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La Suisse perd des plumes face à la Belgique mais prend confiance

Des réactions positives à la suite de l'amical international Suisse-Belgique à Genève

La Suisse perd son troisième match amical mais rien ne converge avec la léthargie du mois de mars. Malgré les buts de Romelu Lukaku (34e) et Kevin De Bruyne (83e), en réponse à l'ouverture du score de Blerim Dzemaili (31e), les hommes de Vladimir Petkovic ont séduit par leur volontarisme et leurs envolées percutantes. La Nati a toutefois été réduite à dix suite à l'expulsion de Haris Seferovic à la 81e pour protestations injurieuses envers l'arbitre italien Mazzoleni.

Xherdan Shaqiri face à la Belgique à Genève ce samedi après-midi. © Oreste Di Cristino

Le chantier semblait colossal dans les main de Vladimir Petkovic suite aux deux revers subits le 25 mars à Dublin (1-0) et le 29 face à la Bosnie à Zürich (0-2). En perte de vitesse et de consistance il y a deux mois, la Suisse a pourtant relevé la tête face à la Belgique ce samedi pour son retour à Genève (1-2). Il fallait retrouver la confiance, apaiser le mental du collectif et produire du beau jeu. Les hommes de Vladimir Petkovic s’y sont attelés toute la semaine en camp d’entraînement à Lugano. « Les liens ont été resserrés et je pense que l’on a eu une très bonne semaine d’entraînement – nous confie le milieu de terrain du Stade Rennais, Gelson Fernandes – On a fait un match très sérieux, dommage qu’on le perde ainsi sur la fin. Dommage également pour l’expulsion qui était évitable mais dans l’ensemble l’atmosphère est très bonne et l’état d’esprit des joueurs est positif donc il va falloir continuer comme on l’a fait et ne garder que le meilleur de notre rencontre de cet après-midi ». Voilà qui réjouit et rassure toute la communauté helvétique. Dès lundi, date à laquelle Petkovic devrait rendre publique sa liste des 23 joueurs sélectionnés pour le championnat d’Europe, les joueurs retrouveront Lugano pour une nouvelle session qui les amènera au dernier amical le 3 juin face à la Moldavie au Cornaredo. Ensuite, c’est à Montpellier dès le 6 juin que la Nati s’envolera pour y préparer son premier match de l’Euro. Tout un programme. Mais au moins, l’équipe sera au complet: « Il faut absolument que l’on reste soudés si l’on veut parvenir à réaliser un bout de chemin en France. Notre camp de base doit rester joyeux et bien vivre », nous affirme Gelson Fernandes. Des sentiments partagés autant par Johan Djourou que par Denis Zakaria, coudoyés en fin de rencontre.

Un retour à Genève après trois ans d’absence

C’était à la 90e minute de jeu, Xherdan Shaqiri, déjà lui à l’époque, servait à Seferovic la passe décisive qui permit à la Suisse de passer l’épaule face à Chypre (1-0) et ainsi d’approcher à la qualification pour le Mondial 2014 au Brésil. Un 8 juin 2013 qui restait gravé dans les mémoires des nombreux supporters qui avaient alors fait le déplacement à la Praille pour soutenir leur équipe nationale. Trois ans après, c’est face à la Belgique que la Nati retrouve le Stade de Genève dans un cadre tout particulier. D’abord, parce que la Suisse est en pleine opération de reconquête de son public après quelques mois délicats marqués notamment par l’absence de nombreux joueurs; Shaqiri en tête d’affiche. Ensuite, parce que ce match amical rejette une très grande odeur d’Euro, dans laquelle la Suisse est appelée à jouer un rôle prépondérant face à l’Albanie, la Roumanie et la France. Toujours est-il que pour nombre d’anciens joueurs du Servette FC, à l’instar de Philippe Senderos et Denis Zakaria, ce match amical a revêtu une valeur toute sensationnelle: « C’est particulier de rejouer à Genève devant toute ma famille. C’est très bien que l’on revienne ici après trois ans. Il y avait quand même un peu d’engouement et les gens étaient excités », confirme le défenseur des Grasshopper Zürich. Quant au jeune milieu du BSC Young Boys, qui a quitté le club Grenat en 2015, les souvenirs sont encore très frais. Un an après son premier but en Challenge League avec le Servette FC devant à peine plus de 2’000 personnes, c’est devant dix fois plus de spectateurs (20’000) que Denis Zakaria a fêté sa toute première sélection avec la Nati. L’évolution a donc été très rapide pour le jeune Suisse d’origine congolaise : « Tout ce changement en une année est vraiment inédit. Je ne m’y attendais vraiment pas – s’écrie-t-il avec le sourire en zone mixte – C’était extraordinaire, la Praille, c’est mon stade. J’y ai très vite retrouvé mes marques. Cela m’a vraiment fait plaisir de revenir ici, d’autant plus avec l’équipe de Suisse ». L’enceinte genevoise semble en effet lui porter bonheur.

