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La Suisse séduit pour son entrée en lice face au Portugal

Les hommes de Vladimir Petkovic renversent les champions d'Europe 2-0 à Bâle

En sold-out, hôte de ses 36'000 spectateurs, le Parc Saint-Jacques de Bâle a savouré cette première nuit de succès pour une nationale helvétique de prestige. Le scalp des frais champions d'Europe offert, c'est avec rudesse et persévérance que les hommes de Vladimir Petkovic se donnent rendez-vous à Budapest dans un mois.

Stephan Lichtsteiner (à gauche) et Admir Mehmedi se réjouissent après le 2-0 face au Portugal à Bâle. © Oreste Di Cristino

Antonio Manicone dans les bras de Vladimir Petkovic; celle-ci sera sans doute l’image que l’on retiendra de ce coup d’envoi à la course à la qualification pour la Coupe du Monde en Russie de 2018. Face au Portugal, la joie partagée de l’entraîneur et de son assistant feront histoire. Aussi, pour leur premier déplacement post-Euro, les hommes de Fernando Santos (qui accuse sa première défaite internationale avec le Portugal) se sont écroulés sur la pelouse du Parc Saint-Jacques de Bâle, offrant par la même occasion, trois premières unités précieuses au classement du groupe B pour la Suisse. Précieuses aussi bien pour la manière avec laquelle les points ont été acquis que pour la simple vaillance dont il a fallu démontrer pour renverser les favoris du groupe. Et c’est déjà tant mieux. Joyeusement surprenant ou timidement prévisible, ce résultat, Vladimir Petkovic l’attendait de pied ferme. Avec une équipe mieux préparée autant physiquement que techniquement, ce premier moment de vérité à Bâle se démarque catégoriquement des débuts manqués de 2014 lors des qualifications pour le dernier Euro en France: « Nous avons mieux entamé notre campagne qu’il y a deux ans – affirme Vladimir Petkovic en conférence de presse – Cela nous comble d’euphorie mais la route est encore longue. Rien n’est pour le moins décidé. Nous pouvons fêter la victoire ce soir mais dès demain, il faudra penser aux prochains rendez-vous et aux performances similaires auxquelles est appelée à réaliser l’équipe. Nous sommes prêts à affronter la suite du parcours ». Aussi ce Portugal ne s’apparente nullement à cette Angleterre, ni même à cette Slovénie face auxquelles la Nati avait buté en 2014. Ballotés entre l’inefficience d’Éder et la rentrée tardive de Ricardo Quaresma, les Lusitaniens ont été gagnés par leurs larges carences offensives rendues manifestes (aussi) par leur inaptitude à supplanter l’absence de Cristiano Ronaldo. C’est ainsi que, huit ans après le dernier Suisse-Portugal au Parc Saint-Jacques pour le compte de son Euro (2008) à domicile, la Suisse s’impose à nouveau et sans vergogne sur le score franc de 2-0.

Vladimir Petkovic demande plus de recul et davantage de calme au Parc Saint-Jacques de Bâle. © Oreste Di Cristino

Vladimir Petkovic demande plus de recul et davantage de calme au Parc Saint-Jacques de Bâle. © Oreste Di Cristino

Embolo séduit, le collectif fascine

Et puis, dans ce qui se délignait par un classique 4-2-3-1 bien suisse, la formation n’a souffert d’aucune excentricité avec Embolo en suppléance du lutin Shaqiri et Seferovic garant de la pointe de l’attaque. Que l’on en convienne, l’on se satisfera jamais assez de voir le jeune prodige du Schalke 04 défier les défenses adverses, aussi car la technique du garçon est appréciable. Voilà – sans l’ombrage du moindre hasard – que Petkovic lui a alloué un rôle clef dans l’organisation offensive de cette Suisse: « En deux matches, il a inscrit deux splendides buts », s’émerveille par ailleurs celui-ci en conférence de presse d’après-match. Et pour cause, partie trop en trombe dès les premières minutes de jeu, l’équipe a rapidement pris la température d’un Portugal arborant la classique “habileté” défensive de Fernando Santos basée avant tout sur la rapidité des contre-attaques. À tel point, inutile de trop se précipiter; à la 10e minute, Petkovic appelle au calme. Une défense resserrée tout en guettant l’opportunité pour des longs ballons: « Nous avons attaqué défensivement », affirme par ailleurs ce dernier. Autrement dit, cette Suisse s’est calquée avec élégance au dispositif de son adversaire. Et c’est bien là que la présence de Breel Embolo a compté. Assurant, à lui seul, la tenue de cette ligne de trois dans le dos de Seferovic, le jeune homme de 19 ans était à l’appel de tous les ballons renvoyés par la défense. Meneur autant que buteur, il est là – indéniablement – l’homme du match.

