confiance entre nous tous et Murat [Yakin] est quelqu’un de très calme mais il sait se faire comprendre. Et pour un joueur, il n’y a rien de mieux. Nous sommes tous libérés et cela se traduit en match. »

Derrière Murat, il y a Hakan…
« Ce sont deux personnalités qui se complètent bien ; Hakan pour l’attaque et Murat pour la défense. Un très beau mélange. »

Vous visez plus que le maintien désormais ?
« Quand on fait des prestations comme celles de ce soir, l’on a évidemment envie de voir plus haut. Mais l’on doit d’abord assurer le maintien. Néanmoins, il est vrai que le deuxième tour est un nouveau championnat. En plus, en Challenge League, nous sommes tous à niveau égal, mis à part Zürich qui navigue à une classe supérieure. Je pense que si l’on continue dans la même confiance, l’on peut espérer battre n’importe qui. »

Un renouveau personnel ?
« Je suis effectivement en train de renaître, c’est que du plaisir. Après les six derniers mois passés à Saint-Gall – où c’était dur, les pires de ma carrière – je crois jouer mes meilleurs matches. Même si c’est la Challenge League, cela reste un très beau défi pour moi. Je ne suis pas un buteur à la base donc j’en profite. Et les points arrivent. Tant mieux.

Pénalty et carton rouge ? Que dit le règlement ?

N’en convienne à la lecture littérale des lois de jeu internationales adoptées en Suisse, la double pénalisation – soit l’attribution d’un pénalty couplé par un carton rouge – n’est pas automatique en cas de derniers recours. En témoigne la révision de la Loi 12.11 (p.87) du règlement de jeu adopté par les fédérations internationales de football, stipulant pourtant que toute infraction (sinon lourde et dangereuse) en surface de réparation ne conduit qu’à un avertissement en non à une expulsion pure et dure. Alors que penser du carton rouge attribué à Igor Djuric ? Reste à savoir si le défenseur rouge et noir ait réellement voulu attaquer le joueur plutôt que le ballon, auquel cas l’expulsion se veut être la juste sanction :

« Si un joueur commet une faute contre un adversaire dans sa propre surface de réparation pour annihiler une occasion de but manifeste, l’arbitre doit accorder un penalty et avertir le joueur fautif sauf si : la faute commise consiste à tenir, tirer ou pousser un adversaire ; ou le joueur fautif n’a pas essayé de jouer le ballon ou n’était aucunement en mesure de le faire ; ou la faute commise est quoi qu’il en soit passible d’un carton rouge indépendamment de l’endroit où elle est commise (faute grossière, acte de brutalité, etc.) auquel cas le joueur doit être exclu. »
Loi 12.11, Loi de jeu, The International Football Association Board (IFAB)

Mais qu’en est-il de l’attaque en retard, hors de la zone de réparation, du gardien Mateo Matic sur Raphaël Nuzzolo (28e) ? « Le pénalty était sans doute juste mais l’expulsion de Matic l’aurait été aussi. L’arbitre aurait pu être plus sévère avec Schaffhouse – admet le portier et capitaine neuchâtelois, Laurent Walthert, avant de poursuivre – C’est un troisième fait de jeu qui nous pénalise après les deux premiers infligés à Zürich. C’est dommage parce que celui-ci contribue fortement à nous plomber notre championnat. » Par cela même que le FC Zürich a la possibilité de creuser l’écart : « 12 points ? Nous continuons à jouer tous les matches pour gagner, nous sommes des compétiteurs et nous essaierons de faire de notre mieux jusqu’au mois de juin, même si le championnat se complique grandement », conclut Walthert.

Les faits de match
Neuchâtel Xamax FCS - FC Schaffhouse, 0-2 (0-1)

Composition de Neuchâtel Xamax FCS:
Laurent Walthert, Thibault Corbaz (56e Samir Ramizi), Charles-André Doudin, Gaëtan Karlen, Max Veloso, Raphaël Nuzzolo (72e Kwadwo Duah), Michael Gonçalves, Mustafa Sejmenovic, Mike Gomes, Pedro Texeira (21e Matheus Leoni) et Igor Djuric/16e.

Composition du FC Schaffhouse:
Mateo Matic, André Luis Neitzke, Faruk Gül (65e Imran Bunjaku), Paulo Menezes, Muhamed Demiri, Christian Zock, Steven Lang, Nejc Mevlja, Gjelbrim Taipi (89e Jean-Pierre Rhyner), Yassin Mikari (45e Shkelqim Demhasaj) et Granit Lekaj.

Buts: 16e Lang (P) (0-1); 46e Gül (0-2).

Notes:
16e Expulsion d'Igor Djuric.
Neuchâtel Xamax sans Léo Farine, Agonit Sallaj (suspendus), Kiliann Witschi, Dante Senger, Azad Odabasi, Liridon Mulaj et Astor Kilezi (non convoqués). Schaffhouse sans Franck Grasseler, André Gonçalves, Guillherme Fioravanti, Luca Tranquilli, Rejhan Zuli, Mirko Facchinetti, Gian-Luca Wellhäuser (blessés), Christian Baumgartner et Kristijan Zornjak (non convoqués).
Publicités
About Yves Di Cristino (341 Articles)
Rédacteur en chef, membre actif de l'Association Suisse des Journalistes Indépendants (CH-Media) et de l'Association vaudoise de la presse sportive (AVPS). Étudiant en Master de Sciences Sociales et Politiques à l'Université de Lausanne.

Laisser un commentaire

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s