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Le Servette FC et Meho Kodro renversent le leader zürichois pour leur première

Une ouverture du score venue d'ailleurs, Anthony Sauthier donne le premier coup de massue au FCZ

Devant ses 2’637 spectateurs, le Servette FC a validé la première, et sans doute la plus belle, victoire de son début d’année. Réduit de plusieurs blessures, le FC Zürich a subi sa première défaite de son exercice (2-1) au Stade de Genève. Du capitaine Anthony Sauthier à Matias Vitkieviez, les réactions étaient apaisées et satisfaites au terme d’une rencontre au parfum – de par l’affiche proposée – de Super League.

Servettien (Jean-Pierre Nsame) et Zürichois (Andris Vanins) dos à dos. Un choc au parfum de Super League au Stade de Genève. © Oreste Di Cristino / leMultimedia.info

« Je n’étais pas au courant que nous étions la première équipe à battre Zürich, alors nous sommes d’autant plus contents », retient, surpris, Matias Vitkieviez au terme de la rencontre. Pourtant, il suffisait d’y croire pour que ce qui s’apparente aujourd’hui à un exploit d’envergure, ne devienne finalement part de réalité. Tout ce qu’il fallait, concrètement, pour parfaitement débuter 2017. « C’était bien de les jouer au début ; ils étaient certainement dans une phase de rodage. Mais cela n’enlève en rien notre grande performance et toute la solidarité que nous avons prouvée tout au long de la rencontre », affirme, quant à lui, Anthony Sauthier. Une solidarité : un maître-mot pour une soirée qui a vu vaincre la compacité et la stature d’une défense solide et serrée. « L’équipe a été solide et elle n’as pas laissé beaucoup d’occasions, tout en s’en procurant beaucoup elle-même. Nous avons profité de leurs espaces et nous sommes très contents du résultat – confirme Vitkieviez avant de poursuivre – Je suis très content pour cette équipe qui a fait un match très solide à la Praille. Nous avons eu une préparation difficile avec une météo qui ne nous a pas aidés. Avec le nouveau coach, nous avons beaucoup travaillé la tactique et elle a payé aujourd’hui. » Le nouveau coach ? parlons-en justement car, au-delà des changements tactiques sur le terrain, c’est tout une personnalité de style, une spiritualité de jeu que Meho Kodro a ramenées depuis le mois de décembre 2016, faisant de l’ensemble de l’ère Braizat un lointain (et mitigé) passé. « [Par rapport à la direction d’Anthony Braizat], ce qui a surtout changé, au-delà du système de jeu, c’est l’état d’esprit de l’équipe. Nous avions réellement envie d’aller prendre quelque chose aujourd’hui », avoue l’attaquant Grenat. Un nouveau dynamisme qui a forgé la volonté et la vitalité de tout un ensemble. Arrivé avant le stage de préparation en Espagne à l’intersaison, le nouvel entraîneur a su parfaire la continuité (souvent délicate) entre les matches amicaux et le championnat. Une belle idylle qui ne demande qu’à prospérer.

FC Zürich dominateur mais imparfait

Ce n’est pas sous sa meilleure image que le FC Zürich a fait son déplacement à la Praille ce lundi soir. Sans Armando Sadiku, de retour au FC Lugano depuis le début de l’année, et réduits par de nombreuses blessures, dont Sangoné Sarr et Kay Voser, les hommes de Uli Forte ont connu une reprise plutôt délicate. Pourtant, c’est bien l’équipe alémanique que l’ont aperçoit le plus souvent dans les première minutes de la rencontre ; une domination territoriale qui n’assoit toutefois pas leur aplomb sur les quelques ouvertures qui se sont présentées à elle. Pis, elle nourrit la confiance d’un groupe servettien surdéterminé qui se voudra sans doute plus décisif que leurs adversaires. Dans les faits, l’agressivité des Grenats surprend ; aussi suffisait-il d’un coup-franc insidieux de Marco Delley à la 8e minute pour alerter l’arrière-garde zürichoise et esquisser la tendance, quoi qu’encore faiblement profilée. Mais c’est dans un dialogue monocorde, en première mi-temps, que les deux équipes se répliquent les tentatives avortées d’incursion ; le jeu manque finalement cruellement d’animation véritable à l’adresse des deux gardiens – Andris Vanins et Jérémy Frick –, spectateurs non-payants mais engagés de leur propre match.