« Dommage pour le double avertissement à Xhaka mais avec la qualité démontrée ce soir, nous parviendront à les compenser pour le prochain match »
Vladimir Petkovic

Aussi une question se pose: à quelle composition devra se plier cet effectif pour réintégrer Xherdan Shaqiri ? Autrement dit, la paire Embolo-Shaqiri est-elle assurément viable ? « À vrai dire, tout dépendra du mois prochain (ndlr, lors du double rendez-vous à Budapest, puis à Andorre) – débute l’entraîneur avant de poursuivre – Mais il n’est pas exclu que les deux jouent ensemble. Ce que je peux dire à ce stade, c’est que l’équipe a démontré avoir de très grandes qualités et être mentalement forte. Elle a agi et réagi et c’est le signe que nous avons beaucoup progressé ». Après un premier quart d’heure d’embarras face à l’oppression d’Éder (parti seul dans le dos de Lichtsteiner à la 4e minute) ou bien même de Bernardo Silva (tir dans les gants de Sommer à la 5e), la Nati s’est donnée les moyens de résister face au tempérament de Portugais dominateurs: « En première mi-temps, c’était une guerre ouverte entre les deux équipes et cela ne m’a pas beaucoup plu », affirme Petkovic. Mais lui-même s’est rapidement rendu compte du potentiel qu’a exploité son équipe après l’ouverture du score (à la 23e minute). Une délivrance, sans doute, qui anoblit alors instantanément le jeu suisse jusqu’à parvenir à doubler la mise sur une frappe enroulée d’Admir Mehmedi à la demi-heure: « Nous avons marqué deux buts mais nous en avons provoqué bien plus. Face à un tel adversaire, nous avons prouvé que, non seulement nous savons maintenir le rythme du jeu pendant 90 minutes, mais aussi que nous pouvons être très dangereux », témoigne le sélectionneur en conférence de fin de match. Seul point noir de la soirée: l’expulsion de Granit Xhaka au terme de la rencontre (93e) mais pour Petkovic, tout est consolable: « Dommage pour le double avertissement mais avec la qualité démontrée ce soir, nous parviendront à les compenser pour le prochain match. Aussi, ce qui me rend heureux, c’est de voir que cette équipe est devenue plus mature ». Dans la lignée des propos de son coach, pour Johan Djourou, « [Xhaka] a fait un très grand match et c’est là le plus important ».

Une deuxième mi-temps de souffrance

Dominés après les 45 premières minutes, Fernando Santos opère à deux changements à la pause. Il sort Éder, buteur miracle de la finale de l’Euro au Stade de France (entrée d’André Silva) et lance João Mario sur la pelouse (sortie de William Carvalho). Avec l’entrée du milieu du Sporting de Lisbonne, athlétique et assurément rapide en phase de contre-attaque, autant préciser que l’appétence n’était nulle autre que celle de mettre (encore plus) la pression sur une Suisse qui semblait déjà stabilisée. Et ce fut le cas notamment après l’entrée ovationnée de Ricardo Quaresma (pour João Moutinho) peu après l’heure de jeu. Ainsi, le Portugal s’empare de la possession mais n’améliore pas sa précision de passe lui empêchant de forcer la main face à la défense de Schär et Djourou. Aussi, la finition fut un véritable désastre; (presque) jamais Yann Sommer n’a été proprement inquiété sur l’ensemble de la rencontre, témoignant – pour ainsi dire – toute l’anémie qui réside dans ce secteur clé du jeu portugais. Mais cela n’empêche nullement Valon Behrami de témoigner toute la complexité de maintenir le résultat sur la distance; si la Suisse a de l’endurance, il faut qu’elle l’entraîne encore plus: « La deuxième mi-temps était plus difficile et c’est normal. Le Portugal est une équipe de classe mondiale et leur titre européen n’est de loin pas un hasard. Nous avons joué sur le rythme et nous savions que nous allions souffrir. Mais nous devons faire encore mieux parce que la condition n’est pas encore optimale », affirme le joueur de Watford. Aussi – outre l’infériorité numérique imposée en toute fin de match – la Suisse a également risqué de subir le but du regain portugais à dix minutes du terme. S’agissant de la meilleure occasion des Lusitaniens – à l’origine d’un mauvais renvoi de Valon Behrami sur Quaresma – l’attaquant du Besiktas adresse un centre dans la surface de réparation suisse sur lequel le capitaine Nani se livre à une subtile reprise de volée. Impuissant sur l’action – mais impérial sur l’ensemble de la rencontre – le portier de la nationale ne peut que voir s’écraser le ballon sur son poteau gauche (81e minute). Une frayeur éphémère qui permit toutefois à la Suisse de renforcer encore davantage sa solidité à l’arrière: « En somme, c’est un résultat très positif – avance Johan Djourou avant de conclure – L’équipe l’avait annoncé; elle était prête. Nous avons su être opportunistes en première période et nous avons essayé de pousser pour le 3-0 mais en deuxième mi-temps, ce n’était plus si simple parce le système de jeu du Portugal a changé. Mais je reste heureux d’une formation qui a montré un visage combattif et c’est de bonne augure pour la suite ». Cette suite, ce sera à Budapest face à la Hongrie. La même qui passait les poules de l’Euro en tête de groupe devant l’Islande et ce “même” Portugal. Ça promet.

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About Yves Di Cristino (341 Articles)
Rédacteur en chef, membre actif de l'Association Suisse des Journalistes Indépendants (CH-Media) et de l'Association vaudoise de la presse sportive (AVPS). Étudiant en Master de Sciences Sociales et Politiques à l'Université de Lausanne.

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