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Zinédine Zidane : « Je suis passionné et ça ne va pas changer »

« Fabio Celestini n'est pas magicien mais il donne beaucoup à son club », Zinédine Zidane

L’ancien international français était de passage à Lausanne ce lundi après-midi pour entraîner la jeunesse du football vaudois. Mais au-delà de sa séance d’entraînement, l’homme aux deux finales de Coupe du Monde – l’une remportée en 1998, la seconde perdue face à l’Italie en 2006 – est largement revenu sur les nombreux pans de sa carrière internationale avec l’équipe de France, ses clubs de cœur (Cannes, Bordeaux, Juventus) et le Real Madrid, duquel il a fraîchement été nommé entraîneur il y a maintenant huit mois.


 

C’est un personnage humble qui a foulé la pelouse du Stade de la Pontaise lundi après-midi. Invité par l’Association « Passion Foot » à entraîner la relève du football vaudois – plus précisément la sélection régionale M14 ACVF – le champion du monde 1998, actuel entraîneur du Real Madrid, a rappelé à la presse suisse et internationale les véritables fondamentaux de son sport. « Nous devons approcher notre sport avec plaisir. C’est ce que je veux transmettre aux jeunes cet après-midi – débute Zidane en conférence de presse avant de continuer – De plus, à 13 ans et demi, on doit avoir du plaisir d’être avec les copains et de jouer avec eux ». Humble car passionné. C’est bien par un calendrier très chargé que l’homme fort du Real Madrid a accepté de consacrer son congé aux jeunes espoirs du football vaudois : « Zidane a changé parce qu’il a pris plus d’assurance en lui mais au fond de lui, c’est toujours le même – débute Alain Migliaccio, ancien agent et ami du Français – Il a toujours la même intelligence, la même réserve et surtout, il reste entier. La gloire ne l’a pas changé. Il a toujours eu la classe dans la simplicité. Il aurait pu refuser de venir à Lausanne pour la simple cause du temps car je rappelle qu’il y a huit jours, il était à Tenerife, le lendemain à Dortmund et il a tout de même pris le temps de venir ici. Et c’est une très grande preuve d’amitié à mon égard de sa part ». Aussi, l’initiative ne venait pas de source inconnue ; Alain Migliaccio, lui-même, créait de concert avec l’ancien président du FC Lausanne-Sport, Bernard Jaton, une association qui puisse être pleinement engagée dans la formation de la jeunesse du canton. « Passion Foot est le résultat d’une amitié avec Alain qui fut simplement créateur de la fonction d’agent dans le football français – explique à son tour Bernard Jaton – Il a été l’agent de plus de 350 joueurs et entraîneurs dans l’Hexagone et il y a eu un intérêt commun entre nous deux qui était la formation des jeunes. C’est pourquoi, après être revenu en Suisse suite à sa retraite, il a voulu s’y engager plus concrètement ». Voilà donc que pour son premier événement en faveur des espoirs du football du canton de Vaud, l’association a misé sur le personnage incontournable de Zinédine Zidane. L’ancien capitaine des Bleus a ainsi pu livrer en conférence de presse – trois heures avant de fouler la pelouse de la Pontaise – ses impressions sur l’ensemble de son rôle au Real Madrid, sa carrière d’entraîneur, sa passion et même sur son étroite relation avec Fabio Celestini, l’entraîneur du FC Lausanne-Sport.

« Fabio Celestini ne compte pas ses heures »

Questionné sur ses rapports avec l’actuel coach du FC Lausanne-Sport, Zinédine Zidane n’a éprouvé que des sentiments positifs à l’égard de son homologue : « On se connaît très bien. Nous étions tous les deux joueurs à Madrid à l’époque, moi au Real et lui à Getafe. Nos enfants jouaient aux Club Deportivo Canillas (ndlr, petite équipe de la banlieue madrilène) et c’est là où l’on s’est retrouvé. Je vois qu’il fait un formidable boulot ici en tant qu’entraîneur mais je ne suis pas surpris car il était convaincu de ses choix après sa carrière de footballer ». De plus, interpellé par Alain Joseph lui-même, “Zizou” n’a pas manqué d’adresser quelques conseils à l’actuel président du LS : « Je vous conseille de faire confiance à votre entraîneur, c’est tout. Parce que je sais que c’est quelqu’un de bien et qu’il ne compte pas ses heures. Il est passionné et je le voyais à travers ses actions en tant que joueur. Il aimait diriger et c’est pourquoi vous devez lui donner toute la reconnaissance qu’il mérite ». À lui de conclure : « Il n’est pas magicien mais il donne beaucoup à son club ».