« La première période nous a fait prendre confiance en nous. »
Matias Vitkieviez, attaquant du Servette FC

Cependant, cette première période au Stade de Genève n’en est pas moins dénuée de signification. Si le FC Zürich domine, territorialement parlant, c’est paradoxalement Servette qui s’est présenté comme le plus dangereux – ou dirons-nous – le plus menaçant. Son jeu en contre-attaque intimide, du moins – dit plus prosaïquement – il dérange. Opposant un front défensif solide à quatre (ce qui semble primer le modèle Kodro, contre Braizat), où Mfuyi et Sauthier font figure d’autorité, il ne manquait en réalité au SFC qu’une pincée de profondeur à Nsame ou encore un peu d’adresse à Maouche tout autant que de précision à Alphonse sur son tir excentré à la 36e minute pour parvenir à désarçonner la résistance zürichoise. Aussi, le jeu technique de Yassin Maouche impressionne ; indispensable qualité à de périlleuses contre-attaques. Il fallait un homme de gabarit et de grande agilité pour faire la différence au milieu de terrain ; Servette avait trouvé son modèle en la personne de Yassin Maouche (classe 1997). Avantage à l’une ou à l’autre des deux formations, il n’en restait pas moins que le score se maintenait dans une parfaite égalité. « La première mi-temps nous a surtout aidés à prendre confiance en nos potentialités et nous avons réellement pris conscience que nous pouvions mettre en difficulté le FC Zürich – lance Matias Vitkieviez avant de poursuivre – Nous nous sommes lâchés en seconde période et c’est ce qui me rend particulièrement fier ce soir. Nous méritions la victoire ; chacun s’est battu pour l’autre et c’est très exaltant. » En outre, élément d’importance : le retour tactique à un 4-4-2 traditionnel, dans lequel les défenseurs ont véritablement et solidement assuré leur rôle. Et face au FC Zürich, cela s’est traduit par un plantureux succès : « Nous avons effectivement changé de système, mais tout le monde connaissait déjà la défense à quatre – avance le capitaine Anthony Sauthier avant de continuer – Il nous suffisait d’opérer à quelques réajustements. Nous avons su le faire aujourd’hui, tactiquement nous étions en place et nous étions tous solidaires. Il y a bien sûr des imperfections mais nous allons continuer à peaufiner les petits détails. »

Chez les Grenats, sont primées patience et surprise

De fait, ce qui semblait (faussement) éteint en première période, prend forme en début de reprise. Servette affiche un visage conquérant et combattif ; les Grenats sortent de leur réserve pour véritablement opposer au FCZ leur plus grand courage. Noyés et pressés très hauts, seule une mauvaise sortie de Jérémy Frick sur Cavusevic à la 57e minute semble être à mettre au profit des Zürichois. C’est si peu pour une formation de grand calibre qui se livre à un abondant gâchis. La solution tentée par Uli Forte se résumait en la sortie, à l’heure de jeu, de Cavusevic, remplacé par le nouveau renfort de l’équipe, le Ghanéen Raphael Dwamena, auparavant pensionnaire de deuxième division autrichienne avec le SC Austria Lustenau. Cette substitution (61e) s’avère ainsi aussi logique qu’inédite. Pour ses premiers ballons, Dwamena aura eu la tâche impérative de (mieux) s’employer face à Jérémy Frick. On lui aurait volontiers laissé le temps si Anthony Sauthier n’avait pas, par pur instinct, enfilé l’un des plus beaux buts de la saison d’un tir caressé et lobé qui, fruit de l’impensable, surprend, autant qu’il ne réveille, l’ensemble du Stade de Genève, Andris Vanins compris. « Il fallait s’attendre à être surpris, j’ai mis deux goals à la Praille et ils étaient tous les deux incroyables – plaisante l’heureux buteur avant de poursuivre – Il faut dire que je ne me suis pas posé de questions, j’ai tiré et j’ai eu le brin de chance qu’il fallait pour parvenir à un but de ce genre. Tant mieux pour l’équipe. » Un épisode qui, par la force des choses, renversa du tout au tout les rapports de force entre les deux équipes ; le FCZ, en mauvais payeur quand dominé, expia cette fois-ci rubis sur l’ongle ses manques intermittents de lucidité. De plus, les entrées en jeu de Florian Berisha (68e) et d’Ousmane Doumbia (76e), ponctuée par un tir sur la transversale de Vitkieviez (72e), ne vinrent pas arranger la condition du leader du championnat. Le Servette FC s’est ainsi, subitement, montré fichtrement créatif, à quoi s’ajoute le coup de pouce sur pénalty de Jean-Pierre Nsame qui clôt (presque) définitivement la partie (83e). Alain Nef réduira la marque dans le final mais n’évitera pas son équipe de réaliser son premier faux pas de la saison. Et Zürich – Neuchâtel Xamax, c’est lundi prochain… De quoi relancer la Challenge League ?

