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SIGEF 2015 : Lassaad Metoui et l’innovation artistique

"Lassaad Metoui's joy in discovering cultures is transparent in his work" (SIGEF)

La deuxième édition du Forum de l’Innovation Sociale et de l’Éthique Globale, lancé par le réseau social Horyou, réserve également et parfois des merveilleuses surprises. La rencontre avec Lassaad Metoui, artiste-calligraphe depuis l’âge de 16 ans en est indéniablement une. Passé par les Beaux-Arts de Gabes (Tunisie) et Nantes, l’École du Louvre et la Sorbonne, Lassaad est un artiste accompli qui favorise la diversité dans son art. leMultimedia.info, en partenariat avec Les Visionautes, vous offre le sincère témoignage d’un Tunisien en proie à « la folie » de l’innovation.


 

Comment avez-vous pris connaissance du SIGEF 2015 ?

Je suis informé de tout ce que fait Horyou depuis quelques années. Un de mes amis m’a d’ailleurs annoncé que de nouvelles idées commençaient à y émerger et qu’il fallait que celles-ci soient partagées de manière universelle et juste. C’est le mot « juste » qui m’a touché dans cette philosophie. Parce que je pense que, dans la vie, la justice est le plus beau cadeau que l’on puisse avoir. C’est ce qui m’a amené à m’engager avec Horyou et par conséquent, j’ai été porté par le courant qui m’a conduit jusqu’au SIGEF 2015.

Comment vous est venue la perspective de carrière d’artiste à 16 ans ?

Il m’arrive souvent de réfléchir et je me pose souvent vis-à-vis de moi-même la question de ce qui m’a amené à devenir artiste. Et avant-hier, en discutant avec des confrères de nos œuvres, j’ai spécifié que ce n’était pas l’homme mais l’artiste qui les avait conçues. Et on remarque bien que quand on se considère être un artiste, tout devient tout de suite plus compliqué car l’artiste appartient à un autre monde que je ne connais pas quand je suis conscient. Tout débute dans l’inconscience, l’artiste naît dans le subconscient. Et mon âme artistique s’est réveillée dès l’âge de mes 16 ans. J’ai eu beaucoup de chance de naître dans une famille d’artiste – ma mère est spécialiste dans la vannerie, elle est passionnée de pigments, de couleurs, des énergies liées à la nature et mon père de poésie et de sculpture de pierres. Indéniablement, j’ai été conçu dans cet univers bien particulier. Toutefois, cela n’impliquait pas forcément que je devienne artiste un jour. Mais j’ai découvert la calligraphie à cinq ans ; c’était une belle rencontre et j’ai tout de suite pratiqué cet art. Cet apprentissage m’émerveillait. Je me sentais bien avec mon esprit.

Vous devez avoir beaucoup de légitimité à parler d’innovation (sociale) puisque dans l’art, il faut être innovateur chaque jour…

Absolument, c’est indéniable. Il faut rénover nos propres idées et cela demande beaucoup de concentration. C’est très compliqué. Les périodes de « reconceptualisation » de nos idées sont celles qui mettent le plus en péril l’artiste. C’est un risque énorme car je pense que l’artiste vit réellement à la frontière de la folie. Cette folie qui nous rend créatif à souhait, qui ne nous permet plus de calculer nos risques et qui concrétise nos œuvres. La création n’est pas innée, il faut aller à sa rencontre. Et quand on est en manque d’imagination, l’artiste se sent vide. C’est pourquoi se renouveler est une tâche complexe que l’on parvient – souvent – à surmonter grâce à la lecture, les voyages, les rencontres. Les gens que l’on croise dans la rue, dans des évènements tels que le SIGEF sont porteurs d’imagination. Comme cette fille qui lisait, dans le train en face de moi, « Les Fleurs du Mal » de Baudelaire et qui m’a permis une nouvelle illumination. C’est parfois ce genre de rencontres qui change tout.

La curiosité est l’élément le plus important pour innover et découvrir le monde ?

La curiosité est un élément certes très important. Je suis très curieux… Ici-même au SIGEF, je suis très curieux de voir ce que font les gens dans ce très bel espace : les présentations des associations, les conférences… La curiosité est justement une condition de la création. Revenons simplement la question primaire : qui sommes-nous ? Il faut déjà avoir une bonne dose de curiosité pour découvrir qui nous sommes réellement et d’où nous venons. C’est une question qui est loin d’être évidente. C’est pourquoi, je pense que la curiosité est un apprentissage au quotidien.

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About Yves Di Cristino (310 Articles)
Rédacteur en chef, membre actif de l'Association Suisse des Journalistes Indépendants (CH-Media) et de l'Association vaudoise de la presse sportive (AVPS). Étudiant en sciences sociales et politiques à l'Université de Lausanne.

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