Nouveauté

Hardah, le site web qui ambitionne de révolutionner l’académique

La Suisse abritera un véritable réseau social "made in Switzerland"

David Delmi, CEO du site internet Hardah.com – encore présent en ligne sous sa forme bêta – est heureux d'annoncer la sortie programmée de sa version finale lors de la rentrée académique 2016/2017 au mois de septembre. Le jeune entrepreneur de 22 ans a les idées claires; sa création se veut être un réel tableau de bord des sites internet utilisable par n'importe quel utilisateur à des fins académiques ou personnelles. Chaque participant est libre de constituer son propre "cercle" de références web, téléchargeable et consultable pour tout un chacun. Vous souhaitez connaître tous les sites relatifs sur un sujet en particulier – à l'exemple de la guerre froide ou de Nestlé – dans le cadre d'une recherche internet approfondie ? Hardah vous facilitera sans doute la tâche.

Le visuel du site hardah.com.

Soyons clair et prenons l’histoire par son commencement. Se lancer dans l’entrepreneuriat n’est pas chose aisée. David Delmi, fondateur et CEO d’Hardah en témoigne. Et pourtant, son idée initiale était loin de se lancer dans l’aventure entrepreneuriale. Titulaire d’un bachelor à HEC (Hautes Études Commerciales) Lausanne depuis juin dernier, David avoue avoir initialement imaginé une carrière de banquier. Mais le déclic survint alors même que sa carrière se dessinait à l’université: « J’aimais bien la relation clientèle dans une banque. Mais cela ne me suffisait pas; il me manquait le côté très créatif de l’exercice« , explique-t-il. Depuis, l’idée a pris le temps de se matérialiser et de se réaliser jusqu’au lancement de sa plateforme participative. Pour le jeune entrepreneur de 22 ans, intéressé par la philosophie, la politique, la comptabilité ou encore le management, la consécration est survenue lorsqu’il était vice-président de l’association AIESEC.

Début de la start-up

Le lancement de son projet coïncide avec l’obtention de son bachelor; à peine quelques mois plus tard la marque est inscrite à la chambre du commerce à Genève. Les premières maquettes du site réalisées, David a très rapidement recueilli diverses opinions alors même qu’il avait refusé un stage dans une banque et s’est pleinement consacré à la croissance de son projet qui se veut être un outil utile et fédérateur aux étudiants pour référencer l’entier de leurs consultations sur internet: « Nous ciblons les jeunes et notamment les campus universitaires, représentatifs d’une très grande diversité d’individus basée sur leur religion, leur langue, leur nationalité, ou encore leurs croyances« , nous confirme l’intéressé. Le site, faisant office également de réseau social, doit être le plus englobant possible et le nom se doit d’être prononçable dans toutes les langues: « Je ne veux exclure aucune communauté, voilà pourquoi j’ai choisi le nom Hardah; ce n’est pas un nom anglophone, ni américanisé et permet d’éviter les connotations trop marquées. Je tiens à ce que le site puisse être utilisable par un Chinois, un Canadien, un Camerounais, un Argentin, un Suisse, etc. et être accessible à toutes classes d’âge« . Toujours est-il que le projet séduit déjà. Lors du sommet des start-up (Start Summit 2016) les 18 et 19 mars derniers, Hardah a été classé dans les 30 meilleures start-up européennes, proche – déjà – de grands mammouths tels que Gamaya, basé à l’EPFL, dont le budget avoisine le demi-milliard de francs et autres start-up qui ont déjà fait des levées de fonds de 10 millions de francs selon David Delmi. Pour ce dernier, c’était également l’occasion de rencontrer de nombreux étudiants de Saint-Gall et des investisseurs dont les retours lui ont permis d’avancer dans la copie finale qui sera rendue en septembre.

