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Rugby : Un record du stade pour le retour des Grenat à la Praille

« Tout va bien, nous étions heureux de faire notre retour à la Praille en ce mois de janvier », Jonathan Torossian

Le Servette Rugby Club a atomisé dimanche après-midi le club français du BOC Belley 143-5 dans le cadre de la douzième journée du championnat de première série du Comité du Lyonnais. Et, à vrai dire, en deux matches, c’est l’ensemble d’un projet que l’on a retrouvé sur les terrains en ce début d’année 2017. Focus.

Mickaël Medus en première période face au BOC Belley. © Oreste Di Cristino / leMultimedia.info

Le Servette Rugby Club a été expéditif pour son premier match de l’année 2017 à la Praille. Largement dominé 143-5 en 70 minutes (au lieu des 80 réglementaires), le BOC Belley a accusé la défaite la plus pesante de sa saison, depuis la promotion en première série du Comité du Lyonnais, malgré la défaite en finale de deuxième série à Bron le 23 avril dernier face au même SRC. C’est pourtant avec courage et application que l’équipe belleysane a foulé, ce dimanche après-midi, la pelouse du Stade de Genève, rétamée et blanchie par le gel. Il n’en reste pas moins que l’équipe de Belley s’est distinguée en faveur de sa volonté et sa complaisance dans l’abnégation et le défouloir, la passion et l’émulation de leur sport et surtout par leur caractère combattif, serein, tenace et en aucun cas démissionnaire, preuve de haute dignité pour une équipe de série territoriale ; l’écart au score étant éclipsé par un attachant volontarisme prouvé par l’ensemble du contingent. Aussi « le club a connu des difficultés à reconstituer l’équipe qu’il avait la saison passée marquée par beaucoup de départs – débute le président du club Marc Bouchet avant de continuer – C’est un club qui a besoin de se renforcer aussi et donc il nous faut relativiser notre super score d’aujourd’hui. » Une révérence aux vaillants adversaires que le club Grenat a accueilli dans un cadre sportif idyllique et particulièrement accommodant ; en atteste le demi de mêlée servettien Jonathan Torossian : « Nous avons la chance d’évoluer dans une très belle enceinte », répète-t-il à l’envi. Le numéro 10 d’un jour – il est le plus souvent aligné en numéro 9 –, auteur par ailleurs de deux essais en solitaire (63e et 65e), témoigne dans une gaieté manifeste tout son contentement pour la reprise du championnat de première série au Stade de Genève : « Tout va bien, nous étions heureux de faire notre retour à la Praille en ce mois de janvier. »

Un début de 2017 entre record et pragmatisme

Un retour gagnant – c’est le moins que l’on puisse dire –, aussi car les Grenat, forts de leurs nombreuses individualités, ont tout bonnement battu, pour leur deuxième victoire de l’année 2017, le record de points marqués à la Praille : « Le travail commence à payer depuis que notre nouvel entraîneur [Guillaume Boussès] nous a rejoint en début de saison – affirme Marc Bouchet avant de poursuivre – Il est très rigoureux et il insuffle beaucoup de sérieux aux entraînements et cela s’est vu aujourd’hui, de la première à la dernière minute, avec une constance dans l’effort et dans la technicité. Des essais réguliers et relativement très peu de fautes. Nous avons été peu pénalisés cet après-midi. » Toutefois, comme le rappelle le président des Grenat, tout n’est pas encore acquis, ni la tête du championnat et encore moins la victoire finale : « Nous sommes très fiers de ce record de 143 points mais n’oublions pas que les musiciens se paient à la fin du concert et la fin de saison est encore loin. ». Des paroles que corrobore également Jonathan Torossian : « Ce n’est pas parce que l’on a gagné de beaucoup cet après-midi que tout est acquis, bien au contraire. Ce sera lors de matches un peu plus rudes que l’on pourra réellement vérifier notre état de forme pour 2017. Mais il faut dire qu’il y a de plus en plus de monde qui est assidu en entraînement, tout le monde est motivé pour cette nouvelle année et ce, malgré les températures et les conditions de jeu difficiles. Mais c’est aussi ça, le rugby », lance-t-il en fin de rencontre ce dimanche après-midi. Le pragmatisme dans les discours et les réactions, tel que toujours présenté par les Grenat, prend sens particulièrement à cette période de l’année où tout – du calendrier aux conditions de jeu – est navigue le flou. Aussi, faudra-t-il parfois faire preuve de patience, tout autant que de régularité dans des phases où le temps peut jouer de mauvaises surprises. Le tout résidant dans la capacité et la disponibilité en infrastructures et en matériel de maintenir un rythme un tant soit peu régulier. « Il y a beaucoup de matches qui sont suspendus pour cause de terrains gelés, ce qui pousse beaucoup de municipalités [en France] à fermer les centres sportifs. Belley n’a pas eu l’opportunité de beaucoup s’entraîner, tous n’ont pas la chance de bénéficier d’installations comme nous en avons à Genève qui permettent de nous entraîner pendant l’hiver. Et quand on ne s’entraîne pas, au rugby, il devient immédiatement difficile de défendre la position lors du week-end de match », explique Marc Bouchet. Mais l’entraînement est un fait, l’application en match en est une autre ; encore faut-il que Servette puisse bénéficier de temps de jeu convenable dans cette partie de la saison aux couleurs incertaines : « Le calendrier se complique pour nous avec beaucoup de matches suspendus ces dernières semaines – débute le président Grenat avant de poursuivre – Les dates ne sont pas encore fixées, il y a eu quelques bouleversements mais l’on s’attend à jouer d’autres matches dans la région, si ce n’est au Stade de Genève, très prochainement. » Autre impératif du calendrier, la rencontre de l’équipe de Suisse de football face à la Lettonie prévue le 25 mars 2017 au Stade de Genève demande d’agir avec précaution sur une pelouse qui pourrait mal vivre une mauvaise cohabitation entre le rugby, le football et… le gel. Avec tout cela, il conviendra donc de s’armer de courage, constance et surtout de persévérance – comme toujours en somme – afin de poursuivre au mieux le reste de la saison ordinaire de première série du Comité du Lyonnais.

