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Tatum Rush: « L’idéal californien reste empreint dans mon être »

"La musique underground ne m'intéresse pas", Tatum Rush

Cet exotisme, Tatum Rush ne l’oublie pas. Né à San Diego, le jeune homme s’exporte rapidement en Suisse et en Italie où il vaquera à une musique empreinte de ses origines et de ses expériences vécues. Rencontre avec le jeune Tessinois à la fin de son set au Club Tent de Paléo jeudi.

Tatum Rush durant son set au Club Tent de Paléo jeudi après-midi. © Oreste Di Cristino

Seul Tessinois de l’étape, Tatum Rush s’est affirmé avec élégance dans ce 41e Paléo Festival…

C’est intéressant en effet même si je pense qu’être le seul Tessinois du festival ne soit pas une donnée relevante dans un contexte comme celui du Paléo qui est avant tout suisse et international. Certes tessinois de culture, je m’expose davantage tel un enfant du monde ; j’ai vécu à Genève cinq ans, j’habite à Berlin actuellement et l’on ne sait jamais vraiment ce que réserve le futur. Sans doute encore ailleurs. Mais je dois dire que l’honneur n’en est pas moins ressenti d’être le seul Tessinois de l’aventure. Pourquoi pas finalement.

« Je me fais facilement séduire par diverses mélodies et diverses ambiances« 

Ta musique est particulièrement riche avec des assonances souvent tropicales relevant de cultures sensiblement diverses. Né en Californie puis émigré en Europe, tes créations relèvent indubitablement des tous ces périples.

Absolument. Je pense que ce versant tropical dans ma musique provient de diverses expériences, notamment – et justement – par le fait que je sois né aux États-Unis, sans y avoir réellement vécu. Toutefois, cet idéal californien, solaire, exotique reste empreint dans mon être. S’ajoute à cela, toute ma socialisation tessinoise – dans ce Tessin qui pourrait être perçu comme une bulle tropicale au sein de la Suisse. Par cela, je ressens beaucoup de chaleur dans mon for intérieur et par conséquent dans le reflet de mes compositions. Je suis très attiré par cette attitude somme toute latine qui emplit ma sensible verve.

Dans cette veine éclectique, retracée dans ton album sorti il y a maintenant trois mois, l’on retrouve ces différents penchants entre une nervure plus tropicale – avec les titres Guru Child et Tenerife – et une autre plus jazzéifiée – à l’instar de Supercollide qui arbore cette basse qui nous agresse dès le début. Sont-ce des choix volontaires que de marquer cette différence dans ton disque ?

Je dirais qu’il n’y a pas vraiment de choix conscients qui son opérés dans ma musique. Ces différences sont avant tout des « erreurs » fortuites ; Tout dépend de mon humeur et de l’atmosphère qui m’entoure. Je compose différemment en fonction de l’ambiance dans laquelle je suis immergé. C’est pour cela que parfois, on ressent du soul, funk ou encore du RnB, tandis que sur d’autres morceaux, on retrouve d’autres tendances. À tel point que, quand je commence à créer, je ne sais jamais quelle identité musicale en ressortira. Je me fais facilement séduire par diverses mélodies et diverses ambiances. J’ai l’impression d’avoir une très vaste gamme d’influences qui se mélange de manière absolument pas programmée. C’est pour cela que ce sont, en quelque sorte, des « erreurs ». Des erreurs – dans un contexte de composition – sur lesquelles je travaille depuis des années. Ce ne sont au final que des réflexes. Il est surtout très difficile de savoir quand nous sommes conscients et quand nous le sommes pas ; à tel point que quand nous choisissons la couleur de notre chemise le matin, nous le faisons absolument pas consciemment. C’est de cette verve-ci que j’appartiens.

Tu as un répertoire de « soon-to-be-hits » (bientôt-des-hits). C’est justement parce que sont encore des « soon-to-be-hits » que Tatum Rush parvient encore à surprendre son public ?

Disons que j’aimerais bien que mes chansons deviennent des hits (rires). Que mes prochaines soient orientées vers cette optique-ci. Ceux que je viens de présenter sont des titres que j’ai moi-même produits et j’en perçois distinctement les limites. Un hit, aujourd’hui, est un morceau qui s’écoute dans tous les pays du monde pour un été entier ; j’en suis pas encore là. Mais l’idée – l’approche retenue de mon travail – est celle-ci ; il n’y a pas de rétention à ce sujet et je ne suis pas timide. Faut-il dire que je ne suis pas intéressé à produire des chanson de niche ou – en un certain sens – underground. Ce sont des concepts qui apparaissent assurément fumeux pour moi. Donc j’essaie vraiment de composer des musiques qui puissent parler au plus grand nombre possible. Aussi, je recherche des titres qui soient un minimum complexes ou, pour le moins, sophistiqués.

 

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About Yves Di Cristino (371 Articles)
Rédacteur en chef, membre actif de l'Association Suisse des Journalistes Indépendants (CH-Media) et de l'Association vaudoise de la presse sportive (AVPS). Étudiant en Master de Sciences Politiques à l'Université de Lausanne. Prépare un mémoire en histoire internationale focalisé sur les relations de Guerre Froide et de post-Guerre Froide.

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