Une victoire qui donne des ailes ?

Cette victoire contre le premier du classement est-elle susceptible de modifier les attentes de Servette pour cette seconde partie de saison ? À vrai dire, on le souhaite mais « il faut garder les pieds sur terre et continuer sur la bonne lancée. » Le pragmatisme de Matias Vitkieviez reste le même : il ne convient de faire les comptes qu’en fin de saison. « Nous devons de toute évidence prendre match après match et cueillir le meilleur classement en fin de saison. Zürich est très loin, nous en sommes conscients. Mais de manière générale, ce ne sera pas facile. Le prochain match sera à Winterthur et il nous faudra absolument maintenir l’état d’esprit avec lequel nous avons commencé cette nouvelle année », dit-il. Le discours est le même chez Anthony Sauthier : « Cette victoire nous permet de bien commencer le troisième tour mais il ne faut surtout pas s’enflammer – dit-il avant d’ajouter – Nous devrons aller à Winterthur avec la même envie pour faire honneur à notre performance d’aujourd’hui. » Dernière précision ? le maintien, c’est joué ? « Le maintien n’est pas acquis mais je suis quelqu’un qui aime regarder vers l’avant – lance Vitkieviez avant de conclure – Nous avons fait une très belle opération mais si l’on perd le prochain match, les trois points auront tout de suite moins de saveur. » Seul le travail paiera véritablement et avec Meho Kodro, la voie se présente bien.

Les faits de match
 Servette FC – FC Zürich, 2-1 (0-0)

Composition du Servette FC :
 Jérémy Frick, Anthony Sauthier, Matias Vitkieviez, Marco Delley (68e Florian Berisha), Alexandre Alphonse (84e Hugo Fargues), Jérémy Faug-Porret, William Le Pogam, Jean-Pierre Nsame, Mirsad Hasanovic, Yassin Maouche (76e Ousmane Doumbia) et Christopher Mfuyi.

Composition du FC Zürich :
 Andris Vanins, Antonio Marchesano, Alain Nef, Oliver Buff, Burim Kukeli, Dzengis Cavusevic (61e Raphael Dwamena), Umaru Bangura (78e Moussa Koné), Cédric Brunner, Marco Schönbächler (61e Adrian Winter), Nicolas Stettler et Ricardo Rodriguez.

Buts : 65e Sauthier (1-0) ; 83e Nsame (P) (2-0) ; 89e Nef (2-1).

Notes : Servette sans Liassine Cadamuro (suspendu), Romain Kursner, Miguel Rodrigues, Patrik Baumann, Adler Da Silva, Alberto Libertazzi, Bruno Caslei, Luca Gazzetta (non convoqués) et Fabry Castro (non qualifié). Zürich sans Armin Alesevic, Mike Kleiber, Ivan Kecojevic, Sangoné Sarr, Kay Voser (blessés), Yanick Brecher, Fabian Rohner, Yann Fillion et Izer Aliu (non convoqués).
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About Yves Di Cristino (292 Articles)
Rédacteur en chef, membre actif de l'Association Suisse des Journalistes Indépendants (CH-Media) et de l'Association vaudoise de la presse sportive (AVPS). Étudiant en sciences sociales et politiques à l'Université de Lausanne.

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