Les bases du projet

Hardah.com est un réel facilitateur de l’utilisation d’internet en ce qu’il est un réel agrégateur de fils d’actualité entre les différents sites web, journaux et réseaux sociaux consultés. Le concept se rapproche de ce fait d’un gestionnaire de favori comme on en retrouve sur le navigateur Google Chrome qui repropose à sa réouverture les huit sites fréquentés lors de la dernière utilisation. Toutefois, David souhaite pouvoir optimiser l’idée et passer de 8 à 40 avec un logo en rond (voir illustration ci-dessous): « Des opticiens m’ont dit que des logos circulaires fatiguaient moins l’œil des personnes que des logos carrés, j’ai pensé à tout pour faciliter l’utilisation d’internet« , nous confirme le CEO de la start-up. Un moyen d’innover la manière avec laquelle l’on navigue sur la toile: « On surfe sur les téléphones portables de façon très innovante, or sur les ordinateurs on surfe de la même manière depuis 15 ans. L’idée est donc d’apporter une organisation élégante à ce réseau désorganisé. Il faut que le design du site soit visuel. Mon optique est celle-ci: le moins on lit, le mieux c’est. Une image vaut mille mots. Voilà pourquoi la navigation sur smartphone est si facilitée« , continue-t-il. Mais bien plus que révolutionner notre utilisation du net, Hardah sera également un réseau social pur sur lequel l’invitation d’amis et le partage des cercles sera possible. Mais qu’est-ce qu’un cercle finalement ? David y répond par un exemple: « Si je suis intéressé par la cuisine italienne, je peux créer un cercle en y insérant les sites des restaurants ou les bonnes recette YouTube que j’ai dégotés. Ce cercle pourra ensuite, si je le veux, être partagé par d’autres amateurs de cuisine, être noté ou téléchargé par les utilisateurs« . Au-delà de l’interactivité présente sur la référence, Hardah veut avant tout promouvoir une communauté de partage et d’entraide dans laquelle la protection des données sera assurée: « On a déjà tout crypté depuis le début, ce qui offre une protection supplémentaire pour les données, l’aspect personnel des utilisateurs ne nous intéresse vraiment pas« , confirme David Delmi.

Les cercles de référence web sur hardah.com.

Les cercles de référence web sur hardah.com.

Innovation, Élégance et Simplicité

Mais alors comment est extraite la plus-value financière dans l’exercice si, au contraire des grands cadors de l’internet tels que Facebook et Twitter, la revente des données est exclue ? Une question cruciale pour assurer la pérennité d’un projet, jeune soit-il. La réponse réside dans l’incorporation élégante – et tout aussi innovante – de la publicité sur le site. Loin des popup intrusifs et des bandeaux publicitaires dénaturant le design, David a pensé créer un troisième (ou quatrième) cercle entièrement dédié aux messages promotionnels. Comme cela, au moins, « si l’on a pas envie de cliquer dessus, la publicité ne casse pas le visuel« . Bien au contraire, le design et les simples logos des entreprises en publicité peuvent même attirer les utilisateurs, ce qui rendrait la publicité sensiblement plus efficace: « Sur Facebook, le taux de clic sur une publicité est de 0,5%, sur Hardah, selon nos premières expérimentations, nous sommes dans les environs des 10%, ce qui nous permettra de faire des publicités peu chères mais aussi mieux ciblées« , nous confirme David. Cela permettra ainsi d’éviter la revente de données et d’assurer la gratuité du site aux utilisateurs. Sans compter, qu’en bénéficiant d’une évolution exponentielle, une version payante pour entreprise et toujours plus sécurisée pourrait voir le jour sous peu. Mais avant cela, la recherche d’investisseurs sera une étape primordiale pour continuer à produire une valeur ajoutée créative et même artistique comme il en a été le cas jusqu’ici. Mais rien ne sera plus ardu: « La Suisse est très averse au risque, c’est le talon d’Achille de notre économie – résume le fondateur avant de poursuivre – Innovation, Élégance et Simplicité… Voilà les valeurs auxquelles devrons adhérer les futurs investisseurs d’Hardah« . Une typique marque suisse.

Des enjeux politiques bien précis

À la Silicon Valley ou à Londres ? Non, David Delmi a bien choisi de rester en Suisse pour développer son projet et ce, pour une raison bien précise: prouver que cela est faisable dans une économie aussi internationalisée que la Suisse: « En Suisse nous pouvons lancer ce genre de projet. Nous pouvons avoir également un terreau d’innovation web dans notre pays« , se convainc ce dernier. La Suisse ne se limite pas aux banques, à l’horlogerie ou au fromage rappelle le CEO d’Hardah; on peut aussi y faire des sites web. De quoi concurrencer les mastodontes américains fonctionnant en quasi-monopoles sur le marché mondial comme en témoignent les poussées fulgurantes de Snapchat ou encore Periscope (racheté en mars 2015 par Twitter), dirigés par de nombreuses entreprises, managers ou encore actionnaires provenant principalement d’Amérique. La concurrence est ainsi rude outre-Atlantique sans pour autant effriter l’hégémonie américaine dans le domaine, qui héberge la plupart des sites de communication sociale virtuelle dans le monde. Alors pourquoi ne pas découvrir un projet de notre crû ? De par cette particularité – être suisse – Hardah est parvenu en quelques mois à s’entourer d’un halo médiatique important; en moins de deux mois, quelque 12 passages dans des émissions de radio, télévision ou web TV: « Cela nous a permis de lancer un produit de base, une phase de test, ce que l’on nomme « Lean Startup » afin d’implémenter au fur et à mesure les volontés, les envies et les nécessités des utilisateurs. Il faut avoir au moins 1’000 utilisateurs pour lancer le projet, c’est ce que nous avons actuellement avec plus de 250 e-mails en retour. Nous visons ensemble (avec son équipe) les 50’000 utilisateurs pour décembre, de manière à pouvoir propager rapidement le concept par la suite« , nous confirme David Delmi.

