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Thierry Marquet: « Je suis très pince-sans-rire dans la vie »

Attention, l'humour et le mentalisme font souvent bon ménage !

Aussi absurde que musical, l'humoriste brossant l'attrait du mentalisme a su captiver son public lors de sa représentation au Lido Comedy & Club ce samedi 20 février 2016. Thierry Marquet est un original alambiqué mais fort sympathique. Homme de télévision reconverti en homme de scène, il enivre son public grâce à ses nombreux talents cachés. Rencontre avec un artiste aux facettes plurielles.

Source: thierrymarquet.fr

J’ai vu ce soir un spectacle très polyvalent et dont le rythme variait suivant les scènes. De manière prosaïque, tu as proposé un prélude très musical, suivi par un intermède plus posé où tu as entre autres abordé le thème de la politique avant de conclure avec une séance (très particulière) de mentalisme. Ça a correspondu à tes attentes…?

J’ai essayé de faire en sorte que mon spectacle soit assez rythmé. Tout dépend également de la réaction de la salle et de l’énergie qu’elle nous envoie. Mais il y a effectivement un moment où j’essaie de ralentir la cadence avec une petite pause politique.

Un one man show très musical… C’est ton âme mélomane qui t’a incité à ajouter de la musique dans tes scènes ?

J’aime bien la musique française et j’essaie de pointer du doigt les chansons qui sont, sous certains traits, absurdes. Et étant fan de Patrick Bruel, j’ai remarqué dans certaines de ses chansons des bizarreries comiques. Mon travail a alors été de créer un fil rouge entre toutes ces absurdités. Pour ce faire, j’ai été aidé par Alister de la revue Schnock qui a également pointé du doigt dans un livre les absurdités de la chanson française.

Tu parles d’absurdités dans la chanson française mais, en réalité, c’est tout ton spectacle qui a trait à l’absurde…

Effectivement, j’adore l’absurde. Il y a des choses que l’on nous met en main et sur lesquelles on ne se pose parfois pas assez de questions comme, par exemple, la cigarette électronique ou encore le covoiturage. J’essaie ainsi de traiter ces nouveaux phénomènes de société et de souligner les particularités que certaines personnes n’auraient pas vues.

Tu as principalement été connu au petit écran, notamment dans les émissions de Laurent Ruquier sur le service public français – « On a tout essayé » ou encore « On n’demande qu’à en rire » – et, ce soir, j’ai cru entrevoir un héritage de télévision marqué dans le personnage que tu as présenté sur scène. Est-ce le cas ?

Disons que je suis très pince-sans-rire dans la vie et cette particularité ressort énormément dans mes spectacles. Les gens se rendent compte que je fais le con tout en restant très naturel. Mais il faut dire que c’est mon état normal; je suis comme ça dans la vraie vie. Sur scène, je suis très normal, très naturel.

‘Je trouve que les Suisses sont beaucoup moins dissipés que les Français’, Thierry Marquet

En fin de spectacle, tu as donné un très bel avant-goût du mentalisme. Tu as d’ailleurs suivi des cours ?

Oui, j’ai vraiment suivi un stage pour en connaître un peu les ressorts. Pourtant, j’avais très envie d’en faire une parodie à la base parce que j’adore ce phénomène. Mais à force de parodier, je me suis rendu compte qu’il serait intéressant d’alterner des scènes de second degré avec d’autres dans lesquelles je parviens vraiment à découvrir certaines réalités sur les gens. Il est, certes, toujours drôle de voir les spectateurs se moquer de moi quand je me trompe mais il a été intéressant de souvent faire cette alternance entre caricature et réalité afin de justement marquer un changement de rythme. Les personnes passent vraiment d’une dimension à une autre; j’aime à la fois leur faire peur mais aussi terminer sur une farce. C’est le moment du spectacle où je m’amuse le plus car c’est vraiment surprenant. Et ce n’est jamais la même chose entre deux représentations.

Beaucoup d’improvisation avec le public dans l’entièreté du spectacle et c’est ce qui te nourrit…

Exactement et sur ce fait, je trouve que les Suisses sont beaucoup moins dissipés que les Français; en France, ça chahute un peu plus. Les gens, ici, sont beaucoup plus attentifs et en ce sens, sont également plus respectueux envers l’artiste qu’en France. Mais j’aime bien quand le public n’est justement pas si respectueux envers moi; ça me permet de rebondir plus facilement.

Un dernier mot sur le Lido, tu y es d’ailleurs venu trois fois. Quel est ton sentiment général ?

J’adore le Lido; c’est une super salle pour y venir faire du stand-up. La salle est très accueillante et son charme est notamment dû au fait que ce n’est pas un théâtre conventionnel; elle ressemble à un hangar aménagé avec des fauteuils et des chaises et j’y aime bien l’ambiance. Au premier abord, l’endroit paraît plutôt froid mais quand le show commence et que les lumières l’éclairent, il devient tout de suite plus chaleureux. J’aimais beaucoup venir ici; c’est pourtant la dernière fois puisque le bâtiment sera démoli mais il sera très certainement remplacé par une autre salle tout aussi charmante.

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About Yves Di Cristino (341 Articles)
Rédacteur en chef, membre actif de l'Association Suisse des Journalistes Indépendants (CH-Media) et de l'Association vaudoise de la presse sportive (AVPS). Étudiant en Master de Sciences Sociales et Politiques à l'Université de Lausanne.

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