Nouveauté

À l’antenne ou sur scène, Charles Nouveau aime raconter des histoires

Sur les planches, entre nonchalance et surprises

À l’affiche du Lido Comedy & Club samedi soir, Charles Nouveau a présenté pour la première fois la nouvelle version de son one man show. Retardé à Genève pour le tournage de l’émission « 26 minutes », c’est avec un calme impressionnant que le membre du collectif « Carac Attack » a foulé les planches rue de Bourg à Lausanne. leMultimedia.info a rencontré l’étoile montante de l’humour romand au terme de son passage au Lido.

Charles Nouveau à l'affiche du Festival DécouvRire de Saint-Prex en 2015. Source: decouvrire.ch

Charles Nouveau s’immerge dans le stand-up. Est-ce une cure, un défouloir, une thérapie ? Le Romand hésite mais opte pour le défouloir : « J’ai vécu quelques expériences douloureuses que j’aime partager sur scène. Une revanche ? une guérison ? Quoi qu’il arrive, c’est très intéressant », nous explique l’intéressé. Le chroniqueur à la radio et à la télévision nationale s’est offert sa première au Lido Comedy & Club samedi soir à 22 heures avec son « Late Night Show » qui a vu promouvoir le baptême de la nouvelle version de son spectacle : « Je l’avais joué cinq fois à Vevey en novembre et depuis, cela fait six mois que je le porte entre Paris et la Suisse. Donc j’ai un autre niveau qu’en novembre, indéniablement. J’ai plein de projets pour la radio et la télévision et j’en ai d’autres pour la rentrée qui restent à confirmer. Je l’ai joué, en tant que tel, pour la première fois ici au Lido. Seul le 60% du texte était similaire, mais dans un autre ordre, que celui que j’ai joué à Vevey. Il y a donc beaucoup de nouveauté », explique-t-il. Pour ainsi dire, Charles Nouveau en est à ses débuts mais il dégage un tel flegme sur scène qu’il semble avoir beaucoup plus que deux ans et demi d’expérience à son actif. Et pour cause, Charles a de nombreux mandats dans son escarcelle ; il coécrit deux chroniques sur la matinale de la radio Couleur 3 de la RTS, le « courrier des lecteurs » en compagnie de Marina Rollman et les « consignes de sécurité », qu’il a créée et participe à « Les Beaux Parleurs » sur la Première. En outre, le Suisse écrit de temps en temps pour l’émission « Si tu écoutes, j’annule tout » sur France Inter en compagnie d’Alex Vizorek et interprète différents personnages dans l’émission « 26 minutes » en compagnie des inimitables Vincent Veillon et Vincent Kucholl sur RTS Un. Voilà plein d’occasions pour parfaire son talent pour l’écriture et surtout pour soigner son image de marque sur scène : « J’ai commencé sur scène en février 2014 et la radio est venue après. Ces expériences m’ont permis d’obtenir une mécanique d’écriture qui devient efficace avec le temps. À force d’écrire à un rythme industriel, on intériorise une méthode particulière et on acquiert de l’expérience », selon Charles Nouveau. Mais l’humoriste n’a pas uniquement testé sa plume à la radio. Face aux deux « Vincent » dans l’émission hebdomadaire « 26 minutes », il a aussi connu un tout autre aspect de son activité, soit l’interprétation comme il le confirme lui-même : « Je joue des personnages à la télévision. Sur la RTS, je ne suis pas Charles Nouveau. Cela m’a permis de prendre confiance dans mon jeu, qui n’était pas mon fort. La télévision m’a assumé dans le jeu mais aussi dans la gestion du direct. Et surtout, quand on travaille avec des personnes qui sont également humoristes et sont très connues dans leur domaine et qu’ils ne sont pas toujours d’accord avec toi, on apprend aussi à faire des compromis ». Des compromis, pourtant, il n’en fait pas sur scène puisqu’il reste – comme il le dit – vrai et honnête.