photo1« Ce que je répète souvent à mon équipe, c’est qu’il faut prouver qu’en Suisse, on peut faire ça ! C’est un gros challenge, d’autant plus que certains médias gonflent notre ambition en nous qualifiant de Google suisse« 

David Delmi, Fondateur et CEO d’Hardah

Tout sera donc mis en œuvre pour que le lancement en septembre soit un franc succès en compagnie de représentants des médias mais aussi politiques, domaine où David Delmi souhaite recevoir un écho particulier: « Les grandes entreprises ne sont pas les seules constituantes du panorama économique suisse – explique-t-il avant de poursuivre – Les start-up ont pour la plupart une grande marge de développement mais sont souvent enlisées dans une période de difficulté noire face aux risques de mise en faillite dès le lancement et l’enregistrement de la marque. Voilà des enjeux qu’il faudrait promouvoir« . D’autant plus que la Suisse bénéficie de nombreux avantages, notamment en terme de protection des données ultra sécurisées. Cela témoigne de structures fort bénéfiques pour l’entrepreneuriat informatique, secteur dans lequel Hardah se voudrait être l’ambassadeur de la Suisse sur le web: « C’est un gros challenge, d’autant plus que certains médias gonflent notre ambition en nous qualifiant de Google suisse« . Déjà bien implémentés en Suisse Romande, le défi est maintenant de séduire le gros poisson alémanique pour ensuite, peut-être, s’exporter hors-frontière: « Non seulement faut-il montrer qu’en Suisse, nous pouvons parvenir à un tel niveau mais aussi démontrer que l’Europe peut aussi l’abriter. Cependant il faudra savoir garder patience et persévérer. Je veux garder un objectif à long-terme: informer les gens dans le fourre-tout d’internet« , affirme David Delmi. Doté d’un terroir intéressant à l’intérieur de ses frontières – comme s’en persuade le jeune entrepreneur – la Suisse a les armes en main pour stimuler son économie.

Des partenaires de tous milieux

Hardah bénéficie déjà d’un intense soutien à la fois politique, médiatique et éducatif, à l’aune de l’EPFL qui héberge leurs bureaux: « Nous avons un emplacement pour travailler et un accès privilégié auprès de coaches qui réduisent par ailleurs considérablement notre cahier des charges« . Mais parmi les soutiens académiques et associatifs, la start-up peut également compter avec l’HES-SO et HEC Lausanne ainsi que l’organisation AIESEC qui est présent sur plusieurs campus en Suisse: « Cela nous fait vraiment plaisir parce que cela montre l’intérêt de notre projet que l’on souhaiterait lancer dans les campus universitaires. Leur soutien (AIESEC) nous permet de recevoir de bons feedbacks sur l’avancée de notre travail. Il serait bien désormais que les universités de Lausanne et Genève, dans leur ensemble, puissent nous fournir également un précieux soutien« , conclut David Delmi.

About Yves Di Cristino (259 Articles)
Rédacteur en chef, membre actif de l'Association Suisse des Journalistes Indépendants (CH-Media) et de l'Association vaudoise de la presse sportive (AVPS). Étudiant en sciences sociales et politiques à l'Université de Lausanne.

3 Comments on Hardah, le site web qui ambitionne de révolutionner l’académique

  1. Merci à l’équipe de leMultmedia.info pour cet article exhaustif et de qualité sur notre projet! Nous vous tiendrons informer de l’avancement de ce dernier.
    L’équipe HARDAH

1 Trackback / Pingback

  1. HARDAH, ce doux mélange d’expérience et de modernité – leMultimedia.info

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