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Cette semaine, les adieux au Lido Comedy & Club (1/2)

"On vient au Lido sans trop d'angoisse et Thomas [Lecuyer] est toujours plébiscité", Cyril Etesse

Cette semaine, Lausanne et l’entier bataillon de l’humour romand fera ses adieux au Lido Comedy & Club. Avant la dernière soirée prévue samedi 25 juin dès 20 heures à la rue de Bourg, leMultimedia.info repropose en deux volées un large panorama des interviews réalisées au plus proche des artistes ayant foulé les chaudes planches du Lido.

Les planches du Lido Comedy & Club à Lausanne. Source: lidolausanne.ch

« Y aura-t-il la même attitude à travailler comme maintenant ? Cela fait cinq-six fois que je viens jouer ici et à chaque fois, c’est du bonheur. Le public suisse est très chaleureux, très convivial et très enthousiaste. On est toujours très biens reçus et malheureusement, c’est une aventure qui s’achève. Chez les artistes, on sait tout de suite les endroits à aller et les autres à éviter. Et Thomas a toujours été plébiscité. On vient ici sans trop d’angoisse. D’habitude, je suis très anxieux et quand je viens en Suisse, je suis très calme. J’espère que je pourrai y revenir. Advienne que pourra ». Cyril Etesse a laissé le Lido Comedy & Club avec un remord : celui de ne plus jamais revoir cette petite salle qui l’a tant accueilli et tant fait grandir professionnellement. Une réalité immuable pour nombre d’artistes suisses, français mais aussi internationaux qui ont foulé les planches de la Rue de Bourg 17. « La culture et le spectacle sont des institutions fort bénéfiques qui permettent de libérer les esprits. À ce titre, Il ne faut pas oublier l’importance et la portée internationale du Lido », nous confiait par ailleurs Cartouche lors de son passage à Lausanne en mars dernier. Voilà maintenant que le lieu se verra démolir par son propriétaire Crédit Suisse à la fin du mois ; la fin d’un pan entier de culture et de découverte en plein centre-ville qui appauvrit à nouveau le divertissement en ville de Lausanne. Mais il n’est pas question de blâmer le libéralisme – car ici n’est pas le problème finalement – mais bien au contraire lançons-nous entier dans cette fête de dernier au revoir au Lido le 25 juin prochain en compagnie des artistes qui ont fait les beaux jour de cette discothèque du rire bien particulière.

Un lieu bien peu commun

Nombreux sont les artistes à avoir loué les particularités de ce lieu unique. Aussi parce qu’il diverge des beaux Olympia, Bataclan ou encore de l’Auditorium Stravinski au 2M2C de Montreux. Au Lido, on y retrouve un esprit bien insolite, le même – à peu de choses près, disons – que l’Amérique vante dans ses typiques cabarets ou Comedy Club : « J’ai retrouvé l’ambiance des États-Unis au Lido. J’y étais venu créer mon spectacle il y a trois ans et j’ai absolument eu envie de revenir », nous confiait Mustapha El Atrassi à son retour à Lausanne l’année dernière après son stage étasunien de 2011. Une impression confirmée également par le talent incontournable de Marly-Gomont, Kamini : « L’ambiance et la décoration – avec les canapés – lui donnent un petit côté américain, ce qui met très à l’aise l’artiste sur scène. On sent qu’on est proche des gens ». Mû par sa sincérité sur scène, Kamini a longuement fait l’éloge de cette salle qui sait soigner les relations entre le public et les humoristes sur les planches : « La sincérité est la plus belle arme de l’artiste. On ne peut pas lutter contre elle. Les gens, au Lido, ne sont pas dans l’obscurité; l’artiste les voit bien contrairement à ce que l’on peut observer au Zénith de Paris par exemple – où les 5’000 personnes sont sensiblement éloignées de l’artiste », ajoutait-il.