Le stand-up, entre récit et honnêteté

Charles Nouveau ne dément pas à la règle, informelle soit-elle : sur les planches, faut-il rester honnête. C’est une caractéristique de l’exercice du stand-up sur lequel aucun artiste ne fait l’impasse. « Parler de son vécu est le seul moyen de tisser des liens avec les gens, le public. Il faut être dans le vrai sur scène. Je ne veux pas baser mon humour sur l’infondé, je ne veux pas faire rire en exploitant des histoires que je ne maîtrise pas ou très mal. Je parle de choses que je connais », avoue-t-il. Car même s’il aime faire semblant de « piéger » son public sur scène, « il n’y a rien que je dise que je ne pense pas. Et ce que je pense est plutôt sain et c’est donc d’autant plus drôle d’être honnête sur scène ». Mais au-delà d’être honnête et drôle, Nouveau est tout aussi captivant dans son rôle de narrateur. Dans le récit de ses nombreuses anecdotes, parfois très piquantes, l’humoriste sait nourrir le suspense et le rire est troqué contre l’attention et la curiosité croissantes que son public lui porte. De sa force, Charles en est bien conscient : « On m’a déjà dit que j’affichais un calme qui impressionnait sur scène. J’aime voir le public s’accrocher à mes lèvres pour connaître la suite des histoires que je raconte. Cela instaure un suspense et j’aime bien ces changements de rythme dans un spectacle – explique-t-il avant de continuer – De grands talents comme Jimmy Carr parviennent à instaurer une prémisse et derrière ils lancent une série de punchlines. C’est une manière très intéressante de pratiquer l’humour mais je pense qu’en une heure et demie, cela peut rapidement devenir usant. Voilà pourquoi, par moment, j’aime bien raconter des histoires. J’aime bien ma soi-disant force de captiver mon public ». Cependant, si la gestion des rythmes peut surprendre, la manière avec laquelle les variations sont opérées déstabilise encore plus. En effet, c’est avec une nonchalance tout assumée que l’artiste nous propose son maelström d’anecdotes croustillantes. Mais est-ce une caractéristique de sa nature ou joue-t-il en l’occurrence un personnage ? « Je le suis par nature et au fur et à mesure qu’on fait de la scène, on établit un personnage. Pour ma part, il ne l’est pas encore. Quoi qu’il en soit, dans le stand-up, on présente souvent une amplification de notre personnalité, justement parce que c’est une forme d’humour qui est très vraie. Et ce qui me faisait rire dans la vie, avant et maintenant, c’était justement d’être un peu pince-sans-rire et de semer le trouble au sein du public sur ma personne. Parfois, je dis des énormités mais les gens ne se rendent pas tout de suite compte que ce que je viens de dire était drôle ». Il est comme cela, simple et percutant à la fois et ce, malgré que son habileté sur scène et son spectacle soient en plein rodage. Présent deux fois par mois à Genève en compagnie d’Alexandre Kominek, le membre du collectif « Carac Attack » reste très satisfait de la réussite de ces rendez-vous depuis février 2016 : « En Suisse, il n’y a pas de bassin de population suffisant pour programmer des rendez-vous récurrents hebdomadaires dans une salle comme il en est de vigueur en France. L’idéal serait de jouer 30 minutes assez régulièrement à Paris, c’est là que l’on progresse le plus car il faut être performant tout de suite, d’entrée de scène. Mais nos rendez-vous à Genève avec Alex (Kominek) fonctionnent déjà très bien et maintenant, on invite aussi des humoristes de Paris qui sont très drôles ».

Le Lido, une programmation unique

Passé par la mythique salle de Lausanne, Charles Nouveau n’a pas pu quitter les lieux sans exprimer son affection pour le Lido : « Il n’y a pas d’autres lieux en Suisse qui programme autant d’humoristes différents et fasse venir autant d’artistes très talentueux, de Paris notamment – avoue-t-il avant de poursuivre – J’espère que Thomas Lécuyer, qui a une très bonne sensibilité humoristique, aura l’occasion de trouver un autre lieu pour continuer sa programmation ». Saluant la venue de très grandes personnalités, à l’instar d’Eddie Izzard mais aussi de Yacine Belhousse et Baptiste Lecaplain entre autres qui ont offert de très grands instants à la salle dont la réputation est très répandue à Paris, Charles reste confiant sur le futur du « prochain Lido » : « Les gens, non seulement les Suisses, aiment cette salle et je pense que l’on est tous tristes que cela disparaisse. Mais je suis confiant que la salle réapparaîtra car, si le lieu fonctionnait, c’est aussi grâce à l’intérêt du public romand. Donc il faut que ça continue », explique-t-il. Mais avant sa fermeture, les artistes se sont déjà donnés rendez-vous pour une dernière grande soirée d’humour le 25 juin 2016 dès 21 heures. Les plus grandes personnalités qui auront marqué le Lido de leur emprunte ces cinq saisons seront de la partie pour un plateau qui sera présenté par l’inépuisable Thomas Wiesel. Et Charles Nouveau sera là, lui qui est « très content d’avoir découvert cet endroit. C’est la meilleure salle dans laquelle on peut jouer en Suisse Romande. Et en tant qu’interprète, autant que spectateur, j’ai vécu de très grands moments de rire et de gloire ici ». Encore une fois, on s’apprête à faire la fête du côté de la rue de Bourg à Lausanne !

Publicités
About Yves Di Cristino (358 Articles)
Rédacteur en chef, membre actif de l'Association Suisse des Journalistes Indépendants (CH-Media) et de l'Association vaudoise de la presse sportive (AVPS). Étudiant en Master de Sciences Politiques à l'Université de Lausanne. Prépare un mémoire en histoire internationale focalisé sur les relations de Guerre Froide et de post-Guerre Froide.

2 Trackbacks / Pingbacks

  1. Samedi, les adieux au Lido Comedy & Club (2/2) – leMultimedia.info
  2. Fifty Romandie, Fifty Paris – leMultimedia.info

Laisser un commentaire

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s