« La pression est quotidienne et j’adore ça »

Engagée la conversation de son engagement actuel au Real Madrid, Zidane n’a pas manqué non plus d’évoquer la passe mitigée que son club vit en championnat : « Les joueurs sont de grands enfants. Les miens ont cette passion pour le football et quand je les vois jouer, c’est un régal car ce sont de grands professionnels. Pour moi, ce sont les meilleurs joueurs du monde. Même si en ce moment, on passe un moment compliqué avec nos trois matches nuls consécutifs en championnat (ndlr, face à Villareal 1-1, Las Palmas 2-2 et Eibar 1-1). Mais c’est un vrai plaisir de les côtoyer. Ils veulent sans arrêt progresser et prenant l’exemple de Cristiano [Ronaldo], il veut toujours marquer des buts à l’entraînement pour pouvoir s’améliorer en match ». Mais pour le coach du Real Madrid, les résultats acquièrent une importance secondaire, aussi car l’ancien capitaine de l’Équipe de France ne rate aucune occasion pour louer les joueurs qu’il côtoie au quotidien : « J’ai la chance d’entraîner des joueurs exceptionnels et de grands passionnés. J’attache une importance aux valeurs du football. Nous ne sommes pas que des joueurs. Nous sommes des exemples importants pour tous les jeunes et mes joueurs au Real partagent de vraies valeurs. Ce sont des gens bien. Ça fait huit mois que je suis avec eux, j’apprends à les connaître et je suis content de ce que je vois au quotidien avec eux. Ils s’occupent de beaucoup d’associations et en sont même parfois parrains ». Et sur sa fonction d’entraîneur, n’est-ce point un poste à pression ? « C’est ma façon d’être. La pression est quotidienne et j’adore ça. Je suis passionné et ça ne va pas changer. Quand j’ai voulu être entraîneur, je savais que ça n’allait pas être de tout repos. Je crois beaucoup au travail, aussi car je suis un jeune entraîneur et j’ai besoin de progresser. Mais ce n’est jamais acquis. J’ai un staff important composé de personnes très compétentes autour de moi et qui m’aident beaucoup. Et je connais très bien ce club. J’y suis arrivé en 2001 et je ne l’ai jamais quitté ».

« Ma motivation n’était pas celle de gagner de l’argent »

Le champion français s’est adressé à l’assistance avec sincérité. Il y détaillait, dans un discours simple et honnête, ses principales motivations qui l’ont progressivement poussé à signer dans les clubs dans lesquels il a joué : « J’ai eu de la chance de pouvoir avoir du temps de jeu dans tous les clubs dans lesquels je suis passé. J’étais d’ailleurs bien conseillé par Alain [Migliaccio] et j’ai pris mon temps pour peser toutes les propositions. Aussi car ma motivation principale n’était pas celle de gagner de l’argent mais avant tout de pouvoir jouer au football. Et à Cannes, Bordeaux, puis à la Juventus et au Real Madrid, c’était le cas ». Et au Marseillais d’ajouter : « Après Cannes, j’avais la possibilité de signer à l’OM et à cette époque-là, selon moi, c’était un mauvais choix. Car aller à Marseille retrouver toute ma famille, cela n’aurait pas été possible. On ne peut pas faire une grande carrière si nous ne sommes pas concentrés sur ce que nous faisons tous les jours. Et même si j’aurais aimé jouer au Vélodrome, j’ai préféré garder une pleine conscience sur mes perspectives futures ».

« J’essaie de faire du Zidane »

Dans sa carrière, Zinédine Zidane a eu la chance d’apprendre aux côtés de grands personnages du monde footballistique. Un apprentissage unique duquel il essaie d’en tirer le meilleur, selon lui : « J’ai eu de la chance d’avoir de grands entraîneurs en France, en Italie et en Espagne. C’était le cas de Guy Lacombe (à Cannes) qui était très important à mes yeux. Car le plus important dans la formation, c’est bien le départ. Et dans ce sens, avoir un entraîneur qui nous transmet des choses importantes pour la suite, c’est unique. Par la suite, j’ai eu Marcello Lippi (à la Juventus) sur le plan tactique et en Espagne, Vicente Del Bosque pour le jeu. Et Aimé Jacquet a parachevé la formation en y donnant le coup de grâce. Aujourd’hui, j’ai la chance de pouvoir me servir de tous leurs conseils et d’enfin essayer de faire du Zidane ». Mais au-delà du terrain, l’icône du football français n’a pas manqué de remercier personnellement son ancien agent qui occupa une place prépondérente de la carrière du phénomène Zidane : « Pour moi Alain a été plus qu’important dans ma carrière et à tous les niveaux. Et aujourd’hui, au-delà de l’amitié, il s’est constamment occupé de moi. Et c’est bien la qualité première d’un agent. Il me conseillait pour mes choix professionnels, mes contrats mais aussi pour mes choix de maison et la publicité. Il a toujours été à mes côtés et il sera toujours là ». Un discours clair et concis, empreint d’émotion et de chaleur. Tout ce qui semble résumer la carrière de l’international français qui fut – à vrai dire – l’un des meilleurs joueurs européens de ces cinquante dernières années. Un grand jour pour la jeunesse vaudoise.

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About Yves Di Cristino (300 Articles)
Rédacteur en chef, membre actif de l'Association Suisse des Journalistes Indépendants (CH-Media) et de l'Association vaudoise de la presse sportive (AVPS). Étudiant en sciences sociales et politiques à l'Université de Lausanne.

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