« Créer un circuit entre public et artiste »
Francesco de Carlo, humoriste italien

Et cela n’était pas uniquement perçu par les habitués du club lausannois. Même aux uniques occasions de l’« International Comedy Club », la particularité de ce petit antre humoristique n’échappait pas à la sensibilité de nombreux artistes anglophones. C’est ce qui a valu l’appréciation unanime d’un corps bien élargi de pépites internationales, des grandes étoiles montantes telles que Francesco De Carlo aux talents confirmés à l’instar d’Eddie Izzard, le summum pour Thomas Lecuyer, directeur de la programmation. « Le stand-up dans les dimensions que celles du Lido — entre 60 et 100 personnes — bénéficie d’une force plus grande pour créer une sorte de « circuit » entre public et artiste. J’aime beaucoup, je préfère même travailler dans ces petits clubs plutôt que dans des grandes salles », avouait à son compte l’humoriste italien, partenaire de scène internationale du Français Yacine Belhousse.

Une équipe qui promeut l’exotisme et les découvertes

Mais la salle ne fait pas seule le bonheur des invités ; dirigée et gérée par une équipe volontaire et passionnée, le Lido a été, cinq saisons durant, un lieu d’accueil chaleureux mais aussi de confiance. À en revisiter la programmation de ces dernières années, autant en extraire la très grande diversité des styles et des carrières des divers artistes ayant offert soirées et nuits de prestige à la rue de Bourg. C’est d’ailleurs cette même diversité que les Lausannois retrouveront lors de la dernière nuit du Lido ce samedi 25 juin : autant d’insolite, de créativité mais aussi d’exotisme, à l’aune des paroles concédées par l’inénarrable M. Fraize lors de ses soirées programmées en septembre 2014. Ce dernier saluait par ailleurs le courage de programmation tenue par Thomas Lecuyer : « Quand il y a cette volonté de découverte de la part du programmateur de la salle, le public sait pertinemment qu’il va trouver des représentations étonnantes ou différentes. Cela peut ne pas correspondre à son goût mais il jouera le jeu. Et moi qui viens du monde du café-théâtre, je perçois que ce genre d’opportunités apparaissent de moins en moins. C’est dommage car du coup toutes les curiosités parmi lesquelles se trouvent des pépites, se retrouvent accompagnées de peu de monde. Donc vive les programmateurs qui prennent le risque de l’exotisme et vive le public qui prend également son risque de découvrir de nouveaux horizons en terme d’humour », affirmait alors le Bourguignon.

« À chaque fois, j’ai l’impression de revenir à la maison »
Benjy Dotti, imitateur et humoriste français

C’est dans un autre registre, mais tout aussi bienveillant, que Benjy Dotti louait l’accueil réservé aux artistes : « Je connais la scène et l’équipe par cœur. Quand je viens ici, j’ai l’impression d’avoir fait une tournée et de revenir à la maison. Et c’est vraiment ça. L’accueil est chaleureux, ce sont des gens sympas. Il se passe quelque chose d’exceptionnel sur cette scène parce que ce n’est ni vraiment un théâtre, ni une discothèque mais les deux à la fois, ce qui fait qu’on s’éclate ! Thomas qui s’occupe de la programmation me fait confiance et je le remercie ». De quoi affirmer que le Lido Comedy & Club était non seulement un théâtre mais aussi la maison romande de l’humour qui a vu naître de grands espoirs de la scène comique suisse. Unique en son genre.

Retrouvez toutes nos interviews sous notre label « LIDO COMEDY & CLUB »
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About Yves Di Cristino (375 Articles)
Rédacteur en chef, membre actif de l'Association Suisse des Journalistes Indépendants (CH-Media) et de l'Association vaudoise de la presse sportive (AVPS). Étudiant en Master de Sciences Politiques à l'Université de Lausanne. Prépare un mémoire en histoire internationale focalisé sur les relations de Guerre Froide et de post-Guerre Froide.

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