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Opinions: Walter Müller (UDF) veut une humanité responsable

#EF2015 avec leMultimedia.info

Parole aux principaux candidats des Élections Fédérales du 18 octobre 2015. À une semaine de l'échéance des législatives, leMultimedia.info livre une série d'interviews avec les pressentis acteurs de cet été électoral. Au programme aujourd'hui: Walter Müller (Union Démocratique Fédérale).

Vous souhaitez – tout comme l’alliance du centre et le PDC – protéger la famille. Cela est un thème relativement large. Mais à quelles familles adressez-vous. Prenez-vous personnellement le penchant progressiste que certains démocrates chrétiens adoptent ?

La famille est basée sur une mère, un père et leurs enfants. Donc notre idéal est de promouvoir cette famille, de donner aux mères et aux pères la possibilité de faire vivre leur famille dignement pour que la vie vaille la peine d’être vécue. Notre société nous amène des familles amputées et cela conduit à des mères ou des pères monoparentaux. Il ne faut pas oublier également qu’il y a des pères qui n’ont même plus le droit de voir leurs enfants. Ces cas de figure dans notre société n’est pas prévu et il en résulte des vies très difficiles. Notre parti veut aider, en premier lieu, pour que notre famille « idéale » d’après le concept biblique puisse être privilégiée et qu’elle ait de quoi vivre. À notre avis, que les mères ou les pères doivent être forcés à aller travailler en laissant leurs enfants dans des garderies devrait poser problème à terme. Tout le monde aurait du en voir les conséquences en Union Soviétique d’avant 1989. Nous avons là tout l’éventail de ce que ce cas de figure peut signifier et pourtant notre société actuelle continue dans le même sillage. Il est vrai qu’il y a aussi le problème des homosexuels qui est actuellement exploité. Il faut toutefois rappeler que, par nature, les enfants devraient avoir un père et une mère qui devraient, ensemble, prendre leurs responsabilités pour éduquer leur enfants de la meilleure manière possible. Toute notre société, finalement, dépend d’une famille qui fonctionne correctement. Nous ne pouvons pas prétendre vivre dans une société digne si la famille ne fonctionne pas. Notre idéal est donc beaucoup plus restreint que celui – par exemple – du PDC qui, à notre avis, va surtout en chasse d’un électorat potentiel. Par notre concept, nous voulons faire confiance à Dieu et rester dans ses plans dans la mesure du possible et comptons également sur sa force divine pour nos élections ce 18 octobre. Nous savons que nous nageons à contre-courant. Il est cependant nécessaire que tout le monde s’engage en faveur des enfants défavorisés dans notre société afin qu’ils aient une vie digne.

Vous sentez-vous parfois plus conservateurs que le PDC, pourtant censé être proche des valeurs chrétiennes ?

Absolument ! C’est d’ailleurs pour cela que je me suis engagé à l’UDF et non au PDC. En principe, je suis un catholique; j’aurais dû militer pour le PDC mais le motif pour lequel je ne le fais pas, c’est qu’au canton de Zürich, c’est une dame du PDC qui a – je cite la presse et la radio – « permis l’intronisation au niveau cantonal » de l’avortement. Pour nous, il ne s’agit aucunement d’une solution car si nous tuons des villages entiers de fœtus chaque année, ce n’est pas chrétien. Là encore, nous parlons en termes de responsabilités. Nous devons porter les responsabilités de nos actes. Donc si j’ai bien flairé, le PDC comme beaucoup d’autres partis acceptent l’avortement, le mariage gay et cela ne correspond pas du tout à nos valeurs, ni à celles de Dieu. Pour nous, je répète, un mariage, c’est entre un homme et une femme qui se complètent. Le hommes ne peuvent biologiquement pas se métamorphoser en super-femmes ni l’inverse. Nous sommes donc d’avis qu’il faut aller de l’avant dans le but de développer la richesse que Dieu nous a offerte.

Vous avez une vision très conservatrice su l’immigration, la famille, la sécurité… Pensez-vous qu’il y ait un filon – comme la formation – qui relie ces trois thèmes ensemble ? Améliorer la formation est une solution qui puisse régler d’une manière ou d’une autre toutes ces autres problématiques ?