Philippe Senderos, défenseur central de la Suisse. Au second plan, le Belge Eden Hazard. © Oreste DI Cristino

Philippe Senderos, défenseur central de la Suisse. Au second plan, le Belge Eden Hazard. © Oreste Di Cristino

De bonnes choses et des moins bonnes

La Suisse a fait peau neuve après les désastres irlandais et bosnien. Face à la Belgique, Vladimir Petkovic a pu mettre une dernière fois à l’essai ses joueurs avant de livrer sa liste des 23 sélectionnés pour l’Euro en France. Des évidences et des incertitudes sont alors à déplorer, même si Petkovic affirme n’avoir aucun mal à prendre ses décisions. Premièrement, la position de Xherdan Shaqiri ne semble faire l’objet d’aucune discussion: « C’est un joueur de classe mondiale qui joue seul parfois contre onze. Il peut faire la surprise n’importe quand », témoigne l’entraîneur en conférence de presse d’après-match. Autre figure de proue de cette sélection, Valon Behrami qui a démontré toute sa superbe face à des éclairs comme De Bruyne ou Lukaku. Chez les défenseurs, Michael Lang et Ricardo Rodriguez ont fait valoir leurs forces et le danger ne semble pas les atteindre, tout comme Johan Djourou qui s’affirme en homme fort de l’entière charnière, au détriment de Steve Von Bergen. En revanche, mauvaise journée pour Eren Derdiyok qui a manqué l’ensemble de ses contributions sur le plan offensif. Remplacé par Seferovic peu avant la mi-temps, son passage sur la pelouse de la Praille aura été marqué par ses imprécisions. Son remplaçant n’est toutefois pas mis à l’abri d’une mauvaise surprise suite à son expulsion à dix minutes du terme: « C’est un acte très ingénu de sa part et il devra en payer les conséquences. Cela peut coûter cher aussi bien pour ses ambitions à l’Euro qu’à l’ensemble d’une génération », confirme Vladimir Petkovic. Une voie semble définitivement s’ouvrir donc pour Breel Embolo qui n’a pas été aligné face aux Diables Rouges. Les incertitudes planent aussi sur la présence de Shani Tarashaj en attaque et Nico Elvedi et Silvan Widmer en défense. Quant à Denis Zakaria, une sélection à l’Euro paraîtrait tout aussi surprenante qu’audacieuse de la part du sélectionneur: « J’ai passé une bonne semaine et j’ai travaillé dur pour que cela soit possible – nous confie la jeune pousse avant de poursuivre – Je vais continuer à m’engager en faveur du groupe comme je l’ai fait à Lugano et on verra. Mais le plus important, à ce niveau, c’est d’engranger de l’expérience et pour cela, je suis déjà très content de moi et de ma saison. La liste, c’est du bonus ». Un bonus néanmoins plausible.

