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Daniel Camus: « Le public nourrit mon humour »

Marc-Emmanuel, adopteunmec.com,... Daniel Camus renverse ses clichés

Daniel Camus est un original. Narrateur sur scène de sa propre vie – côtoyant parfois l'univers de l'irréel par un excès d'extrapolation – et atypique de la parodie, le Nantais ne cherche qu'une seule chose: se faire adopter par son public et séduire dans le pittoresque, un art qu'il démontre maîtriser de par son talent pluriel. De la comédie théâtrale au stand-up originel, Daniel Camus virevolte dans l'art de l'improvisation. Présent pour deux soirs au Lido Comedy & Club de Lausanne, leMultimedia.info a coudoyé le Vendéen au terme de la représentation de son spectacle "Adopté". Interview.

Crédit photo: danielcamus.fr

Ton spectacle est marqué par une certaine polyvalence; tu touches différents domaines, de l’absurde au storytelling, dans lequel tu te livres passablement au public.

Oui, c’est vrai. Il y a d’ailleurs certains domaines dans lesquels je n’entre pas du tout comme la politique. Mais il est vrai qu’il y a de l’absurde et aussi beaucoup de scènes vécues, un peu extrapolées mais réelles. Je parle de choses que je vois et que je vis dans mon quotidien.

Comment as-tu écrit ce spectacle. Comment en as-tu choisi la construction ?

J’ai fait une sorte « d’étude de terrain » pour le sketch concernant le site adopteunmec.com. J’ai pratiqué cinq années ce site donc on peut dire que j’ai eu le temps de mener à bien mon « investigation » (rires). Autrement, j’ai écrit toute une série d’idées, un squelette s’est formé dans cet amas de pensées et quand j’avais bouclé l’écriture du spectacle, je me suis rendu compte qu’il était un peu trop long. J’avais écrit 38 pages, alors que 15 – apparemment – suffisaient. Ce n’était pas très évident puisque c’était mon premier one man show. J’y ai donc mis mon âme et me suis essentiellement basé sur mon vécu.

On passe en quelques clins d’œil de la comédie atypique, aberrante à des parodies qui sont tout aussi absurdes, comme par exemple l’émission « Tous ensemble » de Marc-Emmanuel sur TF1. Mais surtout, il y a également beaucoup de personnages que tu crées toi-même sur scène.

Absolument. Ce sont des personnages qui sont issus de cet amas d’idées initiales. Cela porte justement mon spectacle dans une forme hybride entre le stand-up classique et le théâtre de boulevard. Je suis dans un entre-deux particulier et cela correspond parfaitement à mes attentes de départ. C’est comme tel que j’imaginais mon spectacle dès le début. Je voulais sans cesse être et interagir avec les gens. Je voulais éviter toute baisse de rythme lors de ma présence sur scène, ce qui fait justement qu’il y a très peu d’applaudissements qui viennent interrompre mes propos. Le rythme des sketches y est soutenu.

Tu as basé ton spectacle sur ces interactions avec le public. Ton spectacle vit de cela d’ailleurs…

Tout à fait ! Je me nourris des personnes qui sont dans la salle. Des fois, j’ai même l’impression d’être en pleine séance de psychanalyse, dans laquelle je joue le rôle de psychologue. J’écoute énormément mon public et celui-ci nourrit mon humour. Le but est que les gens soient à l’aise et qu’ils se rendent compte très vite que je n’allais pas leur taper dessus. Le public n’est pas en danger dans mon spectacle et je pense d’ailleurs qu’il le ressent, ce qui l’amène à se livrer à moi.

« Les Lausannois sont très accueillants, très ouverts, très bienveillants »

Tu as connu différents types de scène, des premières parties des plus grands artistes comme Anthony Kavanagh ou encore Gad Elmaleh aux plus petites salles comme le Lido Comedy & Club de Lausanne. Comment en assures-tu la transition, compte tenu que les interactions avec le public y sont diamétralement diverses ?

Absolument ! Tout est complètement différent ! Dans une grande salle – comme lors des 45 minutes de ma première partie du spectacle de Gad Elmaleh – je me dois d’assurer ce lien de proximité avec les gens. La solution y est de toujours avoir un caméraman dans mon sillage qui puisse descendre dans la fosse en compagnie du public pour le rapprocher de moi. L’idée est que je puisse observer le public – et le public s’observer soi-même – dans l’écran géant; et c’est une méthode qui fonctionne. Mais je pense – et c’est indéniable – que l’on ne pourra jamais atteindre le même degré de proximité et d’échanges avec les gens sur une jauge de 4’000 personnes que sur un parterre de 100 ou 200 personnes. Il est clair qu’entre le Zénith de Paris et le Lido, il y a un fossé.

C’était ta première fois à Lausanne, une sorte de baptême du Lido pour toi. Comment as-tu senti ta salle ?

Elle était très bien ! Je suis ravi; les gens étaient très accueillants, très ouverts. Ça se sent qu’ils viennent ici pour se détendre et pour passer un bon moment. Il n’y a aucun jugement dans leurs yeux. Ils sont bienveillants et c’est agréable.

La Suisse t’as adopté ?

J’espère. Ce soir, j’en ai l’impression. En tout cas, de mon côté, je les adopte.

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About Yves Di Cristino (341 Articles)
Rédacteur en chef, membre actif de l'Association Suisse des Journalistes Indépendants (CH-Media) et de l'Association vaudoise de la presse sportive (AVPS). Étudiant en Master de Sciences Sociales et Politiques à l'Université de Lausanne.

1 Comment on Daniel Camus: « Le public nourrit mon humour »

  1. Très spirituel et fort sympathique on se retrouve forcément à un moment où l autre dans les descriptifs évoqués et surtout … tendrement ironique..à aller voir ..!

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