Premièrement, je ne suis pas satisfait quand on me catégorise comme conservateur. Dans le jargon politique, nous sommes certes conservateurs mais uniquement car nos idées et nos opinions ne sont pas propagées par les médias de masse et la société dans son ensemble. Ensuite, pour répondre à votre question, il faudrait d’abord définir les moyens et les acteurs qui disposent de cette formation. C’est vrai, la formation se révèle être un remède efficace pour aborder toutes ces questions. Prenons les immigrés. La plupart qui viennent en Suisse ne connaissent pas la langue. Autrefois, il s’agissait d’immigrés sans formation. Or, de nos jours, nous avons à faire à une nouvelle vague d’immigrés qui est par contre dotée de titres universitaires et qui n’a déjà plus cet handicap linguistique. Mais via la connaissance de la langue, on devrait et pourrait donner des formations pour que ces immigrés comprennent le fonctionnement de notre société et notre culture. Un jeune sans formation dans un contexte qui en requiert est simplement hors-jeu. Nous n’avons qu’à prendre le cas de l’Espagne; un taux de chômage des moins de 25 ans qui dépasse les 50%. Pour moi, il s’agit ici d’une vie indigne. Au sein de l’UDF, la formation est la clef d’accès à toute une vie. Si nous ne primons pas la formation en tout premier, les personnes partent avec un lourd handicap dans leur vie et ne peuvent que difficilement atteindre la dignité. À nouveau, nous retombons, ici, sur des valeurs divines. Pour nous, la formation est le premier maillon de la chaîne parce qu’elle donne accès à tout le reste. Si un enfant se voit décerner dès son plus jeune âge une formation de la langue efficace, il aura alors la possibilité de s’intégrer beaucoup plus aisément dans le monde moderne. Cette intégration apportera ensuite toute une culture qui permettra d’éradiquer la petite délinquance, la criminalité et donc, de manière générale, des réponses fort efficaces en matière de sécurité. Tout fait partie d’un même paquet; une famille « fonctionnelle », des parents actifs dans leur rôle d’éducateurs, une formation solide feront que les enfants échapperont au pire, à l’exclusion qui se joue principalement à l’école ! Tout est une question d’investissements et c’est pourquoi – en marge de la question – je voudrais préciser que si nous devons définir des critères d’accès de certains réfugiés sur notre territoire, je proposerai de favoriser le critère primordial qui est celui de la famille, le noyau dur de notre société et du bon vivre.

Vous favorisez une armée de milice au lieu d’une armée professionnelle. Quels en sont les réels avantages ?

En principe, une armée de milice sait ce qu’elle doit défendre. Si les gens savent ce qu’ils défendent – leur famille qui est à la maison – et n’ont pas en permanence les yeux rivés sur leur salaire, cela forge une attitude toute autre. À mon avis, il est vital pour notre Suisse que l’on ne devienne pas un pays amorphe. On retrouve dans la bible l’image d’un berger qui fera tout pour protéger ses moutons en dépit de toute la richesse qu’il pourrait amasser. Avec l’armée, c’est la même chose. Une armée doit diffuser les valeurs de notre patrie. Dans les écoles, la patrie semble rétrogradée et l’on peut croiser parfois des personnes qui nourrissent une honte d’être suisse. Or, cette notion de patrie semble être revigorée dans l’espace européen en réaction à l’Union Européenne. En Catalogne, en Écosse ou encore en Grande-Bretagne (ndlr, Brexit), la notion de patrie réapparait doucement. Quelque part, je pense qu’il faut investir au niveau moral et éthique dans le partage des valeurs patriotiques; un pays est un territoire dans lequel les indigènes ont le droit de se sentir chez eux. Dans ce contexte, l’armée est efficace et bénéficie encore d’atouts non négligeables. Dans l’armée, on sait pourquoi et pour qui nous nous engageons… mais uniquement si nous le faisons de manière non-professionnelle, c’est-à-dire sans avidité envers le salaire mensuel.