Un exercice de prospective avant l’Euro 2016

De retour de blessure au muscle soléaire de la jambe gauche, Thomas Vermaelen a déjà été titularisé avec son équipe nationale de Belgique en défense, aussi car il était devenu urgent du côté de Bruxelles de faire face à l’hécatombe qui a sévi sur de nombreux défenseurs de l’équipe, à l’exemple de Vincent Kompany, Nicolas Lombaerts, Björn Engels ou encore Thomas Meunier. Quant à Jason Denayer et Dedryck Boyata, eux aussi jugés également incertains, ils étaient présents sur le banc de touche face à la Suisse. Mais pour le joueur du FC Barcelone, les choses semblent se porter pour le mieux: « En principe, lundi ou mardi, je pourrai reprendre avec le groupe. Donc on approche le bout du tunnel. Je pense qu’au stade où l’on en est, si je n’avais pas été blessé, j’aurais été le prétendant numéro un en tant que latéral droit puisque Laurent Ciman est plutôt défenseur central et Axel Witsel est milieu défensif. Pour le reste, je me sens très bien dans ce groupe et ce statut d’international me convient parfaitement. Il reste deux matches amicaux la semaine prochaine (ndlr, face à la Finlande mercredi et face à la Norvège dimanche) et j’espère avoir quelques minutes de jeu avant d’entrer dans une phase très sérieuse à l’Euro », conclut Thomas Vermaelen. Du côté suisse, c’est le cas Senderos qui intéresse. Auteur d’une bonne prestation face à la Belgique, le Genevois s’est toutefois rendu fautif sur l’égalisation de Lukaku à la 34e minute. De Bruyne accélère côté droit et adresse un centre raz-terre qui traverse toute l’aire de réparation suisse. En manque de communication avec son gardien Yann Sommer, le défenseur central n’attaque pas la sphère alors même que Romelu Lukaku arrivait pour mettre la pression. Cette passivité du défenseur suisse a notamment été critiquée par son compatriote Johan Djourou en interview d’après-match. « Le ballon vient très vite, c’est un bon centre puissant devant le but et c’est toujours dangereux dans ces situations pour les défenseurs centraux quand on arrive de vitesse sur le ballon », se défend Senderos tout en jugeant avec satisfaction sa performance personnelle et l’esprit de son équipe: « Pour moi, c’était bien de jouer 60 minutes (ndlr, sorti pour Nico Elvedi à la 62e minute) et j’espère être du voyage en France. De manière plus large, je pense que le bilan est positif malgré la défaite. Par rapport aux derniers matches, nous avons montré une autre image de nous-mêmes, plus combattive », confirme le défenseur central. Ainsi, comment penser le parcours de la Nati lors du prochain Euro en juin prochain ? « Je la sens bien – nous lance Denis Zakaria avant de poursuivre – On a passé une semaine très fructueuse. Je pense vraiment que l’on peut faire de grandes choses. Jouer contre la Belgique aujourd’hui a été une très bonne chose pour nous ». Des paroles que partage également Senderos: « On avait besoin d’un gros match et jouer contre la Belgique, c’est positif car c’est une des favorites pour le titre à Paris. On a démontré de très belles qualités aujourd’hui. Il reste encore quelques jours de préparation et on doit continuer à travailler comme on l’a fait. On l’a bien fait cette semaine mais il faut continuer jusqu’au début de l’Euro ». Si les hommes de Vladimir Petkovic continuent sur cette lancée, l’objectif des huitièmes de finale devrait être à leur portée. Mais n’oublions pas que l’art de la prospective est très complexe.

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About Yves Di Cristino (371 Articles)
Rédacteur en chef, membre actif de l'Association Suisse des Journalistes Indépendants (CH-Media) et de l'Association vaudoise de la presse sportive (AVPS). Étudiant en Master de Sciences Politiques à l'Université de Lausanne. Prépare un mémoire en histoire internationale focalisé sur les relations de Guerre Froide et de post-Guerre Froide.

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