On l’a vu en 2017 : la confiance (et la place) à la nouvelle génération

Que ce soit à Feurs (victoire 45-11 dimanche 15 janvier) ou à Genève ce dimanche, Guillaume Boussès a tenu à aligner, en ce début de nouvelle année, non sans une certaine retenue, plusieurs éléments nouveaux au sein du contingent de la première équipe. Face au RC Forezien la semaine passée, Victor Charpentier (19 ans) avait fait sa première apparition en tant que titulaire – tout comme Thomas Broux (19 ans) – avec l’équipe senior. Une apparition qui n’est pas passée inaperçue aux yeux des dirigeants qui vantent leurs jeunes talents issus du propre centre de formation. Cette semaine, ce fut également au tour de Quentin Dessauvages, remplaçant et entré en seconde période, de faire ses premiers pas dans le bain de l’équipe première. Trois jeunes qui n’ont pas simplement servi de faire-valoir à une équipe qui, de notoriété, en connaît déjà un bon chapitre. Ce dimanche, c’étaient bien eux qui firent l’objet de toutes les convoitises : « Thomas Broux vient de Saint-Julien, c’est un jeune de 19 ans tout comme Victor Charpentier [qui était aligné avec l’équipe réserve, victorieuse par 118-3 contre la réserve de BOC Belley] qui est un jeune vaillant, un deuxième ligne très “dur au mal” – débute Marc Bouchet avant de continuer – Celui que l’on a vu débuter aujourd’hui, c’est Quentin Dessauvages en numéro 8 qui provient de notre équipe des M18. Il vient d’avoir 18 ans et est donc qualifié pour jouer avec l’équipe senior. On l’a lancé dans le grand bain cet après-midi et il a fait un très grand match et a même marqué un essai (ndlr, 19e minute de jeu). Il est vraiment bien intégré au groupe et c’est ce que l’on veut au sein de notre club. On ne va pas prétendre que Quentin a été formé chez nous ; il vient d’Annecy-Le-Vieux et est passé par le centre de formation de Grenoble et j’espère qu’il sera l’exemple pour de nombreux autres jeunes. » Sur Dessauvages encore, Jonathan Torossian confirme : « Il faut dire que gagner largement avec un petit jeune qui a tout juste 18 ans, ça fait avancer le projet de Servette à grand pas donc nous sommes très heureux du match d’aujourd’hui. En comptant Broux et Charpentier, c’est la continuité qui est en marche. De plus en plus de jeunes vont intégrer l’équipe première et il se distinguent très nettement. On remercie à ce titre également les anciens qui les accompagnent dans leur voie. » De nombreux jeunes avaient déjà intégré la formation principale en 2016, à l’instar de Cédric Curdy, qui a même fait ses débuts en équipe nationale les 20 et 26 novembre derniers face au Portugal et la Moldavie. Une fierté pour les cadres qui lui avaient d’ores et déjà octroyer une pleine confiance au sein du club genevois : « Nous avons déjà des jeunes joueurs de 18 à 20 ans qui composent notre équipe première. Ce sont, ensemble, des jeunes que nous souhaitons intégrer à notre équipe première, un de temps en temps, en conformité avec notre projet à Servette. » Une continuité dans un projet de longue haleine, déjà, et qui ne souffre d’aucun complexe. Le développement suit sont bon train à la Praille, c’est fort bien !

Les faits de match
Servette Rugby Club – BOC Belley, 143-5 (81-0)

Pour Servette, il n’aura fallu que 27 secondes pour valider le premier essai de la rencontre par Vincent Suchaud. Aussi, il aura fallu un dernier essai validé par Valdo Fischer à la 70e minute pour que l’arbitre de la rencontre ne décide que la partie avait assez duré. Entretemps, c’est un festival que les Grenat ont proposé aux quelques spectateurs valeureux ayant fait le déplacement au Stade de Genève malgré les froides températures. Que de valeureux soldats ce dimanche à la Praille, tous combattant un fléau, le vent glacé. Mais certains se sont démarqués plus que d’autres : comme Suchaud (1e et 40e), Cambin (2e ; 21e ; 29e et 32e), Fischer (6e ; 53e et 70e), Escoffier (10e et 23e), Baudouin (14e ; 35e ; 41e et 48e), Dessauvages (19e), Pradel (26e), Tope (46e), Guillart (50e), Carlioz (56e), Darracq (60e) et Torossian (63e et 65e). Seul Vistoli parviendra à sauver l’honneur pour la formation belleysane à la 67e minute sur une interception propre au cœur de la défense servettienne. Du reste, en parlant d’honneur, on n’a pas manqué de trinquer au terme de la rencontre.

Transformations :
Torossian (2e, 10e, 14e, 19e, 21e, 23e, 26e et 35e — 8/13, 62%) ;
Suchaud (41e, 48e, 50e, 53e, 60e et 65e — 6/10, 60%).

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About Yves Di Cristino (310 Articles)
Rédacteur en chef, membre actif de l'Association Suisse des Journalistes Indépendants (CH-Media) et de l'Association vaudoise de la presse sportive (AVPS). Étudiant en sciences sociales et politiques à l'Université de Lausanne.

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