Cette question nous ramène à la politique étrangère que développe ou devrait développer la Suisse. Jusqu’à quel point pensez-vous qu’il faille préserver la neutralité de la suisse sur le plan international ?

Sur le plan international, les personnes vivent au jour le jour – sauf peut-être Poutine. Nous ne savons plus où nous voulons aller. Prenons l’exemple d’Angela Merkel qui a changé d’idée en deux jours ! La Suisse, si elle a le courage de par sa petitesse et son origine de ne pas se laisser faire et donc de ne pas se laisser commander par des intérêts qui viennent de toutes parts, doit demander des preuves à l’Europe. À quel point l’Europe se porte bien – comme semblent vouloir le faire croire les actuels bureaucrates du continent ? Tant qu’elle se tient hors des affaires européenne, la Suisse a la possibilité de préserver son statut de neutralité et de mettre à disposition ses bons services. La Suisse doit maintenir ce rapport de conseiller envers l’Europe et ne pas prendre part à ses affaires.

Finalement, en gardant un œil su l’international, vous êtes l’un des très nombreux partis à mettre un accent prioritaire sur la transition énergétique. Est-ce que le nucléaire est devenu l’ennemi numéro un dans le monde ?

Notre parti fait une petite nuance; chez nous on parle de transition énergétique raisonnable, donc réellement faisable. Pour le moment, c’est la mode de diaboliser de nucléaire. Si nous laissons tomber l’énergie atomique, les émanation de CO2 seront encore plus grandes que maintenant. À notre avis, le nucléaire n’est pas et ne doit pas être l’ennemi public numéro un. L’accident nucléaire de Fukushima en 2011 qui a concrétisé un peu plus ces idées farfelues a été entièrement mis sur la responsabilité d’une erreur humaine. Il est tout à fait juste qu’il faille prendre beaucoup de précautions avec le nucléaire mais celui-ci, s’il est bien géré, semble être moins dangereux que beaucoup d’autres solutions énergétiques. On parle beaucoup des énergies renouvelables mais il faut savoir, qu’en principe, l’énergie ne se renouvelle pas; nous l’utilisons et elle change de forme. Finalement, nous faisons qu’une simple redistribution de l’argent ; on retire chez les nucléaristes et on le redistribue chez les alternatifs. De l’autre côté, les Verts qui plaident en faveur de cette solution alternative sont les mêmes qui sont contre les moulins à vents et les parcs éoliens. Disons, qu’en principe, la solution la plus viable actuellement est le solaire, l’énergie thermique. Mais, paradoxe, on en fait actuellement plus car il s’agit du solaire photovoltaïque qui rapporte plus grâce aux subventions. Personne ne parle de l’énergie grise, ni des problèmes liés à l’insuffisance énergétique en hiver. Dans des périodes de grand froid, il s’agira alors de faire de l’énergie comme on peut; avec le charbon en Allemagne, de vieilles centrales nucléaires majoritairement dangereuses en France et en Europe de l’Est. Donc tout cela est loin d’être raisonnable. C’est ce à quoi veut s’engager l’UDF: trouver une sortie « raisonnable » au nucléaire en évitant de pointer uniquement le bénéfice. À nouveau, je retombe sur mes pattes; il s’agit ici, d’une responsabilité que nous devons prendre nous tous. Une responsabilité issue majoritairement de l’éducation. S’il faut payer plus pour vivre plus longtemps et avoir des tonnes de déchets en moins, je pense que là se trouvera la solution durable et souhaitée pour toute la communauté. C’est pour cela qu’une sortie « raisonnable » du nucléaire est plébiscitée au sein de notre parti mais il ne faut en aucun cas la forcer sans réfléchir des conséquences pour l’humanité que peuvent causer des insuffisances énergétiques en période de grand froid.

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About Yves Di Cristino (341 Articles)
Rédacteur en chef, membre actif de l'Association Suisse des Journalistes Indépendants (CH-Media) et de l'Association vaudoise de la presse sportive (AVPS). Étudiant en Master de Sciences Sociales et Politiques à l'Université de Lausanne.

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